Les six perfections ou six paramitas

 

- La générosité

- L'éthique

- La patience

- L'effort enthousiaste

- La Concentration

- La Sagesse

 

Le pratiquant du Grand Véhicule (Mahayana) essaie de respecter et de développer les six perfections ou Paramitas. Il s'agit de vertus qui permettent de développer une vie spirituelle axée sur les autres, et qui amènent à une progression certaine vers l'éveil par l'acquisition de mérite et de sagesse.

1.La Générosité.

- Les bénéfices de la générosité sont multiples, dans la vie actuelle comme pour la vie future. Dans la vie de tous les jours, nous recherchons tous un peu de générosité de la part des autres, et réciproquement. De même  nous nous réjouissons de voir quelqu'un de charitable, nombreux sont ceux qui apprécient ceux qui savent donner.

- Le don n'est pas que matériel. On peut distinguer trois types de dons:

· le don de protection: protéger tous les êtres sensibles de la peur et de ce qui les menace, entre autres les dangers provenant des quatre éléments (feu, eau, terre et air).

· le don d'objets, de biens matériel, d'argent: bien sûr, on pourrait penser que ce type de don n'est réalisable qu'en possédant une grande quantité de biens, il s'agit avant tout d'un état d'esprit. Le fait de penser sincèrement que, si nous avions les moyens, nous saurions donner à ceux qui en ont besoin est déjà une marque de générosité.

· le don du Dharma, d'enseignements, d'explications sur la pratique: tout le monde n'a pas la capacité d'enseigner le Dharma. Mais se dire que l'on va chercher à apprendre pour pouvoir un jour enseigner est une pensée généreuse.

- Pour que ces actes s'inscrivent dans la voie du Mahayana, ils doivent  être accompagnés de l'amour universel qui est le souhait que tous les êtres obtiennent le bonheur, en dédiant les mérites de ses pratiques et de ses actes pour le bien de tous les êtres. Cet amour mène à l'esprit d'éveil, sans pour autant que la personne ne s'implique forcément dans une démarche particulière pour venir en aide aux autres.

- Pour que le don soit l'aboutissement d'une motivation juste, il n'est pas question de donner en se disant que l'on va ainsi acquérir des mérites. On peut être conscient du mécanisme lié aux actions vertueuses, mais il ne faut pas que ce soit le moteur de notre attitude. La générosité est une philosophie de vie à part entière. Elle résulte d'une réflexion sur le sens de sa propre vie et celle des autres, sur la souffrance de tous les êtres et sur la générosité dont font preuve des êtres de notre entourage qui donnent leur vie pour aider les autres qui sont parfois dans des conditions difficiles.

2.L'Éthique

-  La moralité est l'application d'une éthique qui vise en premier lieu à ne pas nuire aux autres. C'est la base. À partir de cela, nous aménageons notre vie pour pouvoir, en plus, rendre service. On voudra alors éviter les comportements non vertueux, produire les conditions méritoires et aider les autres. Pour mettre notre vie en adéquation avec nos aspirations philosophiques ou religieuses, il est nécessaire d'éviter tous les comportements non vertueux: ceux qui visent à nuire aux autres par des comportements agressifs, par la jalousie, l'orgueil ou la médisance. Pour ce faire, on pourra revoir les  dix actions non vertueuses à éviter (détaillées en bas de page).

- Celles-ci nous montrent que même la pensée peut être créatrice de potentiels négatifs. Le seul fait de souhaiter qu'une chose négative se produise est créateur de karma négatif. Pour que celui-ci se développe complètement, il faut toutefois cumuler quatre facteurs: l'intention, l'action, le résultat et la réjouissance.

- La moralité peut être appliquée de différentes façons. Selon le niveau d'engagement auquel on veut se soumettre il existe trois niveaux d'éthique: l'éthique de la libération, qui demande de maintenir une conduite vertueuse; celle de la bodhicitta, qui s'accompagne du développement des six perfections; et celle du tantra.

3.La Patience

- C'est avoir un esprit non perturbé par les émotions. On cherche alors à :

· Ne pas répondre à ce qui nous dérange, à l'insulte et à l'agression. On pourrait ajouter : avec une intention négative, parce que dans une situation où notre vie ou celle de quelqu'un d'autre est en jeu, il est clair que l'on doit réagir. Notre réaction doit toutefois avoir une limite raisonnable et nous devons nous assurer de ne pas porter atteinte à la vie de l'autre ou de ne pas agir avec haine ou méchanceté.

· Accepter les obstacles, les souffrances. Il ne s'agit pas de masochisme, de chercher la souffrance pour la souffrance, mais plutôt de ne pas ressentir d'irritation face à une souffrance ou à un obstacle. Comme nous rencontrons tous, à un moment ou à un autre, des obstacles dans notre vie, la pratique de la patience est là pour nous permettre de rester objectif, de ne pas nous emballer, de ne pas réagir de façon impulsive. Il s'agit alors de rechercher la vue la plus juste, en dehors de toute réaction émotionnelle. Devant un problème, on cherchera à maintenir son calme, à bien respirer, à analyser son esprit pour ne pas laisser surgir la panique ou l'agressivité. On examinera la situation et les différentes solutions qui s'offrent à nous pour la résoudre. Les pratiquants plus avancés iront même jusqu'à accepter la souffrance avec plaisir, puisqu'elle est le résultat d'actes que nous avons nous-même posés et que le fait de la ressentir maintenant élimine ce poids qui autrement aurait été transporté dans une autre vie.

· Etre patient sur la voie du Dharma. Face aux obstacles rencontrés et à nos faibles capacités de réagir sereinement, nous devons accepter que le chemin pourra être long et que nous devons travailler sérieusement sur les émotions pour développer la méditation stable et le calme mental.

4.L'Effort enthousiaste

C'est l'état d'esprit qui prend plaisir à s'engager dans les pratiques vertueuses, qui maintient la "motivation joyeuse" pour la pratique. Il s'oppose aux trois types de paresse :

· Celle qui remet à plus tard. Et qui le fait en repoussant la décision et l'action, et surtout en trouvant toutes les bonnes raisons pour le faire. Notre ego invoque alors toutes sortes de prétextes: pas le temps aujourd'hui, il ne fait pas beau, il fait froid, je suis en chaussons alors je ne peux pas sortir, etc.

· Celle qui s'occupe à autre chose. On se dit que d'autres actions sont plus urgentes et que leur poursuite nous empêche de nous mettre à la pratique maintenant. On tente de faire la pratique du Dharma en même temps que ces autres occupations, en récitant des mantras pendant qu'on jardine par exemple, alors que l'effort principal doit être mis sur la recherche du Dharma pour qu'une pratique soit vraiment efficace.

· Celle qui se décourage devant les difficultés ou qui croit ne pas avoir les capacités nécessaires. En recherchant les bonnes raisons de ne rien faire, l'ego trouve celle de la soi-disant incapacité. Facile ! Je ne peux pas faire, je ne fais pas.

On combat la paresse par la motivation de développer les outils nécessaires à l'atteinte de l'Éveil, par la volonté d'aider les autres, toujours plus difficile que de ne s'occuper que de soi-même. C'est l'effort permanent de penser notre devenir en fonction de l'aide que l'on veut pouvoir apporter aux autres.

5.La Concentration

- C'est maintenir son esprit concentré sur un objet, un but vertueux, pour un temps sans limite. Bien souvent, après avoir pris de fermes des résolutions, nous avons placé notre esprit dans un état concentré. Et puis, après quelques instants, quelques minutes, quelques heures, quelques jours ou quelques mois, nous nous sommes laissés distraire par toutes sortes de circonstances, par d'autres pensées. Nous avons alors perdu le fil de notre concentration. Nous nous sommes éloignés de notre but, allant même jusqu'à nous diriger vers un but complètement opposé en oubliant totalement notre objectif initial.

- Pour toute spiritualité, on pourrait même dire pour tout projet, la concentration est nécessaire. Il ne s'agit pas de se torturer l'esprit du matin au soir en fronçant les sourcils tant on se veut concentré. Il faut dissocier concentration et tension. On peut être très concentré sans qu'existe de tension. On peut même dire que la tension est génératrice de perte de concentration. Être concentré signifie plutôt placer son esprit sur un objet ou un but, et l'y maintenir sans se laisser distraire par des phénomènes extérieurs.

- Une pensée survient ? Alors, qu'elle passe et disparaisse. Je ne la retiens pas, je ne quitte pas mon objet de concentration. Une baisse de concentration peut aussi apparaître, soit parce qu'une pensée traverse le champ de la conscience, soit parce qu'une certaine torpeur naît, souvent d'un manque de vigilance et d'effort. La concentration génère une flexibilité à la fois mentale et physique. Cette flexibilité mentale permet à l'esprit d'être touché par une pensée perturbatrice sans "casser". Et si l'esprit est bien concentré, alors tout le schéma corporel est libre de tension et acquiert aussi une certaine souplesse.

6.La Sagesse

- Elle permet la discrimination juste. On peut aussi distinguer plusieurs types de sagesse:

· La sagesse ultime: celle qui réalise le non-soi des personnes et des phénomènes, la vacuité. On développe cette sagesse sur la base de méditations et d'un travail sur l'absence d'existence inhérente des phénomènes avec l'aide du calme mental acquis par la concentration. C'est l'antidote direct à l'ignorance fondamentale, la clef de la libération.

· La sagesse conventionnelle: c'est la sagesse de la médecine, des arts et des sciences de l'astrologie. C'est une compréhension juste dans différents domaines du savoir. Au-delà d'une simple compréhension théorique, la sagesse permet une appréhension exhaustive et globale de ce qu'il faut savoir sur l'art concerné. Cette sagesse est donc importante pour ne pas se tromper, tant dans l'application d'une méthode que dans les réponses à donner aux questions diverses ou face, dans le cas de la sagesse de la médecine, à un désordre psychique ou somatique.

· La Sagesse bénéfique aux autres: elle se traduit par la connaissance des différentes dispositions, des motivations des êtres, etc. Il s'agit d'une aptitude particulière à comprendre les autres de façon très pointue, à mieux répondre à leurs besoins et à leurs attentes.

 

                        Les 10 actions non vertueuses

 

Trois en relation avec le corps :

 · Tuer: enlever la vie à un être vivant, même celle d'un animal ou d'un insecte.

· Voler: prendre quelque chose à autrui sans son consentement, même de peu de valeur, directement ou indirectement.

· L'inconduite sexuelle: l'utilisation de la force, de la violence, l'adultère ou l'atteinte aux enfants.

 

Quatre en relation avec la parole:

  · Mentir: tromper les autres par la parole ou par le geste. Une exception cependant, le mensonge pour sauver la vie.

· Médire: chercher à nuire à quelqu'un en colportant ou en inventant des propos ou des faits.

· Employer des mots blessants: injurier, utiliser des noms d'animaux pour désigner quelqu'un.

· Converser inutilement: perdre du temps en bavardage, temps que l'on pourrait utiliser pour aider les autres.

 

Trois en relation avec l'esprit:

  · La convoitise: du simple désir de posséder quelque chose qui appartient à autrui, à l'élaboration de plans afin d'obtenir l'objet convoité.

· La malveillance: souhaiter du mal, vouloir nuire à quelqu'un d'autre par un moyen quelconque.

· Les vues erronées: soutenir ce qui n'est pas ou nier ce qui est vrai, comme affirmer la non-existence de la Loi de cause à effet.

 

Les 12 principes de sagesse pour transformer sa vie

Principes de sagesse

1. Vivez avec compassion

La compassion est l’une des qualités les plus vénérées dans le bouddhisme et une grande compassion est le signe d’un être humain très accompli.

La compassion n’aide pas seulement le monde en général, et il ne s’agit pas seulement du fait que c’est la bonne chose à faire. La compassion, c'est chercher à comprendre ceux qui vous entourent, pouvant transformer votre vie.

Tout d’abord, l’auto-compassion est tout à fait indispensable pour trouver la paix en soi. En apprenant à vous pardonner et en acceptant que vous êtes humain, vous pouvez guérir les blessures profondes.

Ensuite, on peut souvent être torturé en raison du fait qu’on ne comprend pas totalement pourquoi les gens font certaines choses.

La compassion consiste à comprendre la bonté fondamentale de toutes les personnes et ensuite de suite de chercher à découvrir cette bonté fondamentale chez certaines personnes en particulier. Pour cette raison, elle vous aide à traverser la torture mentale dont nous faisons souvent l’expérience parce que nous ne comprenons pas les actions des autres.

Mais même plus que cela, exprimer de la compassion est l’acte même de la connexion de tout cœur, et cette connexion peut être une grande source de joie pour nous.

Les raisons de pratiquer la compassion sont nombreuses et puissantes. Cherchez à vivre de façon à traiter les gens que vous rencontrez de la même façon que vous le feriez avec vous-même. Lorsque vous aurez commencé à le faire, cela vous semblera tout à fait impossible. Mais persévérez, et vous vous rendrez compte de la pleine puissance de vivre avec compassion.

2. Communiquez avec les autres et entretenez ces liens

Dans le bouddhisme, on appelle une communauté de pratiquants un « sangha ». Un sangha est une communauté de moines, nonnes, laïcs et laïques qui pratiquent ensemble dans la paix vers le « but » uni de réaliser une plus grande prise de conscience, non seulement pour eux mais pour tous les êtres.

Le sangha est principe dont la majorité des pays du monde peuvent grandement bénéficier. Les gens viennent tout le temps en groupes, mais c’est généralement dans le but de créer des richesses monétaires ou d’obtenir une puissance importante et rarement dans le but uni d’atteindre la paix, le bonheur et la réalisation d’une plus grande sagesse.

Le principe du sangha peut être exprimé dans votre propre vie à bien des égards. Finalement, le sangha est juste une façon de voir la vie, à travers les « expressions » individuelles de la totalité.

En vivant de manière à être pleinement conscient de la puissance de la connexion avec les autres, que ce soit une personne ou un groupe de 100, et en cherchant à entretenir ces relations de façon appropriée, vous pouvez transformer votre vie d’une manière qui sera bénéfique pour les années à venir.

3. Réveillez-vous

L’un des points les plus importants sur cette liste, la puissance de tout simplement vivre d’une manière à être pleinement éveillé à chaque instant de votre vie.

La pleine conscience, est une plus grande prise de conscience, en prêtant attention, peu importe le nom que vous voulez lui donner, elle change tous les aspects de votre vie et dans tous les sens. C’est aussi simple que cela.

Efforcez-vous de vivre pleinement éveillé à chaque instant de votre vie et surmontez vos plus grandes difficultés personnelles, cherchez un grand sentiment de paix et de joie, et réalisez que les plus grandes leçons de vie peuvent vous aider à vivre pleinement éveillé le moment présent.

4. Vivez profondément

Pour vivre profondément, d’une façon à devenir parfaitement conscient de la nature précieuse de la vie, il faut commencer sur la voie de la vraie paix et du bonheur.

Pourquoi ? Parce que vivre de cette façon permet de devenir peu à peu conscient de la vraie nature du monde. Cela se produira essentiellement dans des « parties » de l’ensemble, comme la réalisation de votre interdépendance (vous commencez à voir comment tout est relié à tout le reste) et l’impermanence (vous commencez à voir comment tout est en constante évolution, sans cesse en train de mourir pour renaître sous une autre forme).

Ces réalisations sont le pain et le beurre du bouddhisme et de toute pratique spirituelle. Ces « parties de l’ensemble » sont des fragments de la réalisation ultime, nous permettant de comprendre ce qui ne peut être pleinement compris au sens traditionnel.

En vivant de manière à chercher à réaliser ces diverses « qualités de l’ultime » vous trouverez de plus en plus de paix dans la réalisation de la voie naturelle des choses. Cela nous donne la capacité de savourer chaque instant de la vie, pour trouver la paix, même dans les activités les plus banales, ainsi que la capacité à transformer vos expériences typiquement « négatives » en quelque chose qui nourrit et soigne.

5. Changez-vous, changez le monde

Les bouddhistes comprennent que vous pouvez difficilement aider quelqu’un d’autre avant de vous aider vous-même. Mais on ne parle pas de gagner du pouvoir ou la richesse avant de pouvoir aider les autres, ni de vivre d’une façon à ignorer les autres.

On fait principalement allusion au fait que, comme nous sommes tous interconnectés, en vous aidant vous-même vous aidez à créer un effet positif exponentiel sur le reste du monde.

Si vous voulez avoir un impact sur le monde, ne vous persuadez pas à tort que c’est « vous ou eux ». Vous ne devez pas vous traîner dans la boue pour aider ceux qui vous entourent. Si vous faites cela, vous entraverez fortement votre capacité à créer un impact positif.

Au niveau le plus profond de compréhension, en vous changeant vous-même, vous les changez aussi car vous savez qu’il n’existe aucune séparation en « vous » et « eux ».

Prenez soin de vous et cherchez à être plus qu’une simple aide, soyez un exemple à suivre pour les autres et vous créerez des vagues de possibilités exponentielles qui donneront envie aux autres de faire la même chose.

6. Embrassez la mort

La mort est souvent un sujet tabou dans la société occidentale. Non seulement nous faisons tout notre possible pour éviter le sujet, mais nous prétendons qu’elle n’existe même pas.

Cela est vraiment regrettable et en aucun cas cette attitude ne nous aide à mener une vie meilleure. Devenir pleinement conscient de votre impermanence et comprendre en profondeur la nature de la mort, quant à notre interdépendance ce sont deux choses qui peuvent nous aider à trouver une grande paix.

Dans le bouddhisme, les étudiants de nombreuses sectes, à un moment ou à un autre « méditent sur le cadavre » pour ainsi dire.

Ils méditent sur l’image d’un cadavre qui se décompose lentement et imaginent ce processus jusqu’à la fin, débouchant sur réalisation profonde de la vraie nature de la mort.

Cela peut vous sembler un peu intense, mais la vérité est que si vous vivez toute votre vie en agissant comme si vous n’alliez jamais mourir ou en ignorant votre impermanence, alors vous ne serez jamais en mesure de trouver la vraie paix à l’intérieur de vous-même.

Vous ne devez pas nécessairement méditer sur l’image d’un cadavre, vous devez simplement vous ouvrir à la mort afin de ne plus protéger votre esprit (ce que vous faites probablement inconsciemment, comme nous avons été élevés dans le monde occidental) cela peut commencer à être une grande source de paix et vous aider à apprécier les nombreux plaisirs de votre vie quotidienne.

Une véritable appréciation de la vie ne peut jamais être pleinement réalisée tant que vous ne vous trouvez pas en face de votre propre impermanence. Mais une fois que vous faites cela , le monde s’ouvre d’une manière nouvelle et profonde.

7. Votre nourriture est (très) spéciale

La pratique méditative bouddhiste, surtout la pleine conscience et la contemplation, vous aide à réaliser la nature précieuse de la nourriture en face de vous. En effet, comme la nourriture fait partie intégrante de notre vie, transformer notre relation avec la nourriture revient à transformer un élément clé de notre vie entière, à la fois maintenant et dans l’avenir.

En contemplant la nourriture en face de nous, par exemple, nous pouvons parvenir à réaliser que notre vie se constitue d’un vaste système d’interdépendance, et que la nourriture qui atterrit dans nos assiettes provient de nombreux éléments qui se mettent en place.

Cela nous aide à approfondir notre relation avec la nourriture, à cultiver un profond sentiment de gratitude avant chaque repas, et à apprendre à respecter le fragile mais pressant équilibre qu’est la vie.

8. Comprenez la nature de donner

Donner est plus que l’acte de donner des cadeaux de Noël et d’anniversaire, il s’agit aussi des cadeaux que nous offrons chaque jour que nous ne voyons pas du tout comme des cadeaux.

Les bouddhistes ont une compréhension très profonde de la nature de donner, notamment par le fait que la vie est un jeu constant entre l’acte de donner et de recevoir. Cela ne nous aide pas seulement à trouver la paix dans la compréhension de la façon dont le monde nous entoure, cela nous aide également à comprendre les incroyables cadeaux que nous avons tous en nous que nous pouvons donner aux autres, comme notre amour, notre compassion et notre présence.

9. Travaillez pour désarmer l’égo

La meilleure façon de résumer toute pratique « spirituelle » est la suivante : la spiritualité est l’acte d’entrer en contact avec la réalité ultime ou le fondement de l’être, et par conséquent la pratique spirituelle est l’acte de surmonter ces obstacles qui nous empêchent de réaliser cela.

Le principal obstacle sur notre chemin ? L’ego.

Pour faire court, la raison pour laquelle l’ego est l’obstacle majeur dans la pratique spirituelle , ou simplement la pratique de trouver la vraie paix et le bonheur (peu importe comment vous choisissez de l’appeler , ce sont les mêmes), est parce qu’il a pour fonction de vous éloigner de la terre de votre être en vous convainquant que vous êtes ce soi séparé.

Le processus pour démêler l’ego peut prendre du temps, car il est étroitement lié à nous depuis des années. Mais c’est infiniment enrichissant et absolument nécessaire si nous voulons avoir la meilleure vie possible.

10. Retirez les trois poisons

La vie est remplie de vices, de choses qui tentent de nous faire adopter de mauvais modes de vie et donc qui nous tentent de faire le contraire de construire la paix, la joie, et une plus grande prise de conscience dans nos vies. Voici les trois poisons les plus puissants :

Cupidité
Haine
Illusion

Ensemble, ces trois poisons sont responsables de la majorité des douleurs et de la souffrance que nous éprouvons en tant qu’espèce. Il est parfaitement normal d’être touché par chacun de ces poisons tout au long de notre vie, donc ne vous assommez, ne tombez par pour eux.

Au lieu de cela, acceptez simplement qu’ils soient quelque chose dont vous faites l’expérience et commencez à travailler pour les supprimer de votre vie. Cela peut prendre du temps, mais c’est un élément clé sur le chemin vers la réalisation de la vraie paix et du bonheur.

11. Gagnez votre vie d’une façon correcte

Nous devons tous nous efforcer de travailler et gagner notre vie d’une manière plus « consciente » . cela signifie généralement de ne pas vendre d’articles nuisibles tels que les armes à feu, les drogues et des services qui nuisent aux autres, mais c’est plus profond que cela.

Au final il y a deux aspects à cela : gagner sa vie en faisant quelque chose qui n’inhibe pas votre propre capacité à instaurer la paix et gagner sa vie en faisant quelque chose qui n’inhibe pas la capacité des autres à instaurer la paix.

Faire face à cela peut conduire à des situations intéressantes pour certaines personnes, et comme l’a mentionné Thich Nhat Hanh il s’agit d’un effort collectif par opposition à un seul point de vue personnel (le boucher n’est pas boucher parce qu’il a décidé de l’être, mais parce que les gens demandent de la viande soigneusement emballée et disponible au supermarché), mais vous devriez vous efforcer de faire de votre mieux.

Suivre l’enseignement de gagner sa vie d’une façon correcte peut vous aider à réaliser l’effet nocif que votre travail a sur vous et donc venir avec une solution peut entraîner un changement très positif dans votre vie comme un tout. Vous seul pouvez décider si un changement doit avoir lieu.

En tout cas, cherchez à faire votre vie en faisant quelque chose qui favorise la paix et le bonheur de vous et de ceux qui vous entourent autant que possible.

12. Principes de sagesse

Réalisez le non-attachement

Réaliser le non-attachement au sens bouddhiste ne signifie pas renoncer à vos amis et votre famille et vivre seul pour le reste de votre vie sans jamais vraiment gouter à la vie, mais signifie seulement que vous ne vous attachez pas à ces désirs.

Le non-attachement consiste à vivre d’une manière à exister dans le flux naturel de la vie et de vivre en général une vie moderne typique, fonder une famille, travailler, etc… tout en n’étant pas attaché à ces choses. Cela signifie simplement vivre de manière à prendre connaissance et accepter l’impermanence de toutes les choses dans cette vie et vivre de manière à toujours être conscient de ce fait.

Il est parfaitement normal pour un étudiant Zen au Japon, après avoir terminé son éducation, de « retourner dans le monde» pour ainsi dire. C’est parce qu’une fois qu’ils ont atteint ce niveau de réalisation, ils voient la beauté en toutes choses et sont obligés de vivre pleinement absorbés dans toute la beauté et les merveilles de cette vie. À partir de ce moment, ils peuvent vraiment «vivre la vie au maximum », tout en n’étant pas attachés ces choses.

N’oubliez pas que cela ne signifie pas que vous arrêtez de ressentir des émotions. Au contraire, ces émotions sont les bienvenues et attendues, et pleinement ressenties avec beaucoup d’attention au moment de leur impact. Mais c’est simplement le cours naturel des choses.

Une fois que ces émotions s’apaisent, et que nous sommes démunis, un processus naturel de guérison se déroule et soigne la plaie et nous permet de continuer à vivre dans la paix et la joie au lieu de nous pousser dans les ténèbres.

Méditation de la contemplation de la respiration

Pratique de la méditation

LES BASES FONDAMENTALES

DU BOUDDHISME MAHAYANA

 

 

 

 

 

 

 

 

Les cinq méthodes de la contemplation pénétrante afin d'éliminer les cinq désirs

(première méthode)

 

 

 

 

 

 

 

Extrait du tome IV

du Très Vénérable Thích Thiện Hoa

 

Après traduction française

Tk Thích Đồng Chơn

Thích Nữ Linh Hảo

Minh Nguyện

 

 

 

 

 

Année 2015

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(N) Nous nous prosternons respectueusement devant

tous les Bouddhas des dix directions.

 

(N) Nous nous prosternons respectueusement devant

tous les Dharma des dix directions.

 

(N) Nous nous prosternons respectueusement devant

toutes les Sangha des dix directions.

 

 

(N) Nam Mô Bổn Sư Thích Ca Mâu Ni Phật

(N) Nam Mô Bổn Sư Thích Ca Mâu Ni Phật

(N) Nam Mô Bổn Sư Thích Ca Mâu Ni Phật

                   ************************************************************************************************

Méthode de l'attention à la respiration

afin d'éliminer les cinq désirs

 

Il y a cinq méthodes de contemplation (observations) qui ont le pouvoir de nous séparer des pensées illusoires, afin de nous guérir des cinq maladies spirituelles.

 

 

5 méthodes, observations :5 maladies, empêchements :

 

L'attention à la respiration, L'esprit distrait,

- La vision pénétrante de l'impureté du corps, Désir de l'existence matérielle,

- La vision pénétrante de la compassion miséricorde, Élimine la colère,

- La vision pénétrante des causes conditionnées, L'ignorance,

- La vison des 18 domaines discriminants, L'appropriation de soi (moi)

 

 

 A QUEL MOMENT PRATIQUER ?

 

 - Qu’importe les conditions de la vie quotidienne de chacun, il n'y a pas de bonnes causes ou de bonnes raisons pour ne pas apprendre et pratiquer régulièrement.

Mais, malheureusement, c'est lors de la rencontre avec une difficulté, que la pratique s'avère nécessaire et efficace .

 - Ceci veut dire que le pratiquant, qui aura étudié le Dharma, aura un esprit serein et sera plus à même de faire face aux difficultés, le moment venu.

- Il aura la possibilité d'arriver à l'éveil.

 - Pour réussir la pratique du chemin de l'éveil, (chemin de la libération parachevée, sans souffrances), il y a deux facteurs importants à acquérir, qui sont :

  •  La paix de l'esprit (ne pas se laisser perturber par des problèmes, distractions)
  • Le calme mental (être posé)

- Car même si le pratiquant dharmique se donne de la peine, et qu'il est de bonne volonté,

    • Avec un esprit troublé, il ne pourra pas apprendre,

    • Ni mémoriser ce qu'il a lu ou entendu,

    • Ceci à cause du manque de concentration.

  • Cette première partie doit être mise en place maintenant et pratiquée chaque jour au réveil, dès que nous reprenons en main notre conscience, jusqu'au prochain endormissement, pour être près à suivre la seconde méthode de l'impureté du corps humain, qui s'avère plus difficile à accepter.

  • Parmi ces 5 méthodes citées, nous commençons par la méthode de l'attention à la respiration car elle:

  • Permet de calmer l'esprit,

  • Convient à tout le monde, débutant comme intermédiaire,

  • Elle se pratique dans le Mahayana et dans le Théravada,

  • Aide à avoir une bonne mémoire,

  • A garder une bonne santé,

  • Facilite la résolution des affaires avec sérénité et succès.

  • Permet de comprendre ce qu'est la contemplation,

  • Se familiariser avec cette méthode, qui est la base fondamentale, pour pouvoir accéder aux 4 autres méthodes.

 

 

CETTE METHODE PERMET AUSSI :

 

- De se soigner des 10 maladies mentales spirituelles ou 10 facteurs mentaux perturbateurs principaux qui sont :

  • Avidité

  • Colère

  • Ignorance les 4 afflictions de base des être (innées)

  • Orgueil

  • Doute

  • Croyance erronée à l'existence intrinsèque d'un soi

  • Opinions extrémistes (causes)

  • Considérer ses propres vues fausses comme étant supérieures de la

  • Observation stricte des rites (vue)

  • Opinions erronées (l'intellect).

 

POURQUOI ROMPRE AVEC L'ESPRIT DISTRAIT?

 

L'esprit ou la pensée des êtres est toujours captivé, sans interruption par :

 

  • Des affaires mondaines,

  • La tristesse,

  • La joie,

  • L'amour,

  • Le rejet de ceci ou de cela,

 

- L'esprit ressasse le passé,

- Se projette dans le futur,

- Il est errant et rarement dans le présent.

- Ressemblant à une lampe qui subit l'action du vent, le pratiquant est perturbé par les :

 

8 sortes de vent :

 

  1. L'avantage, l'intérêt,

  2. L'échec, la perte,

  3. L'honneur, la gloire,

  4. Le déshonneur, la honte,

  5. Les félicitations,

  6. Les reproches,

  7. Le malheur, la souffrance,

  8. Le bonheur, la joie.

     

Les 7 émotions :

 

  1. La joie,

  2. La tristesse,

  3. L'amour,

  4. La haine,

  5. L'avidité,

  6. La colère,

  7. La peur, la crainte.

 

Les 6 passions :

 

  1. La passion de l'aspect extérieur, couleur, beauté,

  2. La passion de la physionomie,

  3. La passion de la belle allure, l'élégance,

  4. la passion de la parole douce, la musique sensuelle,

  5. la passion de la finesse de la peau,

  6. la passion de la belle forme.

 

Les 6 objets des sens :

 

  1. La forme,

  2. Le son,

  3. L'odeur,

  4. La saveur,

  5. La texture,

  6. La source des objets ou phénomènes mentaux.

 

  • Son esprit épuisé, en proie à la maladie mentale, ne pourra pas résoudre ses problèmes avec intelligence.

  • C'est pourquoi, pour mettre fin à ses pensées illusoires, il doit soumettre son esprit à la méditation.

 

  • Plus le samadhi est profond, plus l'esprit spirituel sera éclairé.

 

COMMENT BIEN MEDITER?

 

Pour bien méditer le matin, il y a un certain nombre de règles à respecter, car le réveil annonce le début d' une nouvelle journée, mais en réalité, elle n'est que la continuité de la nuit, sans réelle coupure.

 

  • Car le cadran horaire n'est qu'un repaire dans le temps, pour l'être humain.

  • Et non une nouvelle vie qui commence.

  • La vie a commencé le jour de notre naissance et n'a jamais cessée de continuer.

 

Donc, tout mettre en œuvre pour que sa nuit soit la plus réparatrice et paisible possible en :

 

  • Ayant une bonne hygiène de vie,

  • Se couchant à des horaires réguliers,

  • En évitant les intoxicants, les conflits,

  • En dormant dans un endroit silencieux,

  • A une température confortable,

  • De préférence, dans l'obscurité,

  • Éviter les appareils électroniques, ordinateur, lampes clignotantes...

     

Pour méditer le soir, il faut :

  • Avoir une bonne hygiène de vie,
  • Apprendre à contrôler son esprit durant la journée,

    afin d'éviter toutes tensions qui pourraient le perturber au moment de la méditation,

  • Pièce à température ambiante agréable,

  • Éviter les intoxicants, les conflits,

  • Ainsi que les bavardages inutiles.

 

 LE TEMPS DE MEDITATION :

 

Pour débuter, une courte cession chaque jour, déterminée par le méditant, sera plus bénéfique,

Qu'une longue, ennuyeuse et douloureuse méditation, de temps en temps, qui n'apportera aucun bénéfice.

 

Exemple :

 Si la toiture d'une maison est construite sur des fondations instables, alors, toute la maison s'effondrera.

Il en est de même pour la pratique, aller trop vite, c'est s'égarer la nuit sur un chemin sans lanterne.

 

 LES 11 REGLES DU CORPS

 

Avant de commencer la pratique, il faut connaître 11 points importants, qui sont :

 

1) La nourriture,

            • alimentation équilibrée (trop chaud, froid, lourds, gras...)

2) Les vêtements,

            • amples, chauds l'hiver, légers l'été.

3) Le lieu,

            • endroit retiré, sans va et vient.

4) Le moment,

            • lorsque tout le monde dort, alentours moins bruyants.

5) L'hygiène,

            • être propre pour éviter les démangeaisons, mal à l'aise.

6) La position assise,

            • lotus, demi-lotus, sur une chaise (douloureux au début)

7) Le dos,

            • droit, vertèbres alignées (tenir cette assise hors méditation)

8) Le cou,

        • droit en alignement avec la colonne.

9) La tête,

            • en alignement avec le cou, légèrement baissée vers l'avant.

10) Les mains,

            • reposent sur les jambes, main droite dans la main gauche. (autres possibilités)

11) Les yeux,

            • entre-ouverts d'un quart,

            • trop = distraction,
            • fermé = endormissement.

 

CONTROLER SA RESPIRATION :

 

Après avoir suivi les recommandations précédentes, il faut contrôler sa respiration :

 

  • Inspirer et expirer profondément une dizaine de fois,

    - en pensant que les expirations sont des afflictions, des obstacles,

    de la cupidité, de la colère, de l'ignorance ainsi que la saleté du corps.

  • Qu'à chaque aspiration, vous remplacez cette air vicié par de multiples qualités universelles.

 

  • Contrôlez votre souffle, qu'il ne soit :

    - Ni court ni long,

    - Ni rapide, ni lent.

  • Réglez-le à votre convenance.

  • Concentrez-vous dessus pour éviter toutes pensées, toutes perturbations.

  • Ainsi au fur et à mesure, il se ralentira de lui même.

 

L'ATTENTION AUX RESPIRATIONS :

 

Il y a 4 méthodes :

 Compter les respirations en ordre croissant :

  1. - Aspiration = 1,

    - Expiration = 2.

    - Jusqu'à 10 sans commettre d'erreur, puis recommencer autant de fois que possible.

  1. Compter par paires en ordre croissant :

    - 1 inspiration + une expiration = 1, puis 2, 3, 4…

    - Jusqu'à 10 sans commettre d'erreur, puis recommencer autant de fois que possible.

  2. Compter les respirations en ordre décroissant :

    - Aspiration = 10,

    - Expiration = 9,

    - Jusqu'à 1 sans commettre d'erreur, puis recommencer autant de fois que possible.

  3. Compter par paires en ordre décroissant :

    - 1 inspiration + 1 expiration = 10, puis 9, 8, 7 …

    - Jusqu'à 1 sans commettre d'erreur, puis recommencer autant de fois que possible.

 S'il y a erreur ou doute dans le comptage, c'est qu'il y a manque de concentration. Dans ce cas, il est préférable de recommencer avec concentration.

Il est aussi possible de faire un mixe des méthodes.

 

           ********************************************************************************************

    DEDICACE DES MERITES :

 

Après chaque méditation, il faut dédicacer tous ces mérites, à qui l'on veut, des êtres sensibles, des esprits errants, à la planète...

 

 

       Je transmet tous ces mérites,

        A travers l'encens pour tous les êtres.

       Nous disciples et tous les êtres vivants,

        Puissions-nous accomplir la voie du Bouddha.

 

 

 

L a méditation -Vénérable Thich Huyen-Vi-

Thich Huyen Vi

LA MEDITATION BOUDDHIQUE

 

L’humanité connaît actuellement une ère de progrès scientifique et de matériel extraordinaire, alors que les valeurs spirituelles et morales accusent une baisse de plus en plus importante. L’équilibre étant rompu, l’homme est plongé dans un tel abîme qu’il ne peut plus échapper à ses maux et à ses souffrances.

 Pour vivre dans le bonheur, la joie, pour parvenir à un idéal de civilisation digne de ce nom, chacun de nous doit, en dehors de la satisfaction de ses besoins matériels, chercher absolument à développer sa faculté de clairvoyance, d’éveil et de délivrance.

Le mental est le moteur de toutes choses. Afin de dégager efficacement le mental, chacun devrait s’efforcer de comprendre et de pratiquer la méditation bouddhique.

 Les quelques pages qui suivent, visent à apporter une contribution à la propagation de la doctrine et à aider tous nos lecteurs à retrouver leur propre et vrai bonheur dans le présent et dans le futur. (Vénérable. THICH HUYEN-VI)

En attendant la publication d’une étude complète et détaillée sur la MEDITATION BOUDDHIQUE, nous prions nos lecteurs de suivre les pratiques indiquées dans cette brochure.

 

I. ORIGINES DE LA MEDITATION BOUDDHIQUE

 La méditation bouddhique vient de notre maître, le Bouddha Sakyamuni. Après avoir quitté sa famille à la recherche de la Voie, il se décida à pratiquer la méditation, jusqu’à ce que l’Eveil vienne couronner ses efforts (Anuttara Samyak-sambouddha) :
Durant six ans, Bouddha s’assit dans la forêt épaisse.
Durant sept semaines, il s’appliqua à la pure méditation.
Après le Parinirvâna du Bouddha, deux écoles propagèrent sa doctrines : celle des Anciens ou Theravada et celle du Grand Véhicule ou Mahayana. Toutes deux enseignent la pratique de la méditation considérée comme base pour parvenir à l’Eveil.

 

II. QU’EST-CE QUE LA MEDITATION ?

 “Thiê’n”, en vietnamien, ou plus exactement “thiê’n na” du mot sanskrit dhyâna, traduit en chinois par “tinh lu” (paix et réflexion), est traduit en français par “méditation”. Lorsqu’il ne se produit pas d’agitations mentales, il y a méditation. Quand, en position assise, on reconnaît sa nature originelle, c’est qu’on atteint la tranquillité de l’esprit, qu’on médite.

La nature originelle représente ainsi l’essence non née de chacun. La tranquillité de l’esprit constitue le paysage mental non créé dans lequel le souffle des huit vents reste immobile. Les huit vents sont : les profits, la décadences, la calomnie, la glorification, la louange, la critique, la souffrance, la joie. Lorsqu’on médite, ainsi, on est considéré comme étant entré dans l’état de Bouddha bien qu’on ne soit que simple créature.

Par l’introspection, nous devons chercher à nous connaître, à savoir si nous sommes bons ou méchants, intelligents ou bornés, braves ou peureux, honnêtes ou vils. Ces réflexions, ces examens, ces analyses qui sont dénommés l’observation psychologique, constituent la méditation.

Le mental, enclin à la distinction, au préjugé, à l’égoïsme, à l’avidité, à la colère, à l’ignorance, a pour nom faux mental, mental pervers, mental de créature.

Ce faux mental doit être détruit pour laisser la place au mental d’amour, de compassion, au vrai mental, à la nature de Bouddha apparaissant. La méditation supprime l’agitation mentale, la remplace par la nature vraie, pure, c’est-à-dire la vérité. Elle est encore appelée méthode de commandement du mental, ou de concentration des pensées.

Les idées de chacun sont très complexes ; chaque personne a ses opinions qui diffèrent de celles des autres ; elles suscitent, par leur diversité même, mille et mille mécontentements, par la suite des fautes variées commises et qui occasionnent, dès lors, les souffrances pour soi-même, pour les hommes, la famille, la société, la nation, le monde, toute l’humanité. Les effets dépendent tous des agitations mentales distinctes, des idées erronées, qui se sont formées.

Pour maîtriser, pour pacifier, pour éliminer les diverses passions, les idées erronées, et mettre en lumière le mental vrai, pur, présent en toute personne, il faut recourir à la méthode de la méditation.

“Toutes les créatures portent, en elles, la nature de Bouddha”, voilà l’enseignement de base du Bouddha. La nature de Bouddha est le “mental vrai et pur présent en tout être” comme indiqué ci-dessus. Toutes les catégories d’êtres vivants la possèdent, sans exception ; ainsi ce mental est-il encore dénommé “l’avoir originel”, ou la “physionomie existante dès l’origine”, autrement dit, le mental vrai que les créatures ont d’une façon tout innée. C’est pour revenir à ce mental originel que nous pratiquons la méditation.

 

III. BUT DE LA MEDITATION BOUDDHIQUE

 Le but de la méditation bouddhique est “d’arrêter les agitations mentales, de retrouver la nature de Bouddha”. Pour cela, il faut décanter les diverses souillures de notre mental, retrouver la vraie physionomie de notre nature. Ces souillures sont justement les illusions.

Notre propre nature est la représentation de la sagesse Tathagata (Esprit sans attache). Les Bouddhas comme les créatures la possèdent en entier, unique, identique à elle-même.

Si nous nous débarrassons des pensées impures, nous ferons resurgir en nous la représentation de la sagesse du Tathagata, nous serons Bouddha ; sinon, nous resterons des créatures.

Parce que depuis d’innombrables kalpas jusqu’à aujourd’hui, nous nous sommes aveuglément plongés dans les ténèbres du cycle des renaissances, parce que depuis longtemps nous nous sommes laissés contaminer par des souillures, il ne nous est pas possible, en un moment, de nous libérer des illusions, de voir réellement notre nature originelle ; c’est pourquoi nous devons pratiquer la méditation. La condition primordiale dans la pratique de la méditation consiste à détruire les illusions.

Comment la méthode de destruction des illusions procède-t-elle ?

Le Bouddha Sakyamuni enseigna beaucoup de procédés, mais le point essentiel réside dans l’expression “la fin des illusions”. La fin des illusions, c’est l’Eveil. L’école de méditation que le fondateur Bodhidharma avait transmise en Chine, jusqu’au Sixième Patriarche Houei-Neng, s’était répandue partout, apportant une lumière éblouissante depuis l’Antiquité jusqu’aux temps modernes. La phrase très importante par laquelle Bodhidharma et le Sixième Patriarche Houei-Neng initient les pratiquants de méditation est : “Supprimer complètement les liens, ne laisser naître aucune pensée”.

Supprimer complètement les liens, c’est se débarrasser entièrement de tous les liens ; Les deux expressions : “Se débarrasser entièrement de tous les liens, ne laisser naître aucune pensée”, constituent la condition déterminante avant toute autre dans la pratique de la méditation.

S’il n’est pas possible de réaliser ces deux expressions, la méditation, non seulement, ne pourra réussir mais la porte de la délivrance serait difficilement franchissable. Tant que les innombrables liens continuent à nous attacher, que les agitations mentales, sans cesse, se produisent et se détruisent, comment pouvons-nous pratiquer la méditation avec succès ?

“Se débarrasser entièrement de tous les liens, ne laisser naître aucune pensée” constituent, nous le savons bien entendu déjà, la condition primordiale dans la pratique de la méditation. Cependant comment devons-nous la réaliser ? Il en existe deux façons :
 

1. L’une est l’apanage des natures d’élite et des intelligences transcendantes pour qui l’illusion disparaît de façon durable ; ces personnes se dirigeant vers le non né, parviennent à l’Eveil, sans aucune parcelle d’attachement, voient l’essence originelle et atteignent le but avec facilité.

2. L’autre est celle que doit suivre le commun des mortels. Ceux-ci doivent pratiquer tous les jours la méditation, se servir de la logique pour détruire les faits, reconnaître nettement leur propre nature toujours pure. Les passions sont l’Eveil, la naissance et la mort sont le Nirvana ; toutes sont des fausses illusions extérieures à notre nature originelle. Toutes choses, toutes oeuvres ne sont que rêves, songes, bulles, ombres. Notre corps composé de quatre éléments (terre, eau, feu, air) ; les montagnes et les fleuves, les continents de notre nature même sont comme des écumes de l’océan, qui, malgré leur formation et leur destruction, ne s’inquiètent nullement de leur propre essence. Nous ne devons pas suivre l’évolution, naissance, séjour, changement, disparition... de toutes ces illusions pour commencer à aimer, à se dégoûter, à conserver, à abandonner.

Si nous abandonnons totalement notre corps, comme un cadavre indifférent, les facultés, les objets de naissance, les formes de conscience et l’esprit se dissolvent ; l’avidité, la colère, l’ignorance, le désir seront complètement anéantis. Toute affaire, mal et douleur, souffrance et joie, faim et froid, nourriture et habillement, honneur et outrage, naissance et mort, malheur et bonheur, paix et danger, critique et louange, possession et perte, tranquillité et trouble, difficulté et aisance, etc., intéressant le corps doivent en être chassés. C’est seulement dans ces conditions qu’il est possible d’espérer les abandonner tous. On les abandonne tous une bonne fois pour toutes, et c’est ce qu’on appelle abandonner complètement mille liens ; Sitôt mille et mille liens complètement abandonnés, les illusions sont dissolues, les distinctions ne se forment plus, les préjugés s’éloignent durablement. Alors, plus aucune pensée ne naît, notre propre nature devient perceptible, l’essence profonde se dévoile. Si l’on parvient à de tels résultats, c’est que les conditions requises par la méthode de la méditation sont bien remplies, et que l’on utilise tous les moyens de recherche afin de pouvoir parvenir à l’Eveil.

 

IV. FORMALITES POUR LA PRATIQUE DE LA MEDITATION

(à accomplir par les candidats pratiquant dans la salle commune de méditation).

 1. Inscrire ses nom, prénom, nom bouddhique, adresse et numéro de téléphone.
2. Se munir de zafu (coussin) ou de tapis servant à la méditation.
3. Arriver quinze minutes avant l’heure prévue, se préparer en maintenant calmes le corps, la       paroles l’esprit.
4. Se vêtir à sa convenance, mettre de préférence la robe ample de culte ; éviter le short.
5. Au signal donné, entrer en ordre dans la salle de méditation, s’asseoir à sa place.
6. A l’arrivée du Vénérable, Maître de méditation, le saluer mains jointes et prononcer avec lui, trois fois, la formule : “NAMO TASSA BHAGAVATO ARAHATO SAMMA SAMBUDDHASSA” (Hommage à Lui le Béni, le Très Saint, le Parfaitement Eveillé).
7. Si nécessaire, le Maître de méditation donnera ses instructions.
8. L’injonction du signal marquera l’instant ou chacun devra se mettre dans la position rituelle.
9. Il est interdit de parler, de rire, de tousser bruyamment, de cracher, de réciter des invocations, d’égrener les chapelets durant la méditation.
10. A chaque séance, les pratiquants doivent étudier avec soin la théorie, appliquer la méthode de base pour la position de méditation pendant 10, 20, 30, 40, 50 ou 60 minutes.

Les personnes qui ne peuvent pratiquer aux séances de groupes, liront attentivement cette brochure et pourront ensuite pratiquer individuellement dans la salle de méditation, à la condition d’en avoir avisé au préalable le Maître et de se conformer aux règles générales.

 

V. LA PRATIQUE PROPREMENT DITE

 1. Pendant la séance, il est préférable de porter des vêtements amples, pas trop serrés à la taille et aux manches.

2. Position assise dite en demi lotus : le dos du pied droit posé sur la cuisse gauche ou inversement. Cette position est conseillée aux débutants.

3. Position assise dite en lotus, deux variantes :

3a). Position assise destinée à soumettre les démons : le dos du pied droit étant appuyé jusqu’à l’aine sur la cuisse gauche, le dos du pied gauche vient ensuite s’appuyer jusqu’à l’aine sur la cuisse droite, les mollets croisés.
3b). Position assise de tranquillité : appliquer d’abord le dos du pied gauche sur la cuisse droite jusqu’à l’aine, ensuite amener le dos du pied droit pour l’appliquer jusqu’à l’aine sur la cuisse gauche, les mollets croisés.
Cette position est conseillée aux pratiquants qui s’exercent à leur domicile, elle donne facilement des bons résultats.

4. Position des mains : la main gauche ouverte, en dessous, la main droite également ouverte, appliquée sur la paume de la main gauche et recouvrante celle-ci, les pouces joints bout à bout. Les mains sont posées sur les talons ou à la hauteur du nombril, selon la convenance du pratiquant. Les coudes doivent être serrés au corps. Les deux genoux doivent toucher le sol.

5. Le pratiquant doit garder le buste vertical, la colonne vertébrale droite, les épaules à la même hauteur et à la verticale des oreilles, le nez à la verticale du nombril. Baisser les paupières, garder les yeux ouverts aux trois quarts, tout en fixant l’arête du nez.

Il ne faut ni maintenir les yeux grands ouverts, cela perturberait la méditation, ni les fermer hermétiquement, cela risquerait de provoquer l’assoupissement. Appliquer légèrement la langue sur la voûte du palais.

 

EXERCICE:

Après avoir compris exactement la méthode, le pratiquant s’exerce à s’asseoir. Il concentre sa pensée sur l’image de Bouddha en pleine méditation qui nous apprend, d’une façon claire et intelligent, les pratiques adoptées par lui-même.

Jadis, il suffisait aux Patriarches d’entrer en méditation pour découvrir l’essence de Bouddha. Ainsi la méthode “Sérénité mentale de Bodhidharma”, la dissertation “Vision du soi inné” du Sixième Patriarche Houei-Neng étaient des méthodes directes pour atteindre la sagesse, sans avoir recours aux formes d’initiation. Plus tard, les Patriarches des générations qui suivent, se sont aperçus que leurs disciples étaient moins doués que les anciens.

Ils n’étaient plus aussi réceptifs, leur coeur s’était avili et n’était plus malléable ; la cupidité et la mauvaise foi s’étaient emparées des esprits ; Aussi durent-ils trouver, chacun, une méthode particulière d’enseignement. Ils fondèrent ainsi diverses écoles où ils apprirent aux débutants des formules d’initiation. Celles-ci sont très nombreuses, citons par exemple :

— Toutes les doctrines convergent vers une seule, où va celle-ci ?
— Avant que nous soyons nés de nos parents, quel était notre vrai visage ?

Mais la formule la plus répandue est celle-ci : Purifier son esprit, garder pur son coeur, son mental.

Pendant les deux ou trois premières années consacrées à la méditation, le pratiquant doit concentrer son esprit sur ces formules. Lorsqu’il aura atteint la sérénité mentale, il aura l’intelligence éclairée, il pourra se mettre aux exercices d’un niveau plus élevé.

 

SORTIE DE MEDITATION

 Au signal donné, le pratiquant se prépare à sortir de l’état de méditation. Il commence par séparer les mains, puis doucement remue la tête, les yeux, le corps, décroise pieds et jambes avec lenteur et précautions.

Il éprouvera, à ce moment, des pieds à la tête, des difficultés, par exemple dos courbaturé, poitrine oppressée, fourmillements dans les jambes, cou endolori, etc.

Le pratiquant doit masser fortement ces zones douloureuses, ou se frotter vigoureusement les mains pour les réchauffer, puis les y appliquer. Il doit se garder d’accomplir ces gestes avec précipitation, pour éviter des suites douloureuses.

 

La séance terminée, les pratiquants réciteront les paroles de transfert de mérites :

 

Je fais vœux de:

Ne rien faire de mal
Faire tout ce qui est bien
Purifier mon propre coeur
Tel est l’enseignement des Bouddhas.

Que toutes les bénédictions soient tiennes
Que tous les dieux te protègent
Par le pouvoir de tous les Bouddhas
Que le bonheur soit tien à jamais !

Que toutes les bénédictions soient tiennes
Que tous les dieux te protègent
Par le pouvoir de tous les Dhammas
Que le bonheur soit tien à jamais !

Que toutes les bénédictions soient tiennes
Que tous les dieux te protègent
Par le pouvoir de tous les disciples
Que le bonheur soit tien à jamais !

 

VI. EFFETS DE LA MEDITATION

 Appliquant exactement les méthodes ci-dessus exposées, les pratiquants se porteront bien, leur santé s’améliorera, leur esprit deviendra plus clair et éveillé, ils parviendront à la tranquillité de l’esprit. Ils obtiendront les dix beaux résultats suivants :

1. Une existence sereine, dans l’observance de la foi. Au bout d’un temps assez long, les cinq sens s’assagissent, la vraie méditation apparaît sans besoin d’effort. On se sent calme, en sécurité et délivré de toutes entraves.


2. Une plus grande disposition à l’amour et à la compassion. Pendant la méditation, on peut développer l’esprit d’amour et de compassion vis-à-vis de toutes les créatures.


3. La dissipation des soucis. Grâce à la méditation, les poisons tels que l’avidité, la colère et l’ignorance ne pourront plus se manifester.


4. Un contrôle efficace des sens, d’où une grande force de résistance contre l’attirance des perceptions extérieures : formes, sons, odeurs, saveurs, choses tangibles, objets mentaux (idées et pensées).


5. Le corps et l’esprit joyeux. La méditation est considérée comme la meilleure des nourritures spirituelles parmi toutes celles existant dans le monde.


6. Les désirs débarrassés. Une fois l’esprit tranquillisé, les désirs ne se forment plus et ne peuvent plus nous contaminer.


7.  La vérité sera atteinte, libre de toute conceptualisation.


8.  La délivrance de tous les soucis d’attachement, jusqu’au stade de non renaissance.


9.  La découverte de la sagesse illimitée et la jouissance du domaine des Bouddhas.

 
10. La libération totale à laquelle rien ne pourra plus s’opposer, la prise de conscience de la nature de Bouddha.

 VII. CONCLUSION

 En appliquant les règles millénaires édictées par le Bouddha, chaque pratiquant peut parvenir à un certain niveau de la méditation et à un certain degré de sagesse. La méditation est une méthode offerte à toutes les catégories humaines, sans distinction de couleur, de nationalités, de religions, de pays. Chaque personne qui l’utilise, peut atteindre la délivrance de l’Eveil.

Tous les grands éveillés sont arrivés au merveilleux couronnement de leurs efforts par la méditation bouddhique.

C’est pourquoi nous pouvons conclure en affirmant que la méditation est un exercice indispensable à tous, particulièrement là où la vie spirituelle est en butte à de graves bouleversements.

La méditation est un remède miraculeux contre les souffrances morales. Elle ne doit pas être délaissée par ceux qui désirent réaliser l’équilibre entre le corps et l’esprit, dans la recherche du bonheur au cours de l’existence présente.

 DEDICACE

Puissent les bienfaits, issus de cet ouvrage, quels qu’ils soient, contribuer à la libération et au bonheur des êtres innombrables, exauçant ainsi les voeux des maîtres compatissants.