1 Explication en FR du Soutra Ksitigarbha,

Livre complet du soutra Matrice de la terre

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Définitions d'un mantra:

Définitions d'un mantra
 
Dans l'hindouisme et le bouddhisme, le mantra est une formule condensée formée d'une ou d'une série de syllabes répétées de nombreuses fois suivant un certain rythme.
 

Mantra de la Sagesse

Gâté, gâté, paragâté, parasamgâté, boddhi svaha:

Traduction:

                "Allons, allons, allons vers l'autre rive. Allons tous ensemble à l'autre rive. Que l'éveil soit"

Le Sûtra du Lotus - Parabole de la maison en feu

La Parabole de la maison en feu

Qui plus est, Shariputra, je vais à présent me servir moi aussi d'analogies et de paraboles pour expliciter cette doctrine, car se servir d'analogies et de paraboles permet aux personnes de sagesse de parvenir à la compréhension.

Shariputra, imagine que dans certaine ville d'un pays donné vivait un très riche personnage. D'âge déjà avancé et d'une fortune inimaginable, il possédait d'innombrables champs, maisons et serviteurs. Sa propre demeure, vaste et pleine de recoins, ne disposait cependant que d'une seule porte d'entrée. Beaucoup de gens vivaient là - cent, deux cents, voire jusqu'à cinq cents personnes. Les salles et les chambres étaient vétustes et délabrées, les murs croulants, les pilastres vermoulus à la base, les poutres et les chevrons infléchis et tordus.

Or, un incendie survint, qui se répandit à travers toute la maison et gagna toutes les pièces. Les fils de ce riche personnage, dix, vingt ou peut-être même trente, se trouvaient à l'intérieur. Lorsque leur père vit les flammes immenses lécher les murs de tous côtés, affolé et terrifié, il se dit: "Je peux me mettre en sécurité en franchissant la porte d'entrée en proie aux flammes, mais mes fils sont à l'intérieur de cette maison qui brûle, ils jouent et s'amusent en toute insouciance, ignorant qu'il y a le feu et inconscients de tout danger. Le brasier se rapproche et va les cerner, des souffrances terribles les menacent mais comment songeraient-ils à s'échapper puisqu'ils n'ont aucune notion du péril qui les guette?

"Shariputra, notre riche personnage réfléchit encore: 'Jai suffisamment de force dans le corps et les bras, je peux les envelopper d'un vêtement, les mettre sur un banc et les porter à l'extérieur de la maison." Puis il poursuivit son raisonnement: "La maison n'a qu'une seule entrée, qui est petite et bien étroite. Mes fils sont très jeunes, ils ne comprennent rien, ils aiment tant leurs jeux et y sont si absorbés qu'ils risquent fort de périr brûlés. Il faut absolument que je leur explique pourquoi je suis si inquiet pour eux. La maison est dévorée par les flammes, il faut que je les fasse sortir au plus vite et les empêche de mourir dans l'incendie!"

Arrivé là dans ses réflexions, il suivit son plan, appela ses fils et leur dit: "Sortez immédiatement!" Mais bien que leur père soit plein de pitié pour eux et leur donne des instructions pour leur bien, les enfants étaient si absorbés dans leurs jeux qu'ils n'avaient aucune envie de lui obéir. Aucune crainte, aucune peur ne les habitait, ni la moindre préoccupation quant à la nécessité de quitter la maison. Qui plus est, ils n'avaient aucune notion de ce qu'étaient un incendie, ni une maison, ni un danger. Ils continuaient donc à courir dans tous les sens et à jouer, à regarder leur père sans la moindre velléité de lui obéir.

Le riche personnage pensa alors: "La maison est déjà ravagée par l'incendie. Si mes fils et moi ne sortons pas d'ici le plus vite possible, nous allons mourir brûlés, c'est certain. Il faut que je conçoive tout de suite des moyens opportuns qui permettent à mes enfants d'échapper à ce péril."

Le père connaissait parfaitement ses fils, il savait pertinemment quels jouets et quels objets curieux attireraient précisément chaque enfant et lui plairaient, c'est pourquoi il leur dit: "Ce qui vous amuse est rare et difficile à trouver. Si vous ne le prenez pas quand l'occasion se présente, vous le regretterez plus tard. Par exemple des chars tirés par des chèvres, des daims ou des boeufs. Il y en a juste de l'autre côté du portail,vous pouvez jouer avec! Sortez donc tout de suite de cette maison en flammes, et je vous donnerai tous ceux que vous voudrez!"

À cet instant, quand les fils entendirent leur père parler de ces jouets très rares et dont ils avaient précisément envie depuis longtemps, chacun fut dévoré d'envie et tous se ruèrent hors de la maison en flammes en se bousculant.

À cet instant, voyant que ses fils étaient sortis indemnes de la maison et étaient tous assis sur l'esplanade à l'extérieur, enfin hors de danger, le riche personnage fut intensément soulagé et son esprit dansa de joie. Alors, les enfants se mirent à réclamer:
"Ces jouets que vous nous avez promis tout à l'heure, les chars tirés par des chèvres, des daims ou des boeufs, s'il vous plaît, donnez-les nous, à présent!"

Shariputra, le riche personnage donna alors à chacun de ses fils un grand char, de taille et de qualité identiques. Les chars étaient hauts et spacieux, ornés de nombreuses pierreries, avec une rambarde tout autour et des clochettes aux quatre coins. Un dais les surplombait, également incrusté de diverses pierres précieuses. Des torsades de pierreries et des guirlandes de fleurs les décoraient, des piles de coussins garnissaient l'intérieur sur lesquels étaient encore disposés des oreillers d'un rouge profond. Chaque char était tiré par un boeuf blanc, à la robe immaculée, de belle allure et d'une grande force, capable de le tirer régulièrement et sans heurts mais à la vitesse du vent. En plus de cela, quantité de serviteurs et de bouviers les escortaient et veillaient sur les chars.

Quelle raison à tout cela? Les richesses de ce personnage étaient sans limite et ses réserves regorgeaient de marchandises à en déborder. C'est pourquoi il se disait: "Mes biens sont si opulents que ce ne serait pas correct si je ne donnais à mes fils que de petits chars de qualité inférieure. Ces petits garçons sont tous mes fils et je les aime tous sans partialité. Je possède d'innombrables grands chars ornés de sept sortes de joyaux. Je dois faire preuve d'impartialité et en donner un à chacun de mes fils, sans faire aucune discrimination. Pourquoi donc? Parce que même si je décidais de distribuer mes richesses à tous les habitants sans exception de ce royaume, je ne les épuiserais pas, encore bien moins en les donnant à mes fils !

"À ce moment, chacun des fils monta dans son grand char, ayant obtenu quelque chose qu'il n'avait jamais eu auparavant et à quoi il ne se serait même jamais attendu.
Que penses-tu de cela, Shariputra? En distribuant ainsi à ses fils ces superbes chars ornés de joyaux, ce riche personnage se rendit-il coupable de tromperie ou non?

«Non, Honoré du monde, répondit Shariputra. Ce riche personnage n'a fait que permettre à ses fils d'échapper à l'incendie qui les menaçait et sauver leurs vies. Il n'a commis aucune tromperie. Pourquoi dis-je cela? Parce que d'avoir la vie sauve était déjà le plus beau des jouets. De surcroît, grâce à l'usage d'un moyen opportun, ils ont pu échapper à cette maison en flammes! Honoré du monde, même si ce riche personnage n'avait pas donné le moindre petit char à ses enfants, il ne serait encore pas coupable d'une quelconque tromperie. Pourquoi cela? Parce que ce riche personnage avait déjà décidé en son for intérieur d'employer un moyen opportun pour assurer que ses fils en réchappent. Utiliser un stratagème de ce genre ne peut être considéré comme une

tromperie. Mais encore bien moins si l'on considère que ce riche personnage savait qu'il disposait d'une fortune sans limite, et que son intention était d'en faire profiter ses fils et de les enrichir en offrant à chacun un grand char.

- Très bien, très bien, répondit le Bouddha à Shariputra, il en est vraiment exactement comme tu le décris. Shariputra, l'Ainsi-venu est bien comme cela. En fait, il est comme un père pour le monde entier. Craintes, soucis, angoisses, ignorance et malentendus sont terminés pour lui depuis longtemps, effacés sans aucune trace. Il a parfaitement réussi à acquérir une clairvoyance sans limite, le pouvoir de s'affranchir de toute crainte, l'obtention de grands pouvoirs transcendantaux et le pouvoir de la sagesse. Doté des moyens opportuns et de la paramita de la sagesse, ses incommensurables compassion et mansuétude sont constantes et inébranlables. Il est constamment en quête de ce qui est bon et source de bienfait pour tous.

Il est dans ce Monde des trois plans, une maison en feu, ancienne et délabrée, afin de sauver les êtres vivants des flammes de la naissance, de la vieillesse et de la mort, des soucis et de la souffrance, de la stupidité, des malentendus, et des trois poisons* ; et afin de les enseigner et de les convertir pour leur permettre d'atteindre l'anuttara-samyak sambodhi.

Il voit les êtres vivants flétris et consumés par la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, le souci et la souffrance, il les voit endurer toutes sortes de douleurs résultant des cinq désirs* et de la soif de richesse et de profit. De même, à cause de leur avidité, de leurs attachements et de leur acharnement, ils endurent d'innombrables souffrances dans leur existence pré sente pour affronter ensuite la douleur de renaître soit en enfer, soit dans le monde de l'animalité, soit dans le monde de l'avidité. Même s'ils renaissent dans le domaine des êtres célestes ou dans celui des êtres humains, ils ont à endurer la souffrance de la pauvreté et du dénuement, la douleur de la séparation avec ceux qui leur sont chers, la douleur d'avoir à fréquenter des gens qu'ils abhorrent et toutes ces sortes de souffrances. Et pourtant, engloutis dans tout cela, les êtres vivants se réjouissent et se divertissent, inconscients, ignorants, sans crainte aucune ni appréhension. Ils ne ressentent aucun dégoût et ne font aucune tentative pour s'échapper. Dans cette maison en feu qu'est le Monde des trois plans, ils courent en tous sens, sans être affligés outre mesure alors même qu'ils sont exposés à de grandes souffrances.

Shariputra, lorsque le Bouddha voit cela, il se fait la réflexion suivante: "Je suis le père de tous les êtres vivants et je devrais les délivrer de leurs souffrances et leur donner la joie de connaître la sagesse incommensurable et sans limite du Bouddha, afin qu'ils y trouvent le bonheur."

Shariputra, l'Ainsi-venu eut également cette pensée-ci: "Si je ne devais employer que des pouvoirs surnaturels et le pouvoir de la sagesse; si je devais écarter les moyens opportuns et, pour le bien des êtres vivants, faire l'éloge de la clairvoyance, du pouvoir et de la délivrance de toute peur de l'Ainsi-venu, les êtres vivants ne seraient pas en mesure d'obtenir le salut. Pourquoi? Parce que ces êtres vivants n'ont pas encore échappé à la naissance, au vieillissement, à la maladie, à la mort, aux soucis et aux souffrances et qu'ils sont au contraire en proie aux flammes dans la maison ravagée par le feu qu'est le Monde des trois plans. Comment pourraient- ils alors comprendre la sagesse du Bouddha?

" Shariputra, ce riche personnage, qui disposait pourtant de la force de ses bras et de l'énergie de son corps, ne les a pas utilisées. Il s'est tout bonnement servi d'un moyen opportun soigneusement élaboré, grâce auquel il a pu sauver ses fils du péril de l'incendie de cette maison, pour leur donner ensuite à chacun un grand char orné de pierres précieuses. L’Ainsi-venu agit de même. Ce n'est pas parce qu'il est doté de pouvoirs ni qu'il est libéré de toute crainte qu'il s'appuie sur cela. Il se contente d'utiliser sa sagesse et des moyens opportuns pour sauver les êtres vivants de la maison en flammes qu'est le Monde des trois plans, en leur exposant les trois véhicules, le véhicule des auditeurs, celui des pratyekabuddha et celui du Bouddha.

Il leur dit: "Ne vous satisfaisez pas de demeurer dans cette maison en flammes qu'est le Monde des trois plans! Ne soyez pas avides des apparences grossières de ses formes, bruits, odeurs, saveurs ou sensations. Car, si vous vous y attachez, vous apprendrez à les aimer et vous serez brûlés! Vous devez sortir de ce Monde des trois plans sans tarder, pour pouvoir obtenir les trois véhicules, le véhicule des auditeurs, celui des pratyekabuddha et celui du Bouddha. Je vous promets dès à présent que vous les obtiendrez et que cette promesse ne sera jamais vaine. Vous devez seulement vous exercer en redoublant d'efforts "

L’Ainsi-venu se sert de ce moyen opportun comme stratagème pour inciter les êtresvivants à agir. Ensuite, il leur déclare: "Il vous faut bien comprendre que ces doctrines des trois véhicules sont toutes prônées par les sages. Elles sont libres, sans entrave, sans dépendances et rendent tout autre quête inutile. Montant dans ces trois véhicules, vous bénéficierez des racines sans souillures, des pouvoirs, de la conscience, la voie, la méditation, la libération, les samadhi, et pourrez ensuite connaître le bonheur. Vous connaîtrez les délices d'une paix et d'une sécurité incommensurables."

Shariputra, s'il est des êtres vivants qui possèdent une sagesse innée, suivent le Bouddha, l'Honoré du monde, entendent la Loi, y croient et l'acceptent, s'efforcent de leur mieux et avec constance d'échapper rapidement au Monde des trois plans et cherchent à atteindre le nirvana, ceux-ci seront appelés "ceux qui empruntent le véhicule des auditeurs". Ils sont comparables aux fils quittant la maison en flammes dans l'espoir de recevoir des chars tirés par des chèvres.

S'il est des êtres vivants qui suivent le Bouddha, l'Honoré du monde, entendent la Loi, y croient et l'acceptent, font tous les efforts possibles en quête de la sagesse la plus vaste, la sagesse du Bouddha, la sagesse innée, qui apprécient la bonté et la tranquillité dans la solitude, et qui comprennent profondément les causes et les conditions de tous les phénomènes, ceux-ci seront appelés "ceux qui empruntent le véhicule des pratyekabuddha". Ils sont comparables aux fils quittant la maison en flammes dans l'espoir de recevoir des chars tirés par des daims.

S'il est des êtres vivants qui suivent le Bouddha, l'Honoré du monde, entendent la Loi, y croient et l'acceptent, font tous les efforts possibles en quête de la sagesse la plus vaste, la sagesse du Bouddha, la sagesse innée, la sagesse sans maître ni enseignement, la clairvoyance de l'Ainsi-venu, les pouvoirs et absence de crainte, qui soient compatissants et réconfortent d'innombrables êtres vivants, apportant le plus grand bienfait aux êtres célestes et humains et les sauvant tous, ces êtres vivants seront alors appelés "ceux qui empruntent le Grand Véhicule". Puisque les bodhisattvas sont en quête de ce véhicule, on les appelle mahasat tvas. Ils sont comparables aux fils quittant la maison enflammes dans l'espoir de recevoir des chars tirés par des boeufs.

Shariputra, en constatant que ses fils sont tous sortis de la maison en flammes et sont hors de danger, notre riche personnage s'est rappelé que sa fortune était immense et a offert à chacun de ses enfants un grand char. L’Ainsi-venu agit de même. Il est le père de tous les êtres vivants. Lorsqu'il constate que, en franchissant la porte de l'enseignementdu Bouddha, d'innombrables milliers de millions d'êtres vivants peuvent échapper aux souffrances du Monde des trois plans et quitter une route redoutable et périlleuse pour gagner les délices du nirvana, l'Ainsi-venu se fait alors cette réflexion:

"Je possède une sagesse incommensurable et sans limite, la puissance, l'absence de crainte, la resserre où les bouddhas entreposent la Loi. Ces êtres vivants sont tous mes fils. Je vais leur donner à tous et de manière équitable le Grand Véhicule, afin que certains ne soient pas les seuls

à obtenir d'eux-mêmes l'extinction, mais que tous puissent en bénéficier grâce à l'extinction de l'Ainsi-venu."
À tous les êtres vivants qui ont échappé au Monde des trois plans, il offre alors la méditation, la libération et autres magnifiques présents des bouddhas. Ces dons sont de caractéristiques identiques, de genre identique, approuvés par les sages et capables de procurer un bonheur pur, magnifique et suprême.

Shariputra, notre riche personnage a d'abord utilisé trois sortes de chars pour appâter ses fils, mais ensuite il leur a uniquement donné à chacun un grand char orné de pierres précieuses, le plus sûr et le plus confortable de tous. Malgré cela, ce riche personnage n'était pas coupable de tromperie. L’Ainsi-venu fait de même et sans tromperie aucune. D'abord il prêche les trois véhicules pour attirer et guider les êtres vivants, mais ensuite il ne se sert que du Grand Véhicule pour les sauver. Pourquoi? L’Ainsi-venu possède une sagesse incommensurable, le pouvoir, l'absence de crainte, la resserre de la Loi. Il a le pouvoir de donner à tous les êtres vivants la Loi du Grand Véhicule, mais tous ne sont pas capables de la recevoir.

Shariputra, Voilà pourquoi tu dois comprendre que les bouddhas ont recours au pouvoir des moyens opportuns. Parce qu'ils le font, ils établissent des distinctions dans le Véhicule unique du Bouddha et le prêchent comme s'il yen avait trois. »

Burton Watson
Traduction française: Sylvie Servan Schreiber et Marc Albert Les Indes Savantes, 2007

Sutra de la Grande Sagesse

SOUTRA DU CŒUR. MA HA BAT NHA.
 
Le Bodhisattva Avalokiteshvara
Comprit que par la pratique profonde de la Prajñâ Pâramitâ.
Les cinq agrégats sont vides
Et fut sauvé de toute souffrance et toute détresse
 
Sâriputra, la forme n'est pas différente de la vacuité;
La vacuité n'est pas différente de la forme.
Ce qui est forme est vacuité;
Ce qui est vacuité est forme.
Et il en va de même des sensations, des perceptions, des volitions et des consciences.
 
Sâriputra, tous les Dharmas ont ce caractère de la vacuité;
Ils n'apparaissent ni ne disparaissent,
Ne sont ni souillés, ni purs,
Ne croissent, ni ne décroissent.
 
C'est pourquoi, dans la vacuité,
Ni forme, ni sensations, ni perceptions, ni impulsions, ni consciences;
Ni yeux, ni oreilles, ni nez, ni langue, ni corps, ni esprit;
Ni couleur, ni son, ni odeur, ni goût, ni toucher, ni objet de la pensée;
Pas de domaine de la vision etc..., jusqu'à pas de domaine de la pensée conscience;
Pas d'ignorance et pas non plus d'extinction de l'ignorance, jusqu'à la vieillesse et la mort et pas non plus d'extinction de la vieillesse et de la mort
Ni souffrance, ni origine, ni cessation, ni voie;
Pas de connaissance et pas non plus de réalisation.
 
N'ayant rien à réaliser
Le Bodhisattva dépend de la Prajñâ Pâramitâ
Et son mental n'est pas un obstacle.
Sans obstacle, aucune peur n'existe;
Loin de toute conception pervertie, il demeure dans le Nirvâna.
Dans les trois mondes, tous les Bouddhas dépendent de la Prajñâ Pâramitâ
Et atteignent l'Eveil complet, parfait, sans supérieur, (l'Anuttara-samyaksam bodhi).
 
Sachez donc que la Prajñâ Pâramitâ
Est le grand mantra transcendant,
Le grand mantra lumineux,
Le mantra insurpassable,
Le mantra suprême,
Capable de soulager toute souffrance
Authentique et non pas faux.
 
Proclamez donc le mantra de la Prajñâ Pâramitâ,
Proclamez le mantra qui dit:
 
Gaté, gaté, paragaté, parasamgaté! Bodhi! Svaha! (3 fois)

Soutra De La Vérité

Méditer développe le juste.

Soutra essentiel du canon bouddhique - Gratuit - Ne peut être vendu ou marchandé

  

La Noble Voie Octuple

 

Ami, quelle est la vérité de la voie menant à la fin de la souffrance ?

  - Ce n'est en fait, ami, que le Noble Sentier Octuple, (Ạsta Aryasatya, sc. - Bát Chánh Đạo, vn.) à savoir :

 

- 1  La vue juste,

- 2  La pensée juste,

- 3  La parole juste,

- 4  L'action juste,

- 5  Les moyens d’existence juste,

- 6  L'effort juste,

- 7  L'attention juste,

- 8  La concentration juste.

 

Ami, qu’est-ce que la vue juste ?

 - C’est en fait, ami, la perception juste de l’apparition de la souffrance, la perception juste de la cessation de la souffrance, c'est distinguer le vrai du faux, le sentier menant à la cessation de la souffrance.

 

Ami, qu’est-ce que la pensée juste ?

 - C’est en fait, ami, la pensée du renoncement, de l’affranchissement de la méchanceté, de la cruauté.

 

Ami, qu’est-ce que la parole juste ?

 - C’est en fait, ami, s’abstenir de mentir, de calomnier, de paroles dures, de paroles inutiles.

 

Ami, qu’est-ce que l’action juste ?

 - C’est en fait, ami, s’abstenir de tuer, de voler, de commettre l’adultère.

 

Ami, qu’est-ce que le moyen d’existence juste ?

 - C’est en fait, ami, un noble disciple renonçant aux moyens de vivre illicitement pour mener une vie honnête.

 

Ami, Qu’est-ce que l’effort juste ?

 - C’est en fait, ami, un disciple qui espère, lutte, s’efforce, maîtrise son mental, s’exerce pour combattre l’apparition du mal et de mauvaises pensées.

Il espère, lutte, s’efforce, maîtrise son mental, s’exerce pour l’apparition de bonnes pensées.

Il espère, lutte, s’efforce, maîtrise son mental, s’exerce pour la stabilité, pour l’absence de confusion, pour la croissance, la plénitude, et la culture du mental, pour la consolidation des bonnes pensées apparues.

 

Ami, qu’est-ce que l’attention juste ?

 - C’est en fait, ami, un disciple qui vit en voyant le corps dans sa réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné dans un monde sans cupidité ni découragement ; qui vit en voyant le sentiment dans sa réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné dans un monde sans cupidité ni découragement ; qui vit en voyant le mental dans sa réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné dans un monde sans cupidité ni découragement.

 

Ami, qu’est-ce que la concentration juste ?

 - C’est en fait, ami, un disciple détaché des plaisirs des sens, détaché des états mentaux malsains, qui entre et demeure dans le premier jhana (c’est l’état d’absorption dans un objet ou une préocuppation unique), accompagné par une pensée appliquée et soutenue avec une extase et un bonheur nés lors de la retraite.

Avec le fléchissement de la pensée appliquée et soutenue il entre et demeure dans le deuxième jhana, qui possède une confiance interne et une unification de la pensée, est sans pensée appliquée ni soutenue, et est rempli d’extase et de bonheur nés lors de la concentration.

Avec la disparition de l’extase, il demeure dans l’équanimité, attentif et judicieux, il expérimente sur sa propre personne ce bonheur dont la noble personne dit : " heureux celui qui vit dans l’équanimité et est attentif ". Alors il entre et demeure dans le troisième jhana.

Avec l’abandon du plaisir et de la souffrance, et avec la précédente disparition de joie et peine, il entre et demeure dans le quatrième jhana qui n’a ni douleur ni plaisir et possède la pureté de l’esprit grâce à l’équanimité.

 

Ami, telle est la vérité de la voie menant à la cessation de la souffrance.

 

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Sutta Ksitigarbha

Voici quelques phrases récupérées dans le soutra de Ksitigarbha, Matrice de la Terre:

Dans le monde de Saha qui se situe dans le Jambudvipa, le Bodhisattva Ksitigarbha utilise des centaines de millions de milliers de méthodes pour instruire des êtres.

- Si le Bodhisattva rencontre un meurtrier, Il lui enseigne que sa vie sera écourtée comme connaissance de la calamité du massacre.

- S'Il rencontre un voleur, Il lui enseigne que la pauvreté et le malheur seront ses rétributions.

- S'Il rencontre celui qui commet l'adultère, Il enseigne que la rétribution de cette faute est de prendre naissance sous forme animal comme le paon, le pigeon, le canard ou la cane.

- S'Il rencontre une personne grossière ou méchante, Il lui enseigne que la cause de sa faute lui fera prendre naissance dans une famille en crise.

- S'Il rencontre un dénigreur, il lui enseigne qu'il attrapera un ulcère buccale ou sera dépourvu de langue.

- S'Il rencontre un coléreux, Il lui enseigne que la laideur ou un handicape seront ses rétributions.

- S'il rencontre un avare, Il lui enseigne que ses souhaits seront insatisfaits.

- S'Il rencontre un glouton, Il lui enseigne que la faim, la soif et l'angine seront ses rétributions.

- S'Il rencontre un chasseur, Il lui enseigne qu'il devra périr aliéné.

- S'Il rencontre un être qui n'a pas de piété filiale envers ses parents, Il lui enseigne qu'il devra périr par la punition du ciel et de la terre (catastrophe naturelle).

- S'Il rencontre un incendiaire forestier, Il lui enseigne qu'il sera aliéné jusqu'à la fin de sa vie.

- S'Il rencontre un un être qui étend un filet ou pose un piège, pour attraper de jeunes animaux, Il lui enseigne qu'il sera séparé des siens.

- S'Il rencontre un diffamateur, Il lui enseigne qu'il sera aveugle, sourd, muet ou souffrir de dysladie.

- S'Il rencontre un dédaignant de la Doctrine du Bouddha, Il lui enseigne qu'il sera dans les voies maléfiques.

- S'Il rencontre un être qui endommage des biens monastiques, Il lui enseigne qu'il sera en enfer pendant des milliers de kalpa.

- S'Il rencontre un être qui déshonore la pure conduite du Sangha et les diffames, Il lui enseigne qu'il sera perpétuellement dans la voie de l'animalité

- S'Il rencontre un cuisinier qui grille, sabre, coupe ou blesse des animaux volontairement, Il lui enseigne qu'il sera certainement dans la voie des transmigrations compensées

- S'Il rencontre un violateur de la discipline morale ou un contrevenant du règlement de déjeuner à midi (milieu du jour), Il lui enseigne qu'il prendra naissance dans la voie d'animalité affamée

- S'Il rencontre un gaspilleur, Il lui enseigne que l'insatisfaction du désir sera sa rétribution

- S'Il rencontre un orgueilleux, Il lui enseigne qu'Il sera esclave

- S'Il rencontre un être au double langage causant de la mésentente, Il lui enseigne qu'il aura une langue mal formée ou plusieurs langues

- S'Il rencontre un être qui a la vue et l'opinion erronée, Il lui enseigne qu'il aura une renaissance dans un pays sous développé et absent de culture

Les histoires précitées sont des obscurcissements causés par l'esprit, la parole et le corps

« l'île aux Jambus » - L'une des sept îles du continent qui entourent le mont Méru, axe du monde. Ainsi nommée en raison de l'abondance d'arbres Jambus.

Soutra de la prière a sept branches

La Déesse aux mille bras sur youtube.
https://youtu.be/bmOKEzPYumQ

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Jusqu’à ce que mon état soit purifié, je prends une direction sûre.
De part les Bouddhas, le Dharma et de la Plus Haute Assemblée.
Par la force positive de ma pratique des dons.
Puissé-je concrétiser la bouddhéité pour aider ceux qui errent !

Puisse la surface de la terre dans toutes les directions
Être pure sans même le moindre gravillon,
Aussi lisse que la paume de la main d’un enfant,
Naturellement polie comme la pierre de béryl !

Puissent les objets d’offrandes, divins et humains,
Véritablement déployés et aussi imaginés
Comme des nuages sans pareils d’offrandes de Samantabhadra
Emplir toute la sphère de l’espace !

  1. Je me prosterne devant vous, tous les Bouddhas
    Qui avez honoré les trois temps,
    Devant le Dharma et la Plus Haute Assemblée,
    M’inclinant de tous les corps
    Aussi nombreux que tous les atomes du monde.

  2. De même que Manjushri et les autres
    Vous ont fait des offrandes, Ô Victorieux !
    Moi aussi, je vous fais des offrandes, à vous
    mes Gardiens Qui s’en Sont Ainsi Allés,
    Et à vos enfants spirituels.

  3. Au fil de mon existence samsarique sans commencement,
    Dans cette vie et dans d’autres,
    J’ai commis par mégarde des actes négatifs
    Et j’ai été la cause d’actes destructeurs commis
    par les autres.
    De plus, aveuglé par la confusion de la naïveté,
    Je m’en suis même réjoui(e). Quels que soient mes actes,
    voyant qu’il s’agit d’erreurs, je les dénonce ouvertement
    Devant Vous, mes Gardiens, du fond de mon cœur.

  4. Avec plaisir, je célèbre l’océan de force positive
    Né de la poursuite de votre but de bodhichitta
    Qui est de procurer la joie à tous les êtres limités,
    Et je me réjouis de vos actes qui ont apporté
    de l’aide à chacun d’eux.

  5. Joignant les paumes de mes mains,
    Je vous en supplie, Bouddhas de toutes les directions,
    Faites briller la lampe du Dharma pour les êtres limités
    Qui souffrent et tâtonnent dans les ténèbres.

  6. Joignant les paumes de mes mains, je vous implore,
    Triomphateurs qui passeraient au-delà de la peine :
    S’il vous plaît, restez d’innombrables cycles cosmiques
    Pour ne pas abandonner ces êtres errants
    à leur aveuglement.

  7. Quelle que soit la force positive que j’ai accumulée
    Par tout ce que j’ai effectué de cette manière,
    Puissé-je écarter la souffrance
    De tous les êtres limités !

Adressant et offrant aux champs de bouddhas
Ce socle d’eaux parfumées, parsemé de fleurs,
Orné du Mont Mérou, des quatre îles, d’un soleil et d’une lune
Puissent tous les êtres errants être conduits
vers les terres pures.

https://youtu.be/bmOKEzPYumQ

 

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Eradiquer les mauvaises actions

Ces deux mantras et bien d'autres sont récités chaque jour. Le pratiquant de la terre pure qui souhaite avoir un esprit concentré dans le temps présent, peut les apprendre par coeur, pour ensuite se concentrer à la récitation plusieurs fois de suite.

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Soutra de la Terre Pure du Bouddha Amitabha,

Soutra essentiel du canon bouddhique - Gratuit - Ne peut être vendu ou marchandé

 

Ainsi ai-je entendu. Le Bhagavan résidait alors sur le lieu de retraite Anathapindada dans la grotte Jetavana proche de Sravasti, en compagnie d’un groupe de mille deux cent cinquante moines, qui étaient tous des vénérables auditeurs, respectés par la communauté, et de grands saints (ou Arhats). Ils étaient appelés : le Vénérable Sariputra, Mahamaudgalyana, Mahakasyapa, et Aniruddha. Ils faisaient partie des auditeurs les plus éminents.
De plus, le Bhagavan était accompagné d’un nombre incommensurable de Bodhisattvas - Mahasattvas, qui demeuraient tous au stade de l’irréversibilité et qui étaient dotés de myriades de mérites sans limite. Leurs noms étaient : Bodhisattva Fortune merveilleuse, Invincible Bodhisattva, Bodhisattva à l’infinie diligence, et Bodhisattva Paix ininterrompue. Ils étaient parmi les grands Bodhisattvas les plus éminents.De plus, Indra et le grand roi du ciel de Brahmâ, étaient présents, ainsi que le souverain du monde Saha, et les quatre protecteurs du monde (lokapalas). Ils étaient parmi les plus éminents des centaines de milliers de kotis de nayutas de l’assemblée des dieux. Et, des autres mondes, un nombre sans limite de dieux, hommes, et Asuras vinrent s’asseoir en groupe pour écouter le Dharma.

A cet instant, l’Unique Honoré-Du-Monde s’adressa à Sariputra, « Tu devrais savoir qu’à l’Ouest de ce royaume, au-delà de milliers de kotis de nayutas de terres de Bouddha, il y a un royaume de Bouddha appelé ‘Félicité’. Dans ce royaume demeure un Unique Honoré-Du- Monde dont le nom est ‘Longévité infinie’ et ‘ Lumière infinie’ ; un Tathagata, un Arhat à l’Eveil parfait, qui a complètement obtenu les dix épithètes des Bouddhas. Actuellement, il demeure le corps et l’esprit en paix, supportant et soutenant ce royaume, et, pour les êtres sensibles, expose et propage le Dharma qui est profond, précis, et merveilleux, leur permettant d’obtenir la plus grande des bénédictions qu’est la joie sereine.

“ De plus, Sariputra, quelles sont les causes et les conditions de cette terre de Bouddha, appelée ‘Félicité’ ?

“ De plus, Sariputra, cette appellation a pour origine l’état des êtres sensibles dans ce royaume, qui sont dépourvus de toute affliction et d’angoisse du corps et de l’esprit ; mais qui à la place jouissent d’un pur et infini bonheur plein de joie. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.

“ De plus, Sariputra, partout dans ce royaume de grande félicité, cette terre pure de Bouddha, il y a sept genres de chemins longés de rampes précieuses et merveilleuses, sept genres de chemins longés d’alignements de précieux arbres Tala, et il y a sept genres de précieuses clôtures. Partout on peut trouver des jardins entourés d’ornements faits de quatre trésors: trésors en or, trésors en argent, trésors en émeraude, et trésors en cristal; tout étant merveilleusement ornés et magnifiques. Sariputra, dans cette terre de Bouddha, tels sont les innombrables et beaux ornements aux qualités admirables, exquis et ravissants. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.

“ De plus, Sariputra, partout dans ce royaume de grande félicité, cette terre pure de Bouddha, se trouve sept merveilleux lacs de trésors et des eaux aux huit qualités les remplissent. Quelles sont les huit qualités de ces eaux ?

1) la clarté,

2) l’aspect de glace transparente,

3) la douceur et la beauté,

4) la légèreté,

5) la brillance,

6) la sérénité,

7) une fois bue, elle désaltère des incessants tiraillements de la faim et de la soif,

8) et l’ayant bue, elle permet le maintien des racines des quatre éléments grossiers.

Ceci accroît les bénédictions des racines de bien variées et excellentes, et ainsi les actions des innombrables êtres peuvent répandre partout le bonheur. Les fonds des lacs de trésors sont couverts de sables d’or. Sur chacun de leurs quatre côtés, les encerclant entièrement, se trouvent quatre escaliers descendants. Ces quatre ornements sont très beaux et ravissants. Il se trouve tout autour d’eux des arbres de joyaux merveilleux et entre eux des chemins à la douce senteur. Les sept trésors garnissant les arbres sont magnifiques et ravissants.

- Quels sont les sept trésors?

L’or, l’argent, l’émeraude, le cristal, le rubis, le marbre et le corail blanc. Dans ces lacs, il y a toujours des fleurs de lotus aux teintes variées dont le diamètre est comme celui des roues de charrette : bleue, jaune, rouge, blanc et des quatre couleurs à la fois.

“ De plus, Sariputra, dans cette terre de Bouddha, tels sont les innombrables et beaux ornements aux qualités admirables, exquis et ravissants.C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.

“ De plus, Sariputra, spontanément, dans ce royaume de grande félicité, cette terre pure de Bouddha, se trouve constamment un nombre incalculable et illimité de myriades de qualités ravissantes et merveilleuses. On y entend des chants harmonieux, exquis et ravissants. Les êtres sensibles qui entendent ces voix voient leurs afflictions indésirables entièrement et complètement effacées. Les bons dharmas augmentent indéfiniment au cours de leurs longues vies et les mènent rapidement vers la réalisation complète du parfait et
suprême éveil.

“ De plus, Sariputra, dans cette terre de Bouddha, tels sont les innombrables et beaux ornements aux qualités admirables, exquis et ravissants. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.

“De plus, Sariputra, partout dans ce royaume de grande félicité, cette terre pure de Bouddha, absolument partout, la masse entière du sol est faite d’or. Au touché le sol est doux et mou, l’odeur pure, et la lumière qui en émane est radieuse. Des joyaux magnifiques, innombrables et sans limites le pare.

“ De plus, Sariputra, dans cette terre de Bouddha, tels sont les innombrables et beaux ornements aux qualités admirables, exquis et ravissants. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.

“ De plus, Sariputra, constamment dans ce royaume de félicité, cette terre pure de Bouddha, durant les six périodes du jour et de la nuit, des pluies de merveilleuses fleurs célestes tombent, lesquelles baignent dans une lumière bénite, dégagent une douce odeur et flagrance, sont souples et d’une multitude de teintes. Bien qu’elles rendent heureux et joyeux le corps et l’esprit de ceux qui les regardent, il n’y a aucun attachement et aucune soif à leur égard. Avec l’âge, les mérites des êtres sont excellents, sans mesure, sans limite et inconcevables. Ces êtres, qui, durant les six périodes du jour et de la nuit soutiennent et supportent constamment le Bouddha de vie infinie, ramassent chaque matin ces fleurs célestes. Aussi rapidement que pour prendre un seul repas, ils s’envolent dans toutes les directions vers d’autres royaumes infinis pour faire des offrandes à des centaines de milliers de kotis de Bouddhas en ces autres terres de Bouddha. Chacun, transportant des centaines de milliers de kotis de fleurs, les dispersent et retournent ensuite à leurs demeures, folâtrant dans des lieux célestes sur le chemin.

“ De plus, Sariputra, dans cette terre de Bouddha, tels sont les innombrables et beaux ornements aux qualités admirables, exquis et ravissants. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.


“ De plus, Sariputra, dans ce royaume de félicité, cette terre pure de Bouddha, s’y trouvent constamment des myriades de différentes sortes d’oiseaux adorables et extraordinairement beaux aux couleurs multiples : grue, faucons, hérons, cygnes, faisans, moineaux, perroquets, kalavinkas, tous d’espérance de vie variable. Ces myriades d’oiseaux, durant les six périodes du jour et de la nuit, se rassemblent toujours en groupes pour produire des sons paisibles. En fonction des différentes espèces, leurs voix propagent et diffusent le Dharma, qui est perçu comme étant fondamental, à la pensée profonde, et menant au détachement correct. La myriade d’êtres en cette terre ayant entendu leur chant, pensent alors au Bouddha, au Dharma, à la Sangha, cultivant et partageant entre eux des mérites sans nombre.

- Toi, Sariputra : Qu’en penses-tu ?

Ces oiseaux par myriades de cette terre ont-ils pu reprendre naissance en une telle condition malheureuse et s’y regrouper ici ?

- Comment cela peut-il arriver ?

Cette terre pure de Bouddha est dépourvue des trois chemins de renaissances inférieures. De plus, les noms même de ces chemins inférieurs sont inconnus.

- Comment ainsi, un mauvais karma venu à maturité peut-il s’y manifester et causer la renaissance d’êtres sous la forme de ces oiseaux ?

Tu devrais savoir que tous ces oiseaux sont des apparitions provenant du Bouddha de vie infinie afin de propager la voix sans limite du Dharma, et de cette façon, il bénit les êtres sensibles d’un bonheur paisible. Sariputra, dans cette terre de Bouddha, tels sont les innombrables et beaux ornements aux qualités admirables, exquis et ravissants. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.

“ De plus, Sariputra, toujours en ce royaume de félicité, cette terre pure de Bouddha, s’y trouvent des vents merveilleux soufflant à travers des arbres de trésors et des clôtures précieuses, produisant un son beau et merveilleux, comme celui de centaines de milliers de kotis d’instruments musicaux célestes jouant simultanément. Ils produisent des sons beaux et délicats vraiment adorables et ravissants. Tels sont les vents permanents et merveilleux qui se trouvent en cette terre. En chacun des nombreux êtres de cette terre qui ont entendu ce son, s’élève la pensée du Bouddha, du Dharma, et de la Sangha, avec l’intention de produire des mérites sans limite.

“ De plus, Sariputra, dans cette terre de Bouddha, tels sont les innombrables et beaux ornements aux qualités admirables, exquis et ravissants. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé le royaume de grande félicité.

“ De plus, Sariputra, dans ce royaume de félicité, cette terre pure de Bouddha, s’y passent sans mesure, de façon illimitée, des événements extraordinaires et inconcevablement profonds, tels que des explications provisoires des Soutras à travers des centaines de milliers de kotis de nayutas de kalpas, utilisant des centaines de milliers de kotis de nayutas de langages. Chacun de ces langages produisant d’innombrables voix faisant l’éloge de leurs mérites et aussi de leur nature inépuisable. C’est pourquoi il est appelé royaume de félicité.

“ De plus, Sariputra, quelles sont les causes, dans ce royaume de félicité, cette pure terre de Bouddha, à l’origine du nom du Bouddha ‘Longévité infinie’ ? Sariputra, cela vient du Tathagata et de la longévité des êtres sensibles couvrant des kalpas inconcevablement longs. C’est à cause de cela que le Tathagata de cette terre est appelé ‘ Longévité infinie’.

“ De plus, Sariputra, le Bouddha de vie infinie étant parvenu à réaliser l’accomplissement de la Bodhi suprêmement insurpassable, il a depuis gouverné cette terre pendant dix grands kalpas.

“ De plus, Sariputra, quelles sont les causes à l’origine du nom du Bouddha ‘Lumière infinie’ ? Sariputra, cela vient des rayons merveilleux et infinis de lumière émis par ce Bouddha et illuminant sans obstacle toutes les terres pures de Bouddha dans les dix directions, offrant à ces terres, la possibilité de voir son activité sans qu’il n’y ait aucun obstacle. C’est à cause de cela que le Bouddha de cette terre est appelé ‘ Lumière infinie’.

“ De plus, Sariputra, le Bouddha de cette terre pure a accompli ainsi de telles qualités excellentes, exquises et ravissantes. C’est pourquoi son royaume est appelé le royaume de félicité.

“De plus, Sariputra, dans le royaume de félicité, cette terre pure de Bouddha, le Bouddha de vie infinie a toujours un nombre infini de disciples qui l’écoutent, tous des grands Arhats ayant obtenus différentes sortes de merveilleux accomplissements. Ils sont en nombre infini, leur nombre est inestimable. Sariputra, le Bouddha de cette terre pure a accompli ainsi de telles qualités excellentes, exquises et ravissantes. C’est pourquoi, son royaume est appelé le royaume de félicité.

“ De plus, Sariputra, dans le royaume de félicité, cette terre pure de Bouddha, le Bouddha de vie infinie a toujours un nombre infini de disciples bodhisattvas, tous n’ont plus qu’une seule vie liée par des entraves et ont obtenus toutes sortes de mérites. Ils sont en nombre infini, en nombre inestimable. Ils ont expliqué provisoirement les soutras durant des kalpas sans nombre, louant leurs qualités, et leur caractère inépuisable.

“ De plus, Sariputra, dans cette terre de Bouddha, de telles qualités excellentes, exquises et ravissantes y sont obtenues.
C’est pourquoi elle est appelée le royaume de félicité.

“ De plus, Sariputra, si les êtres sensibles devaient renaître dans cette terre, ils atteindraient de ce fait le stade irréversible, ne tomberaient plus jamais dans les destinées inférieures se trouvant dans les terres entourant la terre pure jusqu’à sa base, abandonnant les formes de la transmigration. Résolue et ferme sera leur réalisation de la Bodhi suprêmement inégalée.

“ De plus, Sariputra, dans cette terre de Bouddha, de telles qualités excellentes, exquises et ravissantes y sont obtenues. C’est pourquoi elle est appelée le royaume de félicité.

“ De plus, Sariputra, si des êtres sensibles devaient entendre parler de la terre pure de l’Ouest du Bouddha de vie infinie aux ornements innombrables et aux mérites incommensurables, tous devraient agir en développant le voeu de renaître en cette terre pure.

- Pourquoi cela ?

S’ils y renaissaient, ils obtiendraient tous ces mérites incommensurables dont ils seraient parés, ils deviendraient de grands méritants au sein d’une unique assemblée, récoltant les effets de ces mérites incommensurables qui parent infiniment la terre pure de Bouddha. Leur plaisir dans la pratique du Dharma Mahayana serait constante et irréversible, et sans limite seraient leur pratique des voeux, leur concentration croissant progressivement, et ainsi ils atteindraient rapidement la Bodhi suprêmement insurpassable.

“ De plus, Sariputra, les êtres qui renaîtraient en cette terre de Bouddha auraient achevé des mérites illimités et incommensurables. Il n’existe pas de meilleures racines de bien, pour les êtres qui renaîtraient dans ce royaume de grande félicité du Bouddha de vie infinie, cette terre pure de Bouddha.

“ De plus, Sariputra, suppose qu’il y ait un bon fils ou une bonne fille de foi pure, qui entend ainsi parler du mérite inconcevable, illimité, incommensurable du Bouddha de vie infinie, le nom de son royaume de félicité, et ses ornements de mérites. Ayant entendu cela, il se mettrai à méditer dessus, que ce soit pendant un jour et une nuit, ou trois, ou quatre, ou cinq, ou six, ou sept nuits et jours, pensant à son essence, étant dépourvu de toute confusion. Quand ce fils ou cette fille sera à la fin de son espérance de vie, le Bouddha de vie infinie accompagné de ses innombrables disciples auditeurs et bodhisattvas viendraient l’encercler et se poser devant lui ou elle. Avec compassionet leur conférant de l’aide, ils feront en sorte que son esprit soit sans troubles. Quand ce fils ou cette fille aura quitté cette vie, il ou elle suivra ce Bouddha et son assemblée et renaîtra dans son royaume de suprême félicité, cette terre pure de Bouddha.

“ De plus, Sariputra, j’ai examiné les circonstances qui mènent à la bénédiction de ce grand bonheur plein de paix qu’est cette renaissance en terre pure. Et je parle sincèrement et de façon véridique quand je dis que s’il y a des fils et des filles de bonne foi qui entendent ainsi parler du mérite inconcevable du Bouddha de lumière infinie, du nom de ce royaume de félicité, de cette terre pure de Bouddha, ils développeront une grande foi envers cet enseignement et formuleront le voeu de développer leur pratique afin de renaître dans cette terre de Bouddha comme je l’ai instruit.

“ De plus, Sariputra, tout comme maintenant je fais l’éloge du mérite sans mesure et inconcevable de cette terre de Bouddha, infinie et sans mesure du Bouddha de vie infinie, de même vers l’Est aussi résident actuellement le Tathagata Imperturbable, le Tathagata Montagne de Joyaux, le Tathagata Grande Montagne, le Tathagata Montagne de Lumière et le Tathagata Merveilleux Joyaux. Ils font partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident à l’Est. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrentcomplètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, parlant sincèrement et véritablement, disent : « Vous les êtres sensibles ! Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction du Sud, résident aussi le Tathagata Lumière du Soleil et de La Lune, le Tathagata à la Lumière Flamboyante, le Tathagata Trésor de Grande Lumière, le Tathagata vaisseau de Lumière Éblouissante, le Tathagata Diligence Illimitée. Ils font partie des Bouddhas qui, nombreux comme *les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Sud. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent : « Vous les êtres sensibles ! Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction de l’Ouest, résident aussi le Tathagata de Vie Infinie, le Tathagata Trésor Infini, le Tathagata Lumière Infinie, le Tathagata Joyaux Infini, le Tathagata Grand Souverain, le Tathagata Grande Lumière, et le Tathagata Lumière Éblouissante, le Tathagata Grand Trésor de Joyaux, et le Tathagata LumièreIrradiante Ils font partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction de l’Ouest. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent :« Vous les êtres sensibles ! Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction de Nord, résident aussi le Tathagata Sagesse Éveillée et Pénétrante à l’ornement de Lumière Infinie, le Tathagata Grande Voix et Battement de Tambour Céleste Infini, le Tathagata Grand Trésor, le Tathagata Filet de Lumières, et le Tathagata Salendraraja. Ils font partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Nord. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent : « Vous les êtres sensibles !

Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction du Nadir, résident aussi le Tathagata Lumière Constamment Émise qui Démontre Tous les Subtils Dharmas de la Lumière Extrêmement Vertueuse des Trois Principes Royaux de Vérité, le Tathagata Lion, le Tathagata Lumière Mérite d’ Éloge, le Tathagata Dharma Véritable, le Tathagata Subtil Dharma, le Tathagata Dharma Joyaux, le Tathagata Frère Méritant, et le Tathagata Épithète Méritant. Ils font partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Nadir. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent : «                                  Vous les êtres sensibles !
Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction du Zénith, résident aussi le Tathagata Voix de Brahmâ, le Tathagata Roi Longuement Chéri, le Tathagata Encens et Lumière, le Tathagata Très Vertueux Comme le Fleur de Lotus Pourpre, et le Tathagata Démonstration de tous les sens de la bénédiction. Ils font partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Zénith. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent: « Vous les êtres sensibles !
Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction du Sud-est, réside aussi le Tathagata Roi à la Suprême et Grande Voix Grondante, Il fait partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Sud-est. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent : Vous les êtres sensibles ! Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction du Sud-Ouest, réside aussi le Tathagata Suprême Rayon de Soleil Appelé Mérite. Il fait partie des Bouddhas qui, comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Sud-Ouest. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent : Vous les êtres sensibles ! Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction du Nord-Ouest, réside aussi le Tathagata Flamme de la Lumière du Roi de Mérite Infini. Il fait partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Nord-Ouest. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent : Vous les êtres sensibles ! Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, actuellement dans la direction du Nord-est, réside aussi le Tathagata aux Innombrables Centaines de Milliers de Kotis de Nayutas de Sagesses Extensives. Il fait partie des Bouddhas qui, nombreux comme les grains de sable des Ganges, résident dans la direction du Nord-est. Chacun possède sa propre terre de Bouddha, et actuellement leurs longues et larges langues couvrent complètement les billions de royaumes qui se trouvent autour d’eux, et parlant sincèrement et véritablement, disent :« Vous les êtres sensibles !
Vous tous devriez avec foi accepter et faire l’éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, quelles sont les causes de l’appellation de ce soutra ‘ Éloge du mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée-Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, c’est parce que dans ce soutra se trouvent la louange et la recommandation du royaume de félicité du Bouddha de Vie Infinie, des mérites de la terre de Bouddha inconcevable, ainsi que des Bouddhas Honorés du Monde des dix directions. Parce qu’ils désirent expressément bénir les êtres d’un bonheur paisible, chacun réside en sa propre terre démontrant la grande transformation spirituelle, parlant sincèrement et véritablement avec ces mots : ‘O, êtres sensibles, avec foi recevez ce Dharma, etc.’ C’est pourquoi ce soutra est appelé Élogedu mérite de cette inconcevable terre de Bouddha accumulé par tous les Bouddhas Entrée Du-Dharma.

“ De plus, Sariputra, s’il y a un bon fils ou une bonne fille, qui a déjà entendu cela, ou bien est sur le point de l’entendre, ou bien est actuellement en train d’écouter cela, après avoir entendu ce soutra, une foi profonde et compréhensive est née. Une fois que cette foi compréhensive sera née, ainsi qu’une certitude au sujet des accumulations de mérites résidant dans les dix directions avec les Bouddhas Honorés du Monde dont le nombre est semblable aux grains de sable des dix rivières Ganges, il ou elle pratiquera alors selon les instructions, et ainsi tous demeureront dans la suprêmement inégalée Bodhi. Atteignant le stade de l’irréversibilité, tous renaîtront sans doute dans le royaume de grande félicité du Bouddha de Vie Infinie, cette terre de Bouddha purifiée. C’est pourquoi, Sariputra, vous, êtres sensibles, devriez tous avec foi accepter et comprendre ce que moi-même et les Bouddhas des dix directions disent : ‘ Soyez toujours diligents comme cela est enseigné, et cultivez votre pratique. Ne laissez naître aucun doute et aucune anxiété.’

“ De plus, Sariputra, s’il y a un bon fils ou une bonne fille qui, regardant le royaume de félicité du Bouddha de Longue Vie, cette terre de Bouddha purifiée aux ornements méritoires : s’ils ont initié le voeu, ou s’ils sont sur le point de le faire, ou s’ils sont en train de faire un voeu ferme au sujet des accumulations de mérites demeurant dans les dix directions avec les Honorés du Monde dont le nombre est comparable à celui des grains de sable des dix rivières Ganges, et s’ils pratiquent selon les instructions, tous s’établiront dans la Bodhi suprêmement inégalée. Atteignant le stade de l’irréversibilité, tous renaîtront
certainement dans le royaume de félicité du Bouddha de Vie Infinie, cette terre de Bouddha purifiée. C’est la raison pour laquelle, Sariputra, s’il y a des bons fils ou des bonnes filles de pure foi, tous devraient faire naître la pensée profonde comprenant la foi et initier le voeu de renaître dans le royaume de félicité du Bouddha de Vie Infinie, et ne pas chercher ailleurs.

“ De plus, Sariputra, tout comme moi qui ai maintenant fait la louange et recommandé le royaume de félicité du Bouddha de Vie Infinie, les inconcevables mérites de cette terre de Bouddha, les Bouddhas Honorés du Monde des dix directions, ont aussi recommandé mes inconcevables et illimités mérites, en composant cette déclaration : ‘La pure sérénité de Shakyamuni est la plus extraordinaire ; Shakyamuni, le Roi du Dharma, un Tathagata, un Arhat, un Éveillé parfait, celui dont la conduite et la sagesse sont parfaites, un Ainsi Allé, un Connaisseur des Mondes, Insurpassé, un Dompteur des Hommes, un Maître des Dieux et des Hommes, et un Bouddha Honoré du Monde. Il est capable d’oeuvrer dans le royaume de l’endurance, pendant les cinq périodes de décadence malsaine qui sont : la décadence du kalpa, la décadence des êtres sensibles, la décadence de l’affliction, la décadence de la capacité, et la décadence de la longévité. Grâce à cela, il a réalisé l’accomplissement de la suprêmement inégalée Bodhi. A cause de son désir de transmettre de façon appropriée la
bénédiction d‘un bonheur paisible aux êtres sensibles, il prêche dans ce monde où il est extrêmement difficile d’avoir foi en le Dharma. Cela est extraordinaire et inconcevable.

“ De plus, Sariputra, de ce royaume diversement maculé de l’endurance, pendant les cinq périodes de décadence, s’il se trouve des bons fils et des bonnes filles de pure foi qui entendent la prédication du Dharma dans tous les royaumes où il est difficile d’y croire, et sont capables de faire naître une foi compréhensive, reçoivent et soutiennent les vastes enseignements, travaillant euxmêmes en accord avec les enseignements, ces personnes devraient être considérées comme des plus extraordinaires. Ayant accumulé sans mesure leurs bonnes racines de bien avec les Bouddhas, quand viendra pour eux la fin de leurs durées de vie, ils renaîtront sans aucun doute dans ce royaume de félicité de l’Ouest où le Dharma Mahayana est un délice. Nuit et Jour, à travers les six périodes, ils se lieront au Bouddha et supporteront le Bouddha de Vie Infinie. Ils se promèneront à travers les dix directions supportant les Bouddhas, et en leur présence, ils écouteront le Dharma et recevront la prédiction de leur Bouddhéité. Leurs actions, sagesses, opulence, conditions, devenant rapidement accomplies, ils avanceront rapidement vers la réalisation de la Bodhi parfaite et insurpassée. Quand le Bouddha eut fini la prédication de ce soutra, le vénérable Sariputra, les auditeurs à la grande voix, ainsi que la congrégation des Bodhisattvas-Mahasattvas et les dieux innombrables, Hommes et Asuras, tous dans la grande assemblée en écoutant l’exposé du Bouddha se réjouirent, et fidèlement acceptèrent, relayèrent, et
pratiquèrent cet enseignement.

 

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Surangama sutra ou prière du matin

Ainsi l'ai-je entendu, une fois que le Bouddha résidait dans la Cité de Shravasti dans la demeure sublime du Bosquet de Jeta avec une assemblée de grands moines, douze-cents cinquante en tout. Tous étaient de grands vénérables sans , des disciples du Bouddha qui demeuraient dans le Dharma et le maintenaient. Ils avaient pleinement transcendé toute existence, et pouvaient parfaire leur impressionnant maintien partout où ils allaient.

Ils suivaient le Bouddha en tournant la roue, et ils étaient merveilleusement dignes de l'héritage. Sévères et purs dans la discipline, ils étaient de grands exemples dans les trois domaines. Leur corps de réponse sans nombre amenaient les êtres sur l'autre rive et les libéraient, extrayant et sauvant ceux du futur de sorte qu'ils puissent transcender les liens de toutes les impuretés mondaines.

Les noms de leurs chefs étaient : le grand sage Shariputra, Mahamaudgalyayana, Mahakaushtila, Purnamaitreyaniputra, Subhuti, Upanishad, et d'autres.
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Qui plus est, d'innombrables Éveillés-pour-Soi qui se trouvaient au-delà de l'apprentissage, ainsi que ceux qui avaient pris la résolution initiale de la voie, vinrent là où se trouvait le Bouddha. Tous les moines ayant le Pravarana à la fin de la retraite d'été étaient là aussi.

Et il y avait aussi des Bodhisattvas en provenance des dix directions, qui désiraient un conseil pour enlever leurs doutes. Tous étaient respectueux et obéissants envers l'impressionnant mais compatissant Bouddha alors qu'ils se préparaient à partir à la recherche du Secret.

Alors l'Ainsi-Venu arrangea son siège, s'assit tranquillement et paisiblement, et pour le bénéfice de tous les membres de l'assemblée, proclama le profond et le mystérieux. Au banquet du Dharma, ce qu'obtinrent les membres de la pure assemblée était sans précédent.

Le son mélodieux de l'Immortel pénétra les mondes dans les dix directions et des Bodhisattvas aussi nombreux que les sables du Gange s'assemblèrent sur la place de la voie avec Manjusçri à leur tête.
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Au jour du deuil, le roi Prasenajit, en l'honneur de son père, l'ancien roi, organisa une fête végétarienne et invita le Bouddha dans les pièces latérales de son palais. Il accueillit l'Ainsi-Venu dans une grande pompe de superbes plats délicats de saveurs merveilleuses et insurpassées et invita lui-même les grands Bodhisattvas, également.

Les anciens et les laïcs de la ville s'étaient également préparés à fournir des repas pour la communauté des moines au même moment, et ils attendaient que le Bouddha vienne et reçoive leurs offrandes. Le Bouddha commanda à Manjusçri d'assigner les Bodhisattvas et les vénérables à recevoir les offrandes des divers hôtes végétariens.

Seul Ananda, qui avait voyagé au loin pour accepter une invitation spéciale plus tôt, et n'était pas encore rentré, fut en retard pour la répartition des place pour la communauté religieuse. Aucun ancien moine ou grand sage ne l'accompagnait, de sorte qu'il rentrait seul sur la route.
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Ce jour là, Ananda n'avait pas reçu d'offrandes, de sorte qu'au moment voulu, il prit son bol à aumônes et, en passant par la ville, reçut des aumônes en ordre méthodique.

Comme il s'était mis en quête d'aumônes des premiers aux derniers bienfaiteurs, ses hôtes végétariens, il ne pensa pas à demander si elles étaient pures ou impures, si elles provenaient d'honorables seigneurs ou de parias. Pratiquant l'égalité et la compassion, il ne choisissait pas que les basses gens, mais était déterminé à perfectionner les mérites et vertus sans limites de tous les êtres.

Ananda était conscient de ce que l'Ainsi-Venu, l'Honoré du Monde, avait admonesté Subhuti et Mahakaçyapa comme étant des vénérables dont l'esprit n'était ni juste ni égal. Il révérait les instructions de l'Ainsi-Venu sur l'impartialité à sauver tout un chacun du doute et de la diffamation.
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Ayant traversé les douves de la cité, il marcha lentement vers les portes extérieures, de sa démarche sévère et correcte car il respectait strictement les règles pour obtenir de la nourriture végétarienne.

À ce moment-là, comme il recevait les aumônes à la suite les unes des autres, il passa par une maison de prostitution et tomba au piège d'un puissant sortilège. Par la force du mantra de Kapila, qui venait du ciel de Brahma, la fille de Matangi l'attira sur une couche impure. De son corps licencieux, elle le caressa jusqu'à ce qu'il fut sur le point de détruire la substance du précepte.

L'Ainsi-Venu, sachant qu'Ananda était enjôlé par un impur sortilège, termina le repas et retourna immédiatement à la Demeure Sublime. Le roi, les grands dignitaires, les anciens et les laïcs le suivirent, désireux qu'ils étaient d'entendre l'essence du Dharma.
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Alors, l'Honoré du Monde, du sommet de son crâne, émit des centaines de rayons de lumière précieuse qui dispersent toute crainte. Au coeur de la lumière apparût un lotus aux mille pétales, sur lequel était assis un Bouddha au corps de transformation en posture de lotus complet, proclamant un mantra spirituel.

Le Bouddha Çakyamuni ordonna à Manjusçrì de prendre le mantra et d'aller fournir protection, et, lorsque le mauvais mantra fut dissipé, d'aider Ananda et la fille de Matangi et de les encourager à retourner là où se trouvait le Bouddha.

De retour, quand Ananda vit le Bouddha, il s'inclina et pleura tristement, regrettant que depuis des temps immémoriaux il ne s'était préoccupé que d'érudition et n'avait pas encore parfait sa force dans la Voie. Il demanda respectueusement et de façon répétée une explication des expédients initiaux des merveilleuses réalisations de la tranquillité, la méditation et de concentration, au moyen desquels l'Ainsi-Venu des dix directions avait réalisé l'Éveil.
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À ce moment, des Bodhisattvas aussi nombreux que les sables du Gange, de grands vénérables, des Éveillés-pour-Soi, et d'autres, venus des dix directions, étaient aussi présents. Heureux de l'opportunité qui leur était offerte d'écouter, ils se retirèrent doucement vers leurs sièges pour recevoir la prudente instruction.

Alors, au milieu de la grande assemblée, l'Honoré du Monde étendit son bras doré, caressa la tête d'Ananda et lui dit, ainsi qu'à la grande assemblée : "Il existe une méditation appelée le roi de l'éminentissime de la marche héroïque à la couronne du Bouddha remplie des myriades de pratiques; c'est un sentier merveilleusement orné et la seule porte par laquelle les Ainsi-Venus des dix directions ont obtenu la transcendance. Vous devez maintenant l'écouter attentivement".

Ananda s'inclina pour recevoir humblement l'instruction compassionnée.
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Le Bouddha dit à Ananda : "Toi et moi sommes de la même famille et partageons l'affection de cette relation naturelle. À l'époque de ta décision initiale, quelles étaient les caractéristiques remarquables que tu as vues dans mon Dharma qui t'ont poussé à soudainement rejeter la profonde douceur et l'amour qu'on trouve dans le monde ?"

Ananda dit au Bouddha : "J'ai vu les trente-deux marques spécifiques de l'Ainsi-Venu, qui étaient si suprêmement merveilleuses et incomparables que sont corps tout entier en avait une translucidité luisante juste comme celle du cristal.

J'ai souvent pensé que ces marques ne pouvaient avoir été le fruit du désir et de l'amour.
Pourquoi donc ? Les vapeurs du désir sont fortes et enivrantes. De la copulation infecte et putride sort une trouble mixture de pus et de sang qui ne peut donner une concentration aussi magnifique, pure et brillante de lumière pourpre et or. Alors j'ai passionnément regardé en l'air, j'ai suivi le Bouddha, j'ai laissé tomber mes cheveux de ma tête".
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Le Bouddha dit : "Très bien, Ananda. Tu dois savoir que depuis des temps sans commencement, tous les êtres sont continuellement nés et meurent continuellement, simplement parce qu'ils ignorent l'esprit éternel avec sa pure nature et sa brillante substance. Au lieu de quoi, ils s'engagent dans les pensées fausses. Ces pensées ne sont pas vraies, de sorte qu'elles mènent à d'autres transmigrations.

Maintenant, tu voudrais rechercher l'Éveil insurpassée et vraiment découvrir ta nature. Il va te falloir répondre à mes questions avec un esprit direct. les Ainsi-venus des dix directions ont échappé à la naissance et à la mort parce que leurs esprits étaient directs. Vu que leurs esprits et leurs paroles étaient ainsi de manière consistante, depuis le commencement, à travers les stages intermédiaires jusqu'à la fin, ils n'ont jamais été le moins du monde évasifs.

Ananda, je te le demande maintenant : Au moment de ta résolution initiale, qui a surgi en réponse aux trente-deux marques corporelles de l'Ainsi-Venu, qu'est-ce qui a vu ces caractéristiques et qui s'en est régalé ?"
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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, voici la façon dont j'ai fait l'expérience de ces délices : J'ai usé de mon esprit et de mes yeux ? Parce que mes yeux ont vu les marques corporelles extraordinaires de l'Ainsi-Venu, mon esprit a donné naissance aux délices. C'est là que j'ai pris ma résolution et que j'ai souhaité m'extirper de la naissance et de la mort".

Le Bouddha dit à Ananda : "C'est comme tu l'as dit, cette expérience de délices se produit en fait à cause de ton esprit et de tes yeux. Si tu ne sais pas où se trouvent ton esprit et tes yeux, tu ne pourra pas conquérir les ennuyeuses souillures mondaines.

Par exemple, lorsqu'un pays est envahi par des voleurs et que le roi envoie ses troupes pour les supprimer et les bannir, les troupes doivent savoir où se trouvent les voleurs.
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Ce n'est pas la faute de ton esprit et de tes yeux si tu es soumis à la transmigration. Je te le demande maintenant spécifiquement, pour qu'en ton esprit et tes yeux surgisse l'esprit de l'Éveil : où sont-ils maintenant ?"

Ananda répondit au Bouddha : "Honoré du Monde, toutes les dix sortes d'êtres dans le monde soutiennent tous autant les uns que les autres que la conscience de l'esprit réside dans le corps, et quand je vois les yeux de l'Ainsi-Venu qui ressemblent à des lotus bleus, ils sont sur le visage du Bouddha.

J'observe maintenant que ces organes remarquables, quatre sortes d'objets impurs, sont sur mon visage, et que mon esprit-conscience est en réalité à l'intérieur de mon corps".
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Le Bouddha dit à Ananda : "Tu es maintenant assis dans la salle de conférences de l'Ainsi-Venu. Où se trouve le Bosquet de Jeta que tu regardais ?"; "Honoré du Monde, cette grande salle de conférences pure et à plusieurs étages se trouve dans le jardin du bienfaiteur du Solitaire. En ce moment, le Bosquet de Jeta se trouve, en fait, juste au dehors de la salle".

"Ananda, alors que tu es maintenant dans cette salle, que vois-tu d'abord ?"; "Honoré du Monde, ici dans cette salle, j'ai d'abord vu l'Ainsi-Venu, ensuite, j'ai vu la grande assemblée et de là, en portant mon regard vers l'extérieur, je vois le bosquet et le jardin".

"Ananda, comment peux-tu voir le bosquet et le jardin ?"; "Honoré du Monde, comme les portes et les fenêtres ont été ouvertes toutes grandes, je peux me trouver dans la salle et pourtant voir à distance".
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Le Bouddha dit à Ananda : "C'est comme tu l'as dit. Lorsqu'on se trouve dans la salle de cours et que les portes et les fenêtres sont grandes ouvertes, on peut voir loin dans le jardin et le bosquet. Est-ce que quelqu'un dans la salle pourrait ne pas voir l'Ainsi-Venu et pourtant voir au dehors de la salle ?"Ananda répondit : "Honoré du Monde, être dans la salle et ne pas voir l'Ainsi-Venu, et pourtant voir le bosquet et les fontaines est impossible".

"Ananda, tu es comme ça, toi aussi. Ton esprit est capable de tout comprendre à fond. Maintenant, si ton esprit présent, qui comprend tout à fond, était dans ton corps, alors il faudrait que tu sois d'abord conscient de ce qu'il y a dans ton corps. Pourrait-il y avoir des êtres qui voir d'abord le dedans de leur corps avant d'observer les phénomènes extérieurs ?

Même si tu ne peux voir ton coeur, ton foie, ta rate et ton estomac, pourtant tu devrais être capable de percevoir clairement la croissance de tes ongles et de tes cheveux, la torsion de tes tendons et la pulsion de ton pouls. Pourquoi ne perçois-tu pas ces choses ? Si tu ne peux percevoir tes organes internes, comment pourrais-tu percevoir ce qui t'es extérieur ?
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Tu dois donc savoir que déclarer que l'esprit éveillé et connaissant est à l'intérieur du corps est une affirmation impossible".

Ananda inclina sa tête et dit au Bouddha : "En entendant l'Ainsi-Venu proclamer cette explication du Dharma, un son dharmique tel que ce que l'Ainsi-Venu vient de proclamer, je me rends compte que mon esprit est en réalité en dehors de mon corps.

Comment est-ce possible ? Par exemple, une lampe allumée dans une chambre illuminera certainement l'intérieur de la pièce d'abord, et ce n'est qu'alors que ses rayons de lumière s'écouleront par la porte pour atteindre les recoins de la salle. Le fait que les êtres ne puissent voir à l'intérieur de leurs corps mais seulement à l'extérieur, est analogue au fait d'avoir une lampe allumée placée hors de la chambre, de sorte qu'elle ne peut éclairer la chambres.

Ce principe est clair et hors de tout doute. Il est identique au sens complet de ce qu'entend le Bouddha, n'est-ce-pas ?"
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Le Bouddha dit à Ananda : "Tous ces moines, qui m'ont tout juste suivi à la cité de Çravasti pour aller de porte en porte quêter leurs boules de nourriture, sont revenus au Bosquet de Jeta. J'ai déjà fini de manger. En observant les moines, penses-tu que si une personne mange, tout le monde en a le ventre plein ?"

Ananda répondit : "Non, Honoré du Monde. Pourquoi cela ? Bien que ces moines soient des vénérables, leurs corps physiques et leurs vies diffèrent. Comment se pourrait-ce que le fait qu'une seule personne mange permette à chacun d'avoir le ventre plein ?"

Le Bouddha dit à Ananda : "Si ton esprit qui est conscient, qui sait et qui voit, se trouvait réellement hors de ton corps, ton corps et ton esprit s'excluraient mutuellement et n'auraient aucune relation l'un avec l'autre. le corps serait inconscient de ce que perçoit l'esprit, et l'esprit ne percevrait pas la conscience à l'intérieur du corps.
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Maintenant que je te montre ma main qui est douce comme le coton tula, ton esprit la distingue-t-il alors que tes yeux la voient ?"Ananda répondit : "Oui, Honoré du Monde". Le Bouddha dit à Ananda : "Si les deux ont une perception commune, comment l'esprit peut-il être hors du corps ?

En conséquence, il faut que tu saches qu'en déclarant que l'esprit qui sait, comprend et est conscient se trouve à l'extérieur du corps est une affirmation impossible".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, il en est ainsi que ce qu'en a dit le Bouddha. Si je ne puis voir à l'intérieur de mon corps, mon esprit ne réside pas dans le corps. Si mon corps et mon esprit ont une conscience commune, ils ne sont pas séparés et de la sorte, mon esprit ne demeure pas hors du corps. Ainsi que je considère désormais l'affaire, je sais exactement où se situe mon esprit".
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Le Bouddha dit : "Alors, où est-il maintenant ?"Ananda dit : "Si l'esprit qui sait et comprend ne perçoit pas ce qu'il y a dedans mais peut voir dehors, à la réflexion, je crois qu'il se cache dans l'organe de la vision.

C'est analogue à une personne qui poserait des lentilles de cristal sur ses yeux : les lentilles couvriraient ses yeux mais n'obstrueraient pas sa vision. L'organe de la vision pourrait ainsi voir et les discriminations s'effectueraient en conséquence.

Et ainsi mon esprit qui sait, comprend et est conscient ne voit pas à l'intérieur parce qu'il réside dans l'organe : il peut regarder à l'extérieur clairement, sans obstruction pour la même raison : il est caché dans l'organe".
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Le Bouddha dit à Ananda : "En admettant qu'il est caché dans l'organe, ainsi que tu l'affirmes dans ton analogie aux cristaux, si une personne se couvrait les yeux avec les cristaux et regardait les montagnes et les rivières, verrait-elle les cristaux aussi ?""Oui, Honoré du Monde, si cette personne devait se couvrir les yeux avec les cristaux, elle verrait en fait les cristaux".

Le Bouddha dit à Ananda : "Si ton esprit est analogue aux yeux couverts par les cristaux, alors, lorsque tu vois les montagnes et les rivières, pourquoi ne vois-tu pas tes yeux ? Si tu pouvais voir tes yeux, ceux-ci feraient partie de l'environnement extérieur, mais ce n'est pas le cas. Si tu ne peux les voir, pourquoi dis-tu que l'esprit conscient et connaissant est caché dans l'organe de la vision de même que les yeux sont couverts par les cristaux ?

Tu devrais donc savoir que tu affirmes l'impossible lorsque tu dis que l'esprit qui sait, comprend et est conscient est caché dans l'organe de la vision de la façon dont les yeux sont couverts par les cristaux".
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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, j'offre maintenant cette re-considération : les viscères et les tripes sont à l'intérieur des corps des êtres vivants, alors que les ouvertures sont au-dehors. Il y a l'obscurité là où sont les viscères et la lumière aux ouvertures.

Maintenant que je me trouve face au Bouddha et que j'ouvre les yeux, je vois la lumière : cela, c'est voir au dehors. Lorsque je ferme les yeux et que je vois l'obscurité, cela, c'est voir à l'intérieur. Qu'est-ce que ça dit comme principe ?"

Le Bouddha dit à Ananda : "Quand tu fermes les yeux et que tu vois l'obscurité, cette obscurité dont tu fais l'expérience se trouve-t-elle devant tes yeux ou pas ? Si elle se trouvait devant tes yeux, alors l'obscurité serait devant tes yeux. Comment pourrais-tu dire alors qu'elle est "à l'intérieur"?
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Si elle était à l'intérieur, alors, lorsque tu te trouverais dans une pièce sombre sans la lumière ni du soleil, ni de la lune, ni de lampes, l'obscurité de la pièce constituerait tes organes vitaux et tes viscères. Si elle n'était pas devant toi, comment pourrais-tu la voir ?

Si tu affirmes qu'il existe une vision intérieure qui est distincte de ta vision extérieure, alors, quand tu fermerais les yeux et que tu vois l'obscurité, tu serais en train de voir à l'intérieur de ton corps. En conséquence, quand tu ouvres les yeux et vois la lumière, pourquoi ne peux-tu voir ton propre visage ?

Si tu ne peux voir ton visage, alors il n'y a pas de vision intérieure. Si tu pouvais voir ton visage, alors ton esprit qui est conscient et sait et ton organe de la vision aussi devraient être suspendus dans l'espace. Comment pourraient-ils être à l'intérieur ? S'ils étaient dans l'espace, alors ils ne feraient pas partie de ton corps. Autrement, l'Ainsi-Venu qui voit maintenant ton visage devrait faire partie de ton corps aussi.
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En un tel cas, lorsque tes yeux perçoivent quelque chose, ton corps en resterait inconscient. Si tu insistes et fais pression à l'effet que le corps et les yeux ont chacun une conscience, tu aurais alors deux perceptions, et ton corps un devrait éventuellement devenir deux Bouddhas. Tu dois donc comprendre que de déclarer que voir l'obscurité, c'est voir là l'intérieur, c'est une affirmation impossible".

Ananda dit au Bouddha : "J'ai souvent entendu le Bouddha instruire les quatre assemblées de ce que, puisque l'esprit surgit, toutes les sortes de dharmas surgissent et vu que les dharmas surgissent, toutes les sortes d'esprit surgissent.

Comme je le considère maintenant, la substance de cette considération même est vraiment la nature de mon esprit. Partout où elle s'accouple aux choses, l'esprit existe en réaction. Il n'existe en aucun des trois emplacements de l'intérieur, de l'extérieur et de l'entre-deux".
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Le Bouddha dit à Ananda : "Maintenant, voilà que tu dis que parce que surgissent les dharmas, toutes les sortes d'esprit surgissent. Qu'à chaque fois qu'il se joint aux choses, l'esprit existe en réaction. Mais, s'il n'a aucune substance, l'esprit ne peut rien accompagner. Si, n'ayant aucune substance, il accompagnait les choses, ceci constituerait un dix-neuvième domaine amené par l'union avec le septième objet de souillure. Mais il n'existe pas de principe de la sorte.

S'il avait une substance, lorsque tu pinces ton corps avec tes doigts, est-ce que ton esprit qui le perçoit sortirait de l'intérieur, ou entrerait de l'extérieur ? S'il provenait de l'intérieur, alors une fois encore, il devrait être en mesure de voir à l'intérieur du corps. S'il provenait de l'extérieur, il devrait voir ton visage en premier".

Ananda dit : "La vue est le fait des yeux, la perception mentale ne l'est pas. Donner le nom de voir à la perception mentale n'a aucun sens".
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Le Bouddha dit : "Supposons que les yeux étaient ce qui voit. Ce serait comme être dans une pièce où les portes pourraient voir! De même, lorsqu'une personne est morte, mais que ses yeux sont encore intacts, ses yeux pourraient voir des choses. Mais comment pourrait-on être mort, si on pouvait encore voir ?

Qui plus est, Ananda, si ton esprit conscient et connaissant avait en fait une substance, serait-il alors d'une seule ou de plusieurs substances ? Sa substance pourrait-il percevoir le corps dans lequel elle réside ou ne pourrait-elle le percevoir ?

Supposons qu'il était d'une seule substance, alors lorsque tu te pinces un membre avec tes doigts, les quatre membres en seraient conscients. S'ils en étaient tous conscients, le pinçon ne serait pas en un endroit spécifique. Si le pinçon se situe à un endroit précis, alors la substance unique que tu proposes ne pourrait exister.
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À supposer qu'il était composé de substances multiples : alors, tu serais plusieurs personnes. Laquelle de ces substances serait toi ?

À supposer qu'il était composé d'une substance subtile, le cas serait le même que précédemment dans le cas du pinçon. Mais supposons qu'elle n'était pas subtile, alors, si tu touchais ta tête et touchais ton pied en même temps, le pied ne percevrait pas qu'on le touche si la tête le faisait. Mais ce n'est pas ainsi que tu es.

En conséquence, il faut que tu saches que de déclarer que, à chaque fois qu'il vient en concordance avec les choses, l'esprit existe en réaction, c'est là une affirmation impossible".
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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, j'ai également entendu le Bouddha discuter de la réalité avec Manjuçri et d'autres disciples du Roi du Dharma. L'Honoré du Monde a également dit : "L'esprit n'est ni à l'intérieur, ni à l'extérieur".

Comme je le considère maintenant, il ne peut être à l'intérieur, puisqu'il ne peut voir à l'intérieur ; et il ne peut voir à l'extérieur, vu qu'en ce cas, il n'y aurait aucune perception partagée. Vu qu'il ne peut voir à l'intérieur, il ne peut pas être à l'intérieur ; et vu que le corps et l'esprit on une perception partagée, il est insensé de dire qu'il est à l'extérieur. En conséquence, puisqu'il existe une perception partagée et puisqu'il n'y a pas de vision à l'intérieur, il doit être entre les deux".

Le Bouddha dit : "Tu dis qu'il est au milieu. Ce milieu ne doit pas être n'importe où ni sans un lieu spécifique. Où est cet entre-deux que tu proposes ? Est-ce un endroit extérieur, ou est-ce le corps ?
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Si c'était le corps, la surface du corps ne peut être comptée comme étant entre les deux. Si c'était au milieu du corps, ce serait la même chose qu'à l'intérieur. Si c'était un endroit extérieur, y en aurait-il la preuve ou non ? S'il n'y en avait pas la moindre preuve, cela équivaudrait à ce qu'il n'existe pas du tout. S'il y en avait une preuve, alors, il n'aurait aucun endroit précis.

Et pourquoi pas ? Suppose que ce milieu soit identifié par une marque. Lorsqu'on la verrait de l'est, elle serait à l'ouest, et quand on la verrait du sud, elle serait au nord. De même qu'une telle marque tangible ne serait pas claire, de même l'emplacement de l'esprit serait chaotique".

Ananda dit : "L'entre-deux dont je parle n'est rien de tout cela. Ainsi que l'Honoré du Monde l'a dit, les yeux et les formes sont les conditions qui créent la conscience visuelle. Les yeux font des distinctions, les formes n'ont pas de perception, mais une conscience se crée entre eux / c'est là que mon esprit se trouve".
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Le Bouddha dit : Si ton esprit était entre tes yeux et leur objet, est-ce que la substance d'une tel esprit se combinerait avec les deux ou pas ? Si elle se combinait avec les deux, alors les objets et la substance de l'esprit formerait un mélange chaotique. Puisque les objets n'ont pas de perception, les deux se trouveraient en opposition. Où serait le milieu ? S'il ne se combine pas avec les deux, alors il faudrait qu'il soit, soit le percepteur, soit le perçu. Puisqu'il lui manquerait autant la substance que la nature, à quoi un tel milieu ressemblerait-il ?

Donc, il faut que tu saches que de déclarer que l'esprit est entre les deux est une affirmation impossible".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, lorsque par le passé j'ai vu le Bouddha mettre en route la roue du Dharma avec Mahamaudgalyayana, Subhuti, Purna, et Çariputra, quatre des grands disciples, il disait souvent que la nature de l'esprit qui est conscient, qui perçoit et qui établit des distinctions n'est situé ni dedans, ni dehors, ni au milieu, ni ne se situe-t-il nulle part. C'est précisément ce non-attachement à tout qu'on appelle l'esprit. En conséquence, est-ce que mon non-attachement est mon esprit ?"
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Le Bouddha dit à Ananda : "Tu dis que l'esprit avec sa nature consciente qui perçoit et établit des distinctions n'est situé nulle part. Tout ce qui existe dans le monde consiste d'espace, les eaux et la terre, les créatures qui volent et marchent, et tous les objets externes. Est-ce que ton non-attachement existe lui-aussi ?

S'il n'existait pas, ce serait pareil que de la fourrure sur une tortue ou des cornes sur un lapin. Que serait donc ce non-attachement. Si le non-attachement existait vraiment, on ne pourrait le décrire en tant que négation. L'absence d'attributs indique la négation. Tout ce qui n'est pas nié a des attributs. Tout ce qui a des attributs existe. Comment cela pourrait-il définir le non-attachement ?

Tu dois donc savoir que de déclarer que l'esprit conscient, connaissant est non-attachement à rien est une affirmation impossible".
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Alors Ananda se leva de son siège au milieu de la grande assemblée, découvrit son épaule droite, plaça son genou droit en terre, mit respectueusement ses paumes l'une contre l'autre et dit au Bouddha :

"Je suis le plus jeune cousin de l'Ainsi-Venu. J'ai reçu l'attention compassionnée du Bouddha et j'ai quitté la vie de famille, mais j'ai été dépendant de son affection, et en conséquence, j'ai recherché l'érudition et je ne suis pas encore sans écoulements.

Je n'ai pas pu surmonter le mantra de Kapila. J'en ai été influencé et je suis presque entré dans cette maison de prostitution, tout ça parce que je ne savais pas comment atteindre le domaine de la réalité. J'espère seulement que l'Honoré du Monde, de par sa grande bonté et sympathie, nous instruira tous dans la voie du Calme pour guider les égoistes et surmonter les libertains".
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Lorsqu'il eut fini de parler, il posa ses cinq membres sur le sol et alors, en même temps que la grande assemblée, il se tint en anticipation, attendant avec empressement et respect d'entendre l'enseignement.

Alors, l'Honoré du Monde irradia de son visage diverses sortes de lumières, des lumières aussi éblouissantes que des centaines de milliers de soleils.

Les domaines bouddhiques tremblèrent de façon envahissante de six façons et ainsi des terres, aussi nombreuses que de fins atomes de poussières dans les dix directions apparurent simultanément.

L'esprit impressionnant du Bouddha amena tous les domaines à s'unir en un seul. Dans ces domaines, tous les grands Bodhisattvas, tout en restant dans leurs propres pays, joignirent leurs paumes et écoutèrent.
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Le Bouddha dit à Ananda : "Depuis des temps sans commencement, tous les êtres vivants et dans toutes les manières sens dessus-dessous, ont créé des semences karmiques qui poursuivent naturellement leur route, tout comme le bouquet d'aksha.

La raison pour laquelle les cultivateurs ne peuvent accomplir l'Éveil insurpassée, mais atteignent plutôt le niveau d'auditeurs ou de ceux qui s'éveillent aux conditions, ou deviennent accomplis de manière éternaliste en tant qu'habitants des cieux ou rois-démons ou en tant que membres des suites des démons

C'est qu'ils ne connaissent pas les deux racines fondamentales et se trompent donc et sont confus dans leur culture. Ils ressemblent à qui cuisine du sable dans l'espoir d'en faire des pâtisseries délicates. Ils peuvent continuer ainsi pendant autant d'éons qu'il y a de grains de poussière, mais ils n'obtiendront jamais ce qu'ils recherchent.
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Que sont ces deux ? Ananda, le premier est la racine de la naissance et de la mort sans commencement, qui est l'esprit qui saisit les conditions et que toi et tous les êtres vivants utilisent maintenant, le prenant pour votre propre nature.

Le second est la pure substance primale du Nirvâna d'Éveil sans commencement. C'est la claire essence primale de la conscience qui peut amener toutes les conditions. À cause de ces conditions, tu la considère comme perdue.

Ayant perdu de vue cette clarté originelle, quoique les êtres en fassent usage jusqu'à la fin de leurs jours, ils en sont ignorants, et ils entrent dans leurs divers destins de façon non-intentionnelle.
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Ananda, tu veux maintenant tout savoir de la Voie de shamatha dans l'espoir de quitter naissance et mort. Je vais maintenant t'interroger encore". Alors l'Ainsi-Venu leva son bras doré et plia ses cinq doigts palmés tout en demandant à Ananda : "Vois-tu ?"Ananda répondit : "Je vois"

Le Bouddha dit : "Que vois-tu ?"Ananda répondit : "Je vois que l'Ainsi-Venu lève le bras et replie ses doigts en un poing de lumière qui éblouit mon esprit et mes yeux". Le Bouddha dit : "Avec quoi le vois-tu ?"Ananda répondit : "Les membres de la grande assemblée et moi-même le voyons tous avec nos yeux".

Le Bouddha dit à Ananda : "Tu m'as répondu en disant que l'Ainsi-Venu replie ses doigts en un poing de lumière qui éblouit ton esprit et tes yeux. Tes yeux peuvent voir, mais c'est quoi l'esprit qui est ébloui par mon poing ?"
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Ananda dit : "L'Ainsi-Venu me demande où se situe l'esprit. Maintenant que j'utilise mon esprit pour le chercher soigneusement , je propose que ce qui est précisément capable d'examiner est mon esprit". Le Bouddha s'exclama : "Ho ! Ananda, ce n'est pas ça ton esprit".

Étonné, Ananda bondit de son siège, se tint debout, les paumes jointes, et dit au Bouddha : "Si ce n'est pas ça mon esprit, c'est quoi ?"Le Bouddha dit à Ananda : "C'est ta perception des fausses apparences basées sur les objets extérieurs qui fait que ta vraie nature s'illusionne et a fait, depuis des temps immémoriaux jusqu'à ta vie présente, prendre un voleur pour ton fils, perdre ta source éternelle et être soumis à la transmigration".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, je suis le cousin préféré du Bouddha. C'est parce que mon esprit aimait le Bouddha que j'ai été amené à quitter la vie de famille. Avec mon esprit, non seulement je fais des offrandes à l'Ainsi-Venu, mais aussi, en passant par des pays aussi nombreux que les grains de sable du Gange pour servir tous les Bouddhas et les bons et sages conseillers, et en ordonnant tout mon courage pour pratiquer tous les aspects difficiles du Dharma, j'utilise toujours mon esprit.
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Même si je devais calomnier le Dharma et ainsi couper pour l'éternité mes bonnes racines, ce serait aussi à cause de cet esprit. Si ce n'est pas mon esprit, alors c'est que je n'en ai pas, et je suis semblable à une motte de terre ou un morceau de bois, parce que rien n'existe à part de cette conscience et de cette connaissance.

Pourquoi l'Ainsi-Venu dit-il que ce n'est pas mon esprit ? Je suis surpris et troublé et pas un seul membre de cette grande assemblée ne reste hors du doute. J'espère seulement que l'Honoré du Monde aura de la compassion pour nous et instruira ceux qui ne se sont pas encore éveillés".

Alors, l'Honoré du Monde instruisit Ananda ainsi que la grande assemblée, souhaitant faire en sorte que leur mental entre dans l'état de patience avec la non-existence des êtres et des Dharmas.
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De son siège de lion, il caressa la tête d'Ananda et lui dit : "L'Ainsi-Venu a souvent dit que tous les dharmas qui surgissent ne sont que des manifestations du mental. Toutes causes et tous effets, les mondes, aussi nombreux que de fins grains de poussière, prennent leur substance à cause de l'esprit.

Ananda, si nous considérons toutes choses dans ce monde, y-compris les feuilles d'herbe et les brins de soie, lorsqu'on les examine à leur source fondamentale, on voit que chacun possède une nature; même l'espace vide a un nom et une apparence. Ainsi, comment pourrait l'esprit clair, merveilleux et pur, essence de toute pensée, être lui-même sans substance ?

Si tu insistes à l'effet que la nature qui est consciente, observe et connaît, est l'esprit, alors, à part de toutes formes, odeurs, goûts, et tangibles ; à part des effets de tous les objets de souillure ; cet esprit devrait avoir sa propre nature complète. Et pourtant, maintenant, si vous écoutez mon Dharma, c'est grâce au son que vous pouvez établir des distinctions.
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Même si vous pouviez mettre fin à toute vue, à toute entente, à toute conscience, et à toute connaissance et que vous mainteniez une équanimité interne, les ombres de vos distinctions parmi les dharmas demeureraient.

Je n'insiste pas sur le fait que tu admets que ce n'est pas l'esprit. mais examine ton esprit en détail fin pour voir s'il existe une nature discriminante à part des objets des sens. Ça, ça serait véritablement ton esprit.

Si la nature discriminante que tu découvres n'a pas de substance, à part des objets, alors ça n'en ferait qu'une ombre de distinction entre les objets mentaux. Les objets ne sont pas éternels, et lorsqu'ils cessent d'exister, un tel esprit serait comme de la fourrure sur une tortue ou des cornes sur un lapin. En ce cas, ton corps dharmique viendrait à finir en même temps qu'eux. Qui resterait-il, alors, pour cultiver et atteindre la patience avec la non-existence des êtres et des dharmas ?"
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À ce point, Ananda et tous les autres membres de la grande assemblée se trouvèrent sans voix et complètement perdus. Le Bouddha dit à Ananda : "Il y a les cultivateurs du monde qui, bien qu'ils atteignent les neuf stades successifs de samadhi n'arrivent pas à l'extinction des écoulements ni ne deviennent vénérables, tout ça parce qu'ils sont attachés à la naissance et à la mort et à la pensée erronée et les confondent pour ce qui est réellement vrai. C'est pourquoi, maintenant, en dépit de ta grande érudition, tu n'as pas encore atteint la sagesse".

En entendant cela, Ananda pleura encore tristement, plaça ses cinq membres sur le sol, s'agenouilla sur ses deux genoux, joignit les paumes de ses mains et dit au Bouddha "Depuis que je suis le Bouddha et que j'ai quitté la maison, je me suis reposé sur l'impressionnant esprit du Bouddha. J'ai souvent pensé : "Il n'y a pas de raison que je travaille à la culture", m'attendant toujours à ce que l'Ainsi-Venu me confère la samadhi. Je ne m'étais jamais rendu compte qu'il ne pouvait se mettre à ma place en corps et en esprit.

J'ai ainsi perdu mon esprit originel et quoique mon corps avait quitté la vie de famille, mon esprit n'est pas entré sur la Voie. je suis comme le pauvre fils qui a renoncé à son père et qui est parti en errance.
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C'est pourquoi je me rend compte, aujourd'hui, que malgré ma grande érudition, si je ne cultive pas, cela équivaut à n'avoir rien appris; tout comme quelqu'un qui ne parlerait que de nourriture ne mangerait jamais à sa faim.

Honoré du Monde, nous sommes maintenant liés par les deux obstructions et qu'en conséquence nous ne percevons pas la nature tranquille et éternelle de l'esprit. J'espère seulement que l'Ainsi-Venu aura de l'empathie avec nous pauvres et misérables que nous sommes, et nous fera découvrir le merveilleux esprit clair, et ouvrira nos yeux de la Voie".

Alors, de la svastika "myriade"qu'il avait sur sa poitrine, l'Ainsi-Venu déversa une lumière pareille à une gemme. Irradiant de centaines de milliers de couleurs, cette brillante lumière se répandit simultanément dans les dix directions vers des domaines bouddhiques aussi nombreux que de fins grains de poussière, oignant la tête de chaque Ainsi-Venu dans toutes ces terres bouddhiques montées de joyaux de toute les dix directions. Elle reflua alors sur Ananda et sur la grande assemblée.

Le Bouddha dit alors à Ananda : "Je vais maintenant dresser la grande bannière du Dharma pour toi, afin que tous les êtres vivants dans les dix directions puissent obtenir l'extraordinaire secret subtil, la pure nature, l'esprit clair et obtiennent ces yeux purs".
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Posté le: Ven 18 Juin 2010 - 21:08    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

À suivre...
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Posté le: Lun 21 Juin 2010 - 21:00    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 2
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"Ananda, tu m'as dit que tu avais vu mon poing de claire lumière. Comment a-t-elle pris la forme d'un poing ? Comment le poing a-t-il pu émettre de la lumière ? Comment était fait le poing ? Par quel moyen as-tu pu le voir ?"

Ananda répondit : "Le corps du Bouddha est né de la pureté et de la propreté, et il assume donc la couleur de l'or de la rivière Jambu avec de sombres reflets rouges. C'est pourquoi il brillait, aussi brillant et aveuglant qu'une montagne précieuse. C'étaient en fait mes yeux qui ont vu le Bouddha replier ses cinq doigts rouellés pour qu'ils forment un poing qui a été montré à nous tous".

Le Bouddha dit à Ananda : "Aujourd'hui, l'Ainsi-Venu va t'exposer la vérité : tous ceux qui ont la sagesse peuvent atteindre l'Éveil au moyen d'exemples. Ananda, prend par exemple mon poing : si je n'avais pas une main, je ne pourrais pas serrer le poing. Si tu n'avais pas d'yeux, tu ne pourrais pas voir. Si tu appliques l'exemple de mon poing au cas de tes yeux, le principe est-il le même ?"
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Ananda dit : "Oui, Honoré du Monde. Puisque je ne puis voir sans mes yeux, si on applique l'exemple du poing de l'Ainsi-Venu au cas de mes yeux, le principe est le même". Le Bouddha dit à Ananda : "Tu dis que c'est le même, mais ce n'est pas exact. Pourquoi ? Si quelqu'un n'a pas de main, son poing a disparu pour toujours. Mais celui qui n'a pas d'yeux n'est pas entièrement dépourvu de vue. Pourquoi pas ? Fais l'essai de consulter un aveugle dans la rue : "Que vois tu ?"Tout aveugle te répondra certainement : "Je ne vois à cet instant que l'obscurité devant mes yeux. Rien d'autre ne rencontre mon regard".

Le sens en est évident. S'il voit de l'obscurité devant lui, comment pourrait-on considérer que sa vue est "perdue"?"Ananda dit : "La seule chose que les aveugles voient devant leurs yeux est l'obscurité. Comment peut-on appeler cela voir ?"Le Bouddha dit à Ananda : "Y a-t-il une différence quelconque entre l'obscurité que voient les aveugles, qui n'ont pas l'usage de leurs yeux et celle que voit celui qui en a l'usage lorsqu'il se trouve dans une pièce sans lumière ?

Affirmé de cette manière, Honoré du Monde, il n'y a aucune différence entre les deux sortes de noirceur, celle vue par une personne dans une pièce sombre et celle que voit l'aveugle. Ananda, si la personne qui n'a pas l'usage de ses yeux qui ne voit que l'obscurité devait tout soudain récupérer l'usage de la vue et voir toutes sortes de formes, et que tu disais que ce sont ses yeux qui voient, alors, lorsqu'une personne enfermée dans une pièce sans lumière et qui ne voit que l'obscurité voyait tout soudain toutes sortes de formes parce qu'on a allumé une lampe, alors, il te faudrait dire que c'est la lampe qui voit.
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Si c'était la lampe qui voyait, elle serait dotée de la vue. Mais alors, nous ne l'appellerions plus une lampe. D'autre part, si c'était la lampe qui voyait, qu'est-ce que ça aurait à voir avec toi ? En conséquence, il faut que tu saches qu'alors que la lampe peut révéler les formes, ce sont les yeux et non la lampe qui voient. Et puisque les yeux peuvent révéler les formes, la nature de la vue provient du mental, pas des yeux".

Quoiqu'Ananda et tout le monde dans la grande assemblée aient entendu ce qui venait d'être dit, leurs mentaux n'avaient pas encore compris, et c'est pourquoi ils restèrent silencieux. Dans l'espoir d'entendre davantage des doux sons de l'enseignement de l'Ainsi-Venu, ils joignirent la paume de leurs mains, purifièrent leurs mental, et attendirent debout l'enseignement compatissant de l'Ainsi-Venu.

Alors, l'Honoré du Monde étendit sa main brillante qui est aussi douce que du coton tula, ouvrit ses cinq doigts palmés, et dit à Ananda et à la grande assemblée : "Dès que j'ai eu accompli la Voie, je suis allé au Parc des Cerfs, et pour le bénéfice d'Ajnatakaundinya et des cinq bhikshus, tout autant que pour vous, de la quadruple assemblée, j'ai dit : "C'est parce que les êtres sont empêchés par les impuretés transitoires et les afflictions qu'ils ne réalisent pas l'Éveil ou ne deviennent pas des Arhats". À cette époque, qu'est-ce qui a fait que vous, qui avez maintenant réalisé les divers fruits de la sagesse, ayez atteint l'Éveil ?"
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Alors Ajnatakaundinya se leva et dit au Bouddha : "Parmi les anciens ici présents dans la grande assemblée, moi seul ai reçu le nom de "Compréhension"parce que j'ai été éveillé à la signification des impuretés transitoires et en ai réalisé le fruit.

Honoré du Monde, on peut faire l'analogie avec un voyageur qui s'arrête comme hôte dans une auberge sur la route, peut-être pour la nuit, ou peut-être pour un repas. Lorsqu'il a fini de loger là, ou lorsqu'il a fini son repas, il fait ses bagages et repart. Il ne reste pas là à loisir. L'hôtelier lui, ne part pas, cependant.

Si on le considère ainsi, celui qui ne reste pas est appelé l'hôte et celui qui reste est l'hôtelier. L'hôte transitoire, donc est celui qui ne reste pas. Encore une fois, on peut faire l'analogie avec la façon dont le soleil se lève, resplendissant dans le matin clair, ses rayons d'or entrant à flots dans une maison par une fente, révélant ainsi des particules de poussière dans l'air. La poussière danse dans les rayons de lumière, mais l'espace vide reste immobile.
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Considérant les choses ainsi, ce qui est clair et immobile est appelé espace, et ce qui bouge est appelé poussière. La poussière impure est donc ce qui bouge".

Le Bouddha dit : "Il en est ainsi". Alors, au milieu de la grande assemblée, l'Ainsi-Venu replia ses cinq doigts palmés. Après les avoir pliés, il les rouvrit. Après quoi il les ouvrit, les replia, et demanda à Ananda : "Que vois-tu maintenant ?". Ananda répondit : "Je vois la main de l'Ainsi-Venu s'ouvrir et se refermer au sein de la grande assemblée, révélant ses paumes aux centaines de joyaux".

Le Bouddha dit à Ananda : "Tu vois ma main s'ouvrir et se fermer dans l'assemblée. Est-ce ma main qui s'ouvre et se ferme, ou est-ce ton voir qui s'ouvre et se referme ?"

Ananda dit :"La main ornée de joyaux de l'Honoré du Monde s'est ouverte et s'est refermée dans l'assemblée. J'ai vu la main-même de l'Ainsi-Venu s'ouvrir et se refermer alors que ma nature voyante ne s'est ni ouverte ni refermée".
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Le Bouddha dit : "Qu'est-ce qui a bougé, et qu'est-ce qui est resté immobile ?"Ananda répondit : "La main du Bouddha n'est pas restée au repos. Et puisque ma nature voyante est au-delà de l'immobilité même, comment ne pourrait-elle être au repos ?"

Le Bouddha dit : "Il en est ainsi".

Alors de sa paume rouellée, l'Ainsi-Venu envoya un rayon de lumière semblable à une gemme voler à droite d'Ananda. Celui-ci tourna immédiatement la tête et regarda à sa droite. Le Bouddha envoya alors un autre rayon de lumière à gauche d'Ananda. Celui-ci tourna encore une fois la tête et regarda à sa gauche.

Le Bouddha dit à Ananda : "Pourquoi as-tu tourné la tête à l'instant ?"Ananda dit : "J'ai vu l'Ainsi-Venu émettre une merveilleuse lumière semblable à un joyau qui a brillé sur ma droite et sur ma gauche, c'est pourquoi j'ai regardé à droite et à gauche. Ma tête a bougé toute seule".
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Ananda, lorsque tu as capté la lumière du Bouddha et que tu as bougé la tête à droite et à gauche, était-ce ta tête qui bougeait ou ta vue qui a bougé ?"; Honoré du Monde, ma tête a bougé d'elle-même. Comme ma nature voyante est au-delà de la cessation même, comment pourrait-elle bouger ?"

Le Bouddha dit : "Il en est ainsi". Alors l'Ainsi-Venu dit à tous dans l'assemblée : "Normalement, les êtres diraient que la poussière souillante bouge et que l'hôte transitoire ne reste pas. Tu as observé que c'était la tête d'Ananda qui avait bougé; et pourtant sa vue n'a pas bougé. Tu as aussi observé ma main s'ouvrir et se fermer, et pourtant ta vue ne s'est ni étirée ni pliée.

Pourquoi continues-tu de te fier à tes corps physiques qui bougent et à l'environnement extérieur qui bouge aussi ? Du commencement à la fin, ceci fait que chacune de tes pensées est sujette à la production et à l'extinction. Tu as perdu ta vraie nature et te conduis à l'envers du bon sens. Ayant perdu ta vraie nature et ton vrai esprit, tu prends les objets pour toi-même, et t'attaches à faire tourner la roue des renaissances".
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Lorsqu'Ananda et la grande assemblée entendirent les instructions du Bouddha, ils en furent pacifiés et composés autant en corps qu'en esprit. Ils se rappelèrent que depuis des temps immémoriaux, ils s'étaient éloignés de leur véritable esprit fondamental en prenant par erreur les ombres des différentiations des souillures conditionnées pour la réalité. Maintenant, de ce jour où ils furent éveillés, ils étaient chacun comme un enfant perdu qui retrouve soudain sa mère bien-aimée. Ils joignirent leurs paumes pour faire obédience au Bouddha.

Ils souhaitèrent entendre l'Ainsi-Venu les éveiller à la nature duelle de corps et de l'esprit, à ce qui est faux, à ce qui est vrai, et à ce qui est vide et à ce qui existe, et à ce qui est sujet à production et à extinction et à ce qui transcende la production et l'extinction.

Alors, le roi Prasenajit se leva et dit au Bouddha : "Par le passé; lorsque je n'avais pas encore reçu les enseignements du Bouddha, j'avais rencontré Katyayana et Vairatiputra, et tous deux m'avaient dit que ce corps se termine avec la mort et que c'est là le Nirvâna. Aujourd'hui, quoique j'aie rencontré le Bouddha, Je me demande toujours ce qu'il en est.
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Comment puis-je m'affairer à réaliser l'esprit au niveau de la non-production et de la non-extinction ? Maintenant, tous ceux qui, dans cette grande assemblée ont encore des écoulements souhaitent aussi être instruits de ce sujet".

Le Bouddha dit au grand roi : "Parlons de ton corps tel qu'il est à l'instant. je te demande donc, est-ce que ton corps physique sera comme le diamant, indestructible et vivant pour toujours ? Ou changera-t-il et se détériorera-t-il ?"

- "Honoré du Monde, ce mien corps continuera à changer jusqu'à ce qu'un jour il périsse"

Le Bouddha dit : "Grand roi, tu n'as pas encore péri. Comment sais-tu que tu périras un jour ?"

- "Honoré du Monde, quoique mon corps impermanent, changeant, et pourrissant ne se soit pas encore éteint, je l'observe maintenant, à mesure que chaque pensée fugace s'évanouit. Chaque nouvelle pensée ne réussit pas à demeurer, mais s'éteint graduellement, comme le feu transforme le bois en cendres. cette extinction incessante me convainc que ce corps périra un jour complètement"
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Le Bouddha dit : "Il en est ainsi. Grand roi, à ton âge actuel, te voilà déjà vieux et déclinant. De quelle manière ton apparence et ton teint s'apparentent-ils à ceux que tu avais quand tu étais jeune ?"

- "Honoré du Monde, par le passé, lorsque j'étais jeune, ma peau était lisse et brillante Quand j'ai atteint la fleur de ma jeunesse, mon sang et mon souffle étaient pleins. Mais maintenant, dans mes années de déclin, dans ma course vers la vieillesse, ma forme est flétrie et ratatinée et mon esprit est engourdi. Mes cheveux sont blancs et mon visage est ridé, et il ne me reste que peu de temps. Comment pourrais-je seulement me comparer à la façon dont j'étais quand j'étais dans la fleur de l'âge ?"

Le Bouddha dit : "Grand roi, ton apparence ne devrait pas décliner si soudainement"

Le roi répondit : "Honoré du Monde, le changement a été une transformation cachée dont je n'ai honnêtement pas été conscient. J'en suis arrivé là graduellement avec le passage des hivers et des étés.
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Comment cela s'est-il produit ? Dans ma vingtaine, j'étais encore jeune, mais mes traits avaient vieilli depuis mes dix ans. Ma trentaine, fut un déclin supplémentaire par rapport à la vingtaine, et maintenant, à soixante-deux ans, je me revois à la cinquantaine comme frais et gaillard.

Honoré du Monde, je constate aujourd'hui ces transformations cachées. quoique les changements induits par ce processus de mort à travers les décennies sont évidents, je pourrais les considérer de façon encore plus détaillée : ces changements ne se produisent pas seulement par périodes de douze ans; il y a en fait des changements qui s'opèrent année après année. Non seulement sont-ce des changements annuels, mais ce sont aussi des transformations mensuelles. Ni ne s'arrête-ce à des changements mois après mois; il y a aussi des différences jour après jour. Si je les examine de près, je trouve que instant après instant, pensée après pensée, ils ne s'arrêtent jamais.

C'est ainsi que je sais que mon corps continuera de changer jusqu'à ce qu'il périsse".
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Le Bouddha dit au Grand roi : "En observant les incessants changements de ces transformations, tu t'éveilles et connais ta perte, mais sais-tu aussi qu'au moment de périr, il y a quelque chose dans ton corps qui ne s'éteint pas ?"

Le roi Prasenajit joignit ses paumes et dit au Bouddha : "Je n'en sais vraiment rien"

Le Bouddha dit : "Je vais maintenant te montrer la nature qui n'est ni produite ni éteinte. Grand roi, quel âge avais-tu quand tu as vu les eaux du Gange ?"

Le roi dit : "Quand j'avais trois ans, ma mère compatissante m'a amené visiter la déesse Jiva. Nous avons passé une rivière, et à ce moment, j'ai su que c'étaient les eaux du Gange".
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Le Bouddha dit : "Grand roi, tu as dit que lorsque tu avais vingt ans, tu t'étais détérioré par rapport à tes dix ans. Jour après jour, mois après mois, année après année, jusqu'à ce que tu atteignes soixante ans, pensée après pensée, tu as observé les changements. Et pourtant, lorsque tu as vu le Gange à l'âge de trois ans, en quoi était-il différent par rapport au jour de tes treize ans ?"

Le roi dit : "Il n'était en rien différent de ce qu'il était lors de me trois ans, et même au jour de mes soixante-deux, il n'est toujours en rien différent".

Le Bouddha dit : "Maintenant, tu te plains de ce que tes cheveux sont blancs et que ton visage est ridé. De la même manière ton visage est certainement plus ridé qu'il ne l'était dans ta jeunesse, est-ce que le regard que tu portes sur le Gange a vieilli, de sorte qu'il est maintenant vieux mais était jeune alors que tu voyais le fleuve en tant qu'enfant, par le passé ?"

Le roi répondit : "Non, Honoré du Monde".
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Le Bouddha dit : "Grand roi, ton visage est ridé, mais la nature essentielle de ta vue ne se ridera jamais. Ce qui se ride est sujet à changement. Ce qui ne ride pas ne change pas. Ce qui change périra mais ce qui ne change pas est fondamentalement libre de production et d'extinction. Comment pourrait-ce être sujet à ta naissance et à ta mort ? Qui plus est, pourquoi ramener ce que Maskari Goshaliputra et les autres disent, qu'après la mort de ce corps il y a totale annihilation ?"

Le roi entendit ces paroles, les crut et se rendit compte que lorsque la vie de ce corps est terminée, il y aura renaissance. Lui et toute la grande assemblée furent grandement ravis d'avoir obtenu ce qu'ils n'avaient jamais eu auparavant.

Ananda se leva alors de son siège, rendit obédience au Bouddha, joignit ses paumes, s'agenouilla sur ses deux genoux et dit au Bouddha : "Honoré du Monde, si cette vue et cette ouïe sont effectivement ni produites ni éteintes, pourquoi l'Honoré du Monde parle-t-il de nous comme ayant perdu nos vraies natures et que nous nous affairons à l'envers du bon sens ? J'espère que l'Honoré du Monde fera surgir sa grande compassion et lavera ma poussière et mes souillures".
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Alors, l'Ainsi-Venu laissa tomber son bras doré de sorte que ses doigt palmés pointaient vers le sol, et montrant ceci à Ananda, dit : "Tu vois la position de ma main : est-elle à l'envers ou à l'endroit ?"

Ananda répondit : "Dans le monde, on dit qu'elle est à l'envers. Moi-même je ne sais pas ce qui est à l'endroit et ce qui est à l'envers".

Le Bouddha dit à Ananda : "Si les gens du monde considèrent que ceci est à l'envers, que considèrent-ils qui soit à l'endroit ?"

Ananda répondit : "Ils disent à l'endroit lorsque l'Ainsi-Venu lève la main avec les doigts de sa main douce comme du coton qui pointent vers le ciel".

Le Bouddha leva alors la main et dit : "Ainsi, pour qu'elle soit à l'envers, il suffirait qu'elle soit dans la position opposée à celle-ci. C'est du moins que les gens du monde le verraient.

De la même manière, ils feront la différence entre ton corps et le pur corps dharmique de l'Ainsi-Venu et diront que le corps de l'Ainsi-Venu en est un de connaissance correcte et universelle, alors que ton corps est à l'envers.
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Mais examine et ton corps et celui du Bouddha de près, en ce qui concerne cette histoire de sens-dessus-dessous : à quoi se réfère exactement ce terme "à l'envers"?"

Là dessus, Ananda et toute la grande assemblée furent stupéfait et regardèrent sans sourciller le Bouddha. Ils ne savaient pas de quelle manière leurs corps et leurs esprits étaient à l'envers. La compassion du Bouddha survint lorsqu'il empathisa avec Ananda et tous ceux présents dans la grande assemblée et il leur parla d'une voix qui passa sur eux comme la marée de l'océan.

"À vous tous, bonnes gens, j'ai souvent dit que toutes les conditions qui amènent les formes et l'esprit autant que les dharmas qui appartiennent à l'esprit et aussi tous les dharmas conditionnés sont des manifestations de l'esprit seulement. Vos corps et vos esprits apparaissent tous à l'intérieur de l'émerveillement de l'esprit clair, véritable, essentiel, et magnifique.
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Pourquoi dis-je que vous avez perdu trace de ce qui est fondamentalement merveilleux, l'esprit clair, parfait et merveilleux, et qu'au milieu de votre nature merveilleuse et claire comme une gemme, vous vous vautrez dans la confusion tout en étant en plein dans l'Éveil ? La faiblesse mentale se transforme en vacuité. La vacuité, dans la faiblesse, s'unit avec l'obscurité pour devenir la forme.

La forme se mélange avec les pensées erronées et celles-ci prennent forme et deviennent le corps. Comme les conditions causales s'assemblent, il y a de perpétuelles perturbations internes qui tendent à galoper au dehors. Ce trouble interne est souvent pris à tort pour la nature de l'esprit.

Une fois qu'on l'a pris par erreur pour l'esprit, une illusion ultérieure détermine ce qui est situé dans le corps physique. Vous ignorez que le corps physique tout autant que les montagnes, les rivières, l'espace vide, et la grande terre sont tous à l'intérieur du merveilleux et véritable esprit clair.
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Cette illusion est comme d'ignorer des centaines de milliers de mers claires et pures et de ne remarquer qu'une seule bulle, la prenant pour l'océan en entier, pour l'étendue complète des mers grandes et petites.

Vous tous êtes doublement dans l'illusion parmi ceux qui sont qui sont dans l'illusion. Une telle illusion n'est pas différente de celle que ma main abaissée a causé. L'Ainsi-Venu dit que vous êtes pathétiques".

Ayant reçu le secours compatissant et la profonde instruction du Bouddha, Ananda pleura, replia les mains et dit au Bouddha : "J'ai entendu ces merveilleux sons du Bouddha et me suis éveillé à la perfection fondamentale du merveilleux esprit clair comme étant la base de l'esprit demeurant éternellement.
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Mais maintenant, m'éveillant aux sons du Dharma que prononce le Bouddha, je sais que j'ai utilisé mon esprit conditionné pour les considérer et les révérer. Ayant tout juste pris conscience de cet esprit, j'ose pourtant prétendre que je reconnais cette base de l'esprit fondamental.

Je prie le Bouddha d'avoir de la compassion et de nous expliquer de sa voix parfaite comment nous pourrons arracher les racines de nos doutes et pourrons ainsi revenir à la Voie insurpassée".

Le Bouddha dit à Ananda : "Toi, et d'autres comme toi écoutent encore le Dharma avec l'esprit conditionné, et c'est pourquoi le Dharma devient conditionné à son tour, et que vous n'obtenez pas la nature dharmique.
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C'est comme quelqu'un qui pointerait son doigt vers la lune pour la montrer à quelqu'un d'autre. Guidé par le doigt, l'autre personne devrait voir la lune. Si au contraire il regarde le doigt et le confond avec la lune, il perd non seulement la lune, mais le doigt aussi. Pourquoi donc ? Parce qu'il confond le doigt pointé avec la lune brillante.

Non seulement perd-il le doigt, mais il manque aussi de comprendre la lumière et l'obscurité. Pourquoi donc ? Il confond la matière solide du doigt avec la nature brillante de la lumière, et c'est pourquoi il ne comprend pas les deux natures de lumière et d'obscurité. Il en est de même pour vous.

Si vous prenez ce qui distingue le son de mon Dharma parlant pour votre esprit, alors cet esprit lui-même, à part du son qui est distingué, devrait avoir une nature qui opère les distinctions Prends l'exemple de l'hôte qui a passé une nuit à l'auberge; il s'est arrêté temporairement, puis a continué sa route. Il n'est pas resté de façon permanente, alors que l'aubergiste n'est allé nulle part, vu qu'il était le patron de l'auberge.
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La même chose s'applique ici ? Si c'était vraiment ton esprit, il ne partirait nulle part. Alors, pourquoi est-ce qu'en l'absence de son il n'a pas une nature discriminante à lui ? Ceci, donc, ne s'applique pas seulement au fait de distinguer le son, mais en distinguant mon apparence, cet esprit n'a pas une nature à faire des distinctions à part des attributs de la forme.

Ceci est vrai même lorsque le fait de faire des distinctions, lorsqu'il n'y a ni forme ni vacuité, ou dans l'obscurité que Goshali et d'autres prennent pour la "vérité profonde": c'est-à-dire que l'esprit n'a toujours pas de nature qui fasse les distinctions en l'absence des conditions occasionnelles.

Comment pouvons-nous dire que la nature de ce vôtre esprit joue le rôle de l'aubergiste vu que tout ce qui est perçu par lui peut être retourné à quelque chose d'autre ?"
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Ananda dit : "Si chaque état de notre esprit peut être retourné à quelque chose d'autre que sa cause, alors pourquoi est-ce que le merveilleux et clair esprit originel mentionné par le Bouddha retourne nulle part ? Nous espérons seulement que le Bouddha se mettra à notre niveau et nous l'expliquera".

Le Bouddha dit à Ananda : "Comme tu me regardes à l'instant, l'essence de ta vue est fondamentalement claire. Quoique cette vision ne soit pas la merveilleuse et essentielle clarté de l'esprit, elle est comme une seconde lune, bien plus que le reflet de celle-ci.

Écoute attentivement, car je vais maintenant t'expliquer le concept du non-retour à quoi que ce soit.
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Ananda, cette grande salle de conférences est ouverte vers l'est. Lorsque le soleil monte dans le ciel, elle est inondée de lumière. À minuit, pendant une nouvelle lune, ou lorsque celle-ci est cachée par des nuages ou du brouillard, elle est dans l'obscurité. Si on regarde par les portes ouvertes ou par les fenêtres, la vision n'est pas gênée, mais si on fait face à un mur ou à des maisons, elle l'est.

En de tels endroits où il y a des formes aux apparences définies, ta vision est conditionnée au plan causal. Dans un vide sans relief, tu ne peux voir que la vacuité. Ta vision sera distordue lorsque les objets de la vue sont enveloppées dans la poussière ou la vapeur; tu percevras clairement lorsque l'air est frais.

Ananda, observe toutes ces caractéristiques transitoires à chaque fois que je ramène chacune à sa source. Que sont leurs sources ? Ananda, parmi ces transitions, on peut ramener la lumière au soleil. Pourquoi ? Sans le soleil, il n'y aurait pas de lumière, et donc la cause de la lumière appartient au soleil et peut donc lui être ramenée. L'obscurité peut être ramenée à la nouvelle lune. La pénétration peut être ramenée aux portes et aux fenêtres, alors que l'obstruction peut être ramenée aux murs et aux avant-toits.
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Les conditions peuvent être ramenées aux distinctions. La vacuité peut être ramenée à la vacuité sans relief. L'obscurité et la distortion peuvent être ramenées au brouillard et à la brume. La claire pureté peut être ramenée à la fraîcheur, et rien de ce qui existe en ce monde ne va au-delà de ces catégories".

Auquel des huit états de perception l'essence de ta vue pourrait-elle être réductible ? Pourquoi est-ce que je demande cela ? Si on la ramenait à la clarté, on ne verrait pas l'obscurité, quand il n'y a pas de lumière. Quoique ces états de perception que sont la lumière, l'obscurité, et ainsi de suite, diffèrent l'un de l'autre, ta vue n'en est pas altérée.

Ce qui peut être ramené à d'autres sources n'est de toute évidence pas toi; si ce qu'on ne peut pas ramener à rien d'autre n'est pas toi, alors qu'est-ce don ?
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J'en déduis donc que ton esprit est fondamentalement merveilleux, pur et sans illusion. Vous vous vous méprenez sur ce qui est fondamental, et finissez par encourir le cycle des renaissances, tressautant dans la mer de la naissance et de la mort. Rien d'étonnant à ce que l'Ainsi-Venu dise que vous êtes la plus pathétique des créatures".

Ananda dit : "Quoique je reconnaisse que la nature de la vue ne puisse être ramenée à rien d'autre, comment pourrais-je savoir si elle est ma vraie nature ?"

Le Bouddha dit à Ananda : "J'ai maintenant une question à te demander. À cet instant, tu n'as pas encore atteint la pureté du sans écoulements. Béni par la force spirituelle du Bouddha, tu peux voir dans le ciel du premier état de contemplation sans obstruction, de même qu'Aniruddha regarde Jambudvipa aussi clairement que s'il avait un fruit d'amala dans la paume de sa main.
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Les Bodhisattvas peuvent voir des centaines de milliers de domaines. Les Ainsi-Venus des dix directions voient tout à travers toutes les terres pures comme d'infimes grains de poussière. Par contraste, la vue des êtres ordinaires ne s'étend pas au-delà d'une fraction de pouce.

Ananda, alors que toi et moi considérons le palais où les quatre rois célestes résident, et que nous inspectons tout ce qui se meut dans les eaux, sur la terre ferme, et dans les airs, il y en a de sombres et de clairs, changeants de formes et d'apparences, et pourtant ils ne sont tous rien que de la poussière devant nous , prenant forme solide que de par les propres distinctions que nous faisons.

Parmi celles-ci, il faut que tu distingues ce qui est le Soi et ce qui est autre. Je te demande donc de choisir ce qui dans ta vue est la substance du Soi et ce qui est l'apparence des choses.
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Ananda, si tu regardes bien tout partout, dans l'étendue de ta vision, s'étendant des palais du soleil et de la lune jusqu'aux sept chaînes de montagnes d'or, tout ce que tu vois sont des phénomènes de différents aspects et degrés de lumière. De plus près, tu verras graduellement des nuages qui flottent, des oiseaux qui volent; des vents qui soufflent, de poussière soulevée, des arbres, des montagnes, des cours d'eau, des plantes, des graines, des gens et des animaux, l'ensemble desquels étant des phénomènes, mais aucun desquels n'étant toi.

Ananda, tous les phénomènes, de près ou de loin, ont leur propre nature. Quoique chacun soit distinctement différent, ils sont tous vus de la même pure essence de la vue. Ainsi, toutes les catégories de phénomènes possèdent leur propre distinctions, mais la nature de la vue n'a pas de différences. Cette clarté merveilleuse essentielle est très certainement notre nature de vue.

Si la vue était un phénomène, alors tu devrais aussi pouvoir voir ma vision.
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Si nous regardions tous les deux le même phénomène, tu serais aussi en train de voir ma vision. Alors, quand je ne suis pas en train de voir, pourquoi ne peux tu voir mon non-voir ? D'autre part, si ta vision des phénomènes était ainsi, alors lorsque tu vois des choses, ces choses aussi devraient te voir. Avec substance et nature mélangées, toi et moi et personne dans le monde entier ne pourrait plus être distingué l'un de l'autre.

Ananda, quand tu vois, c'est toi qui vois, pas moi. La nature de la vision se trouve partout; à qui appartient-elle, si elle n'est pas tienne ?

Pourquoi as-tu des doutes sur ta propre nature et viens-tu à moi pour le vérifier, en pensant que ta nature n'est pas vraie ?
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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, étant donné que cette nature de la vision est certainement la mienne et celle de personne d'autre, lorsque l'Ainsi-Venu et moi regardons la salle des Quatre rois célestes avec sa suprême abondance de joyaux ou que nous demeurons au palais du soleil et de la lune, cette vision se répand à travers les terres du monde Saha. En revenant à cette sublime salle de conférences, la vision n'observe que les terrains monastiques et, une fois à l'intérieur de la pure salle centrale, elle ne voit que les portes et les corridors.

Honoré du Monde, c'est là comment est la vision. Au début, sa substance s'étend partout à travers ce seul domaine, mais maintenant, au milieu de cette pièce elle ne remplit que cette seule pièce. Est-ce que la vision rétrécit de grande à petite, ou est-ce que les murs et les portes se compriment et l'enlèvent ? Maintenant, je ne sais pas où le sens de ceci se trouve et espère que le Bouddha étendra sa compassion et l'exposera complètement pour moi."

Le Bouddha dit à Ananda : "Tous les aspects de tout ce qu'il y a au monde, comme petit et grand, dedans et dehors, ne valent que de la poussière devant toi. Ne dis pas que la vision s'étend et rétrécit. Considère l'exemple d'un contenant carré dans lequel un voit un carré de vide. Je te le demande encore : est-ce que le vide en carré qu'on voit dans le contenant carré a une forme fixe, ou est-ce qu'il n'est pas fixé dans la forme du contenant carrée ?
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Si c'est une forme carrée fixe, lorsqu'on la met dans un contenant rond, le vide ne serait pas rond. Si ce n'est pas une forme fixe, alors, lorsqu'il se trouve dans un contenant carré, il ne s'agirait pas d'un vide en carré.

Tu dis que tu ne sais pas où se situe le sens. La nature de la signification étant ce qu'elle est, comment peux-tu parler de son emplacement ?

Ananda, si tu souhaitais qu'il n'y ait ni quadrature, ni rotondité, tu aurais seulement besoin de retirer le contenant. Le vide essentiel n'a pas de forme, et de la sorte, ne dis pas qu'il te faudrait aussi enlever sa forme au vide.
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Si, comme tu le suggères, ta vision se rétrécit et devient petite lorsque tu entres dans une chambre, alors, lorsque tu lèves le regard vers le soleil, ta vision ne devrait-elle pas s'arracher de toi jusqu'à ce qu'elle atteigne la surface du soleil ? Si les murs et les portes peuvent se rapprocher et arrêter ta vue, alors pourquoi est-ce que si tu perçais un petit trou, on ne constaterait pas que la vue est rétablie ? De la sorte, cette idée ne tient pas.

Depuis des temps immémoriaux, tous les êtres se sont pris erronément pour les phénomènes et, ayant perdu de vue leur esprit originel, ils sont influencés par les phénomènes et finissent par avoir l'étendue de leurs observations définies par des limites grandes et petites.

Si tu peux influencer les phénomènes, alors tu es semblable à l'Ainsi-Venu. Avec le corps et l'esprit parfaits et clairs, tu es ton propre lieu-chemin immuable. Le bout d'un seul cheveu fin peut complètement contenir les terres des dix directions".
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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, si cette essence de la vue est vraiment ma nature merveilleuse, celle-ci ne devrait pas être juste devant moi. La vue étant vraiment moi, que sont alors mon corps et mon esprits actuels ? Et pourtant, ce sont mon corps et mon esprit qui font les distinctions, alors que la vue ne fait pas de distinctions et ne discerne pas mon corps.

Si c'était vraiment mon mental qui me faisait voir maintenant, alors la nature de la vue serait en fait moi-même, et mon corps ne serait pas moi. Comment cela serait-il différent de la question posée par L'Ainsi-Venu sur les phénomènes pouvant me voir ? J'espère seulement que le Bouddha étendra sa grande compassion et l'expliquera à ceux qui ne sont pas encore éveillés".

Le Bouddha dit à Ananda : "Ce que tu viens tout juste de dire; que la vue est devant toi; ce n'est en fait pas le cas". Si cela était réellement devant toi, ce serait quelque chose que tu pourrais vraiment voir, et alors l'essence de la vue aurait un emplacement. Il faudrait qu'il y en ait un minimum de preuve.
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Maintenant que te voilà assis dans le Bosquet de Jeta, tu regardes partout, le bosquet, l'étang, les salles, au-dessus, le soleil et la lune, ainsi que le Gange devant toi. Devant mon trône du Lion, montre ces diverses apparences : ce qui est sombre ce sont les bois, ce qui est brillant, c'est le soleil, ce qui obstrue ce sont les murs, ce qui est clair est la vacuité, et ainsi, en incluant jusqu'à l'herbe et aux arbres, ainsi que les objets les plus menus. Leur dimensions peuvent changer, mais comme ils ont tous une apparence, on peut tous les localiser.

Si tu insistes à l'effet que ta vue serait devant toi, alors tu devrais être en mesure de la montrer. Qu'est ce que le fait de voir ? Ananda, si la vacuité était la vue, comme ils sont déjà devenus la vue, qu'adviendrait-il des phénomènes ?

Tu devrais pouvoir couper à travers et peler les myriades d'apparences jusqu'au dernier degré et par là distinguer et faire ressortir la clarté essentielle et la pure merveille de la source de la vue, me la désignant et me la montrant parmi toutes ces choses, de sorte que ce soit parfaitement clair, au-delà de tout doute".
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Ananda dit : "De là où je suis maintenant, dans cette salle de cours aux multiples étages, avec vue sur le Gange, là-bas, et sur le soleil et la lune au-dessus, tout ce vers quoi je pourrais pointer le doigt, tout ce que mes yeux peuvent voir, tous sont des phénomènes : ils ne sont pas la vue. Honoré du Monde, c'est comme le Bouddha a dit : sans mentionner quelqu'un comme moi, un Auditeur du premier degré, qui a toujours des écoulements, même les Bodhisattvas ne peuvent ouvrir et révéler, parmi les myriades d'apparences qui se trouvent devant eux, l'essence de la vue, qui a une nature particulière, à part de tous les phénomènes".

Le Bouddha dit : "C'est cela-même, c'est cela-même".

Le Bouddha dit encore à Ananda : "Il en est comme tu l'as dit. On ne peut trouver aucune essence de la vue qui aurait une nature propre, à part de tous les phénomènes. En conséquence, tous les phénomènes que tu désignes sont des phénomènes et aucun d'entre eux n'est la vue. Je vais maintenant te dire autre chose : pendant que toi et l'Ainsi-Venu êtes assis ici dans le Jardin de Jeta et regardez encore les bosquets et les jardins, ainsi que le soleil et la lune, ainsi que toutes les différentes apparences, ayant déterminé que l'essence de la vision ne se trouve parmi rien que tu puisses désigner, je te conseille maintenant d'aller de l'avant et de découvrir ce qui, parmi tous ces phénomènes, n'est pas ta vue".
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Ananda dit : "En regardant ce Jardin de Jeta, je ne sais pas ce qu'il y a dedans qui pourrait ne pas être ma vue. Pourquoi cela ? Si les arbres n'étaient pas la vue, pourquoi verrais-je des arbres ? Si les arbres étaient la vue, alors comment pourraient-ils être aussi des arbres ? Il en va de même de tout jusqu'à et y-compris la vacuité : si la vacuité n'était pas la vue, pourquoi verrais-je de la vacuité ? Si la vacuité était la vue, alors comment pourrait-elle être aussi la vacuité ?

En le reconsidérant et en explorant les aspects les plus subtils des myriades d'apparences, aucune n'est pas vue".

Le Bouddha dit : "C'est ça, c'est bien ça".

Alors tous ceux qui, au sein de la grande assemblée, n'avaient pas atteint le stade au-delà de l'étude furent ébahis d'entendre ces paroles du Bouddha, et ne purent rien y comprendre. Ils étaient agités et abasourdis en même temps, ayant perdu leurs repères.
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L'Ainsi-Venu, sachant qu'ils étaient anxieux et ennuyés, permit à l'empathie de croître en son coeur et consola Ananda et les autres membres de la grande assemblée.

"Bonnes gens, ce que le roi du Dharma insurpassé dit est vrai et réel. Il le dit comme c'est. Il ne trompe jamais personne; il ne ment jamais. Il n'est pas comme Maskari Goshaliputra en train de défendre ses quatre sortes de non-mort, en train de cracher des théories trompeuses et embrouillées. Pensez-y avec soin et n'ayez pas de gêne à en parler".

Le Prince du Dharma, Manjuçri, ayant de la peine pour la quadruple assemblée, se leva de son siège au milieu de la grande assemblée, s'inclina devant les pieds du Bouddha, plaça ses paumes avec respect et dit au Bouddha : "Honoré du Monde, la grande assemblée ne s'est pas éveillée au principe de la double divulgation par l'Ainsi-Venu de l'essence de la vue comme étant autant forme que vacuité, et n'étant aucune d'entre elles.
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Honoré du Monde, si les formes conditionnées, la vacuité et autres phénomènes mentionnés auparavant étaient la vue, il devrait y en avoir une indication; et s'ils n'étaient pas la vue, il ne devrait rien y avoir là qu'on puisse voir. Nous ne savons donc pas ce qui est signifié et c'est pourquoi nous sommes alarmés et tracassés.

Et pourtant nos bonnes racines des vies antérieures ne sont pas déficientes. Nous espérons seulement que l'Ainsi-Venu aura pour nous la grande compassion de révéler exactement ce que toutes ces choses sont et ce qu'est l'essence de la vue. Parmi toutes ces choses, qu'est-ce qui existe et qu'est qui n'existe pas ?

Le Bouddha dit à Manjuçri et à la grande assemblée : "Pour les Ainsi-Venus comme pour les grands Bodhisattvas des dix directions, qui demeurent dans cette méditation, la vue et les conditions de la vue, de même que les pensées qui concernent la vue, sont comme des fleurs dans l'espace; fondamentalement non-existantes.
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Cette vue et ses conditions sont à l'origine la merveilleuse pure et claire substance de l'Éveil. Comment peut-on s'enquérir de son existence ou de sa non-existence ? Manjuçri, je te le demande maintenant : Pourrait-il y avoir un autre Manjuçri à part toi ? Ou est-ce que ce Manjuçri pourrait ne pas être toi ?

- "Non, Honoré du Monde : Je serais le vrai Manjuçri. Il ne pourrait pas y avoir un autre Manjuçri. Pourquoi pas ? S'il y en avait un autre, il y aurait deux Manjuçri. Mais comme c'est maintenant, je ne pourrais pas être ce Manjhusri non-existant. En fait, aucun des deux concepts, "existant"ou "non-existant", ne s'applique".

Le Bouddha dit : "C'est ainsi que la substance fondamentale du merveilleux Éveil est, en termes de vacuité et d'objets mondains.

Ils sont fondamentalement des noms erronés pour la merveilleuse clarté de l'Éveil insurpassé, l'esprit pur, vrai et parfait. Notre erreur les transforme en forme et vacuité, autant qu'en ouïe et en vue.
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Ils sont comme une deuxième lune : cette lune existe-t-elle ou non ?

Manjuçri, il n'y a en vérité qu'une seule lune. Cela ne laisse aucune place au doute sur son existence ou sa non-existence. En conséquence, la façon actuelle dont tu vois la vue et les objets mondains et la nombreuses observations que cela implique sont des pensées erronées. Tu ne pourras transcender l'existence et la non-existence tant que tu seras empêtré dedans.

Seule la véritable essence, la merveilleuse claire nature éveillée, est au-delà de désigner ou de ne pas désigner".
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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, c'est vraiment comme le roi du Dharma l'a dit : la condition de l'éveil compénètre les dix directions. Il est clair et éternel que sa nature n'est ni produite ni éteinte. Comment diffère-t-elle donc de l'enseignement de l'Ancien brahmane Kapila sur la vérité mystérieuse ou des enseignements des ascètes couverts de poussière ou des autres sectes externalistes qui disent qu'il y a un Soi véritable qui compénètre les dix directions ?

Aussi, par le passé ,l'Honoré du Monde a donné une longue conférence sur ce sujet au Mont Lanka au bénéfice du Bodhisattva de Grande Sagesse et d'autres aussi : "Ces sectes externalistes parlent toujours de spontanéité. je parle des causes et des conditions, ce qui est un cadre de référence totalement différent".

Maintenant que j'observe l'Éveil original dans son état naturel, comme n'étant ni produit ni éteint, et séparé de toute fausseté ou inversion vides, il me semble n'avoir rien à voir avec vos causes et conditions pas plus qu'avec la spontanéité dont parlent les autres. Pourriez-vous, je vous prie, nous éclairer sur ce point que nous puissions éviter de nous joindre à ceux qui on des vues déviantes, ce qui nous permettrait d'obtenir l'esprit véritable, la claire nature de l'Éveil merveilleux ?"
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Le Bouddha dit à Ananda : "Je t'ai désormais instruit avec de tels expédients afin de te dire la vérité, et pourtant tu ne t'éveilles pas à elle mais tu confonds ce que je décris avec la spontanéité.

Ananda, si c'était absolument spontané, tu devrais pouvoir distinguer la substance de la spontanéité. Tu examines maintenant la merveilleuse vue claire. Quel est son aspect spontané ? Est ce la claire lumière qui est son aspect spontané ? Est ce l'obscurité qui est son aspect spontané ? Est ce la vacuité qui est son aspect spontané ? Sont-ce les objets qui sont son aspect spontané ?

Ananda, si son aspect spontané consistait dans la lumière, tu ne pourrais voir l'obscurité. Ou si son aspect spontané était la vacuité, tu ne pourrais voir des objets solides. En continuant ainsi, si son aspect spontané étaient tous les phénomènes d'obscurité, alors, lorsqu'elle est confrontée avec la lumière, la nature de la vision devrait être coupée et éteinte, alors comment pourrais-tu voir la lumière ?"
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Ananda dit : "La nature de cette vision merveilleuse ne semble absolument pas spontanée. je propose donc qu'elle est produite par les causes et les conditions. Mais ce n'est pas totalement clair pour moi. Je demande donc à l'Ainsi-Venu si cette idée est consistante avec la nature des causes et des conditions".

Le Bouddha dit : "Tu dis que la nature de la vue est les causes et les conditions ? Je te demande donc à ce sujet : puisque tu vois maintenant, la nature de la vision se manifeste. Est-ce que cette vue existe à cause de la lumière ? Existe-t-elle à cause de l'obscurité ? Existe-t-elle à cause de la vacuité ? Existe-t-elle à cause des objets solides ?

Ananda, si la lumière est la cause qui amène la vue, tu ne devrais pas pouvoir voir l'obscurité. Si l'obscurité est la cause qui amène la vue, tu ne devrais pas voir la lumière. La même question s'applique à la vacuité et aux objets solides.
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Qui plus est, Ananda, est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a de la lumière ? Est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a de l'obscurité ? Est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a de la vacuité ? Est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a des objets solides ?

Ananda, si elle existait parce qu'il y a la vacuité, tu ne pourrais voir les objets solides. Si elle existait parce qu'il y a objets solides, tu ne pourrais voir la vacuité : Il en irait de même avec la lumière ou l'obscurité comme il en serait avec la vacuité ou les objets solides.

Tu devrais ainsi savoir que la clarté essentielle, éveillée, merveilleuse n'est due ni aux causes, ni aux conditions, ni ne survient-elle spontanément. Ce n'est pas non plus la négation de la spontanéité. Ce n'est ni une négation ni la négation d'une négation.
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Tous les dharmas sont définis comme étant dépourvus d'attributs. Alors, au milieu d'entre eux, comment peux-tu user de ton esprit pour faire des distinctions basées sur un débat raffiné et du jargon technique ? Faire ainsi, c'est comme saisir de l'espace vide : on ne fait que se fatiguer. Comment l'espace vide pourrait-il jamais céder à ta prise ?

Ananda dit au Bouddha : "Si la nature du merveilleux éveil n'a ni causes ni conditions, alors pourquoi l'Honoré du Monde dit-il toujours aux moines que la nature de la vue dérive des quatre conditions de la vacuité, de la clarté, du mental et des yeux ? Qu'est-ce que ça veut dire ?"

Le Bouddha dit : "Ananda, ce que j'ai dit des causes et des conditions au sens mondain ne décrit pas le sens premier.

Ananda, je te le demande encore, les gens dans le monde disent : "Je peux voir". Quel est ce "voir"? Et qu'est-ce que "ne pas voir"? "Ananda dit : "La lumière du soleil, de la lune et des lampes est la cause qui permet aux gens dans le monde de voir toutes sortes d'apparences : c'est ce qu'on appelle voir. Sans ces trois sortes de lumières, ils ne pourraient pas voir".
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Ananda, si tu dis qu'il n'y a pas de vue en absence de la lumière, alors tu ne pourrais voir l'obscurité. Si en fait tu vois effectivement l'obscurité, qui n'est que l'absence de lumière, comment peux-tu dire qu'il n'y a pas de vue ? Ananda, si, lorsqu'il fait sombre, tu appelles ça "ne pas voir"parce que tu ne vois pas la lumière, alors vu qu'il y a maintenant de la lumière et que tu ne vois pas la caractéristique de l'obscurité, on devrait aussi appeler ça "ne pas voir". Donc, les deux aspects devraient être appelés "ne pas voir"".

Quoique ces deux aspects se contrarient mutuellement, votre nature de la vue ne cesse pas un moment. Donc tu dois savoir que la vue se poursuit dans les deux cas. Comment donc peux-tu dire qu'il n'y a pas de vue ? En conséquence, Ananda, il faut que tu saches que lorsque tu vois de la lumière, la vision n'est pas la lumière. Quand tu vois de l'obscurité, la vision n'est pas l'obscurité. Quand tu vois la vacuité, la vision n'est pas la vacuité. Quand tu vois des objets solides, la vision n'est pas les objets solides.

Et par extension de ces quatre faits, tu devrais également savoir que lorsque tu vois ta vue, la vision n'est pas cette vue. Puisque la première vue est au-delà de la seconde, celle-ci ne peut l'atteindre. Dans ce cas, comment peux-tu décrire cela comme étant dû aux causes et aux conditions ou à la spontanéité ou que ça a quelque chose à voir avec le mélange et l'unité ?
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Vous, auditeurs à l'esprit étroit, vous êtes tellement inférieurs et ignorants que vous êtes incapables de pénétrer la pureté de la réalité ultime. je vais maintenant continuer de vous instruire. Considérez bien ce qui est dit. Ne devenez pas fatigués ou négligents sur la merveilleuse route de l'Éveil".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, nous n'avons toujours pas compris ce que le Bouddha, l'Honoré du Monde, a expliqué pour moi et pour les autres au sujet des causes et des conditions, de la spontanéité, les attributs du mélange et de l'unité. Et maintenant; d'entendre en plus que la vue qu'on peut voir n'est pas la vue, ajoute encore une couche de confusion. Humblement, j'espère qu'avec votre vaste compassion, vous nous accorderez votre grand oeil de sagesse afin de nous montrer l'esprit éveillé pur et clair".

Après avoir dit cela, il pleura, rendit obéissance, et attendit de recevoir les instructions sacrées.

Alors, l'Honoré du Monde, par pitié pour Ananda et pour la grande assemblée, commença à expliquer en détail la merveilleuse piste de la culture de toutes les méditations de la grande formule de pouvoir.
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Et il dit à Ananda : "Quoique tu aies bonne mémoire, elle ne profite qu'à ton érudition étendue. Mais ton esprit n'a pas encore compris la subtile contemplation secrète et l'illumination de la tranquillité. Écoute avec attention maintenant, je vais te l'expliquer en détail, et faire que tous ceux dans le futur qui ont des écoulement pourront obtenir le fruit de l'Éveil.

Ananda, tous les êtres vivants tournent dans le cycle des renaissances en ce monde à cause deux vues fausses discriminantes renversées. Partout où ces vues surgissent, elles amènent à tourner dans le cycle en accord avec le karma qui leur correspond.

Quelles sont ces deux vues ? La première consiste dans la fausse vue basée sur le karma individuel des êtres vivants. La seconde consiste dans la fausse vue basée sur le karma collectif des êtres vivants.
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Qu'entend-on par les vues fausse basées sur le karma individuel ?

Ananda, prend par exemple, quelqu'un qui a des cataractes sur ses yeux de sorte que la nuit, il ne peut voir autour d'une lampe que le reflet circulaire composé de couches de cinq couleurs.

Qu'en penses-tu ? Est-ce que les couleurs qui composent le cercle de lumière qui apparaît autour de la lampe la nuit sont créées par la lampe ou sont elles créées par la vue ? Ananda, si les couleurs étaient créées par la lampe, pourquoi est-ce qu'une personne en santé ne voit pas la même chose et que seule celle qui est malade voit la réflexion circulaire ? Si les couleurs étaient créées par la vue, alors la vue serait déjà colorée; que devrait-on alors appeler la réflexion que voit la personne malade ?

Qui plus est, Ananda, si la réflexion circulaire était une chose en elle-même, séparée de la lampe, alors on devrait la voir autour du paravent pliant, le rideau, la table, et les nattes. D'autre part, si elle n'avait rien à voir avec la vue, les yeux ne la verraient pas. Alors pourquoi donc l'homme aux cataractes voit-il les réflexions circulaires avec ses yeux ?
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En conséquence, tu dois savoir qu'en fait, les couleurs tirent leur origine de la lampe, et que c'est la maladie de la vue qui cause la réflexion. Autant la réflexion circulaire que la mauvaise vue sont le résultat de la cataracte. Mais ce que voit la pellicule malade n'est pas malade. Ainsi, tu ne dois pas dire que la cause en est la lampe ou la vue ou ni la lampe ni la vue.

Considère l'exemple de ce qui n'est ni substantiel ni une réflexion. Ceci est parce que la double image de la lune n'est qu'un résultat d'une pression appliquée au globe oculaire. D'où le fait qu'une personne sage ne devrait pas tenter de chicaner à savoir si la seconde lune a ou n'a pas une forme, ou si elle est séparée de la vue ou non-séparée de la vue.

La même chose est vraie en ce cas-ci : l'illusion est créée par les yeux malades. Tu ne peux pas dire qu'elle tire son origine de la lampe ni de la vue : encore moins peut-on en dire qu'elle ne tire pas son origine de la lampe ni de la vue.
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Qu'entend-on par la fausse conception du karma collectif ? Ananda, à Jambudvipa, à côté des eaux des grandes mers, il y a une terre plate qui forme quelque trois mille continents. À l'est et à l'ouest, à travers toute l'étendue du grand continent, il y a deux-mille trois cents grands pays. Sur les autres continents plus petits au milieu des mers, il y en a peut-être deux ou trois cents, ou peut-être un ou deux cents, ou peut-être trente, quarante ou cinquante.

Ananda, suppose que parmi eux, il y ait un petit continent où il n'y aurait que deux pays. Le peuple d'un seul des pays subit collectivement de mauvaises conditions. Sur ce petit continent, tous les gens de ce pays voient toutes sortes de présages de mauvais augure.

"Peut-être verront-ils deux soleils, ou bien deux lunes; peut-être verront-ils la lune avec des cercles autour d'elle, ou un sombre brouillard, ou des nuages blancs autour d'elle, ou des comètes à longues queues, ou des comètes à petite queue, des étoiles volantes, des étoiles filantes, des "oreilles"sur le soleil ou la lune, un mauvais voile au dessus du soleil ou à côté du soleil, des arcs-en-ciel du matin, des arcs-en-ciel secondaires du soir, et divers autres signes de mauvais augure.
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Seuls les gens de ce pays les voient. Les êtres de l'autre pays ne voient ni n'entendent jamais rien d'inhabituel. Ananda, je vais maintenant résumer et comparer ces deux cas pour toi, pour les rendre tous deux bien clairs.

Ananda, examinons le cas de la fausse conception de l'être ayant un karma individuel. Il a vu l'apparence d'un reflet circulaire autour de la lampe. Quoique cette apparence lui semblait réelle, à la fin, ce qu'il a vu lui est venu des cataractes sur ses yeux. Les cataractes sont le résultat de la fatigue de la vue plus que les produits de la forme. Cependant, ce qui perçoit les cataractes est libre de tous défauts. Du même coup, tu utilises maintenant tes yeux pour regarder les montagnes, les rivières, les pays, et tous les êtres vivants : et ils sont tous produits par la maladie de ta vue, contractée depuis des temps sans commencement.

La vue et les conditions de la vue semblent révéler ce qui se trouve devant toi. À l'origine, notre éveil est lumineux. Les cataractes influencent la vue et ses conditions, de sorte que ce qui est perçu par la vue est affecté par les cataractes. Mais aucune cataracte n'affecte la perception et les conditions de notre esprit fondamentalement clair et éveillé.
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La perception qui perçoit les cataractes est une perception qui n'est pas affectée par les cataractes. C'est là la vraie perception de la vue. Pourquoi lui donner d'autres noms tels que la conscience, l'ouïe, la connaissance, et la vue ? En conséquence, tu me vois moi et toi-même et le monde et toutes les cinq sortes d'êtres vivants à cause d'une maladie de la vue. Ce que perçoit la maladie n'est pas malade.

La nature de la vraie vue essentielle n'est pas malade. Elle n'est donc pas appelée vue.

Ananda, comparons les fausses vues du karma collectif de ces êtres vivants avec les vues fausses du karma individuel d'une seule personne.

La personne individuelle aux yeux malades peut être comparée aux gens de ce pays. il voit des reflets circulaires, causés erronément par une maladie de la vue. les êtres aux destin collectif voient des choses de mauvais augure. Au milieu de leur karma de vues identiques surgissent pestilences et maux. Tous deux sont produits par une fausseté sans commencement dans la vue.
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Il en va de même dans les trois-mille continents de Jambudvipa, à travers les quatre mers du monde saha et ce dans toutes les dix directions. Tous les pays qui ont des écoulements et tous les êtres vivants sont le merveilleux esprit clair éveillé sans écoulements. Voir, entendre, la conscience et la connaissance, sont des faussetés illusoires amenées par la maladie et ses conditions. Le mélange et l'union avec cela entraîne une fausse naissance; le mélange et l'union avec cela entraîne une fausse mort.

Si tu peux laisser loin derrière toutes les conditions qui se mélangent et s'unissent tout autant que celles qui ne se mélangent pas ni ne s'unissent, alors vous pourrez également éteindre et rejeter les causes de la naissance et de la mort, et obtenir l'Éveil parfaite, dont la nature n'est ni produite ni éteinte. C'est là l'esprit fondamental pur et clair, l'éternel Éveil fondamental.

Ananda, bien que tu aies déjà réalisé que le merveilleux et clair Éveil fondamental ne tire pas son origine des conditions ni de la spontanéité, tu n'as pas encore compris que la source de l'Éveil ne tire pas son origine du mélange et de l'unité ni d'un manque de mélange et d'unité.
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Ananda, je vais maintenant faire encore une fois usage des objets mondains devant toi afin de t'interroger. Tu tiens maintenant que les fausses pensées se mélangent et s'unissent avec les causes et les conditions de toutes choses au monde, et tu te demandes si l'esprit de l'Éveil qu'on réalise pourrait surgir du mélange et de l'union.

En suivant cette ligne de pensée, ici et maintenant, est-ce que la merveilleuse pure essence de la vue se mélange avec la lumière, se mélange-t-elle avec l'obscurité, se mélange-t-elle avec la pénétration ou se mélange-t-elle avec les obstructions ? Si elle se mélange avec la lumière, alors lorsque tu regardais la lumière, lorsque la lumière apparaissait devant toi, à quel point se mélangerait-elle avec ta vue ? Considérant que la vue a certains attributs, que serait la forme altérée d'une telle mixture ?

Si cette mixture n'était pas la vue, comment pourrais-tu voir la lumière ? Si c'était la vue, comment la vue se verrait-elle elle-même ?
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Si tu insistes que la vue est complète, quelle place resterait-il pour qu'elle se mélange avec la lumière ? Et si la lumière était complète en elle-même, elle ne pourrait pas s'unir et se mélanger avec la vue. Si la vue était différente de la lumière, alors lorsqu'on les mélange, autant sa qualité que la lumière perdraient leur identité. Comme le mélange résulterait en une perte de la lumière et de la qualité de la vue, la proposition que l'essence de la vue se mélange avec la lumière ne tient pas. Le même principe s'applique à son mélange avec l'obscurité, avec la pénétration ou avec toutes les sortes d'objets solides.

Qui plus est, Ananda, comme tu te trouves à l'instant, une fois de plus, est-ce que la merveilleuse et pure essence de la vue s'unit avec la lumière, s'unit-elle avec l'obscurité, s'unit-elle avec la pénétration ou s'unit-elle avec les objets solides ?

Si elle s'unit avec la lumière, alors lorsque vient l'obscurité, et que les attributs de la lumière cessent d'être, comment pourrais-tu voir l'obscurité, vue que la vue ne serait pas unie avec l'obscurité ? Si tu pouvais voir l'obscurité et pourtant qu'en même temps il n'y avait pas d'union avec l'obscurité, mais plutôt une union avec la lumière, tu ne devrais pas pouvoir voir la lumière. Comme tu ne pourrais pas voir la lumière, alors pourquoi donc est-ce que lorsque ta vue entre en contact avec la lumière tu reconnais la lumière et pas l'obscurité ?
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La même chose serait vrai de son union avec l'obscurité, la pénétration ou n'importe quelle sorte d'objet solide.

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, comme je le vois, la source de ce merveilleux éveil ne se mélange ni ne s'unit avec aucun objet mondain conditionné ni avec la spéculation mentale. Est-ce le cas ?"

Le Bouddha dit : "Maintenant, tu voudrais dire que la nature éveillée ne se mélange ni ne s'unit. Aussi, je vais te demander encore ceci : en ce qui concerne cette merveilleuse essence de la vue qui ne se mélange ni ne s'unit, ne se mélange-t-elle pas avec la lumière ? Ne se mélange-t-elle pas avec l'obscurité ? Ne se mélange-t-elle pas avec la pénétration ? Ne se mélange-t-elle pas avec les objets solides ?

Si elle ne se mélange pas avec la lumière, alors il devrait y avoir une limite entre la vue et la lumière. Examine cela de près : à quel point se trouve la lumière ? à quel point se trouve la vue ? Où se situe la limite entre la vue et la lumière ? Ananda, s'il n'y a pas de vue à l'intérieur des limites de la lumière, alors il ne devrait y avoir aucun contact entre eux, et il est clair qu'on ne saurait pas ce que sont les attributs de la lumière. Alors comment pourrait-on définir ces limites ?
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Pour ce qui est de son non-mélange avec l'obscurité, avec la pénétration ou avec toutes sortes d'objets solides, le principe serait le même. Qui plus est, en ce qui concerne la merveilleuse essence de la vue qui ne se mélange ni ne s'unit, ne s'unit-elle pas avec la lumière ? Ne s'unit-elle pas avec l'obscurité ? Ne s'unit-elle pas avec la pénétration ? Ne s'unit-elle pas avec les objets solides ?

Si elle ne s'unissait pas avec la lumière, alors la vue et la lumière seraient en conflit de par leur nature, comme le sont l'ouie et la lumière, qui ne viennent pas en contact.

Comme la vue ne saurait pas ce que sont les attributs de la lumière, comment pourrait-elle déterminer clairement s'il y a union ? Pour ce qui est de sa non-union avec l'obscurité, avec la pénétration, ou avec toute sorte d'objets solides, le principe serait le même".
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Coeur de Loi
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Posté le: Mer 23 Juin 2010 - 10:55    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 3
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"Ananda, tu n'as pas encore compris que tous les objets impurs qui apparaissent, tous les phénomènes illusoires, éphémères, surgissent à l'endroit précis où ils trouvent aussi leur fin. Leurs aspects phénoménaux sont illusoires et faux, mais leur nature est en vérité la claire substance du merveilleux Éveil.

Il en va ainsi à tous les niveaux, jusqu'aux cinq skandhas et aux six entrées, aux douze endroits et aux dix-huit domaines; l'union et le mélange de diverses causes et conditions rendent compte de leur existence fausse et illusoire, et la séparation et la dispersion des causes et conditions résultent dans leur extinction illusoire et fausse.

Qui aurait pensé que la production et l'extinction, allant et venant sont fondamentalement l'éternelle merveilleuse lumière de l'Ainsi-Venu, la perfection inchangée, et pénétrant partout, la merveilleuse nature de la Véritable Ainsité! Si au sein de la vraie et éternelle nature on cherche en allant et venant, la confusion et l'Eveil, ou la naissance et la mort, on ne les trouvera jamais.

Ananda, pourquoi dis-je que les cinq skandhas sont fondamentalement la merveilleuse nature de la véritable ainsité, le Trésor de l'Ainsi-Venu? Ananda, imagine une personne qui aurait la claire vision et qui devait observer le clair et brillant espace. Son regard ne percevrait que claire vacuité vide de quoi que ce soit d'autre.

Si alors cette personne, pour aucune raison particulière fixait son regard, elle se fatiguerait de garder les yeux ouverts. Ainsi dans l'espace vide, elle verrait des fleurs illusoires et autres apparences irréelles illusoires et désordonnées. Tu dois te rendre compte que le skhanda de la forme est ainsi.

6 «Ananda, ces fleurs illusoires ne tirent pas leur origine de l'espace et ne proviennent pas des yeux. En fait, Ananda, si elles provenaient de l'espace, provenant de là elles devraient aussi retourner et entrer dans l'espace. Mais si les objets devaient y entrer et le quitter, l'espace ne serait pas vide. Et si l'espace n'était pas vide, alors il n'y aurait aucune place pour qu'il puisse contenir les fleurs qui pourraient apparaître et disparaître, tout comme le corps d'Ananda ne peut pas contenir un autre Ananda.

7 «Si les fleurs provenaient des yeux, comme elles en viennent, elles devraient y retourner. Si l'image des fleurs tirait son origine des yeux, alors elles devraient elles-mêmes avoir la vue. Si elles voyaient, quand elles vont dans l'espace, elles devraient être capables de virer de bord et de voir les yeux de la personne. Si elles n'y voyaient pas, alors en sortant, elles obscurciraient l'espace et en revenant, elles obscurciraient les yeux.

9 «Mais quand la personne verrait les fleurs, ses yeux ne pourraient pas avoir été obscurcis. Mais au contraire, n'est ce pas lorsque nous voyons le clair espace que nous disons que notre vue est claire? A partir de là, vous devriez comprendre que le skhanda de la forme est vide et faux. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribué ni aux causes, ni aux conditions ni à la spontanéité.

9 «Ananda, suppose que les mains et les pieds d'une personne seraient détendus et que son corps en entier serait en équilibre. Il ne se rendrait pas compte de ses processus vitaux au point de ne ressentir ni douleur ni plaisir. Alors, pour aucune raison particulière, elle pourrait se frotter les mains ensemble, créant ainsi la sensation illusoire de la friction et de la douceur, du chaud et du froid, et d'autres sensations.

10 «Tu dois te rendre compte que le skhanda de la sensation est ainsi.. Ananda, ce contact imaginaire n'a pas commencé dans l'air environnant, ni dans les paumes. En fait, Ananda, s'il avait commencé dans l'air, vu que le contact affectait les paumes, pourquoi n'affectait-il pas le reste du corps? Et pourquoi l'air devrait-il choisir ce avec quoi il vient en contact?

11 «Si la sensation venait des paumes, il n'y aurait en rien besoin de frotter les mains pour en faire l'expérience. A part ça, si elle provenait des paumes, celles-ci en feraient l'expérience lorsqu'elles sont jointes, mais séparées, le sentiment de contact devrait rentrer dans les paumes. Et en ce cas, les bras, les poignets, les os et la moelle devraient également être conscients de son trajet d'entrée.

12 «Si tu insistes que le mental devrait être conscient de sa sortie et de son entrée, le contact serait dans ce cas une chose par elle-même qui vient du et va au corps. Quel besoin y aurait-il d'attendre pour que les paumes se joignent pour le ressentir et l'identifier en tant que contact? De là tu devrais comprendre que le skhanda de la sensation est vide et faux. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux conditions ni à la spontanéité.

13 «Ananda, suppose que l'eau vienne à la bouche d'une personne à la seule mention de prunes amères, ou que la plante des pieds lui picotait lorsqu'elle penserait à une promenade le long d'un précipice.

14 «Tu dois te rendre compte que le skhanda de la pensée est ainsi. Ananda, l'eau à la bouche causée par la mention de prunes ne vient pas des prunes ni ne vient elle de la bouche.

15 «En fait, Ananda, si l'eau à la bouche provenait des prunes, celles-ci devraient parler d'elles-mêmes; pourquoi attendre que quelqu'un d'autre le fasse ? Si elle provenait de la bouche, la bouche elle-même devrait entendre, et alors pourquoi faudrait-il compter sur la perception des oreilles ? Si seule l'oreille entendait, dans ce cas pourquoi ne produit-elle pas la salive? On peut expliquer les pensées à propos de la promenade le long d'un précipice de la même façon.

16 «De là, tu dois comprendre que le skhanda de la pensée est vide et faux. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux conditions ni à la spontanéité.

17 «Ananda, suppose que de vifs rapides faisaient des vagues qui se suivraient l'une l'autre en succession ordonnée, celles qui suivent ne dépassant jamais celles qui précèdent.

18 «Tu dois te rendre compte que le skhanda de l'activité est ainsi. Ananda, ce flot n'a pas lieu à cause de la vacuité, ni ne vient-il à être à cause de l'eau. Il n'est ni identique à l'eau et pourtant il n'est séparé ni de la vacuité, ni de l'eau.

19 «En fait, Ananda, si le flot avait lieu à cause de la vacuité, alors l'inépuisable vacuité dans les dix directions deviendrait un flot sans fin et tous les mondes finiraient inévitablement noyés. Si les vifs rapides existaient à cause de l'eau, alors il faudrait qu'ils diffèrent de l'eau et le lieu et les attributs de leur existence seraient apparents. Si les rapides étaient identiques à l'eau, alors lorsque les rapides disparaissent et deviennent calmes et claires, l'eau devrait elle aussi disparaître.

20 «Suppose que les rapides étaient séparés et de la vacuité et de l'eau. Mais il n'y a rien au-delà de la vacuité, et sans eau, il ne pourrait y avoir de flot. De là, tu dois comprendre que le skhanda de l'activité est vide et faux. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux conditions ni à la spontanéité.

21 «Ananda, suppose qu'un homme ramassait un pichet kalavinka, bouchait ses deux trous, le pichet rempli de vacuité, et qu'après avoir marché quelques mille milles plus loin, le présentait dans quelqu'autre pays. Tu dois te rendre compte que le skhanda de la conscience est ainsi.

22 «Ananda, que la vacuité ne vient pas d'un endroit, et elle n'est pas allée dans un autre.

23 «En fait, Ananda, si la vacuité devait provenir d'un endroit, alors lorsque la vacuité emmagasinée dans le pichet était transportée ailleurs, il y aurait moins de vacuité à l'endroit où le pichet se trouvait à l'origine.

24 «Et s'il devait entrer dans l'autre région, lorsque les trous sont débouchés et que le pichet était renversé, on en verrait sortir de la vacuité. De là, tu dois comprendre que le skhanda de la sensation est vide et faux. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux conditions ni à la spontanéité.

25 «Qui plus est, Ananda, pourquoi dis-je que les six entrées sont fondamentalement la merveilleuse nature de la Véritable Ainsité, le Trésor de l'Ainsi-Venu ? Ananda, bien que de garder les yeux ouverts cause de la fatigue, autant les yeux que la fatigue tirent leur origine de la Bodhi. Les attributs de la fatigue proviennent du fait de fixer avec les yeux ouverts.

26 «A cause des deux faux attributs impurs de la lumière et de l'obscurité, un sens de la vue est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs. C'est ce qu'on appelle la capacité de voir. A part de ces deux attributs impurs de la lumière et de l'obscurité, cette vue est, en fin de compte, sans substance.

27 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que la vue ne provient ni de la lumière ni de l'obscurité, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité. Pourquoi pas? Si elle tirait son origine de la lumière, alors elle s'éteindrait lorsqu'il y a l'obscurité, et tu ne verrais pas l'obscurité. Si elle tirait son origine de l'obscurité, alors elle s'éteindrait lorsqu'il y a la lumière, et tu ne verrais pas la lumière. Si l'essence de la vue venait de l'organe de la vue, qui est évidemment dépourvu de lumière et d'obscurité, alors en ce cas, fondamentalement aucune vue ne prendrait place.

28 «Si elle provenait de la vacuité, alors en regardant à l'avance, elle verrait les formes des phénomènes mondains ; en regardant en arrière, elle verrait l'oeil lui-même. Qui plus est, si c'était la vacuité elle-même qui voyait, que ça aurait à voir avec ton oeil?

29 «De là, il te faut comprendre que l'entrée de l'oeil est vide et fausse? Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux conditions ni à la spontanéité. Ananda, suppose qu'une personne bouche brusquement ses oreilles avec ses doigts. Parce que l'organe de l'ouïe se fatiguerait, il entendrait un son dans sa tête. Cependant, et l'oreille et la fatigue prennent origine dans la Bodhi. Les attributs de la fatigue proviennent de la monotonie.

30 «A cause des deux faux attributs impurs du mouvement et de l'immobilité, un sens de l'ouïe est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs. C'est ce qu'on appelle la capacité d'entendre. A part de ces deux attributs impurs du mouvement et de l'immobilité, cette ouïe est, en fin de compte, sans substance.

31 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que l'ouïe ne provient ni du mouvement, ni de l'immobilité, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité.

32 «Pourquoi cela? Si elle provenait de l'immobilité, elle serait éteinte lorsqu'il y a mouvement, et tu n'entendrais pas le mouvement. Si elle provenait du mouvement, elle serait éteinte lorsqu'il y a immobilité, et tu ne te rendrais pas compte de l'immobilité.

33 «Si la capacité d'entendre provenait de l'organe sensoriel, qui est évidemment dépourvu de mouvement et d'immobilité, alors en ce cas, l'ouïe n'aurait fondamentalement pas de nature propre. Suppose qu'elle provenait de la vacuité ; dans ce cas, la vacuité deviendrait l'ouïe et ne serait plus vide. Qui plus est, si c'était la vacuité elle-même qui entendait, qu'est-ce que ça aurait à voir avec tes oreille?

34 «De là, il te faut comprendre que l'entrée de l'oreille est vide et fausse. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux conditions ni à la spontanéité. Ananda, suppose qu'une personne inspire profondément par le nez. Après avoir gardé son souffle longtemps, elle se fatiguerait et aurait alors une sensation de froid dans le nez.

35 A cause de cette sensation on fait toutes sortes de distinctions de pénétration et d'obstruction, de vacuité et de d'actualité, etc. y-compris toutes sortes de vapeurs odorantes ou puantes. Cependant, et le nez et sa fatigue prennent origine dans la Bodhi. Les attributs de la fatigue proviennent du surmenage.

36 «A cause des deux faux attributs impurs de la pénétration et de l'obstruction, un sens de l'odorat est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs. C'est ce qu'on appelle la capacité de sentir. A part de ces deux attributs impurs de la pénétration et de l'obstruction, cet odorat est, en fin de compte, sans substance.

37 .«En fait, Ananda, il faut que tu saches que l'odorat ne provient ni de la pénétration ni de l'obstruction, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité.

38 «Pourquoi cela? S'il provenait de la pénétration, l'odorat s'éteindrait lorsqu'il y a obstruction, et comment pourrais-tu ressentir l'obstruction?. S'il existait à cause de l'obstruction, lorsqu'il y a pénétration, il ne pourrait y avoir d'odorat ; en ce cas comment pourrait venir à être la conscience des parfums, des puanteurs et autres sensations du même genre ? Si le mécanisme de l'odorat provenait d'un organe sensoriel qui est évidemment privé de pénétration et d'obstruction, alors en ce cas, fondamentalement, l'odorat n'aurait pas de nature propre.

39 «S'il provenait de la vacuité, alors l'odorat lui-même devrait pouvoir se retourner et sentir son propre nez. Qui plus est, si la vacuité elle-même était responsable de l'odorat, qu'est-ce que ça aurait à voir avec ta capacité à sentir? De là tu dois comprendre que l'entrée du nez est vide et fausse. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

40 «Ananda, suppose qu'une personne lèche ses lèvres du bout de sa langue. Lécher à l'excès lui cause de la fatigue. Si la personne est malade, elle décèlera un goût doux. La douceur et l'amertume démontrent le sens du goût de la langue. Lorsque l'organe est inactif, il y a un sens d'insipidité. Cependant, autant la langue que la fatigue ont leur origine dans la Bodhi. Les attributs de la fatigue proviennent du pourléchage prolongé.

42 «A cause des deux faux attributs impurs de la douceur et de l'amertume, un sens du goût est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs. C'est ce qu'on appelle la capacité de goûter. A part de ces deux attributs impurs de la douceur et de l'amertume, le goût est originellement sans substance.

43 .«En fait, Ananda, il faut que tu saches que la perception de la douceur, de l'amertume ou de l'insipidité ne provient ni de la douceur ni de l'amertume, ni de l'insipidité, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité.

44 «Pourquoi cela? S'il provenait de la douceur, le goût cesserait d'exister lorsqu'il y a insipidité, et comment pourrais-tu reconnaître l'insipidité?. S'il provenait de l'insipidité, il disparaîtrait lorsque la saveur douce serait goûtée ; en ce cas comment pourrait percevoir les deux saveurs du doux et de l'amer ? S'il provenait de la langue qui est évidemment privée de douceur, d'amertume et d'insipidité, alors en ce cas le goût n'aurait pas de nature propre.

45 «S'il provenait de la vacuité, alors le sens du goût devrait être ressenti par la vacuité au lieu de la bouche. Qui plus est, si c'était la vacuité elle-même qui goûte, qu'est-ce que ça aurait à voir avec ta langue ? De là tu dois comprendre que l'entrée de la langue est vide et fausse. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

46 «Ananda, suppose une personne qui toucherait sa main chaude de sa main froide. Si le froid était plus grand que la chaleur, la main chaude refroidirait; si la chaleur était plus grande que le froid, la main chaude se réchaufferait. Cette sensation de chaleur et de froid est ressentie grâce au contact et à la séparation des deux mains. Le contact fatigant résulte du mélange du chaud et du froid. Cependant, autant le corps que la fatigue tirent leur origine de la Bodhi. Les attributs de la fatigue proviennent du contact prolongé.

46-47 «A cause des deux faux attributs impurs de la séparation et de l'union, un sens du toucher est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs. C'est ce qu'on appelle la conscience de la sensation physique. A part de ces deux attributs impurs de la séparation et de l'union, la conscience de la sensation est originellement sans substance.

47 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que cette sensation ne provient pas de la séparation et de l'union, ni n'existe-t-elle à cause du plaisir et de la douleur, pas plus qu'elle ne provient de l'organe sensoriel, ni n'est elle produite par la vacuité.

48 «Pourquoi cela? Si elle survenait lorsqu'il y a union, elle disparaîtrait lorsqu'il y a séparation, comment pourrait-elle alors ressentir la séparation? Il en irait de même pour ces deux caractéristiques de plaisir et de douleur. Si cela provenait de l'organe sensoriel, qui est évidemment dépourvu des quatre caractéristiques de l'union, de la séparation, du plaisir et de la douleur, alors en ce cas, alors en ce cas, fondamentalement aucune vue ne prendrait place.

49 «S'il provenait de la vacuité, alors la conscience de la sensation devrait être ressentie par la vacuité elle-même. Qu'est-ce que ça aurait à voir avec ton corps ? De là tu dois comprendre que l'entrée du corps est vide et fausse. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

49-50 «Ananda, suppose une personne qui serait si fatiguée qu'elle irait dormir. Ayant dormi profondément, elle se réveille et tente de se rappeler ce qu'elle a ressenti alors qu'elle dormait. Elle se rappelle des choses et en oublie d'autres. De la sorte, cette inversion passe par la production, la permanence, le changement et l'extinction, qui sont habituellement pris et traités par le système central du mental, chacun à la suite de l'autre sans jamais de chevauchement. C'est ce qui est appelé la capacité de savoir. Le mental et sa fatigue sont tous deux la Bodhi. Les attributs de la fatigue viennent de la pensée persistante.

51 «Les deux attitudes impures du surgissement et de la cessation stimulent un sentiment du savoir qui à sont tour saisit ces données sensorielles internes, renversant ainsi le flot de la vue et de l'ouïe. L'endroit au-delà de la saisie de ce flot est connue comme faculté de l'intellect.

52 «A part de ces deux ensembles d'attitudes impures de l'éveil et du sommeil et du surgissement et de la cessation, la faculté de l'intellect est originellement sans substance.

53 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que la faculté de l'intellect ne provient pas de l'éveil, du sommeil, du surgissement ni de la cessation, ni de l'organe du mental, ni de la vacuité. Pourquoi cela? Si elle provenait de lu réveil; elle disparaîtrait durant le sommeil, et comment pourrait-elle alors éprouver le sommeil? Si elle provenait du surgissement, elle cesserait d'exister au moment de la cessation, et comment pourrait-elle ressentir la cessation? Si elle provenait de la cessation, elle disparaîtrait au moment du surgissement, et comment pourrait-elle ressentir le surgissement ?»

54 «Si la conscience mentale provenait de la faculté de l'intellect, elle ne serait rien de plus que l'ouverture et la fermeture physique causées par les états respectifs de l'éveil et du sommeil. A part de ces deux mouvements, la faculté de l'intellect serait aussi insubstancielle que des fleurs dans l'espace et en ce cas, il ne pourrait fondamentalement exister aucune cognition. Si la conscience mentale provenait de la vacuité, alors la vacuité elle-même devrait devenir cognition. Qu'aurait-elle alors à voir avec l'entrée du mental ?. De là tu dois comprendre que l'entrée du mental est vide et fausse. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

55 «Qui plus est, Ananda, pourquoi dis-je que les doux places sont fondamentalement la merveilleuse nature de la Véritable Ainsité, le Trésor de l'Ainsi-Venu ?

56 «Ananda, considère encore les arbres du Bosquet de Jeta et la rivière et les bassins. Qu'en penses-tu : est-ce que ces choses viennent à être parce que les formes surgissent et qu'alors les yeux les voient, ou parce que les yeux produisent les attributs de la forme ?

56-57 «Ananda, si les yeux devaient produire les attributs des formes, alors, lorsque les yeux regardent l'espace vide, les formes devraient être oblitérées. Une fois oblitérées, tout ce qui s'est manifesté devrait disparaître. Puisque les attributs des formes seraient alors absents, qui pourrait reconnaître la vacuité? Le même principe s'applique à la vacuité.

57 «Si, de plus, des formes surgissaient et que les yeux les voyaient, alors la vue devrait périr en regardant l'espace, qui n'a pas de forme. Une fois que la vue aurait péri, tout disparaîtrait et alors qui pourrait reconnaître autant la vacuité que la forme ?

58 De là tu dois comprendre que ni la vue ni la forme, ni la vacuité ne peuvent être situées, et qu'ainsi les deux places de la forme et de la vue sont vides et fausses. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité. Ananda, écoute encore le tambour quand on le bat dans le Jardin de Jeta parce que la nourriture est prête. Le sangha se rassemble au son du tambour. Les sons de la cloche et du tambour se suivent l'un l'autre en succession.

59 «Qu'en penses-tu: ces choses viennent-elles à exister parce que le son arrive à proximité de l'oreille, ou parce que l'ouïe de l'oreille s'étend jusqu'à la source du son.

61 «Ananda, une fois encore, si le son arrivait à proximité de l'oreille, alors ce serait pareil que quand je vais mendier autour de la ville de Çravasti : je ne suis plus dans le Bosquet de Jeta. Et donc, si le son était venu précisément à proximité de l'oreille d'Ananda, alors ni Maudgalyayana ni Kaçyapa ne l'entendraient, et encore moins les douze cents cinquante Çramanas qui, ayant entendu le son de la cloche, viennent en même temps à la salle à manger.

62 «Encore une fois, si l'oreille arrivait à proximité du son, ce serait pareil que quand je reviens au Bosquet de Jeta : je ne suis plus à Çravasti. Lorsque tu entends le son du tambour, ton ouïe serait déjà à l'endroit où on bat le tambour. De sorte que si la cloche tintait, tu ne l'entendrais pas &emdash; et encore moins les sons des éléphants, des chevaux, du bétail, des moutons et tous les autres sons divers qui t'entourent.

63 «Cependant, sans le va et vient, il n'y aurait pas d'ouïe.

64 «De là tu dois comprendre que ni l'ouïe ni le son ne peuvent être situés, et qu'ainsi les deux places de l'ouïe et du son sont vides et fausses. Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

64-65 «Qui plus est, Ananda, tu sens le chandana dans cet encensoir. lorsqu'une particule de cet encens est allumée, on peut la sentir simultanément jusqu'à quarante milles autour de la cité de Çravasti.

65 «Qu'en penses-tu ? Est le bois de chandana qui produit ce parfum ? Est-elle produite dans ton nez ou surgit-elle dans la vacuité?

66 «Ananda, encore une fois, si le parfum était produite dans ton nez, ce qu'on dit qui est produit par le nez devrait sortir du nez. Ton nez n'est pas le chandana, aussi comment pourrait ton nez avoir le parfum du chandana ? Lorsque tu dis que tu sens un parfum, elle doit entrer dans ton nez. L'odorat n'est pas défini comme le nez qui émet un parfum.

67 «Si elle était produite de l'intérieur de la vacuité, comme la nature de la vacuité est éternelle et inchangeante, le parfum devrait-être constamment présentes. Pourquoi est-ce que la présence de ce parfum devrait alors être contingente au fait de brûler du bois sec dans cet encensoir ? Si elle provenait du bois, comme la nature de cet encens est qu'il donne de la fumée lorsqu'il brûle, alors, lorsque le nez la sent, le nez devrait être rempli de fumée, ce qui ne se produit pas. La fumée monte dans l'ai et avant d'avoir atteint cette distance, comment est-ce que le parfum serait déjà sentie à une distance de plus de dix milles?

68 «De là tu dois comprendre que ni le parfum n i le l'odorat du nez ne peuvent être situés, et qu'ainsi les deux places de l'odorat et de le parfum sont vides et fausses. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

69 «Ananda, deux fois par jour, tu prends ton bol en même temps que le reste de l'assemblée, et parmi ce que tu reçois, il peut y avoir des choses succulentes, comme du caillé, du babeurre, et du beurre clarifié.

70 «Qu'en penses-tu ? Ces saveurs sont elles produites par la vacuité, sortent-elles de la langue, ou sont-elles produites par la nourriture?

71 «Ananda, une fois encore, si les saveurs sortaient de ta langue, comme tu n'en as qu'une dans ta bouche alors lorsque cette langue a déjà goûté la saveur du caillé, elle ne changerait pas si elle tombait sur du sucre d'orge bien noir.

72 «Si elle ne changeait pas, alors on ne pourrait pas dire qu'elle décèle les goûts. Et pourtant, si elle changeait effectivement , comme la langue n'est pas faite de plusieurs substances, comment pourrait une seule langue connaître de si nombreux goûts ?

73 «Si les goûts étaient produits par la nourriture, comme la nourriture n'a aucune conscience, comment pourrait-elle connaître les goûts ? De plus si la nourriture elle-même devait les reconnaître, ce serait pareil que quelqu'un d'autre qui mange. Alors, quel rapport y aurait-il avec ce qu'on appelle ta reconnaissance des goûts ? Si les goûts étaient produits dans la vacuité, alors lorsque tu manges de la vacuité, quelle saveur aurait-elle ? Suppose que la vacuité avait la saveur du sel. Alors vue que ta langue est salée, ton visage devrait l'être lui aussi, et de même tout le monde serait comme des poissons dans l'eau. Comme tu serais constamment influencé par le sel, tu ne connaîtrais jamais l'insipidité. Et pourtant, si tu ne reconnaissais pas l'insipidité, tu ne serais pas conscient de la salinité non plus. Tu ne distinguerais rien du tout. Comment pourrait-on appeler ça le goût ?

74 «De là, tu dois comprendre que ni les saveurs, ni le goût de la langue ne peuvent être situés, et ainsi les deux places du goût et des saveurs sont vides et fausses. Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

75 «Ananda, tôt chaque matin, tu te frottes la tête de la main. Qu'en penses-tu ? Lorsque la sensation de frottement a lieu, que fait le toucher? Est-ce la tête ou la main qui touche ?

76 «Si la capacité de toucher était dans la main, alors la tête n'en aurait pas connaissance. Comment pourrait-on dire que la tête a été touchée ? Si c'était dans la tête, alors la main serait inutile, et comment pourrait-on dire qu'elle a été touchée ?

80 «Si chacune avait la capacité de toucher, alors toi, Ananda, tu devrais avoir deux corps. Si entre la tête et la main, il n'y avait qu'un seul toucher, alors la main et la tête n'auraient qu'une seule substance. Si elle n'avaient qu'une substance, alors aucun toucher ne serait possible.

81 «Si elles étaient deux substances, à laquelle appartiendrait le toucher? Celle qui serait capable de toucher ne serait pas celle qui est touchée. Celle qui est touchée ne serait pas celle qui est capable de toucher. Ce ne serait pas non plus que le toucher viendrait à être entre toi et la vacuité. De là tu dois comprendre que ni la sensation du toucher ni le corps ne peuvent être situés, et qu'ainsi les deux places du corps et du toucher sont vides et fausses. Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

82 «Ananda, ton mental est toujours conditionné par les trois qualités de bien, mauvais, et indéterminé, qui produisent des ordonnances de dharmas.

83 «Ces dharmas sont-ils produits par le mental, ou ont-ils une place spéciale séparée du mental ?

84 «Ananda, s'ils étaient le mental, les dharmas ne seraient pas ses objets impurs. Comme ils ne seraient pas des conditions du mental, comment pourrais-tu dire qu'ils ont un emplacement ? S'ils devaient avoir un emplacement spécial, séparé de celui du mental, alors les dharmas eux-mêmes seraient-ils capables de connaître ?

84-85 «S'ils avaient un sens du connaître, ils seraient appelés un esprit. Etant quelque chose d'autre que toi et n'étant pas pour autant des objets impurs, ils seraient l'esprit de quelqu'un d'autre. Etant la même chose que toi, ils seraient ton propre esprit. Mais comment ton esprit pourrait-il exister à part de toi ?

85 «S'ils n'avaient aucun sens de la connaissance, et que pourtant ces objets impurs n'étaient ni des formes, ni des sons, des odeurs ou des goûts, et pas non plus du froid et de la chaleur, ni la vacuité. Où seraient-ils situés ?

86 «Ils ne sont représentés ni en forme ni en vacuité, et il n'est pas non plus probable qu'ils existent quelque part dans le monde humain au-delà de la vacuité, car si c'était le cas, l'esprit ne serait pas conscient d'eux. D'où, alors, viendraient-ils ? De là tu dois comprendre que ni les dharmas ni l'esprit ne peuvent être situés, et qu'ainsi les deux places de l'esprit et des dharmas sont vides et fausses. Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.

Shurangama Sûtra,

Volume 3, Seconde partie, texte du Sûtra:

87 «Qui plus est, Ananda, pourquoi dis-je que les dix-huit domaines sont fondamentalement la nature merveilleuse de la Véritable Ainsité, le Trésor de l'Ainsi-Venu ?

88 «Ananda, comme tu le comprends, les yeux et les formes créent les conditions qui produisent la conscience de l'oeil.

89 «Est-ce que cette conscience est produite à cause des yeux, en sorte que les yeux soient son domaine ? Ou est-elle produite à cause des formes, en sorte que les formes soient son domaine ?

89 «Ananda, si elle était produite à cause des yeux, alors en l'absence de vacuité et de forme, elle ne serait pas capable de faire des distinctions ; et alors, même si tu avais une conscience, que te servirait-elle ?

89 «Qui plus est, ta vue n'est ni verte, ni jaune, ni rouge, ni blanche. Il n'y a virtuellement rien dans quoi elle soit représentée. En conséquence, ta vue n'est ni verte, ni jaune, rouge ou blanche. Il n'y a virtuellement rien dans quoi elle soit représentée. En conséquence, de quoi le domaine serait-il établi ?

90 «S'il était le produit de la forme, alors, lorsqu'il n'y a pas de forme présentes dans la vacuité, ta conscience cesserait d'être. En ce cas, pourquoi c'est que la conscience reconnaît la vacuité?

91 «Si une forme change, tu es aussi conscient de la forme changeant d'apparence, mais ta conscience visuelle ne change pas. Où se situe la limite ?

91 «Si la conscience visuelle changeait lorsque change la forme, alors un tel domaine n'aurait pas d'attributs. Si elle ne changeait pas, elle serait constante, et, étant donné qu'elle a été produite à partir de la forme, elle ne devrait pas avoir une connaissance consciente de l'endroit où était la vacuité.

92 «Si elles étaient combinées, alors il y aurait un manque entre les deux. Si elles étaient séparées, alors la moitié de ta conscience visuelle posséderait la conscience et l'autre moitié en manquerait. avec des substances et des natures aussi chaotiques et désordonnées, comment pourraient-elles constituer un domaine ?

93 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui concerne les yeux et la formes qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience visuelle, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature des yeux, des formes et le domaine de la conscience visuelle, tous trois, ne peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.

94 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, l'oreille et le son créent les conditions qui produisent la conscience auditive.

«Cette conscience est-elle produite à cause de l'oreille en telle sorte que l'oreille soit son domaine, ou est-elle produite à cause du son, en telle sorte que le son soit son domaine?

95 «Ananda, si elle était produite à cause de l'oreille, alors puisque le mouvement et l'immobilité manqueraient, l'oreille ne se rendrait compte de rien. Il est certain qu'en l'absence de la conscience, rien ne serait connu et ainsi, qu'est-ce qui caractériserait la conscience?

«Tu pourrais soutenir que les oreilles entendent, mais sans mouvement ni immobilité, rien ne peut se passer. d'autre part, comment la combinaison des oreilles, qui ne sont que des formes physiques, et des objets externes, pourrait-elle être appelée le domaine de la conscience ? Une fois encore, donc, comment le domaine de la conscience auditive pourrait-il être établi ?

96 «Si elle était le produit du son, alors la conscience existerait à cause du son, et n'aurait aucun lien avec l'ouïe. Sans ouïe, les attributs du son n'auraient pas d'emplacement.

«Si la conscience auditive provenait du son, étant donné que le son existe à cause de l'ouïe, alors ce que tu entends serait la conscience auditive elle-même.

97 «Si la conscience auditive n'était pas entendue, alors il n'y aurait pas de domaine. Si elle était entendue, elle serait alors la même chose que le son. Si la conscience était entendue, qui serait celui qui perçoit et entend la conscience ? Si personne ne percevait, alors à la fin, tu serais comme de l'herbe ou du bois.

98 «Et le son et l'ouïe ne pourraient se mélanger pour former un domaine entre les deux. Faute d'un domaine entre eux, comment ces phénomènes interne et externe pourraient-ils être identifié ?

98-99 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait aux oreilles et aux sons qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience auditive, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature des oreilles, des sons et le domaine de la conscience auditive, tous trois, ne peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.

99 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, le nez et les odeurs créent les conditions qui produisent la conscience olfactive.

100 «Cette conscience est-elle produite à cause du nez en telle sorte que le nez soit son domaine, ou est-elle produite à cause des odeurs, en telle sorte que les odeurs soient son domaine ?

100 «Ananda, si elle était produite à cause du nez, alors dans ton mental, qu'est-ce que tu prends pour le nez? Crois-tu qu'il prenne la forme de deux pinces de chair, ou tiens-tu qu'il ait la capacité inhérente de la nature qui perçoit les odeurs comme résultat d'un mouvement ?

101 «Si tu soutiens que le nez c'est des pinces de chair, la chair est une partie intégrale de ton corps et la perception du corps, c'est le toucher. Il faudrait alors l'appeler «corps» au lieu de «nez» et ses objets seraient ceux du toucher. Comme on n'appellerait même pas ça un nez, comment pourrait-on établir un domaine pour lui ?

102 «Si tu soutiens que c'est l'acte de sentir qui est perçu, alors dans ton opinion, qu'est-ce qui perçoit ? Si c'était la chair, fondamentalement, ce que la chair perçoit, c'est les objets du toucher, qui n'ont rien à voir avec le nez.

102 «Si c'était la vacuité, alors la vacuité percevrait d'elle-même et la chair n'aurait aucune conscience. Si c'était le cas, alors l'espace vide serait toi, et comme ton corps serait sans perception, Ananda n'existerait pas.

103 «Si c'étaient les odeurs qui percevaient, la perception elle-même reposerait sur les odeurs. Qu'auraient-elles à voir avec toi ?

103-104 «Si tu insistes que les odeurs autant des parfums que des puanteurs sont produites par ton nez, alors ces deux flottements d'odeurs de parfum et de puanteur ne sortiraient pas du bois d'airavana ou de chandana. Etant donné que les odeurs ne proviendraient pas de ces deux choses, lorsque tu sentirais ton propre nez, serait-il parfumé ou puant ? Ce qui pue n'est pas parfumé ; ce qui est parfumé ne pue pas.

105 «Si tu pouvais sentir autant le parfum que la puanteur, alors toi, en tant qu'une seule personne, tu devrais avoir deux nez, et je serais en train de poser des questions à deux Ananda. Lequel serait toi ?

«Si tu n'as qu'un seul nez, alors parfum et puanteur n'auraient pas deux identités séparées. Comme la puanteur serait parfum et le parfum serait puanteur, manquant ainsi de deux natures distinctes, qu'est-ce qui constituerait le domaine ?

106 «Si la conscience olfactive était produite à cause des odeurs, elle existerait à cause des odeurs. De même que les yeux peuvent voir mais sont incapables de se voir eux-mêmes, de même, si la conscience olfactive existait à cause des odeurs, elle n'aurait pas conscience des odeurs.

107 «Si elle n'en avait aucune conscience, elle ne serait pas une conscience. Si la conscience n'était pas consciente des odeurs, alors le domaine ne pourrait pas être établi à partir des odeurs. Si la conscience n'était pas consciente des odeurs, alors le domaine ne pourrait pas être établi à cause des odeurs.

«Puisqu'aucun domaine de la conscience n'existerait entre elles, alors comment pourrait l'un quelconque des phénomènes internes ou externes exister ? Une nature de l'odorat comme celle-là serait en fin de compte vide et fausse.

108 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait au nez et aux odeurs qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience olfactive, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature du nez, des odeurs et le domaine de la conscience olfactive, tous trois, ne peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.

110 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, la langue et les saveurs créent les conditions qui produisent la conscience gustative.

«Cette conscience est-elle produite à cause de la langue en sorte que la langue soit son domaine, ou est-elle produite à cause des saveurs, en sorte que les saveurs soient leur domaine?

111 «Ananda, si elle était produite à cause de la langue, alors tout le sucre de canne, les pruneaux noirs, les huang-lien, le sel, le xixing, le gingembre et la cassia du monde seraient entièrement sans saveur. De plus, lorsque tu goûtes ta propre langue, seraient-elle douce ou amère ?

112 «Si la saveur naturelle de ta langue était amère, alors qu'est-ce qui goûterait ta langue ? Comme la langue ne peut se goûter elle-même, qui aurait le sens du goût ? Si la saveur naturelle de la langue n'était pas amère, alors elle ne pourrait pas engendre des goûts. En ce cas, comment un domaine pourrait-il être établi ?

«Si la conscience gustative était produite à cause de la saveur, la conscience elle-même serait une saveur. Le cas serait alors semblable à celui de la langue organe qui serait incapable de se goûter elle-même. Comment la conscience pourrait-elle savoir si elle a une saveur ou pas ?

113 «Qui plus est, les nombreuses saveurs ne proviennent pas toutes d'une seule chose. Puisque les saveurs sont produites par de nombreuses choses, la conscience devrait avoir de nombreuses substances.

114 «Si la conscience était une seule substance et que cette substance était absolument produite par la saveur, alors, lorsque les saveurs salée, fade, douce, et acide étaient combinées, leurs diverses différences se changeraient en une seule saveurs et il n'y aurait pas de distinctions entre elles.

«S'il n'y avait pas de distinctions, elle ne pourrait pas être appelée conscience. Ainsi, comment pourrait-elle être appelée en plus le domaine de la langue, de la saveur, et de la conscience ?

115 «Ce n'est pas l'espace vide non plus qui pourrait produire ta conscience consciente.

«La langue et les saveurs ne pourraient pas se combiner sans que chacune en perde sa nature fondamentale. Comment donc, en ce cas, un domaine pourrait-il être produit ?

115-16 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait à la langue et aux saveurs qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience gustative, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature de la langue, des saveurs, et le domaine de la conscience gustative, tous trois, ne peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.

116 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, le corps et les objets du toucher créent les conditions qui produisent la conscience tactile.

117 «Cette conscience est-elle produite à cause du corps, en telle sorte que le corps soit son domaine, ou est-elle produite à cause des objets du toucher, en sorte que les objets du toucher seraient son domaine ?

«Ananda, si elle était produite à cause du corps, le corps seul ne peut générer la conscience du contact ou de la séparation. De quoi le corps serait-il conscient ?

118 «Si elle était produite à cause des objets du toucher, alors ton corps ne serait pas nécessaire. Mais qui peut percevoir le contact avec autre chose que le corps ?

«Ananda, les choses ne perçoivent pas les objets du toucher; c'est le corps qui le fait.

119 «Ce que connaît le corps, ce sont les objets du toucher, et ce qui est conscient des objets du toucher, c'est le corps. Les objets du toucher ne sont pas le corps, et le corps n'est pas les objets du toucher.

120 «Ces deux entités du corps et des objets du toucher n'ont fondamentalement pas d'emplacement. Si c'était la conscience tactile qui vient en contact avec le corps, alors elle serait la propre substance et nature du corps. Si la conscience tactile était séparée du corps, alors elle serait comme l'espace vide.

«Comme les aspects interne et externe ne peuvent être établis, comment peut-on établir quelque chose entre eux ? Comme on ne peut établir aucun intermédiaire de la sorte, les aspects interne et externe sont par nature vides. D'où alors, proviendrait ta conscience ?

121 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait au corps et aux objets du toucher qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience tactile, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature du corps, des objets du toucher, et le domaine de la conscience tactile, tous trois, ne peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.

122 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, le mental et les dharmas créent les conditions qui produisent la conscience mentale.

«Cette conscience est-elle produite à cause du mental, en telle sorte que le mental soit son domaine, ou est-elle produite à cause des dharmas, en telle sorte que les dharmas seraient son domaine?

123 «Ananda, si elle était produite à cause du mental, dans ton mental il y aurait certainement des pensées qui donnent de l'expression à ton mental. S'il n'y avait pas de dharmas devant toi, le mental ne donnerait naissance à rien. A part des conditions, il n'aurait pas de forme ; de la sorte, de quel usage lui serait la conscience ?

124 «Qui plus est, est-ce que ta conscience mentale est la même que l'organe du mental avec ses processus de pensée et ses discriminations, ou est-elle différente ? Si elle était la même chose que le mental, alors elle serait le mental, et dans ce cas, comment pourrait-elle produite quelque chose ? Si elle était différente du mental, elle n'aurait aucune conscience. Si elle n'avait aucune conscience, comment pourrait-elle être produite par le mental ? Si elle avait la conscience, comment le mental pourrait-il être conscient de lui-même ? Comme il est par nature ni pareil ni différent, comment pourrait-on établir un domaine ?

125 «S'il était produit à cause des dharmas, aucun des dharmas mondains n'existe à part des cinq objets impurs. Considère les dharmas de la forme, du son, de l'odeur, du goût, et du toucher : chacun a une apparence clairement distincte et est apparié à l'un des cinq organes. Ils ne sont pas ce que capte le mental.

«Si ta conscience était effectivement produite par sa dépendance sur les dharmas, alors considère les maintenant : à quoi ressemble chacun de ces dharmas ?

126 «A part des attributs de forme et de vacuité, de mouvement et d'immobilité, de pénétration et d'obstruction, d'unité et de séparation, et de surgissement et de cessation, il n'existe rien du tout.

«Lorsqu'il y a surgissement, alors la forme, la vacuité et tous les dharmas surgissent. Lorsqu'il y a cessation, alors la forme, la vacuité et tous les dharmas cessent d'être. Comme les causes objectives n'existent pas, à quoi ressemble donc la conscience que produisent ces causes ? S'il n'y a rien qu'on puisse discerner dans la conscience, comment pourrait-on lui établir un domaine ?

127 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait au mental et aux dharmas qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience mentale, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature du mental, des dharmas et le domaine de la conscience mentale, tous trois, ne peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité».

128 Ananda dit au Bouddha: «Honoré du Monde, en discutant des dharmas du mélange et de l'unité et des causes et conditions, l'Ainsi-Venu a souvent dit que les transformations de tous les phénomènes mondains peuvent être découvertes dans le mélange et l'unification des quatre éléments

.

129 «Pourquoi l'Ainsi-Venu rejette-t-il les causes et conditions et aussi la spontanéité ? Je ne comprends pas ce à quoi s'applique ce que vous entendez.

130 «Ayez, je vous en prie, assez de compassion pour nous instruire des dharmas qui adhèrent au sens complet de la Voie médiane et ne sont pas des spéculations philosophiques».

131 Alors, l'Honoré du Monde dit à Ananda: «Tu as déjà renoncé aux dharmas du Petit Véhicule des Auditeurs et de Ceux qui sont Éveillés aux Conditions, et tu as résolu de rechercher avec diligence la Bodhi insurpassée. A cause de cela, je vais maintenant t'expliquer le Sens Complet de la Voie Médiane.

132 «Pourquoi t'attaches-tu toujours aux spéculations philosophiques mondaines et aux fausses pensées sur les causes et conditions?

«Quoique tu sois très savant, tu es comme quelqu'un qui pourrait discuter de médecine, mais ne saurait la reconnaître lorsqu'on la place devant toi. L'Ainsi-Venu dit que tu es vraiment pitoyable.

133 «Ecoute attentivement maintenant, que je t'explique ce point de détail qui te permettra à toi et à d'autres dans le futur de cultiver le Grand Véhicule pour pénétrer dans la réalité ultime».

Ananda garda le silence et attendit le sage enseignement du Bouddha.

134 «Ananda, selon ce que tu dis, le mélange et l'unification des quatre éléments peut être découvert dans les myriades de transformations de tous les phénomènes mondains.

«Ananda, si les natures de ces éléments ne se mélangeaient ni ne s'unissaient, alors elles ne pourraient se combiner avec d'autres éléments, de même que l'espace vide ne peut se combiner avec les formes.

135 «Si les natures de ces éléments ne se mélangent ni ne s'unissent, elles sont elles-mêmes des transformations en un processus sans fin de s'amener l'une l'autre dans l'existence. La continuation du fait de venir et de cesser à être, des naissances et de la mort, des morts et des naissances, est comme l'ininterrompue roue de flammes qui apparaît lorsqu'on fait tourner une torche en cercle.

«Ananda, ce processus est comme l'eau qui devient de la glace et de la glace qui retourne en eau.

139 «Considère la nature de la terre : son aspect le plus grossier est la terre elle-même ; son aspect le plus subtil est un grain de poussière, qui au plus petit serait une particule de poussière à la limite de la vacuité.

140 «Si on divisait une de ces particules de poussière qui est à peine de la forme au départ, en sept parties et qu'on séparait l'une de ces parties, on arriverait à la vacuité elle-même.

«Ananda, si une particule de poussière à la limite de la vacuité peut être divisée pour arriver à la vacuité, ce serait que la vacuité peut donner naissance à la forme.

«Juste à l'instant, tu m'as demandé si le mélange et l'unification ne sont pas ce qui amène toutes les transformations mondaines.

141 «Tu dois considérer avec soin à quel point la vacuité se mélange et s'unit avec elle-même pour arriver à une seule particule de poussière à la limite de la vacuité. Une telle particule ne serait pas composée d'autres particules de poussière à la limite de la vacuité.

«Qui plus est, comme les particules de poussière à la limite de la vacuité peuvent être réduites à la vacuité, de combien de particules de telle forme serait alors composée la vacuité ?

142 «Quand ces particules de forme se massent ensemble, une masse de forme ne fait pas la vacuité ; lorsque vacuité est amassée ensemble, une masse de vacuité ne fait pas forme. A part ça, quoique la forme puisse être divisée, comment la vacuité peut-elle être amassée ensemble ?

143 «Tu n'as toujours pas réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature de la forme est vraie vacuité et la nature de la vacuité est vraie forme. Cette pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres l'absorbent selon leur capacité à le savoir.

«Quoi qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le jeu de mots vides et insensés.

144 «Ananda, la nature du feu est privée d'identité, étant donné qu'il est dépendant de diverses causes et conditions pour son existence. Considère une famille dans la ville, qui n'a pas encore mangé. Lorsqu'ils souhaitent préparer de la nourriture, ils tiennent un miroir de laiton face au soleil, cherchant le feu.

145 «Ananda, lorsqu'on parle de mélange et d'unité, toi et moi, et les douze cents cinquante Bhikshus réunis formons une communauté. Cependant, une analyse soigneuse de la communauté révélerait que chacun des membres qui la compose a son propre corps, son propre nom de famille, de clan et nom personnel. Par exemple, Çariputra est un Brahmane, Uruvilva est un membre du clan Kaçyapa, et toi, Ananda, tu viens de la famille Gautama.

147 «Ananda, si le feu existait à cause du mélange et de l'unification, alors, lorsque ta main tient le miroir face au soleil pour obtenir du feu, ce dernier sort-il du miroir ? Vient-il de l'amadou moxa ? Ou vient-il du soleil ?

148 «Ananda, si le feu venait du soleil, alors non seulement il brûlerait l'amadou moxa dans ta main, mais en passant à travers les bosquets d'arbres, il les brûlerait aussi.

«Suppose qu'il venait du miroir, comme il sortirait du miroir pour allumer l'amadou moxa, pourquoi le miroir ne fondrait-il pas ? Et pourtant, si ta main qui tient le miroir ne ressent pas de chaleur, comment le miroir fondrait-il?

148-149 «Si le feu provenait de l'amadou moxa, alors pourquoi est-ce qu'on ne générerait le feu que lorsque le brillant miroir était mis en contact avec l'aveuglante lumière ?

149 «Qui plus est, à y regarder de plus près, tu constateras que le miroir tient dans ta main, que le soleil est haut sur l'horizon, et que le moxa pousse par terre. En ce cas, d'où vient le feu ?

«Le soleil et le miroir ne peuvent se mélanger et s'unir, vu qu'ils sont très éloignés l'un de l'autre. Et ce n'est pas non plus que le feu surgisse spontanément sans avoir d'origine.

150 «Tu n'as pas encore réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature du feu est véritable vacuité, et que la nature de la vacuité est du vrai feu. Cette pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres l'absorbent selon leur capacité à le savoir.

151 «Ananda, tu dois bien savoir que le feu peut être généré n'importe où avec un miroir tenu face à la lumière du soleil. Si des miroirs étaient tenus face à la lumière du soleil, partout dans le Domaine du Dharma, le feu serait généré partout. Comme le feu peut surgir partout dans le monde entier, peut-il y avoir un quelconque emplacement spécifique auquel il serait confiné ?

«Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le jeu de mots vides et insensés.

151-52 «Ananda, la nature de l'eau est mutable, son écoulement et sa cessation sont erratiques. Kapila, Chakra, Padma, Hasta, et d'autres grands magiciens de Çravasti tiennent souvent des instruments vers la lumière de la pleine lune à minuit pour en extraire l'essence de l'eau pour mélanger avec leurs drogues.

153 «Est-ce que l'eau sort de la boule de cristal qui est utilisée, ou existe-t-elle naturellement dans l'espace , Ou vient-elle de la lune ?

«Ananda, si l'eau provenait de la lune distante, alors l'eau devrait aussi couler de toutes les herbes et de tous les arbres lorsque le clair de lune passe sur eux en route vers la boule de cristal. Si elle coulait d'eux, pourquoi attendre qu'elle se condense sur la boule de cristal ? Puisqu'elle ne coule pas des arbres, alors il est clair qu'elle ne peut pas descendre de la lune.

154 «Si elle provenait de la boule de cristal, alors elle devrait en couler en tous temps. Pourquoi attendre minuit et le clair de la pleine lune pour la recevoir ?

«Si l'eau venait de l'espace, qui est par nature sans limite, elle coulerait partout jusqu'à ce que tout ce qu'il y a entre le ciel et la terre soit submergé. Comment donc pourrait encore voyager par eau, par terre et par air ?

155 «Se plus, après examen plus serré, tu t'apercevras que la lune se déplace dans le ciel, la boule de cristal est tenue dans la main, et le récipient pour recevoir l'eau est mis là par quelqu'un. Alors, d'où vient l'eau qui coule dans le récipient ?

156 «La lune et la boule de cristal ne peuvent se mélanger et s'unir, vu la distance qui les sépare. Et l'essence de l'eau ne peut pas surgir spontanément sans origine.

«Tu n'as pas encore réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature de l'eau est véritable vacuité, et que la nature de la vacuité est vraie eau. Cette pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres l'absorbent selon leur capacité à le savoir.

157 «Une boule de cristal peut être tenue à un certain endroit, et l'eau en sortira. Si des boules de cristal étaient tenues partout dans le Domaine du Dharma, alors partout dans le Domaine du Dharma, l'eau viendrait. Comme l'eau peut venir partout dans le monde entier, peut-il y avoir un quelconque endroit auquel elle serait confinée ?

158 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le jeu de mots vides et insensés.

«Ananda, la nature du vent n'a pas de substance, et ses schémas de mouvement et d'immobilité sont erratiques. Tu ajustes toujours ta robe lorsque tu entres dans la grande assemblée. Lorsque le coin de ta robe samghati effleure la personne qui t'avoisine, l'air est agité contre le visage de cette personne.

159 «Ce vient provient-il du coin du Kashaya, surgit-il de la vacuité, ou est-elle produite par le visage de la personne effleurée par l'air ?

159-60 «Ananda, si ce vent provenait du coin du Kashaya, alors tu serais enveloppé de vent, et ton kashaya s'envolerait et quitterait ton corps. Mais ma robe reste immobile et pend tout droit pendant que je parle du Dharma au milieu de l'assemblée. Si j'observe ma robe de près, où est le vent dedans ? Le vent ne peut être emmagasiné nulle part dans la robe.

160 «Si les vents provenaient de la vacuité, pourquoi n'y aurait-il pas de mouvement d'effleurement même lorsque ta robe ne bouge pas ? Comme la nature de la vacuité est constante, la nature du vent devrait l'être aussi. Et aussi lorsque le vent s'arrête, la vacuité devrait aussi cesser d'être. L'absence de vent peut être détectée, mais que signifierait la disparition de la vacuité? Si la vacuité allait et venait, elle ne serait pas la vacuité. Et comme elles est vide, comment peut-elle générer du vent ?

161 «Si le vent venait du visage de la personne qu'il effleurait, il soufflerait sur toi, également. Alors, pendant que tu arrangeais ta robe, comment pourrait-il souffler à revers sur d'autres personnes ?

162 «En y regardant mieux, tu trouveras que la robe est arrangée par toi-même, que le visage caressé par le vent appartient à la personne qui te flanque, et que la vacuité est tranquille et n'est pas impliquée dans le mouvement. Alors, d'où vient le vent qui souffle à cet endroit ?

«Le vent et la vacuité ne peuvent se mélanger ni s'unir, vu qu'ils sont différents l'un de l'autre. Et le vent ne pourrait pas non plus exister spontanément sans une origine.

164 «Tu n'as pas encore réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature du vent est véritable vacuité, et que la nature de la vacuité est vrai vent. Cette pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres l'absorbent selon leur capacité à le savoir.

«Ananda, de la même manière que toi seul déplaces ta robe légèrement et que cela remue l'air, de la sorte aussi, si un mouvement similaire était produit partout dans le Domaine du Dharma, l'air serait partout agité. Comme le vent peut surgir partout dans le monde, comment pourrait-il y avoir un quelconque endroit auquel elle serait confinée ?

165 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le jeu de mots vides et insensés.

«Ananda, la nature de la vacuité n'a pas de forme ; elle n'est apparente qu'à cause de la forme. Par exemple, Çravasti est éloignée du fleuve, de sorte que lorsque les Kshatriyas, Brahmanes, Vaiçyas, Çudras, Bharadvajas, Chandalas, et ainsi de suite construisent leurs maisons, ils creusent des puits pour trouver de l'eau. Pour chaque pied carré de terre qu'on enlève, un pied carré de vacuité est mis en évidence. Quand on enlève dix pieds carrés de terre, dix pieds carrés de vacuité sont mis en évidence. La profondeur de la vacuité correspond à la quantité de terre qu'on élève.

167 «Cette vacuité sort-elle de la terre ? Ou existe-t-elle à cause de l'excavation ? Ou surgit-elle d'elle-même, sans cause ?

«Ananda, si cette vacuité surgissait d'elle-même sans aucune cause, pourquoi n'était-ce pas évident avant même que la terre soit creusée ? Tout ce qu'on pouvait voir était une grande étendue de terre solide et impénétrable.

«Si la vacuité venait de l'excavation de terre, alors comme on enlevait la terre, on aurait dû voir arriver la vacuité. Si aucune vacuité n'était entrée lorsqu'on a d'abord enlevé la terre, alors comment est-ce que la vacuité aurait pu apparaître à cause de l'enlèvement de la terre ?

168 «Si aucun enlèvement ni apparition n'a eu lieu, alors il n'y aurait aucune différence entre la terre et la vacuité. N'étant en rien différents, ils seraient la même chose. En ce cas, la vacuité ne serait-elle pas enlevée du puits en même temps que la terre, au cours de l'excavation ?

169 «Si vacuité apparaissait à cause de l'excavation, alors celle-ci amènerait de la vacuité plutôt que de la terre. Si la vacuité n'émergeait pas à cause de l'excavation, alors celle-ci n'enlèverait que de la terre. Pourquoi donc voyons-nous apparaître la vacuité pendant qu'on creuse le puits ?

«Considère ceci avec plus d'attention encore. Observe le profondément, et tu trouveras que l'excavation provient des mains de la personne qui est engagée dans cet acte, et que la terre existe à cause de son élévation du sol. Alors qu'est-ce qui cause l'apparition de la vacuité ?

170 «L'excavation et la vacuité, l'une étant substantielle et l'autre insubstancielle, ne sont pas compatibles. Elles ne se mélangent ni ne s'unissent. Ni ne pourrait exister la vacuité spontanément sans une origine.

«Quoique la nature de la vacuité soit complètement compénétrante, et fondamentalement immuable, tu dois savoir que la vacuité, la terre, l'eau, le feu, et le vent sont appelés les cinq éléments. Leurs natures sont véritables, parfaitement fondues, identiques avec le Trésor de l'Ainsi-Venu, et aucun en vient à être ni ne cesse d'être.

171 «Ananda, ton esprit est embourbé et confus, et tu ne t'éveilles pas au fait que la source des quatre éléments n'est autre que le Trésor de l'Ainsi-Venu . Est-ce que la vacuité que tu vois est sujette à être enlevée, ou à entrer, ou est-ce qu'elle n'est pas sujette à être enlevée, ou à entrer ?

«Tu ne t'es pas encore rendu compte que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature de l'Eveil est véritable vacuité, et la nature de la vacuité est véritable Éveil. Cette pureté fondamentale compénètre le Domaine du Dharma.

172 «Les mentaux des êtres l'absorbent selon leur capacité de connaissance.

«Ananda, partout où il y a un puits vide, la vacuité remplit ce puits. La même chose est vraie de la vacuité dans les dix directions. Comme la vacuité emplit les dix directions, comment pourrait-il y avoir un quelconque endroit spécifique où on puisse la trouver ?

173 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le jeu de mots vides et insensés.

173-74 «Ananda, la conscience de la vision ne se perçoit pas elle-même. Elle dépend de la forme et de la vacuité pour son existence. Vous êtes maintenant dans le Bosquet de Jeta où vous voyez la clarté du matin et l'obscurité du soir. Au plus profond de la nuit, , vous voyez la clarté lorsque se lève la lune et que la vue discerne l'obscurité.

174 «Cette vue est-elle identique en substance avec la clarté, l'obscurité ou la vacuité, ou bien ne sont-ils pas de la même substance ? Sont elles semblables et pourtant différentes, ou ne sont-elles ni pareilles ni différentes?

175 «Ananda, suppose que la vue partageait une seule substance avec la clarté, l'obscurité ou la vacuité. L'obscurité et la clarté s'annulent mutuellement. Lorsqu'il fait sombre, il n'y a pas de lumière ; lorsqu'il fait clair, il n'y a pas d'obscurité. Si la vue ne faisait qu'un avec l'obscurité, elle cesserait d'exister dans la clarté ; si elle ne faisait qu'un avec la clarté, cesserait-elle d'exister dans l'obscurité ? Comme elle cesserait d'exister, comment pourrait-elle percevoir la clarté autant que l'obscurité ?

Si la clarté et l'obscurité diffèrent l'une de l'autre, et si la vue n'a ni existence ni cessation de l'existence, comment peut-elle être de la même substance avec la clarté et l'obscurité ?

176 «Si les essences de la vue n'étaient pas une seule substance avec la clarté et l'obscurité, et que tu étais séparé de la lumière, de l'obscurité et de la vacuité, alors de quel forme et apparence serait la source de la vue ?

«En l'absence de l'obscurité, de la clarté et de la vacuité, la vue serait semblable à la fourrure d'une tortue ou aux cornes d'un lièvre. Comment pourrait-il y avoir la vue sans la présence de trois attributs d'obscurité, de clarté et de vacuité ?

177 «Comment la vue pourrait-elle ne faire qu'un avec l'obscurité et la clarté, vu qu'elles sont l'opposé l'une de l'autre ? Et pourtant, comment pourrait-elle être différente de ces trois attributs, vu qu'en leur absence, il n'y aurait pas de vue ?

«Comment la vue pourrait-elle n'être pas un avec la vacuité, vu qu'aucune limite n'existe entre elles ? Mais comment pourrait la vue ne pas être différente de la vacuité, vu que la vue reste inchangée, sans égard à si elle perçoit la clarté ou l'obscurité ?

178 «Examine ceci en détail encore plus fin, fais en une investigation minutieuse, considère-la et contemple-la avec soin. La lumière vient du soleil et l'obscurité de la nouvelle lune ; la pénétration appartient à la vacuité, et la solidité retourne à la terre, et alors, d'où provient l'essence de la vue ?

«La vue possède une conscience puisque la vacuité est inanimée : elles ne se mélangent ni ne s'unissent. L'essence de la vue ne pourrait pas non plus surgir spontanément sans une origine.

179 «Si les natures de la vue, de l'ouïe, et de la connaissance sont compénétrantes et immuables, tu dois savoir que la vacuité stable et sans limites, ensemble avec les éléments instables que sont la terre, l'eau, le feu et le vent, sont connus comme les six éléments. Leurs natures sont vraies, parfaitement fusionnées, identiques avec le Trésor de l'Ainsi-Venu, et fondamentalement privées de venue à être comme de cessation d'être.

179-80 «Ananda, ta nature est si submergée que tu ne t'es pas rendu compte que ta vue, ton ouïe, ta conscience et ta connaissance sont fondamentalement le Trésor de l'Ainsi-Venu. Observe la vue, l'ouïe, la conscience, et la connaissance pour voir si elles sont sujettes à venir à l'existence et à cesser d'être ; si elles sont identiques ou différentes ; si elles ne sont pas sujettes à venir à l'existence et à cesser d'être ; et si elles ne sont ni identiques ni différentes.

180-81 «Tu ne t'es pas encore rendu compte que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature de la vue est clarté éveillée, et que l'essence de l'Eveil est la claire vision. Cette pureté fondamentale compénètre le Domaine du Dharma.

181 «Les mentaux des êtres l'absorbent selon leur capacit

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Dernière édition par Coeur de Loi le Mer 14 Juil 2010 - 10:52; édité 1 fois
    
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Posté le: Mer 23 Juin 2010 - 10:57    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 4
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1 Alors Purnamaitreyaniputra se leva de son siège au sein de la grande assemblée, découvrit son épaule droite, posa le genou droit en terre, joignit respectueusement les paumes, et dit au Bouddha : «Le très vertueux et impressionnant Honoré du Monde vient d'exposer, pour le bénéfice des êtres, la vérité originelle de l'Ainsi-Venu avec une éloquence remarquable.

3 «L'Honoré du Monde me distingue souvent comme le meilleur des conférenciers du Dharma. Mais maintenant que j'entends les subtiles et merveilleuses expressions du Dharma que donne l'Ainsi-Venu, je suis comme un sourd qui à une distance de plus de 100 pas tenterait d'entendre un moustique, qu'en fait on ne peut même pas voir, encore moins entendre.

5 «Quoique les claires explications du Bouddha aient réussi à dissiper nos doutes, nous n'avons pas encore sondé le sens ultime qui pourrait nous permettre de nous hisser au dessus de toutes illusions. Ceux qui sont comme Ananda, quoiqu'éveillés, n'ont pas encore mis fin aux écoulements de leurs habitudes.

6 «Ceux d'entre nous présents dans l'assemblé qui ont atteint le stade du sans-écoulements, malgré la fin de nos écoulements, nous nous interrogeons toujours sur le Dharma exposé par l'Ainsi-Venu aujourd'hui.

7 «Honoré du Monde, si tous les organes des sens mondains, les objets des sens, les skandhas, places, et domaines sont le Trésor de l'Ainsi-Venu, pourquoi donc, dans cette pureté fondamentale, les montagnes, les rivières, la grande terre et tous les autres phénomènes conditionnés surgissent-ils soudain, changent-il et s'écoulent-ils cycliquement, prennent-ils fin et recommencent-ils à nouveau ?

7-8 «Qui plus, l'Ainsi-Venu a dit que les natures de base de la terre, de l'eau, du feu et du vent sont parfaitement fusionnées, compénètrent le Domaine du Dharma, et sont tranquilles et éternelles.

8 «Honoré du Monde, si la nature de la terre est compénétrante, comment peut-elle contenir de l'eau ? Si la nature de l'eau est compénétrante, le feu ne devrait pas pouvoir surgir. De plus, comment expliquez-vous que les natures du feu et de l'eau puissent chacune compénétrer l'espace vide sans se déplacer l'une l'autre ? Honoré du Monde, la nature de la terre est solide ; la nature de la vacuité est vide. Comment peuvent-elles toutes deux compénétrer le Domaine du Dharma ? Je ne vois pas à quoi vise cette doctrine.

9-10 «J'espère seulement que l'Ainsi-Venu nous l'expliquera avec compassion afin de dégager les nuages de la confusion qui nous engouffrent tous dans cette grande assemblée». Ayant dit cela, il se prosterna complètement et respectueusement et attendit avec espoir l'insurpassable enseignement compatissant de l'Ainsi-Venu.

10-11 L'Honoré du Monde dit alors à Purna et à tous les Arhats de l'assemblée qui avaient mis fin à leurs écoulements et avaient atteint le niveau au-delà de l'étude : «Aujourd'hui, l'Ainsi-Venu va vous explique en profondeur le sens le plus vrai et le plus suprême. Que ceux d'entre vous qui sont des auditeurs ou des Arhats de nature fixe, n'ayant pas encore réalisé les deux sortes de vacuité et tous ceux qui sont dédiés au Véhicule supérieur atteignent la tranquillité du Véhicule unique, le véritable aranya, l'emplacement approprié pour la culture. Ecoutez avec attention et je vous l'expliquerai». Purna et les autres écoutèrent en silence, respectant l'explication du Dharma donnée par le Bouddha.

13 Le Bouddha dit : «Purna, tu as demandé pourquoi dans la pureté fondamentale, les montagnes, les rivières et la grande terre surgissent soudainement.

14 «N'as-tu pas souvent entendu l'Ainsi-Venu disserter sur la lumière merveilleuse de la nature éveillée et la claire merveille de l'Eveil fondamental ?»

Purna dit : «Oui, Honoré du Monde, j'ai souvent entendu le Bouddha exposer sur ce sujet».

15 Le Bouddha dit : «Tu parles de comprendre l'Eveil ; est-ce que la Nature comprend, et est-ce ça qu'on appelle l'Eveil ? Ou est-ce que l'Eveil manque dès le départ de compréhension de sorte que tu parles de comprendre l'Eveil ?»

Purna répondit : «Si un défaut de compréhension s'appelle l'Eveil, alors, il n'y aurait pas de compréhension du tout».

16 Le Bouddha dit : «S'il n'y avait pas de compréhension du tout, alors il ne pourrait y avoir aucune compréhension de l'Eveil. Si la compréhension est ajoutée, alors ce n'est pas l'Eveil. Si on n'ajoute pas la compréhension, alors il n'y a pas de compréhension. Mais un défaut de compréhension ou ignorance n'est pas la claire et lucide nature de l'Eveil.

17 «La nature de l'Eveil inclut certainement la compréhension. Il est redondant de parler de l'Eveil comprenant.

«L'Eveil n'est pas une sorte de compréhension. La compréhension crée un domaine objectif. une fois ce domaine objectif créé, ton état subjectif faux surgit.

19 «Là où il n'y a eu ni identité, ni différence, soudain la différence apparaît. ce qui diffère de cette différence devient identité. Une fois que la identité et la différence se suscitent mutuellement, et à cause d'elles, ce qui n'est ni identité ni différence est créé.

20 «Ce tumulte amène à terme la fatigue. Une fatigue prolongée produit l'impureté. Leur combinaison en une obscure turbidité crée des afflictions en rapport avec les impuretés épuisantes.

21 «Le monde passe par ce surgissement ; le manque de surgissement dévient la vacuité. La vacuité est identité ; le monde est différence. Ceux qui n'ont ni différence ni identité deviennent les dharmas conditionnés.

22 «La compréhension ajoutée à l'Eveil crée une lumière qui se tient en opposition mutuelle avec l'obscurité de la vacuité. Le résultat en est que les roues de vent qui supportent le monde viennent à être

23 «La tension entre la vacuité et cette lumière crée le mouvement. La lumière fausse et persistante congèle en une solidité qui devient du métal. Un manque d'Eveil nourrit cette persistance et fait que les roues de métal fixent toutes les terres.

24 «Cet état tenace sans éveil, crée le métal, pendant que les fluctuations de la lumière font se lever le vent. La friction entre le vent et le métal crée le feu, qui est variable par nature.

«Le métal produit l'humidité qui cause que la flamme sorte du feu. Ainsi apparaît la roue de l'eau qui comprend tous les domaines dans les dix directions.

25 «Le feu se lève et l'eau retombe, et leur combinaison devient tenace. Ce qui est mouillé devient les océans et les mers ; ce qui est sec devient les continents et les îles.

«A cause de ça, le feu se lève souvent dans les océans, et sur les continents, les ruisseaux et les rivières coulent toujours.

26 «Quand la puissance de l'eau est moindre que celle du feu, il en résulte les hautes montagnes. C'est pour ça que les rochers des montagnes rendent des étincelles lorsqu'on les frappe et deviennent liquides lorsqu'on les fond.

«Quand la puissance de la terre est moindre que celle de l'eau, il en résulte l'herbe et les arbres. C'est pourquoi la végétation en bosquets et en marais finit en cendres lorsqu'on la brûle et qu'il en sort de l'eau lorsqu'on la presse.

27 «L'interaction de cette fausse dichotomie en retour crée ces éléments en tant que semences et de ces causes et conditions provient la continuité du monde.

«Qui plus est, Purna, la fausse compréhension n'est rien d'autre que l'erreur d'ajouter la compréhension à l'Eveil.

28 «Après que la fausseté du domaine de l'objectivité ait été établie, la compréhension subjective ne peut la transcender. En conséquence, l'ouïe ne va pas au-delà du son et la vue ne surpasse pas la forme.

«Les formes, les odeurs, les goûts, les objets du toucher et les autres des six faussetés sont réalisées. A cause d'elles, il y a une division en vue, sensation, ouïe, et connaissance.

29 «Un même karma lie les êtres ensemble ; l'union et la séparation apportent leurs transformations.

29-30 «La manifestation de la lumière est causée par la vue fausse et l'ignorance. Les conceptions compétitives génèrent la haine ; les conceptions compatibles créent l'amour. Le flux de l'amour devient une semence ; le foetus potentiel est pris et la conception a lieu. Lorsqu'a lieu le coït, les êtres avec un karma similaire sont attirés. De ces causes et conditions, le kalaka, l'arbuda, et les autres stades foetaux évoluent.

36 «Le né d'une matrice, le né d'un oeuf, le né de l'humidité, le né de la transformation viennent en réaction : l'être né d'un oeuf vient de la pensée, le né d'une matrice est dû à l'émotion, celui né de l'humidité surgit de l'union, et les transformations découlent de la séparation.

37 «L'émotion, la pensée, l'union, et la séparation passent par d'autres changements, et la maturation de tels karmas font qu'on s'élève ou qu'on coule. De telles causes et conditions vient la continuité des êtres.

38 «Purna, la pensée et l'amour se lient l'une à l'autre de sorte que les gens s'aiment les uns les autres et ne supportent pas la séparation. En résultat, les naissances incessantes et successives de parents, enfants et petits-enfants ont lieu en ce monde. Et à la base de tout cela sont le désir et l'avidité.

38-39 «L'avidité et l'amour émotionnel se nourrissent mutuellement jusqu'à ce que l'avidité devienne insatiable. Avec pour résultat dans ce monde, la tendance des nés d'un oeuf, d'une matrice, de l'humidité, et de la transformation à s'entre-dévorer autant que leur force le leur permet. La base de tout cela est la tuerie et l'avidité.

40 «Suppose qu'une personne mange un mouton. Le mouton meurt et devient une personne ; la personne meurt et devient un mouton. La même chose s'applique à toutes les renaissances au sein des dix catégories. A travers mort après mort et naissance après naissance, elles se mangent mutuellement. Le mauvais karma avec lequel on est né continuera jusqu'aux limites du futur. A la base de tout cela, il y a le vol et l'avidité.

42 «Tu me dois la vie». «Je dois rembourser la dette que j'ai envers toi». A cause de telles causes et conditions, nous traversons des centaines de milliers d'éons dans le cycle continu de la naissance et de la mort.

43 «Tu aimes mon esprit; j'adore ton allure». A cause de telles causes et conditions, nous traversons des centaines de milliers d'éons dans un emmêlement mutuel et continu.

44 «Tuer, voler et forniquer sont les racines de base. De telles causes et conditions provient la continuité du karma et de la rétribution.

44-45 «Purna, ces trois sortes de continuités inverties proviennent du fait d'ajouter la compréhension à l'Eveil. le manque de compréhension génère une conscience interne qui donne lieu aux phénomènes externes. Tous deux naissent de conceptions fausses. De cette fausseté les montagnes, les rivières, la grande terre et tous les phénomènes conditionnés se déploient en succession récurrente à travers les cycles infinis».

49 Purna dit : «Si ce merveilleux éveil, cette merveilleuse conscience de l'éveil fondamental, qui n'est ni plus grand ni moindre que l'esprit de l'Ainsi-Venu, apporte abruptement les montagnes, les rivières et la grande terre, ainsi que tous les phénomènes conditionnés, alors maintenant que l'Ainsi-Venu a atteint la merveilleuse vacuité du clair éveil, est-ce que les montagnes, es rivières et la grande terre, ainsi que tous les écoulements conditionnés habituels vont jamais surgir à nouveau?»

51 Le Bouddha dit à Purna :«Si une personne vivant dans un village devait être embrouillée sur les directions, confondant le sud et le nord, est-ce que cette confusion serait le résultat de la confusion ou de la conscience?»

Purna répondit : «Sa confusion ne serait le résultat d'aucune. Pourquoi donc? La confusion est fondamentalement sans fondement, aussi que pourrait-il surgir à cause d'elle ? Et comme la conscience ne provoque pas de confusion, comment la confusion pourrait-elle en résulter ?»

52 Le Bouddha dit : «Si quelqu'un qui connaît les directions les désigne à la personne embrouillée, alors, une fois que cette personne qui s'est embrouillée devient consciente, supposes-tu, Purna, qu'elle perdrait à nouveau son sens de l'orientation à nouveau dans ce village ?»

«Non, Honoré du Monde».

54 «Purna, les Ainsi-Venus des dix directions sont pareils. La confusion est sans fondement et finalement vide en sa nature. Par le passé, il n'y avait fondamentalement aucune confusion. On aurait simplement dit qu'il y avait de la confusion et de l'éveil. Lorsque l'illusion et l'éveil prennent fin, l'éveil ne donne plus naissance à la confusion.

55-56 «Considère la personne qui, à cause de cataractes, a vu des fleurs dans l'espace. Une fois les cataractes enlevées, les fleurs de l'espace disparaissent. S'il devait se précipiter à l'endroit où disparaissent les fleurs et attendait qu'elles réapparaissent, considérerais-tu que cette personne serait sage ou folle ?»

56 Purna répondit : «A l'origine, il n'y avait aucune fleur dans l'espace. C'était à cause d'une incapacité visuelle qu'elles apparaissaient et disparaissaient. De voir la disparition des fleurs dans l'espace est déjà en soi une distortion. Attendre qu'elles réapparaissent est de la pure folie. Pourquoi se faire caguer à déterminer plus avant si une telle personne est stupide ou sage ?»

57 Le Bouddha dit : «Si tu l'expliques comme ça, pourquoi demandes-tu si la claire vacuité du merveilleux éveil peut encore une fois donner naissance aux montagnes, aux rivières et à la grande terre ?

59 «Considère un morceau de minerai qui contient de l'or et d'autres métaux mélangés ensemble. Une fois l'or pur extrait, il ne redeviendra jamais du minerai. Considère le bois qui a brûlé et s'est réduit en cendres ; il ne redeviendra jamais bois.

«La Bodhi et le Nirvana de tous les Bouddhas, les Ainsi-Venus, sont pareils.

60 «Purna, tu as aussi demandé si les natures de l'eau et du feu ne se détruiraient pas mutuellement si les natures de la terre, de l'eau, du feu et du vent étaient toutes parfaitement fusionnées et compénétraient le Domaine du Dharma, et si l'espace et la grande terre ne seraient pas incompatibles s'ils compénétraient tous deux le Domaine du Dharma.

61 «Purna, considère l'espace : sa substance n'est pas les divers phénomènes, et pourtant elle n'empêche pas tous les phénomènes d'y être incluse.

62 «Comment le savons-nous? Purna, l'espace vide est clair les jours de soleil, et sombre lorsque le ciel est nuageux. Il se déplace lorsque se lève le vent, il est frais lorsque se dégage le ciel. Il est trouble et brumeux, lorsqu'il fait mauvais, il est obscur lorsqu'éclate une tempête. Il projette une brillante réflexion sur un étang d'eau claire.

62-63 «Penses-tu que ces phénomènes conditionnés viennent à exister à différents endroits ? Sont-ils créés à partir de ces conditions elles-mêmes ou leur origine est-elle dans l'espace? S'ils surgissent de ces conditions, Purna, alors lorsqu'il fait beau soleil, comme le soleil brille, tous les mondes dans les dix directions devraient prendre la forme du soleil. alors, pourquoi donc est-ce que, les jours de beau soleil, que nous voyons le soleil rond dans le ciel ? Si l'espace est brillant, il devrait briller, lui-même. Donc pourquoi, lorsque le ciel se couvre de nuages et de brouillard, n'y a-t-il aucune lumière qui se voie ?

63-64 «Il faut que tu saches que la clarté n'est pas le soleil, ni l'espace, ni autre chose que l'espace ou le soleil.

64 (Hors propos &emdash; voir le commentaire.) «Il en va de même avec la vraiment merveilleuse clarté éveillée. Tu reconnais l'espace, et l'espace apparaît. Reconnais la terre, l'eau, le feu et le vent et chacun apparaîtra. Si on les reconnaît tous, tous apparaissent.

65 «Comment peuvent-ils apparaître tous ? Purna, considère le reflet du soleil lorsqu'il apparaît dans un simple plan d'eau. Deux personnes le regardent, toutes deux au même moment. Puis, une de ces personnes s'en va vers l'est et l'autre vers l'ouest. Chacune, tout en continuant à regarder l'eau verra un soleil l'accompagner, l'une vers l'est et l'autre vers l'ouest, cependant qu'il ne semble pas y avoir de direction précise pour le mouvement du reflet du soleil.

65-66 «Ne t'acharnes pas sur la question en demandant : «S'il n'y a qu'un soleil, comment peut-il suivre les deux personnes ? Ou s'il est double, pourquoi n'y en apparaît-il qu'un seul dans le ciel ?» ce n'est là que se complaire dans la fausseté, parce que de telles choses ne peuvent être prouvées.

66 (Hors propos &emdash; voir le commentaire.) «Observe la manière dont les phénomènes sont en fin de compte faux et ne peuvent être vérifiés. Ils sont comme des fleurs conjurées dans l'espace qui ne pourront porter fruit. Pourquoi alors chercher comment de tels phénomènes apparaissent et disparaissent ?

67 (Hors propos &emdash; voir le commentaire.) «Observe comment la nature est en fin de compte vérité et n'est rien d'autre que la merveilleuse clarté éveillée. Cet esprit clair merveilleusement éveillé n'était à l'origine ni eau ni feu. Pourquoi alors, s'interroger sur l'incompatibilité?

67-68 «Purna, tu crois que la forme et la vacuité se surmontent et se détruisent l'une l'autre dans le Trésor de l'Ainsi-Venu. Ainsi le Trésor de l'Ainsi-Venu t'apparaît en tant que forme et vacuité à travers tout le Domaine du Dharma.

68 «C'est ainsi qu'en lui le vent se meut, la vacuité est immobile, le soleil brille et les nuages sont sombres. La raison de tout ceci tient dans l'illusion des êtres qui ont tourné le dos à l'Eveil et qui se sont joints aux poussières impures. C'est ainsi que les souillures épuisantes viennent à être et qu'existent les phénomènes mondains.

69 «En me fondant sur la compréhension merveilleuse qui ne cesse ni ne vient à être, je m'unis avec le Trésor de l'Ainsi-Venu. C'est ainsi que le Trésor de l'Ainsi-Venu est l'unique et merveilleuse clarté éveillée qui illumine complètement le Domaine du Dharma.

70 «C'est ainsi qu'en lui l'un est sans limites ; le sans limites est un. Dans le petit apparaît le grand ; dans le grand apparaît le petit.

70-71 «Immuable dans le Bodhimanda, et pourtant compénétrant dans les dix directions, mon corps contient les dix directions et la vacuité sans fin. A l'extrémité d'un simple cheveu, apparaissent les terres des Rois de Jade. Assis sur un grain de poussière, je fais tourner la grande roue du Dharma, je mets fin à la poussière impure et je m'unis avec l'éveil, de sorte que la véritable ainsité, la merveilleuse claire nature éveillée, vienne à être.

73 «Le Trésor de l'Ainsi-Venu est l'esprit fondamental, merveilleux, parfait.

«Ce n'est ni l'esprit, ni la vacuité, ni la terre, ni l'eau, ni le vent, ni le feu ; ce ne sont ni les yeux, ni les oreilles, ni la langue, ni le corps, ni l'esprit. Ce n'est ni la forme, ni les sons, les odeurs, les goûts, les objets du toucher ni les dharmas. Ce n'est ni le domaine de la conscience oculaire, ni aucun autre, jusqu'à et y-compris le domaine de la conscience mentale.

74 «Ce n'est ni la compréhension, ni l'ignorance, ni la fin de la compréhension ou de l'ignorance, ni rien d'autre, jusqu'à et y-compris la vieillesse et la mort et la cessation de la vieillesse et de la mort.

77 «Ce n'est ni la souffrance, ni l'accumulation, ni l'extinction, ni la Voie.

Ce ne sont ni la connaissance ni l'obtention.

83 «Ce ne sont ni le Dana, ni le Shila, ni le Virya, ni la Kshanti, ni le Dhyâna, ni le Prajña, ni le Paramita,

85 «ni aucun autre : ce ne sont ni le Tathagata, ni les Arhats, ni la Samyaksambodhi, ni le Pari nirvâna, ni l'Eternité, ni la Béatitude, ni le Vrai Soi, ni la Pureté.

86 «Ce n'est, en conséquence, ni mondain ni transcendantal, vu que le Trésor de l'Ainsi-Venu est la merveille de la compréhension primitive de l'esprit.

87 «C'est l'esprit ; c'est la vacuité ; c'est la terre ; c'est l'eau ; c'est le vent ; c'est le feu ; c'est les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l'esprit. C'est la forme ; c'est le son, les odeurs, les goûts, les objets du toucher et les dharmas. C'est le domaine de la conscience oculaire et ainsi de suite, jusqu'à et y-compris le domaine de la conscience mentale.

88 «C'est la compréhension et l'ignorance et la fin de la compréhension et de l'ignorance, et ainsi de suite, jusqu'à et y-compris la vieillesse et la mort et la fin de la vieillesse et de la mort. C'est la souffrance ; c'est l'accumulation ; c'est l'extinction ; c'est la Voie. C'est la connaissance et l'obtention. C'est le Dana, le Shila, le Virya, la Kshanti, le Dhyâna, le Prajña et c'est le Paramita, et ainsi de suite, jusqu'à et y-compris le Tathagata, les Arhats, la Samyaksambodhi, le Parinirvâna, l'Eternité, la Béatitude, le Vrai Soi et la Pureté.

89 «C'est aussi mondain que transcendantal, vu que le Trésor de l'Ainsi-Venu est la merveilleuse compréhension de l'esprit primal.

90 «C'est séparé de l'identité et de la négation. C'est l'identité et la négation.

«Comment les êtres des trois domaines de l'existence mondaine et les Auditeurs et Ceux au niveau de l'existence transcendantale, peuvent-ils faire des suppositions au sujet de la Bodhi insurpassée de l'Ainsi-Venu avec les mentaux qu'ils connaissent, ou entrer dans la connaissance et la vision du Bouddha par le moyen du langage mondain ?

91 «Considère les luths, les flûtes, et les guitares. Même si ces instruments peuvent produire des sons merveilleux, s'il n'y a pas de doigts habiles pour en jouer, leur musique n'en sortira jamais.

92 «Il en va de même pour toi et pour les autres êtres. Le précieux esprit vrai éveillé est parfait en tous. J'applique une pression et l'Impression Océan émet de la lumière ; tu bouges ton esprit et les souillures épuisantes surgissent.

93 «Tout ceci se produit parce que tu ne cherches pas avec diligence la Voie éveillée sans pareille, mais que tu aimes bien le moindre véhicule et que tu te satisfais d'un petit accomplissement.».

96-97 Purna dit : «Mon esprit et le vrai merveilleux esprit pur de l'Ainsi-Venu ne sont pas différents dans leur éveil précieux et parfait et leur compréhension complète. Mais il y a longtemps que je suis affligé de pensées fausses sans commencement et que j'endure le cycle des renaissances. Pour le moment, mon accomplissement du sage véhicule n'est pas total. L'Honoré du Monde a complètement mis fin à toute fausseté et atteint la merveilleuse vérité éternelle.

97-98 «Je m'aventure jusqu'à demander à l'Ainsi-Venu la raison pour laquelle tous les êtres êtres existent dans la fausseté et dissimulent leur propre merveilleuse compréhension, de sorte qu'ils continuent à se noyer dans ce déluge?»

98 Le Bouddha dit à Purna : «Quoique tu aies rejeté tes doutes, tu n'as pas encore mis fin aux illusions résiduelles. Je vais maintenant te questionner sur un événement mondain.

99 «As-tu entendu parler de Yajnadatta de Çravasti qui, sous une impulsion, prit un miroir un matin, le porta a son visage, et tomba en amour avec la tête dans le miroir ? Il a regardé les yeux et les sourcils, mais s'est fâché parce qu'il ne pouvait pas voir tout le visage. Il décida qu'il devait être un génie de rivière ou de montagne, perdit le contrôle de lui-même et parti en courant. qu'en penses-tu ? Pourquoi cette personne est-elle devenue folle sans aucune raison ?»

Purna répondit : «Cette personne était insane. Il n'y a pas d'autre raison».

101 Le Bouddha dit : «Quelle raison peux-tu donner pour dire que la merveilleuse et claire perfection éveillée, la merveille fondamentalement claire et parfaite, est fausse ? S'il y a une raison, alors comment définis-tu le faux ?

102 «Tout ton propre faux raisonnement devient à son tour cause de plus de faux raisonnements. A partir de la confusion tu accumules de la confusion éon après éon ; quoique le Bouddha en soit conscient, il ne peut s'y opposer.

104 «A partir de causes aussi confuses, la cause de la confusion se perpétue elle-même. Lorsqu'on réalise que la confusion n'a pas de cause, la fausseté devient infondée. Comme elle n'a jamais commencé, pourquoi voudrais-tu espérer qu'elle prenne fin ? Celui qui obtient la Bodhi est comme une personne qui s'éveille pour raconter les événements d'un rêve ; comme son esprit reste éveillé et clair, pourquoi voudrait-elle s'accrocher aux choses du rêve ?

105 «Ceci est particulièrement vrai des choses à qui il manque une cause et qui sont fondamentalement inexistantes, comme la situation de Yajnadatta ce jour-là dans la ville. Y eut-il une quelconque raison pour qu'il se soit mis à avoir peur à sa tête et qu'il soit parti en courant ? Si sa démence avait subitement cessé, il ne pourrait tout de même pas récupérer sa tête d'un endroit extérieur à lui-même ; et c'est ainsi qu'avant même que ne cesse sa démence, comment sa tête aurait-elle pu être perdue ?

106 «Purna, il en est de même de la fausseté. Comment peut-elle exister ?

107 «Tu n'as qu'à ne pas suivre les distinctions sur les trois sortes de continuité du monde, des êtres, et des rétributions karmiques. En coupant à toutes ces trois conditions, les causes ne surgiront pas.

107-08 «Alors la démence, comme celle de Yajnadatta prendra fin d'elle-même. Une fois qu'elle prend fin, la Bodhi apparaît. L'esprit suprême, pur et clair compénètre originellement tout le domaine du Dharma. ce n'est pas quelque chose qu'on obtient de quelqu'un d'autre. Pourquoi donc, alors, peiner à cultiver en se fatiguant jusqu'aux os en tentant d'obtenir une certification ?

109 «Considère le cas d'une personne qui aurait, cousue dans ses vêtements, une perle qui exauce les voeux, mais ne le saurait pas. Miséreux et en haillons, elle errerait partout en mendiant sa nourriture et ne s'arrêtant jamais. Quoiqu'effectivement misérable, elle n'a jamais perdu la perle.

111 «Soudain, une personne sage lui montre la perle : alors, tous ses voeux peuvent se réaliser, elle obtient une grande richesse et réalise que la perle n'est pas venue de quelqu'un d'autre».

112 Alors, sortant de la grande assemblée, Ananda s'inclina devant les pieds du Bouddha, se releva et dit au Bouddha : «L'Honoré du Monde vient juste d'expliquer le karma du meurtre, du vol et de la luxure : lorsque ces trois conditions sont tranchées, les trois causes ne surgissent pas. Alors, la démence, comme celle de Yajnadatta cessera d'elle même, et une fois qu'elle prend fin, apparaît la Bodhi. Il ne s'agit pas de quelque chose qu'on obtient de quelqu'un d'autre. Il s'agit là clairement de causes et de conditions ; pourquoi donc l'Ainsi-Venu rejette-t-il abruptement les causes et les conditions?

113 «Mon éveil est venu des causes et des conditions. Honoré du Monde, ceci n'est pas seulement vrai de ceux d'entre nous qui sont jeunes en années ou qui sont des auditeurs encore en cours d'apprentissage. Mahamaudgalyayana, Çariputra, et Subhuti, et d'autres qui suivent les Brahmanes anciens, ont été éveillés et ont obtenu le sans écoulements en entendant le Bouddha exposer sur les causes et les conditions.

114 «Maintenant, vous dites que la Bodhi ne vient pas des causes et des conditions. Ceci ferait que la spontanéité que Maskari Goshaliputra et d'autres ont prêché à Rajagriha serait le sens premier ! J'espère seulement que le Très Bon dissipera ma confusion».

115 Le Bouddha répondit à Ananda: «Prenons le cas de Yajnadatta en ville : si les causes et les conditions de sa démence cessent, la nature qui n'est pas démente en sortira spontanément. L'entier principe de la spontanéité et des causes et conditions n'est rien de plus que cela.

116 «Ananda, la tête de Yajnadatta était là naturellement ; elle était une partie naturelle de lui. Il n'y a jamais eu un moment où elle ne l'était pas. Pourquoi, alors, a-t-il soudainement pris peur de n'avoir plus de tête et est-il parti en courant comme un fou?

116-17 «S'il avait naturellement une tête, et qu'il est devenu fou en vertu des causes et des conditions, ne serait-il pas tout aussi naturel pour lui de perdre sa tête en vertu des causes et des conditions?

117-18 «Fondamentalement, sa tête n'a jamais été perdue. La démence et la peur ont surgi de la fausseté. aucun changement n'a jamais eu lieu. Pourquoi donc insister sur les causes et les conditions?

118 «Si la démence avait été son état naturel, la démence et la peur seraient fondamentales. Avant qu'il ne devienne fou, où donc était cachée sa démence?

«Si la démence n'avait pas été son état naturel, et que sa tête n'était en fait pas perdue, pourquoi est-il parti en courant dans cet état de démence?

«Si tu te rends compte que tu as une tête, et que tu reconnais la démence de ta poursuite, alors autant la spontanéité que les causes et les conditions deviennent des théories oiseuses. C'est pourquoi je dis qu'une fois que les trois conditions cessent d'être, l'esprit de la Bodhi apparaît.

119 «Le surgissement de l'esprit de la Bodhi et la fin de l'esprit sujet à la naissance et à la cessation impliquent eux-mêmes la naissance et la cessation.

119-20 «La fin autant de la naissance que de la cessation est la Voie sans effort. S'il y a spontanéité, alors il est clair que la pensée de la spontanéité doit naître et que l'esprit sujet à la naissance et à la cessation doit prendre fin : mais cela reste le cas de la naissance et de la cessation.

120 «Appeler spontanéité le manque de naissance et de cessation, ce serait comme de dire qu'une combinaison de phénomènes mondains qui forment une seule substance sont mélangés et unis dans la nature, et que tout ce qui n'est ni mélangé ni uni est spontané de nature.

121 «La spontanéité n'est pas naturelle, et le mélange et l'unification manquent de qualités unifiante. La spontanéité et l'unité toutes ensemble doivent être abandonnées, et autant leur abandon et leur existence cessent d'être. Y arriver ne serait pas une théorie oiseuse.

122 «La Bodhi et le Nirvana sont encore si lointains que tu dois sans le moindre doute passer des éons d'amertume et de diligence avant de pouvoir les cultiver et être certifié.

122 «Tu peux mémoriser les douze divisions des Sûtras prononcés par les Bouddhas des dix directions et leur purs, merveilleux principes aussi nombreux que les sables du Gange, mais ceci ne t'aide qu'à faire des théories oiseuses.

123 «Quoique tu puisses discuter des causes et des conditions et de la spontanéité et les comprendre parfaitement clairement, et que les gens se réfèrent à toi comme étant celui qui est le plus érudit, pourtant les éons après éons que tu as passé à te saturer de connaissances ne t'ont pas aidé à éviter des embrouilles avec la fille de Matangi.

125 «Pourquoi fallait-il que tu m'attendes pour utiliser le mantra de la Couronne du Bouddha afin d'éteindre le feu de la luxure dans le coeur de la fille de Matangi, ce qui lui aurait permis d'atteindre la position d'Anagamin et de se joindre à un groupe vigoureux dans mon assemblée du Dharma, asséchant ainsi le torrent de l'amour émotionnel en elle et te libérant?

128 «En conséquence, Ananda, ta capacité à maîtriser le merveilleux enseignement secret de l'Ainsi-Venu pendant des éons et des éons n'est pas aussi bonne qu'un seul jour de culture du sans écoulements qui cherche à quitter les deux souffrances mondaines de l'amour et de la haine.

129-30 «Chez la fille de Matangi, une ancienne prostituée, l'amour émotionnel et le désir ont été dissipés par le pouvoir spirituel du mantra. Maintenant son nom dans le Dharma est la Bhikshuni Nature.

130-31 «Elle et la mère de Rahula, Yashodhara, les deux ont pris conscience de leur causes passées et on su que pendant de nombreux éons, elles ont enduré les souffrances de l'avidité et de l'amour émotionnel. Etant donné leur détermination, elles se sont imprégnées de la culture de la bonté sans-écoulements, elles ont été toutes deux libérées de leurs liens et ont reçu des prédictions. Pourquoi donc te leurres-tu et restes-tu encore pris dans le regard et l'écoute?»

132 Lorsqu'Ananda et la grande assemblée entendirent l'enseignement du Bouddha, leurs doutes et leurs illusions furent dissipés. Leurs esprits s'éveillèrent à la réalité ultime, ils firent l'expérience de l'aisance lumineuse autant physique que mentale, et de réalisations sans précédent.

133 Une fois encore Ananda pleura, se prosterna aux pieds du Bouddha, s'agenouilla, joignit les paumes et dit au Bouddha : «Le Grand, Pur et Précieux Roi Compatissant Sans Egal m'a bien instruit, de sorte qu'au moyen de ces diverses causes et conditions, expédients et encouragements, tous ceux d'entre nous qui étaient immergés dans l'océan de la souffrance y ont échappé.

135 «Honoré du Monde, ayant entendu cette explication du Dharma, je sais que le Trésor de l'Ainsi-Venu, le merveilleux esprit clair, compénètre les dix directions et contient les terres des Ainsi-Venus à travers les dix directions, tous les kshetras purs et élégamment ornés des Merveilleux Rois Eveillés. L'Ainsi-Venu m'a également averti que l'érudition n'a pas de mérite et n'est pas aussi bonne que la culture.

136 «De la sorte, me voici comme un vagabond qui rencontre soudain un roi divin qui lui accorde une maison élégante. Même s'il a obtenu une maison, il lui faut passer par une porte.

136-37 «J'espère seulement que l'Ainsi-Venu ne retiendra pas sa grande compassion pour instruire ceux de nous dans l'assemblée qui sont couverts par l'obscurité, de sorte que nous puissions renoncer au Petit Véhicule et obtenir enfin le Nirvana de l'Ainsi-Venu sans résidu, la voie fondamentale de la résolution. Puisse-t-il permettre à ceux qui apprennent encore de savoir comment dompter l'habitude séculaire de chercher à manipuler les conditions à son avantage, pour obtenir une Dharani, et pour entrer dans la connaissance et la and vision des Bouddhas». Ayant dit, il effectua une prosternation complète, et ensemble avec les membres de l'assemblée, ils attendirent obstinément l'enseignement compatissant du Bouddha.

139 L'Honoré du Monde sympathisa alors avec les Auditeurs et les Eveillés aux Conditions de l'assemblée, tous ceux qui n'étaient pas encore à l'aise avec l'esprit de la Bodhi. Sa sympathie s'étendit aussi à aider les êtres dans le futur âge terminal du Dharma, après l'entrée du Bouddha dans la tranquillité pour qu'ils fassent surgir la résolution d'atteindre la Bodhi. Il révéla la merveilleuse voie de la culture du Véhicule insurpassable.

140 Il proclama pour Ananda et pour la grande assemblée : «Tu as résolument décidé d'obtenir la Bodhi et tu ne devrais donc pas te lasser quand tu en viens au Merveilleux Samadhi des Bouddhas, les Ainsi-Venus. Il faut que tu comprennes d'abord deux absolus qui concernent la résolution initiale pour l'Eveil. Quels sont ces deux absolus qui concernent la résolution initiale pour l'Eveil.

142 «Ananda, le premier absolu, c'est que si tu souhaites renoncer à la position d'Auditeur et cultiver le véhicule du Bodhisattva, et pénétrer la connaissance et la vision des Bouddhas, il te faut soigneusement considérer si la résolution sur la base des causes, et l'éveil sur la base de la réalisation sont la même chose ou s'ils sont différents.

142 «Ananda, il est impossible, sur la base causale, de fonder la culture sur l'esprit, qui est sujet à naissance et cessation lorsqu'il est en quête du véhicule du Bouddha qui ne surgit ni ne cesse d'être.

143 «Pour cette raison tu dois te rendre compte que tous les dharmas composés qui appartiennent au monde matériel se décomposeront et disparaîtront. Ananda, contemple le monde : quels sont les dharmas composés qui ne s'épuiseront pas ?

143 «Cependant, je n'ai jamais entendu dire de l'espace vide qu'il s'épuise. Quelqu'un a-t-il déjà entendu parler de désintégration du vide ? Pourquoi cela ? L'espace vide n'est pas un composé et ne pourra jamais s'épuiser.

144 «Tant que tu es dans ton corps, ce qui est solide est de la terre, ce qui est humide vient de l'eau, la chaleur vient du feu et ce qui est mobile est du vent. A cause de ces quatre liens, ton esprit tranquille et parfait, merveilleusement clair et éveillé se divise entre la vue, l'ouïe, la sensation et la cognition. De son début jusqu'à sa fin, tu est plongé dans les cinq couches de la turbidité.

142 «Ananda, il est impossible, sur la base causale, de fonder la culture sur l'esprit, qui est sujet à naissance et cessation lorsqu'il est en quête du véhicule du Bouddha qui ne surgit ni ne cesse d'être.

143 «Pour cette raison tu dois te rendre compte que tous les dharmas composés qui appartiennent au monde matériel se décomposeront et disparaîtront. Ananda, contemple le monde : quels sont les dharmas composés qui ne s'épuiseront pas ?

143 «Cependant, je n'ai jamais entendu dire de l'espace vide qu'il s'épuise. Quelqu'un a-t-il déjà entendu parler de désintégration du vide ? Pourquoi cela ? L'espace vide n'est pas un composé et ne pourra jamais s'épuiser.

144 «Tant que tu es dans ton corps, ce qui est solide est de la terre, ce qui est humide vient de l'eau, la chaleur vient du feu et ce qui est mobile est du vent. A cause de ces quatre liens, ton esprit tranquille et parfait, merveilleusement clair et éveillé se divise entre la vue, l'ouïe, la sensation et la cognition. De son début jusqu'à sa fin, tu est plongé dans les cinq couches de la turbidité.

145 «Qu'entend-on par turbidité ? Ananda, l'eau pure, par exemple, est fondamentalement claire et propre, alors que la poussière, la terre, les cendres, la vase et ainsi de suite sont fondamentalement des substances solides. Telles sont les propriétés de ces deux : leurs natures ne sont pas compatibles. Suppose que quelqu'un prenne de la terre et la jette dans l'eau pure. La terre perd sa solidité et l'eau est privée de sa transparence. L'assombrissement qui en résulte s'appelle turbidité. Tes cinq couches de turbidité y sont similaires.

147 «Ananda, tu vois que l'espace compénètre les dix directions. Il n'y a pas de division entre l'espace et la vue. Et pourtant, l'espace en lui-même ne peut identifier sa propre substance, et la vue seule n'a rien à enregistrer dont elle ait conscience. Mais les deux s'emmêlent dans la fausseté. C'est là la première couche, appelée la turbidité du temps.

148 «Ton corps apparaît en plein, avec les quatre éléments qui composent sa substance et de là, la vue, l'ouïe, la sensation et la cognition deviennent fermement définies. L'eau, le feu, le vent et la terre fluctuent entre la sensation et la cognition et s'emmêlent dans la fausseté. C'est là la seconde couche, appelée la turbidité des vues.

148-49 «De plus, les fonctions de la mémoire, de la discrimination, et de la compréhension verbale dans ton esprit amènent la connaissance et les vues à l'existence. Du dehors d'elles apparaissent les six objets de souillure. Si ce n'était des objets de souillure, la conscience manquerait d'attributs. Si ce n'était de la cognition, les objets n'auraient pas de nature. Cependant ils s'emmêlent dans la fausseté. C'est là la troisième couche, appelée la turbidité des afflictions.

150-51 «Et, jour et nuit, il y a un surgissement et une cessation incessants, cependant que ta connaissance et tes vues souhaitent continuellement demeurer dans le monde, alors que tes schémas karmiques te déplacent continuellement en divers endroits. Cet emmêlement devient une fausseté, qui est la quatrième couche, appelée turbidité des êtres vivants.

151 «Originellement, ta vue et ton ouïe n'étaient pas de natures différentes, mais une multitude d'objets de souillure les a séparées en différences grossières. Ces natures ont une conscience mutuelle, mais leurs fonctions sont en opposition. L'identité et la différence surgissent et elles perdent leur identité. Cet emmêlement devient une fausseté, ce qui est la cinquième couche, appelée turbidité de la durée de vie.

152 «Ananda, tu veux maintenant faire que ta vue, ton ouïe, tes sensations et ta cognition retournent correspondre à l'éternité, le bonheur, le vrai Soi et la pureté de l'Ainsi-Venu.

153 «Tu dois d'abord décider de ce qu'est la base de la naissance et de la mort en te basant sur la nature tranquille et parfaite qui ne surgit ni ne cesse.

«Au moyen de cette tranquillité, influence le surgissement et la cessation vides et faux de sorte qu'ils soient soumis et retournent à la source de l'Eveil. Atteindre cette source de clair éveil qui ne surgit ni ne cesse, est l'esprit de la base causale.

154 «Alors tu pourras complètement réaliser la culture et la certification jusqu'à la base de la fruition. En faire tant est comme purifier l'eau boueuse en la plaçant dans un récipient immobile qui ne bouge absolument pas. Le sable et la boue se déposent et l'eau pure apparaît. c'est ce qu'on appelle la soumission initiale des afflictions souillantes transitoires.

156 «L'élimination complète de la boue de l'eau est appelée la séparation éternelle de l'ignorance fondamentale.

«Quand la clarté est pure jusqu'en son essence, alors peu importe ce qui se produit, il n'a aucune affliction. Tout est en accord avec les vertus pures et merveilleuses du Nirvâna.

157 «Le second absolu est que si tu désires absolument éprouver la résolution pour la bodhi, et être particulièrement courageux et engagé dans ta culture du Véhicule du Bodhisattva, tu dois renoncer à tous les phénomènes conditionnés.

158 «Tu dois soigneusement considérer les origines des afflictions : qui est-ce qui crée et qui est-ce qui endure la création sans début du karma et des renaissances perpétuelles ?

159 «Ananda, si, dans ta culture de la Bodhi tu ne considères pas soigneusement l'origine de l'affliction, tu ne pourras comprendre où se trouve l'emplacement de l'inversion des organes des sens et des objets des sens faux et vides. Si tu ne connais même pas leur emplacement, comment peux-tu les soumettre et atteindre le niveau de l'Ainsi-Venu?

160 «Ananda, considère le cas de celui qui veut dénouer un noeud. S'il ne peut voir où se trouve le noeud, comment peut-il le défaire ?

«Mais je n'ai jamais entendu parler de quiconque qui aurait dénoué l'espace vide. Et pourquoi donc ? Parce que la vacuité n'a pas de forme d'apparence ; et qu'il n'y a de la sorte pas de noeuds à défaire.

161 «Mais pour l'instant, tes yeux, oreilles, nez, et langue, de même que ton esprit et ton corps visibles, sont comme six marieurs voleurs qui pillent les joyaux de ta propre maison.

164 «Et c'est ainsi que depuis les temps sans commencement, parce que les êtres et le monde spatio-temporel sont liés ensemble, les êtres sont incapables de transcender le monde matériel.

165 «Ananda, comment définissons-nous les êtres et le monde spatio-temporel ?

'Temporel'renvoie au changement et au flux ; 'spatial'envoie à l'emplacement.

166 «Tu dois savoir maintenant, que le nord, l'est, le sud, l'ouest, le nord-est, le nord-ouest, le sud-est et le sud-ouest, sont de l'espace, au-dessus et en-dessous. Le passé, le présent et le futur sont des périodes de temps. Il y a dix directions dans l'espace et trois périodes de temps.

«Tous les êtres viennent à l'existence à cause des fausses interactions. Leurs corps passent par des changements et sont pris dans les combinaisons spatio-temporelles de ce monde.

167 «Cependant, quoiqu'il y ait dix directions dans l'espace, celles qui sont connues dans le monde comme le nord, le sud, l'est et l'ouest sont les seules qui peuvent être clairement fixées. Au-dessous et en-dessus n'ont pas de position ; les intermédiaires n'ont pas de direction définie. Clairement déterminées comme étant quatre en nombre, elles sont alors combinées avec les trois périodes de temps. Trois fois quatre, ou alternativement, quatre fois trois font douze.

«Augmente cela au troisième degré ; des dizaines aux centaines jusqu'aux milliers. La plus grande efficacité possible de chacun des six organes est des mille deux-cents.

168 «Donc, Ananda, tu peux ainsi établir leur valeur. Considère comment les yeux voient l'obscurité derrière et la lumière devant. L'avant est totalement lumière ; l'arrière est totalement sombre. Y-compris de ta vision périphérique, tu ne peux voir au mieux que les deux tiers de ce qui t'entoure. Ta capacité peut donc être exprimée comme une efficacité incomplète. Un tiers de cette efficacité est sans vertu. Sache donc que les yeux n'ont qu'une efficacité de huit cents.

169 «Considère comment les oreilles entendent partout dans les dix directions, sans la moindre perte. Elles entendent les mouvements, éloignés ou proches, et le silence sans limites. Sache donc que l'organe de l'ouïe est complète avec une efficacité de douze cents.

169-170 «Considère comment le nez sent les odeurs à chaque inhalation et chaque exhalation du souffle. Il est déficient au point qui se trouve entre l'inhalation et l'exhalation. L'organe de l'odorat peut être considéré être déficient d'un tiers. sache donc que le nez n'a une efficacité que de huit cents.

170 «Considère comment la langue peut proclamer l'entièreté de la sagesse mondaine et transcendantale. Quoique que le langage change selon les localités, ses principes transcendent toutes frontières. Sache donc que l'organe de la langue est complet avec une efficacité de douze cents.

171 «Considère comment le corps est sensible au toucher, comment il enregistre chaque sensation en tant que douleur ou plaisir. Lorsqu'il entre en contact, il est sensible à la chose touchée ; lorsqu'il est en isolation, il n'a pas de connaissance tactile des autres choses. L'aspect de l'isolation est simple et celui du contact est double. L'organe du corps peut être considéré comme déficient par un tiers. Sache donc que le corps n'a une efficacité que de huit cents.

172 «Considère comment l'esprit inclut silencieusement tous les dharmas mondains et transcendantaux dans les dix directions et les trois périodes de temps. Sans égards à ce qu'il soit ou sage ou ordinaire, tout est inclus dans son immensité sans limites. Sache donc que l'organe de l'esprit est complet et que son efficacité est de douze cents.

«Ananda, tu veux maintenant t'opposer au flux des désirs qui conduit à la naissance et à la mort. Il te faut retourner le flux des organes afin d'atteindre l'état de ni naissance ni cessation.

173 «Il te faut explorer tous les six organes fonctionnels afin de voir lesquels s'unissent, lesquels sont isolés, lesquels sont profonds et lesquels sont sans profondeur, lesquels pénètrent parfaitement et lesquels sont imparfaits.

«Si tu peux te rendre compte desquels organes pénètrent parfaitement, tu pourras donc renverser le flux de leur implication sans commencement dans le faux karma et le suivre jusqu'à parfaite pénétration. La différence entre cela et un organe qui n'est pas parfait est comme la différence entre un jour et un éon.

174 «Je t'ai maintenant révélé l'efficacité fondamentale de la tranquille clarté parfaite de ces six. C'est ce que sont les nombres. Il en tient à toi de choisir dans lesquels entrer. Je t'en dirai plus pour t'aider à y progresser.

175 «Les Ainsi-Venus des dix directions, en cultivant grâce à l'un ou l'autre des dix-huit domaines, ont atteint la Bodhi parfaite insurpassée. Pour eux; n'importe lequel de ces dix-huit était généralement adéquat.

«Mais tu es à un niveau inférieur et n'es pas encore capable de perfectionner une sagesse confortable parmi eux. Je te donnerai donc une explication afin que tu puisses pénétrer profondément dans la porte.

176 «Franchis-en une sans fausseté et tes six organes sensoriels seront simultanément purs».

Ananda dit au Bouddha : «Honoré du Monde, comment nous opposons-nous au flux, entrons-nous profondément par une porte et amenons-nous les six organes à se purifier simultanément ?»

177 Le Bouddha dit à Ananda : «Tu as déjà obtenu le fruit de Çrotâpana. Tu as déjà mis un terme aux illusions conceptuelles qui affligent les êtres vivants des trois domaines, mais tu ne sais pas encore que tes organes ont accumulé des habitudes qui sont sans commencement. On ne peut se séparer de ces habitudes sans la culture. Y-compris les nombreuses subtilités de leur surgissement, de leur permanence, de leurs changements et de leur cessation.

178 «Il faudrait maintenant que tu observes davantage les six organes : sont-ils un ou six ? Ananda, si tu dis qu'ils n'en forment qu'un seul, pourquoi les oreilles ne peuvent-elles voir ? Pourquoi la tête ne peut-elle marcher ? Pourquoi les pieds ne peuvent-ils parler ?

180 «Si les six organes sont absolument six, alors, au moment où je vous expose cette subtile et merveilleuse porte dharmique au sein de cette assemblée, lequel de vos six organes la reçoit ?» Ananda dit : «Je l'entends de mes oreilles». Le Bouddha dit : «Tes oreilles l'entendent d'elles-mêmes ? Qu'est-ce donc que cela a à voir avec ton corps et ta bouche ? Et c'est pourtant de ta bouche que t'enquiers des principes et de ton corps que tu montres ta vénération.

181 «Tu dois donc savoir que s'ils ne sont pas un seul, alors ils sont six. Et que s'ils ne sont pas six, ils doivent être un. Mais tu ne peux pas dire que tes organes soient fondamentalement un et six.

181-182 «Ananda, tu dois savoir que ces organes ne sont ni un ni six. C'est parce qu'elle marche sur la tête et qu'elle sombre dans les implications sans commencement depuis des temps sans commencement que la théorie du un et six a été établie. En tant que Çrotâpanna, tu as dissous les six, mais tu ne t'es pas encore défait de l'une.

183 «C'est comme remplir des récipients de diverses formes avec la vacuité et dire ensuite que la vacuité a toute forme qu'aurait le récipient. Et puis ensuite, lorsqu'on se débarrasse des récipients, considérer la vacuité et dire que c'est tout pareil.

184 «Comment la vacuité peut -elle être pareille ou différente à ta convenance?

Tu peux encore moins l'appeler «Une» ou «Non-une». Tu dois comprendre que les six organes réceptifs fonctionnels sont semblables.

186 «La vue se produit parce que les deux attributs de l'obscurité et de la lumière et leur pareils adhèrent fermement à la quiétude dans ce qui était à l'origine la merveilleuse perfection. L'essence de la vue reflète la forme et se combine avec les formes pour devenir un organe. Cet organe, qui était à l'origine les quatre purs éléments, est appelé un oeil et a la forme d'un raisin. Des quatre objets de souillure que poursuivent les organes des sens qui sont situés dans la tête, celui-ci poursuit la forme.

188 «L'ouïe se produit parce que les deux réverbérations du mouvement et de l'immobilité et leurs pareils adhèrent fermement à la quiétude dans ce qui était à l'origine la merveilleuse perfection. L'essence de l'ouïe reflète le son et résonne avec lui pour devenir l'organe de l'oreille. La composition primaire de l'organe-oreille, ce sont les quatre éléments purement définis. Ces parties que nous appelons les oreilles ont la forme de feuilles fraîchement roulées. Des quatre objets de souillure que poursuivent les organes des sens, celui-ci est lâché sur le son.

189 «L'odorat se produit parce que les deux apparences de la pénétration et de l'obstruction et leurs pareils adhèrent fermement à la tranquillité dans ce qui était à l'origine la merveilleuse perfection. L'essence de l'odorat reflète les senteurs et les absorbe pour devenir l'organe du nez. La composition primaire de l'organe-nez, ce sont les quatre éléments purement définis. Cette portion que nous appelons le nez a la forme d'une pince double pendante. Des quatre objets de souillure que poursuivent les organes des sens, celui-ci court après les senteurs.

190 «Le goût se produit parce que les deux mélanges de la fadeur et de la variété de saveurs et leurs pareils adhèrent fermement à la quiétude dans ce qui était à l'origine la merveilleuse perfection. L'essence du goût reflète les saveurs et s'entremêle avec elles pour devenir l'organe de la langue. La composition fondamentale de l'organe-langue est dans les quatre éléments purement définis. Cette portion que nous appelons la langue a la forme d'un croissant de lune. Des quatre objets de souillure que poursuivent les organes des sens, celui-ci a soif de saveurs.

191 «La sensation se produit parce que les deux frictions de la séparation et de l'union et leurs pareils adhèrent fermement à la quiétude dans ce qui était à l'origine la merveilleuse perfection. L'essence de la sensation reflète le contact s'en saisit pour devenir l'organe du corps. La composition fondamentale de l'organe-corps est dans les quatre éléments purement définis. La portion que nous appelons le corps a la forme d'une table. Des quatre objets de souillure que poursuivent les organes des sens, celui-ci est amené par le contact.

191-192 «La connaissance se produit parce que les deux continuités de la production et de l'extinction et leurs pareils adhèrent fermement à la quiétude dans ce qui était à l'origine la merveilleuse perfection. L'essence de la connaissance reflète les dharmas et les saisit pour devenir l'organe de l'esprit. La composition fondamentale de l'organe-mental est dans les quatre éléments purement définis. La portion que nous appelons le corps a la forme d'une table. Des quatre objets de souillure que poursuivent les organes des sens, celui-ci est à la recherche des dharmas.

192 «Ananda, parce qu'on ajoute la compréhension à l'Eveil, les six organes des sens perdent leur essence et adhèrent à la fausseté, ce qui restreint leur brillance.

193 «En conséquence, à part de l'obscurité et de la lumière, il n'y a pas pour toi de substance à la vue, maintenant; à part du mouvement et de l'immobilité, il n'existe fondamentalement aucune disposition pour l'ouïe; sans la pénétration et l'obstruction, la nature de l'odorat ne surgit pas; en l'absence de la variété et de la fadeur, le goût n'a pas lieu; à défaut de séparation et d'union, la sensation du contact est fondamentalement non-existante; sans naissance et cessation, la connaissance est mise au repos.

194-195 «Tu n'as qu'à ne pas suivre les douze attributs conditionnés du mouvement et de l'immobilité, de l'union et de la séparation, de la fadeur et de la variété, de la pénétration et de l'obstruction, de la production et de l'extinction, et de la clarté et de l'obscurité.

195 «A cet effet, extrais un organe, libère-le de l'adhésion et soumets-le à son noyau interne. Une fois soumis, il reviendra à sa vérité primitive et irradiera sa brillance innée. Lorsque brille cette brillance, les cinq adhésions qui restent seront libres d'accomplir la libération totale.

196 «Ne suis pas la connaissance et de la vue influencées par les objets devant toi. la véritable compréhension ne procède pas des organes des sens. Et pourtant, logé dans ces organes, il y a le potentiel pour découvrir le fonctionnement mutuel des six organes.

198 «Ananda, ne sais-tu pas que maintenant dans cette assemblée, Aniruddha est aveugle et pourtant il peut voir; le dragon Upananda est sourd et pourtant, il peut entendre; l'esprit du Gange n'a pas de nez et pourtant il sent les parfums; Gavampati a une langue inhabituelle et pourtant il goûte les saveurs; et l'esprit de Çunyata n'a pas de corps et pourtant il est conscient du contact ? A la lumière de l'Ainsi-Venu, cet esprit est temporairement illuminé en tant qu'essence éthérée sans substance. De la même manière, Mahakaçyapa, qui se trouve aussi dans cette assemblée, demeure dans le samadhi de l'extinction, ayant obtenu la tranquillité d'un Auditeur. Il y a longtemps qu'il a mis l'organe-mental au repos, et il a pourtant une connaissance parfaitement claire qui ne doit rien au processus mental de la pensée.

202 «Ananda, si tu peux complètement extraire tous tes organes, tu luiras d'une brillance intérieure. Alors, les objets de souillure éphémères et tous les phénomènes changeants du monde matériel deviendront que de la glace que fond un liquide chaud. En réponse à ton esprit, la transformation apportera un éveil sans pareil.

203 «Ananda, considère quelqu'un qui a limité sa vue à ses yeux. Si tu lui fais soudain fermer les yeux, elle verra l'obscurité devant elle. Les six organes seront enveloppés d'obscurité totale. De la tête aux pieds elle en fera l'expérience. Si la personne trace la forme des choses extérieures avec ses mains, alors, même si elle ne peut pas voir, elle pourra reconnaître quelqu'un de la tête aux pieds. L'Eveil est aussi comme ça.

204 «Si la lumière était la condition requise pour la vue, alors l'obscurité amènerait l'absence de la vue. Mais percevoir sans lumière signifierait qu'aucune manifestation de l'obscurité n'obscurcirait la vue.

206 «Une fois que les organes et les objets s'évanouissent brusquement, comment la clarté illuminée qui en résulte pourrait-elle être autre que parfaite et merveilleuse ?»

Ananda dit au Bouddha : «Honoré du Monde, ainsi que l'a dit le Bouddha: «La résolution à s'éveiller sur la base des causes qui cherchent l'éternité, doit être en accord mutuel avec les bases de la fruition.

207 «Honoré du Monde, la base de la fruition est la Bodhi; le Nirvana; la véritable Ainsité; la Nature de Bouddha; La Conscience-Amala; le Trésor vide de l'Ainsi-Venu; Le grand Miroir parfait de Sagesse. Mais bien qu'on l'appelle de ces sept noms, elle est pure et parfaite, sa substance es aussi durable que le vajra royal, éternel et indestructible.

208 «Si la vue, l'ouïe et le reste sont en fin de compte dépourvus de substance à part de la lumière et de l'obscurité, du mouvement et de l'immobilité, et la pénétration et l'obstruction et le reste, alors elles seraient comme des pensées qui, à part des objets immédiats des sens, n'existent absolument pas.

«Comment un nihilisme ultime comme celui-ci pourrait-il être une cause qu'on cultiverait dans l'espoir d'obtenir la septuple fruition éternelle de l'Ainsi-Venus?

209 «Honoré du Monde, si la vue est en fin de compte vide à part de la lumière et de l'obscurité, de même que les pensées cessent d'elles-mêmes en l'absence de tout objet immédiat des sens.

«Alors mes comparaisons tournent en rond et peu importe le soin que je mettrai à ma recherche, il semble n'y avoir rien de tel que mon esprit ou ce qui lui appartient. Que faudrait-il donc utiliser pour rechercher l'Eveil sans Pareil?

210 «L'Ainsi-Venu a fait référence, auparavant, à la tranquille essence, parfaite et éternelle. Sa présente contradiction défie la croyance et s'apparente à une théorisation oiseuse. Comment les paroles de l'Ainsi-Venu peuvent-elles être vraies et actuelles?

«J'espère seulement que le Bouddha laissera retomber sur nous sa grande compassion et qu'il nous instruira à nous qui ne comprenons pas et qui nous agrippons fermement à lui.

211 Le Bouddha dit à Ananda: «Tu étudies et tu apprends beaucoup, mais tu n'as pas encore mis fin à tes écoulements. Dans ton esprit, tu ne connais que les causes qui te mettent à l'envers. Mais lorsque la véritable inversion se manifeste, tu ne peux vraiment pas encore la reconnaître.

«Tant que ta sincérité et ta foi resteront insuffisantes, je tenterai d'utiliser un événement ordinaire pour disperser tes doutes».

212 Alors, l'Ainsi-Venu donna à Rahula instruction de frapper une fois la cloche, et il demanda à Ananda: «As-tu entendu ça?»

Ananda et les membres de la grande assemblée déclarèrent tous: «Nous l'avons entendu».

213 La cloche cessa de résonner et le Bouddha demanda encore: «L'entendez-vous toujours?»

Ananda et les membres de la grande assemblée déclarèrent tous: «Nous ne l'entendons pas».

Rahula frappa alors la cloche à nouveau. Le Bouddha demanda encore: «L'entendez-vous toujours?»

Ananda et les membres de la grande assemblée dirent à nouveau: «Nous l'entendons».

214 Le Bouddha demanda à Ananda: «Qu'est-ce que c'est que tu entends, et que tu n'entends pas?»

Ananda et les membres de la grande assemblée dirent tous au Bouddha: «Quand on sonne la cloche, nous l'entendons. Une fois que le son de la cloche cesse, de telle sorte que même son écho s'éteint, nous ne l'entendons pas».

215 L'Ainsi-Venu donna à nouveau à Rahula instruction de sonner la cloche, et demanda à Ananda: «Y a-t-il un son, maintenant?»

Ananda et les membres de la grande assemblée déclarèrent tous: «Il y a un son».

Après un court délai, le son cessa, et le Bouddha redemanda: «Y a-t-il un son, maintenant?»

Ananda et les membres de la grande assemblée répondirent: «Il n'y a pas de son».

Après un moment, Rahula refit sonner la cloche, et le Bouddha demanda à nouveau: «Y a-t-il un son, maintenant?» Ananda et la grande assemblée dirent ensemble: «Il y a un son».

216 Le Bouddha demanda à Ananda: «Que veut-on dire par «son» et que signifie «Pas de son»?» Tout le monde dans la grande assemblée, y-compris Ananda répondit au Bouddha: «Quand la cloche est frappée, il y a un son. Une fois que cesse le son et que même l'écho en disparaît, on dit qu'il n'y a pas de son».

Le Bouddha dit à Ananda et à la grande assemblée: «Pourquoi êtes-vous inconsistants dans ce que vous dites?»

La grande assemblée et Ananda demandèrent alors au Bouddha: «De quelle manière nous sommes-nous montrés inconsistants?»

217 Le Bouddha dit : «Lorsque j'ai demandé si c'était votre ouïe, vous avez répondu que c'était votre ouïe. Ensuite, je vous ai demandé si c'était le son, vous avez répondu que c'était le son. Je ne puis déterminer à partir de vos réponses s'il s'agit de l'ouïe ou du son. Comment donc ne pas parler d'inconsistance ?

«Ananda, lorsque le son a disparu sans écho, tu dis qu'il n'y a plus d'ouïe. S'il n'y avait réellement plus d'ouïe, la nature-auditive cesserait d'être. Elle ne serait plus que comme du bois mort. Si alors, on sonnait à nouveau la cloche, comment le sauriez-vous ?

218 «Ce que vous savez être ou ne pas être là est l'objet impur du son qui semble venir à l'existence et cesser d'être. Mais comment la nature auditive pourrait-elle être et ne pas être là ? Et si l'ouïe n'était vraiment pas là, comme tu le prétends, qui saurait qu'elle n'est pas là ?

219 «Ainsi, Ananda, les sons que tu entends sont ce qui surgit et cesse. ta nature auditive ne vient pas à l'existence et ne cesse pas d'être en fonction de la survenue ou de la cessation des sons que tu entends.

«Vous êtes tellement cul par dessus tête que vous confondez le son pour l'ouïe. Pas étonnant que vous soyez tellement emmêlés que vous preniez ce qui est éternel pour être de le nihilisme. En fin de compte, vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas de nature auditive à part du mouvement et de l'immobilité, de l'obstruction et de la pénétration et ainsi de suite.

220-221 «Prends une personne qui tombe dans un profond sommeil alors qu'elle fait la sieste sur son lit. Pendant qu'elle dort, quelqu'un de sa maisonnée se met à battre des vêtements, ou à piler du riz. Dans son rêve, la personne entend le son de ce battage et pilonnage et le prend pour quelque chose d'autre, peut-être le battement d'un tambour ou le tintement d'une cloche. Dans son rêve, elle se demande pourquoi la cloche sonne comme de la pierre ou du bois.

224 «Soudain, elle s'éveille et reconnaît immédiatement le son du pilonnage. Elle dit aux membres de sa maisonnée : «Je viens de faire un rêve où j'ai pris le son du pilonnage pour celui d'un tambour». Soudain elle s'éveille et reconnaît immédiatement le son des coups de pilon. Elle dit aux membres de sa maisonnée : «Je viens tout juste de faire un rêve dans lequel j'ai pris le son des coups de pilon pour celui d'un tambour».

225 «Ananda, comment cette personne peut-elle, dans l'état de rêve, se rappeler l'immobilité et le mouvement, la pénétrabilité et l'obstruction? Même si elle est physiquement endormie, sa nature auditive n'est pas obscurcie.

226 «Même lorsque vos existences physiques s'évanouissent et que votre force de vie change et se racornit, comment cette nature pourrait-elle s'évanouir et ne plus être en vous ?

«Mais comme les êtres, depuis des temps immémoriaux, poursuivent les formes et les sons, et suivent les détours et le flux de leurs pensées ils ne sont toujours pas éveillés à la merveilleuse pure nature.

227 «Ils ne s'accordent pas avec ce qui est éternel, mais partent en chasse de ce qui est sujet à la naissance et à la cessation. C'est ce qui est cause de leurs naissances répétées, parmi les détours et le flux de leur impureté.

229 «Mais s'ils rejettent la naissance et la cessation et maintiennent la vérité éternelle, une lumière durable apparaîtra, et avec cela, les organes des sens, les objets de souillure et les consciences disparaîtront.

«Vous devrez alors garder vos distances avec les souillures des manifestations de la pensée et les états émotionnels de conscience. Alors votre oeil de Dharma deviendra pur et lumineux en conséquence. Et comment pourrez-vous manquer à réaliser l'Eveil Insurpassable?»

231 Ananda dit au Bouddha: «Honoré du Monde, quoique l'Ainsi-Venu ait expliqué ce second absolu, si je considère maintenant quelqu'un qui voudrait défaire un noeud, s'il ne peut en trouver le centre, il ne défera jamais ce noeud.

232 «Honoré du Monde, moi-même et tous les autres Auditeurs dans la grande assemblée qui ne sommes pas au-delà de l'étude, nous sommes dans le même cas. Depuis des temps immémoriaux, nous avons été accompagnés dans la naissance et dans la mort par l'ignorance. Nous avons obtenu ces bonnes racines d'érudition et on dit de nous que nous avons quitté la vie de famille, et pourtant, en fait, nous agissons comme quelqu'un qui a une malaria chronique.

234 «J'espère seulement, ô Très Compatissant, que vous auriez pitié de nous qui coulons et nous noyons. Quels sont les noeuds dans notre corps et notre esprit et comment pourrons-nous les dénouer? Votre explication permettra aussi aux êtres du futur qui seront dans la souffrance et la difficulté d'éviter le cycle des renaissances et de les empêcher de tomber dans les trois domaines de l'existence».

Quand il eut dit cela, lui

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Posté le: Mer 23 Juin 2010 - 11:02    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 5
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1 Ananda joignit ses paumes, salua et dit au Bouddha: «Après avoir entendu l'expression vraie et effective, grandement aimable et sans contrainte du Dharma par le Bouddha, qui est vraie dans sa nature et merveilleusement éternelle, je n'ai toujours pas compris la séquence pour défaire les noeuds de sorte que lorsque les six sont dénoués, l'un disparaît aussi. J'espère seulement que vous aurez de la compassion et qu'encore une fois vous aurez de l'empathie pour cette assemblée et pour ceux qui sont à venir, en nous offrant une explication du Dharma qui lavera et rincera nos souillures à l'enracinement profond.

2 Alors, sur le trône du lion, l'Ainsi-Venu rajusta ses robes de Nirvâna, arrangea son vêtement samghati, saisit la table incrustée des sept gemmes, et prit sur la table un superbe et exquis vêtement que lui avait donné un dieu descendu du ciel Suyama.

3 Alors, à la vue de toute l'assemblée, il le noua en un noeud et le montra à Ananda, en demandant: «Comment appelle-t-on ceci?»

Ananda et la grande assemblée répondirent ensemble: «On appelle cela un noeud».

L'Ainsi-Venu noua alors un autre noeud dans le superbe vêtement et demanda encore une fois à Ananda: «Comment appelle-t-on ceci?»

Ananda et la grande assemblée répondirent encore une fois tous ensemble: «Cela aussi, on l'appelle un noeud».

Il continua de la sorte jusqu'à ce qu'il eût noué six noeuds dans le superbe vêtement. Chaque fois qu'il faisait un noeud, il le montrait à Ananda et demandait: «Comment appelle-t-on ceci?»

Et à chaque fois Ananda et la grande assemblée répondaient de la même façon: «On appelle cela un noeud».

4 Le Bouddha dit à Ananda: «Quand j'ai d'abord noué le vêtement, vous l'avez appelé un noeud. Vu que ce superbe vêtement est fondamentalement d'une seule pièce, comment pouvez-vous donner la même réponse la seconde ainsi que la troisième fois?»

5 Ananda dit au Bouddha: «Honoré du Monde, ce superbe vêtement n'est que d'une seule pièce, mais de la façon dont je vois les choses, lorsque l'Ainsi-Venu le noue une fois, cela s'appelle un noeud. S'il devait le nouer cent fois, on parlerait de cent noeuds. Et puisque maintenant, exactement six noeuds --- et non pas cinq ou sept --- on été noués dans le vêtement, pourquoi l'Ainsi-Venu ne me permettrait-il de parler d'un seul noeud et non de deux ou trois?»

6 Le Bouddha dit à Ananda: «Tu sais que ce précieux vêtement est fondamentalement d'une seule pièce, mais quand je l'ai noué six fois, tu as dit qu'il avait six noeuds. Considère soigneusement la substance du vêtement : elle reste inchangée, si ce n'est des noeuds qu'il contient.

«Qu'en penses-tu? Tu as identifié le premier noeud que j'ai fait comme le numéro un. Je suis maintenant sur le point de nouer le septième noeud. L'appelleras-tu aussi le numéro un?

7 «Non, Honoré du Monde. S'il y a six noeuds, le sixième ne pourra jamais être appelé le premier. Même si j'épuisais toute mon intelligence et mon éloquence dans une vie après l'autre, je ne pourrais jamais renverser la séquence de ces six noeuds.

Le Bouddha dit: «Il en est ainsi. Les six noeuds ne sont pas identiques. Considère leur origine : ils sont créés à partir d'un seul vêtement et ont été noués dans un certain ordre. Il est impossible de brouiller cette séquence.

8 «Il en va de même de tes six organes sensoriels. De ce qui était identique, des différences importantes surgissent».

9 Le Bouddha dit à Ananda: «Imaginons que tu ne veuilles pas de ces six noeuds et que tu veuilles qu'il n'y ait là qu'un seul vêtement, comment pourrais-tu arriver à cette fin?»

Ananda répondit : «Tant qu'il y aura ces noeuds, il n'y aura pas de dispute sur ce qu'il sont et sur ce qu'ils ne sont pas. Leur existence même amènera telles distinctions que ce noeud n'étant pas celui-là et celui-là n'étant pas celui-ci. Mais si l'Ainsi-Venu devait tous les dénouer à l'instant, en sorte qu'il n'en reste aucun, alors il n'y aurait ni «ceci» ni «cela». Il n'y aurait même pas quelque chose qui serait «un», et encore moins «six»».

Le Bouddha dit : «C'est également ce qui arrive lorsque les six organes des sens sont libérés : même le «un» disparaît.

10 «C'est parce que ton mental et ta nature sont fous et dérangés depuis des temps immémoriaux que tu as créé une fausse connaissance et de fausses conceptions. Comme cette fausseté continue à surgir sans répit, la perception se fatigue et les souillures surviennent.

11 «Tout comme les fleurs tournoyantes ont apparu lorsque les yeux se sont fatigués de fixer, ce sont là aussi des dérangements qui surviennent sans cause à l'intérieur de la clarté tranquille et essentielle.

12 «Tout, en ce monde &emdash; les montagnes, les rivières, la terre elle-même, de même que la naissance, la mort et le Nirvâna &emdash; sont comme ces fleurs qui apparaissent à cause du fait que nous sommes retournés sans dessus-dessous par l'insanité et la fatigue».

13 Ananda répondit : «Cette fatigue est semblable à ces noeuds. Comment les dénouons-nous?»

L'Ainsi-Venu saisit le vêtement noué, tira sur son extrémité gauche et demanda à Ananda : «Est-ce là la façon de les dénouer?»

«Non, Honoré du Monde».

Alors le Bouddha tira sur son extrémité droite et redemanda à Ananda : «Est-ce là la façon de les dénouer?»

«Non, Honoré du Monde».

14 Le Bouddha dit à Ananda : «Je viens de tirer sur le vêtement à gauche et à droite et je n'ai pourtant pas été capable de défaire les noeuds. Quelle méthode proposes-tu pour les dénouer?»

Ananda dit au Bouddha: «Honoré du Monde, vous devez défaire les noeuds à partir du centre. Alors ils seront défaits».

15 Le Bouddha dit à Ananda : «Exactement. Exactement. Si tu veux les défaire, il faut le faire à partir du milieu.

«Ananda, le Bouddha Dharma que j'explique provient des causes et des conditions. Mais cela n'implique pas de s'agripper au mélange et à la fusion des apparences grossières et mondaines. L'Ainsi-Venu comprend tous les dharmas mondains et transcendants et connaît leurs causes fondamentales et quelles conditions les amènent à l'existence.

16 «Il en est ainsi dans la mesure où je sais combien de gouttes de pluie tombent dans autant de mondes qu'il y a de grains de sable dans le Gange. Il en va de même de tout ce que tu peux voir : pourquoi le pin est droit, pourquoi les ronces sont tordues, pourquoi l'oie est blanche, le corbeau noir &emdash; je comprends toutes ces raisons.

17 «En conséquence, Ananda, tu peux choisir n'importe lequel des six organes sensoriels à ta convenance. Si les noeuds des organes sensoriels sont enlevés, alors les phénomènes impurs disparaissent d'eux-mêmes et toute fausseté cesse d'être. Si ce qui reste n'est pas la vérité, où donc espères-tu trouver la vérité?»

18 «Ananda, je te le demande maintenant, est-ce que les six noeuds de ce superbe vêtement peuvent être dénoués simultanément et défaits tous ensemble?»

«Non, Honoré du Monde. Tout comme les noeuds ont été à l'origine noués en séquence, ils doivent être maintenant dénoués en séquence. la substance des six noeuds est la même, mais ils n'ont pas été faits simultanément, de sorte que maintenant quand on les défait, comment pourrait-on les dénouer simultanément?»

19 Le Bouddha dit : «Il en va de même de la libération des six organes des sens. Lorsque l'organe sensoriel commence à être libéré, on réalise d'abord la vacuité des gens. Lorsque la nature de cette vacuité est pleinement comprise, alors on est libéré des dharmas. Une fois qu'on est libéré des dharmas, aucune sorte de vacuité ne surgit.

20 «On appelle cela la Patience avec la Non-Production que les Bodhisattvas obtiennent au moyen de la samadhi».

En recevant l'enseignement du Bouddha, Ananda et la grande assemblée gagnèrent une sagesse et une conscience qui étaient parfaitement pénétrantes et libres de doutes et d'illusion.

Tous au même moment, ils joignirent les paumes et s'inclinèrent aux pieds du Bouddha. Ananda dit alors au Bouddha: «Aujourd'hui nos corps et nos esprits sont éclairés, et nous voici heureusement libres d'obstruction.

21 «Nous avons compris le sens de la fin des six et de l'un. Et pourtant, nous n'avons pas progressé vers la pénétration fondamentale et parfaite.

«Honoré du Monde, nous qui avons dérivé et nous sommes fourvoyés éon après éon; sans domicile et seuls, nous n'avions aucune idée, n'avions jamais imaginé que nous pourrions rencontrer le Bouddha dans une relation si serrée. Nous sommes comme des enfants perdus qui viennent tout soudain de retrouver leur mère compatissante.

22 SI, grâce à cette rencontre, nous réalisons la Voie, [ce n'aura pas été en vain]. Si nous traitions cet enseignement secret avec notre mode antérieur d'entendement, ce serait pareil que si nous ne l'avions même pas entendu.

23 «Nous souhaitons seulement que le Grandement Compatissant nous accorde le profond secret en tant qu'enseignement final de l'Ainsi-Venu». Après avoir dit cela, Ananda se prosterna, se retira, et attendit en silence la transmission cachée du Bouddha.

Alors, l'Honoré du Monde dit à tous ceux qui étaient dans l'assemblée et qui étaient de grands Bodhisattvas et de grands Arhats qui avaient mis fin à leurs écoulement : «Vous tous, Bodhisattvas et Arhats qui êtes nés du sein de mon Dharma et avez atteint le stade au-delà de l'étude, je vous le demande maintenant : lorsque vous avez manifesté pour la première fois votre résolution et vous êtes éveillés aux dix-huit domaines, lequel d'entre eux vous a apporté la pénétration parfaite? Grâce à quel expédient êtes-vous entrés en samadhi?»

25 Kaundinya, en même temps que les autres cinq Bhikshus, se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Lorsque j'étais dans le Parc aux Cerfs et dans le Jardin des Faisants, j'ai observé l'Ainsi-Venu immédiatement après son accomplissement de la Voie. C'est en entendant la voix du Bouddha que j'ai compris les Quatre Vérités.

26 «Le Bouddha nous interroge à nous, les Bhikshus. Comme j'ai été le premier à comprendre, l'Ainsi-Venu m'a certifié et m'a appelé Ajnata. Le son merveilleux de sa voix fut tout aussi secret qu'envahissant. C'est par le son que je suis devenu un Arhat.

27 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme c'est par lui que j'ai été certifié, le son est le moyen suprême».

28 Upanishad se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Moi aussi, j'ai vu le Bouddha dès qu'il a eu accompli la Voie. J'ai appris à contempler les attributs de l'impureté jusqu'à ce que j'en arrive à l'exécrer et suis arrivé à comprendre que la nature de toutes formes est impure. Les os nus et la fine poussière retournent tous à la vacuité, et je me suis ainsi débarrassé autant de la vacuité que des formes. Avec cette réalisation, j'ai accompli la Voie au-delà de l'étude.

30 «L'Ainsi-Venu m'a certifié et m'a appelé Upanishad. Les objets de la forme ont pris fin et la forme merveilleuse fut en même temps secrète et omniprésente. Ainsi, c'est par les attributs de la forme que je suis devenu un Arhat. Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par leur intermédiaire, les formes sont le moyen suprême».

Pure Jeunesse Exaltée par le Parfum se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «J'ai entendu l'Ainsi-Venu m'enseigner de contempler avec attention tous les phénomènes conditionnés.

31 «J'ai ensuite quitté le Bouddha et j'ai demeuré dans la quiétude d'une pure demeure. J'ai observé que lorsque les Bhikshus allumaient de l'encens «coulant», son odeur pénétrante entraient doucement dans mes narines. J'ai contemplé ce parfum : elle ne provenait pas du bois; et elle ne provenait pas de la vacuité; elle ne provenait pas de la fumée, et elle ne provenait pas du feu. Elle ne venait de nulle part et elle n'allait nulle part. A cause de cela, mon esprit discriminant a été balayé et j'ai atteint l'absence d'écoulements.

32 «L'Ainsi-Venu m'a certifié et m'a appelé Exalté par le Parfum. Les odeurs impures s'évanouirent tout soudain, et le merveilleux parfum fut en même temps secret et omniprésent. C'est par l'ornement du parfum que je suis devenu un Arhat.

Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par leur intermédiaire, être exalté par les parfums est le moyen suprême».

33 Les deux Princes du Dharma, le Roi de Médecine et Médecine supérieure, ainsi que cinq cents dieux Brahma dans l'assemblée se levèrent de leurs sièges, s'inclinèrent aux pieds du Bouddha et lui dirent : «Depuis des temps immémoriaux jusqu'à aujourd'hui, nous avons été de bons médecins pour le monde. Nos bouches ont goûté beaucoup d'herbes, de bois, de métaux et de pierres du monde Saha (notre monde), cent huit mille saveurs. Nous connaissons en détail l'amer, le sûr, le salé, le fade, le doux et les saveurs piquantes et ainsi de suite, dans toutes leurs combinaisons et leurs changements inhérents. Nous avons une connaissance complète de leurs capacités à réchauffer, à être ou ne pas être poison.

35 «En servant l'Ainsi-Venu nous en sommes venus à connaître que la nature des saveurs n'est ni vide ni existante, ni du corps, ni de l'esprit, ni séparé du corps ou de l'esprit. Nous nous sommes éveillés en distinguant entre les saveurs.

«L'Ainsi-Venu nous a scellé et certifié frères et nous a nommés Bodhisattvas Roi de Médecine et Médecine supérieure. Maintenant dans l'assemblée nous sommes des Princes du Dharma sui sommes montés au niveau du Bodhisattva parce que nous nous sommes éveillés grâce aux saveurs.

36 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme nous avons été certifiés par elle, la cause des saveurs est le moyen suprême».

Bhadrapala et seize seigneurs éveillés qui étaient ses compagnons, se levèrent de leurs sièges, s'inclinèrent aux pieds du Bouddha et lui dirent :

37 «La première fois que nous avons entendu le Dharma et que nous avons quitté la vie de famille, c'était sous le Bouddha Roi du Son Impressionnant. Un jours, alors qu'il était temps que le Sangha prenne son bain, j'ai suivi la coutume et je suis entré dans l'établissement de bains. Soudain, je me suis éveillé au fait que l'eau n'emporte pas la poussière, ni ne nettoie le corps. Et à ce moment, j'ai été gagné par la paix et j'ai atteint l'état où il n'y a rien du tout.

38 «Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais oublié cette expérience. Ayant quitté la maison avec le Bouddha, j'ai avancé au-delà de l'étude. Le Bouddha m'a appelé Bhadrapala. Le toucher merveilleux m'a été révélé, et j'ai atteint le niveau d'être un disciple du Bouddha.

39 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par lui, le toucher est le moyen suprême».

Mahakaçyapa, la bhikshuni Lumière Pourpre-dorée ainsi que d'autres se levèrent de leurs sièges, s'inclinèrent aux pieds du Bouddha et lui dirent :

40 «Au cours d'un éon passé dans cette région, je me suis approché d'un Bouddha appelé Soleil, Lune et Lampe, qui était alors dans le monde. C'est de lui que j'ai entendu le Dharma et je l'ai cultivé et étudié avec lui. Après que ce Bouddha soit entré dans la tranquillité, j'ai fait des offrandes à sa sharira et allumé des lampes pour continuer sa lumière. La bhikshuni Lumière Pourpre-dorée a doré l'image du Bouddha. A partir de cette époque, d'une vie après l'autre, mon corps a toujours été parfait et a brillé d'une lumière pourpre-dorée. La bhikshuni Lumière Pourpre-dorée, et d'autres, font partie de ma suite, et nous avons tous pris la résolution d'atteindre la Bodhi au même moment.

5p 42 «J'ai contemplé que les six objets sensoriels du monde changent et se dégradent; ils ne sont qu'une immobilité vide. C'est sur cette base que j'ai cultivé la tranquillité. Maintenant, mon corps et mon esprit peuvent passer par des centaines de milliers d'éons comme s'ils n'étaient qu'un claquement de doigts.

42-43 «C'est en me basant sur la vacuité des dharmas, que j'ai accompli l'état d'Arhat. L'Honoré du Monde dit que je suis le plus avancé dans les pratiques ascétiques dhuta. Le merveilleux Dharma m'a apporté l'éveil et la compréhension, et j'ai mis fin à tous les écoulements. Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par eux, les dharmas sont le moyen suprême».

43-44 Aniruddha se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Lorsque j'ai quitté la maison, j'aimais bien dormir tout le temps. L'Ainsi-Venu me le reprocha et me dit que je ne valais pas mieux qu'une bêtes. En entendant les reproches du Bouddha, je pleurai et me repris. Pendant sept jours je ne dormis point, et j'en ai perdu la vue des deux yeux.

44-45 «L'Honoré du Monde m'a enseigné le Vajra Samadhi de la Vue délicieuse, qui Illumine et qui est Claire. Sans faire usage de mes yeux, je pouvais contempler les dix directions avec une clarté véritable et pénétrante, tout comme si je regardais un morceau de fruit dans la paume de ma main. L'Ainsi-Venu m'a certifié comme ayant atteint l'état d'Arhat.

45 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par cela, renvoyer la vue vers sa source est le moyen suprême».

Kçudrapanthaka se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit :

48 «Je suis déficient dans la capacité à mémoriser et je n'ai pas beaucoup d'intelligence innée. Lorsque j'ai rencontré le Bouddha pour la première fois, j'ai entendu le Dharma et j'ai quitté la vie de famille. Mais lorsque j'ai tenté de me rappeler un vers d'un gâtha de l'Ainsi-Venu, j'ai passé cent jours à en mémoriser la première partie et à oublier la dernière, ou à mémoriser la dernière et oublier la première.

50 «Le Bouddha a eu pitié de mon obtusité et m'a enseigné à me relaxer et à réguler ma respiration. J'ai contemplé ma respiration complètement jusqu'au point subtil où le surgissement, la permanence, la dégradation et la cessation se produisent à tout moment.

51 «Mon esprit a soudain atteint une vaste non-obstruction, jusqu'à ce que prennent fin mes écoulements et que j'aie accompli l'état d'Arhat. Sous le siège du Bouddha, j'ai reçu le sceau et la certification de ce que j'étais au-delà de l'étude.

52 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par cela, renvoyer la respiration vers la vacuité est le moyen suprême».

53 Gavampati se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «J'ai créé une offense dont le résultat fut un karma de la bouche pendant tout un éon passé. J'ai humilié un Shramana, et d'une vie après l'autre, j'ai traîné cette maladie du ruminant.

54-55 «L'Ainsi-Venu m'a enseigné la porte du Dharma pour l'esprit fondamental de la pureté d'une saveur unique. Mes pensées ont pris fin, je suis entré en samadhi, et j'ai appris en contemplant les saveurs comment elles n'ont pas de substance et ne sont pas des choses. Avec pour résultat que mon esprit a transcendé tous les écoulements mondains.

55 «Au plan interne, mon corps et mon esprit on été libérés et au plan externe, j'ai quitté le monde. J'ai laissé les trois domaines de l'existence loin derrière, tout comme un oiseau relâché de sa cage. Je me suis détaché de l'ordure et j'ai essuyé les souillures, et c'est ainsi que mon oeil du Dharma est devenu pur et que j'ai accompli l'état d'Arhat. L'Ainsi-Venu m'a personnellement certifié comme ayant atteint le stade au-delà de l'étude.

56 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par cela, renvoyer la saveur (vers sa source et retourner la conscience est le moyen suprême».

Pilindavatsa se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit :

57 «A partir du jour où j'ai résolu de suivre le Bouddha et d'entrer dans le courant, j'ai souvent entendu l'Ainsi-Venu expliquer comment il n'y a rien en ce monde qui apporte le bonheur. Une fois, j'étais en tournée d'aumônes dans la ville, et je réfléchissais sur cette porte du Dharma et je n'ai pas fait attention à une épine empoisonnée sur mon chemin sur laquelle je me suis piqué le pied. Mon esprit était conscient de la forte douleur physique, mais bien que ma conscience faisait l'expérience de la douleur, j'étais également conscient que dans mon coeur pur, il n'y avait ni douleur ni conscience d'icelle.

58 «J'ai aussi pensé: «est-il possible qu'un corps ait deux consciences ?» Ayant réfléchi sur cela pendant un court instant, mon corps et mon esprit sont soudainement devenus vides. Après vingt et un jours, mes écoulements ont disparu et j'ai accompli l'état d'Arhat. Le Bouddha m'a personnellement certifié et a confirmé que j'avais atteint le stade au-delà de l'étude.

59 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par cela, purifier la conscience et oublier le corps est le moyen suprême».

Subhuti se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Depuis des éons lointains jusqu'à ce jour, mon esprit est resté sans obstacle. Je me rappelle d'aussi nombreuses vies passées qu'il y a de grains de sable dans le Gange. Dès le début, dans le ventre de ma mère, j'ai connu la vacuité et la tranquillité au point que les dix directions sont devenues vides et que j'ai été cause que des êtres ont été certifiés à la nature de la vacuité.

60 «Ayant reçu de l'Ainsi-Venu la révélation que la nature éveillée est véritable vacuité et que la nature de la vacuité est parfaite et claire, j'ai atteint l'état d'Arhat. J'ai soudain pénétré dans la mer de magnifique et claire vacuité de l'Ainsi-Venu. Ma connaissance et mes conceptions sont devenues identiques à celles des Bouddhas. J'ai été certifié comme ayant atteint le stade au-delà de l'étude. Dans la libération de la nature de la vacuité, je reste insurpassé.

61 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par cela, tous les phénomènes entrent dans la vacuité jusqu'à ce que la vacuité et ce qui vacuité même disparaissent. Retourner les dharmas à la vacuité est le moyen suprême».

62 Shariputra se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Depuis des éons lointains jusqu'à ce jour, mon esprit et mes conceptions sont purs. De la sorte, je suis passé par d'aussi nombreuses naissances qu'il y a de grains de sable dans le Gange. D'un seul regard, je puis comprendre toutes les diverses transformations et changements de ce qui est mondain autant que de ce qui est transcendant sans aucune obstruction.

«J'ai un jour rencontré les frères Kashyapa sur la route, et j'ai marché avec eux. Ils parlaient des causes et des conditions, et je me suis éveillé au sans-limites de mon esprit.

64 «J'ai suivi le Bouddha et j'ai quitté la vie de famille. Ma conscience visuelle est devenue claire et parfaite, j'ai obtenu une grande intrépidité et je suis devenu un Arhat. En tant que l'un des disciples les plus anciens du Bouddha, je suis né de la bouche du Bouddha, né du Dharma par transformation.

65 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Comme j'ai été certifié par cela, que l'esprit et la vue émettent de la lumière et que la lumière irradie à travers la connaissance tout autant que la vue est le moyen suprême».

Le Bodhisattva Valeureux Universel se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, et lui dit : «J'ai été un Prince du Dharma avec autant d'Ainsi-Venus qu'il y a de grains de sable dans le Gange. Les Ainsi-Venus dans les dix directions disent à leurs disciples qui ont les racines d'un Bodhisattva de cultiver la conduite du Valeureux Universel, appelée d'après moi.

66-67 «Honoré du Monde, j'utilise mon esprit pour écouter et distinguer la connaissance et les conceptions des êtres. En d'autres régions distantes d'autant de domaines qu'il y a de grains de sable dans le Gange, pour chaque être qui prend la résolution de pratiquer la conduite du Valeureux Universel, je monte immédiatement sur mon éléphant à six défenses, et je crée des centaines de milliers de corps redupliqués qui vont en ces endroits. Quoique leurs obstacles puissent être si lourds qu'ils ne puissent me voir, je caresse en secret le sommet de leurs crânes, je les protège et leur apporte le réconfort, et je les aide à réussir.

67 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. La cause fondamentale dont je parle est écouter avec l'esprit, distinguer avec aisance et émettre de la lumière. Ceci est le moyen suprême».

68 Sundarananda se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, et lui dit : «Quand j'ai quitté la maison pour suivre le Bouddha pour entrer dans le courant, j'ai reçu les préceptes complets, mais mon esprit a toujours été trop dispersé pour la samadhi, et je ne pouvais atteindre l'état de ne plus avoir d'écoulements. L'Honoré du Monde a enseigné à Kaushthila et à moi à contempler le point blanc au bout de notre nez.

69 «Dès le départ, j'ai contemplé avec détermination. après trois semaines, j'ai vu que lorsque je respirais, le souffle dans mes narines ressemblait à de la fumée. A l'intérieur, mon corps et mon esprit se sont clarifiés et à l'extérieur, j'ai parfaitement compris que le monde était comme le cristal, vide et pur. L'apparence fumeuse a progressivement disparu et le souffle dans mes narines est devenu blanc.

70 «Mon esprit s'est ouvert et mes écoulements ont pris fin. Chaque inhalation et chaque exhalation du souffle furent transformées en lumière qui a illuminé les dix directions, et j'ai atteint l'état d'Arhat. L'Honoré du Monde a prédit que dans le futur, j'obtiendrais la Bodhi.

«Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. J'y suis arrivé au moyen de la disparition du souffle, jusqu'à ce que celui-ci émette de la lumière et que la lumière éteigne complètement mes écoulements. C'est cela, le moyen suprême».

71 Purnamaitreyaniputra se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Pendant de vastes éons, j'ai possédé une éloquence sans obstacle. Quand je discute de la souffrance et de la vacuité, je pénètre profondément dans la réalité ultime. De la même manière, je ne ressens aucune peur lorsque je donne des enseignements subtils et merveilleux à l'assemblée sur les portes secrètes du Dharma d'autant d'Ainsi-Venus qu'il y a de grains de sable dans le Gange.

72 «L'Honoré du Monde savait que j'avais une grande éloquence, et, usant de ce son pour faire tourner la roue du Dharma, il m'a enseigné à propager le Dharma. Je me suis joint au Bouddha pour l'aider à faire tourner la roue du Dharma. J'ai accompli l'état d'Arhat grâce à son rugissement de lion. L'Honoré du Monde m'a certifié comme étant le meilleur pour parler du Dharma.

73 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. J'ai utilisé les sons du Dharma pour subjuguer démons et adversaires et pour faire fondre mes écoulements. C'est cela, le moyen suprême».

73-74 Upali se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «J'ai suivi le Bouddha en personne, lorsqu'il a fui la ville et quitté la vie de famille. J'ai observé l'Ainsi-Venu endurer six années d'ascétisme diligent. J'ai vu l'Ainsi-Venu subjuguer tous les démons, ainsi que les adhérents aux voies extérieures et se libérer de tous les écoulements basés sur le désir mondain et l'avidité.

79 «Je me suis basé sur les enseignements du Bouddha sur les préceptes, comprenant les trois mille comportements impressionnants et les quatre-vingt mille aspects subtils jusqu'à ce que mon karma de nature et celui de la contrainte deviennent purs. Mon corps et mon esprit devinrent tranquilles et j'ai accompli l'état d'Arhat.

84-85 «Dans l'assemblée de l'Ainsi-Venu, je garde le compte des règles qui gouvernent la discipline. Le Bouddha lui-même a certifié le fait que mon esprit maintient les préceptes et que je les cultive sincèrement. Je suis considéré comme étant un des chefs de l'assemblée.

85 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. J'ai discipliné le corps jusqu'à ce qu'il atteigne l'aisance et le confort. Alors, j'ai discipliné l'esprit jusqu'à ce qu'il ait atteint la clarté pénétrante. Après quoi mon corps comme mon esprit ont fait l'expérience d'une absorption pénétrante et complète. C'est cela, le moyen suprême».

86 Mahamaudgalyayana se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Un jour que j'étais sur la route à faire ma tournée d'aumônes, j'ai rencontré les trois frères Kashyapa &emdash;Uruvilva, Gaya, et Nadi&emdash;qui ont proclamé pour moi le profond principe des causes et des conditions de l'Ainsi-Venu. J'ai immédiatement pris la résolution et j'ai obtenu une grande compréhension.

87 «L'Ainsi-Venu m'a accepté, j'ai été spontanément enveloppé du kashaya et mes cheveux et ma barbe sont tombés d'eux-mêmes. J'ai erré dans les dix directions, n'ayant aucune obstruction incapacitante. Mes pénétrations spirituelles sont estimées insurpassées et j'ai accompli l'état d'Arhat.

88 «Non seulement l'Honoré du Monde, mais les Ainsi-Venus dans les dix directions louent mes pouvoirs spirituels comme étant parfaitement clairs et purs, maîtrisés et sans peur.

88 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Au moyen d'une attention sans relâche à ce qui est profond, la lumière de mon esprit a été révélée, tout comme l'eau se clarifie lorsque la boue décante. A terme, mon esprit est devenu pur et lustré. C'est cela, le moyen suprême».

89 Ucchushma s'avança devant le Bouddha, joignit ses paumes, s'inclina à ses pieds et lui dit : «Je suis encore en mesure de me rappeler à quel point, il y a de nombreux éons, j'étais à l'excès rempli d'avidité et de désir. Le Bouddha appelé Roi de Vacuité était au monde, et il dit que les gens possédés de trop de désir sensuel deviendraient une masse de feu crépitant. Il m'enseigna à contempler la fraîcheur et la chaleur qui se trouvent partout dans mon corps entier.

90-91 «Une lumière spirituel se forma en moi et transforma mes pensées de sensualité excessive en feu de la sagesse. Après cela, tous les Bouddhas m'ont appelé du nom de Tête de Feu.

91 «A cause de la puissance de cette Samadhi de Lumière de Feu, j'ai accompli l'état d'Arhat. J'ai fait un grand voeu à l'effet que chaque fois qu'un Bouddha accomplirait la Voie, je serais un puissant chevalier et que je soumettrais personnellement l'inimitié des démons.

91-92 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. J'ai fait usage de la contemplation attentive des effets de la chaleur dans mon corps et mon esprit jusqu'à ce qu'elle devienne sans obstruction et pénétrante et que tous mes écoulements aient été consumés. J'ai produit une brillance aveuglante et j'ai accédé à l'éveil. J'ai produit une brillance éblouissante et suis monté vers l'éveil. C'est cela, le moyen suprême».

92 Le Bodhisattva Maintenance de la Terre se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, et lui dit : «Je me rappelle lorsque, dans le passé, l'Ainsi-Venu Lumière Universelle est apparu dans le monde. J'étais un Bhikshu qui travaillait continuellement à niveler les routes principales, les quais de traversiers, et les points dangereux dans le sol, là où le manque d'entretien aurait pu gêner ou endommager les voitures. Je faisais tout, de la construction de ponts au transport de sable.

93 «Grâce à l'apparition de Bouddhas illimités dans le monde, j'étais diligent en ce dur labeur. S'il y avait des gens qui attendaient près des murs ou des portes des cités, et qui avaient besoin de quelqu'un pour transporter leurs biens, je les portais tout au long jusqu'à leur destination, je posais là leurs biens et repartais sans prendre de récompense.

94 «Lorsque le Bouddha Vipaçyin apparut au monde, il y avait partout la famine. Je transportais les gens sur mon dos, et peu importe la distance, je n'acceptais jamais qu'une petite pièce. S'il y avait un char à boeufs pris dans la vase, je faisais usage de ma force spirituelle pour pousser les roues hors de l'ornière et résoudre le problème.

95 «Un jour un roi invita le Bouddha à une fête végétarienne. A cette époque, je servais le Bouddha en nivelant le chemin pour lui au fur et à mesure de ses pas. L'Ainsi-Venu Vipaçyin me caressa la tête et dit: «Tu dois niveler le sol de ton esprit, et alors tout le reste en ce monde sera de niveau».

95 «Immédiatement, mon esprit s'est ouvert et j'ai vu comment les particules de terre qui composent mon propre corps n'étaient en rien différentes de toutes les autres qui composent le monde. Ces particules de poussière ne sont pas en conflit avec notre nature, au point que même la lame d'une épée ne peut pas leur faire de mal.

96 «Au sein de la nature du Dharma je me suis éveillé à la patience avec la non-production des dharmas et j'ai accompli l'état d'Arhat. Mon esprit est revenu et je suis maintenant au rang des Bodhisattvas. En entendant l'Ainsi-Venu proclamer la Merveilleuse Fleur de Lotus, le niveau de la connaissance et de la vision du Bouddha, j'ai déjà été certifié comme ayant compris, et je suis un des chefs de cette assemblée.

97 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. En contemplant attentivement le corps et l'environnement, j'ai vu que ces deux poussières impures sont exactement la même. Fondamentalement, tout est le Trésor de l'Ainsi-Venu, mais c'est alors que la fausseté surgit et crée la poussière impure. Une fois cette poussière impure éliminée, la sagesse est parfaite, et on accomplit la Voie insurpassée. C'est cela, le moyen suprême».

La Pure Jeunesse Clair-de-Lune se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Je me rappelle qu'il y a longtemps, au-delà d'éons aussi nombreux qu'il y a de grains de sable dans le Gange, il y eut dans le monde un Bouddha appelé Dieu-de-l'Eau, qui enseignait à tous les Bodhisattvas à cultiver la contemplation de l'eau et à entrer en samadhi.

98 «J'ai réfléchi à la façon dont l'essence de l'eau n'est pas en discorde à travers tout le corps. J'ai commencé par le mucus, le flegme, la salive, la moelle et le sang, et j'ai passé à l'urine et aux excrément. Au cours de sa circulation à travers mon corps, la nature de l'eau restait la même. J'ai vu que l'eau dans mon corps n'était en rien différente de celle qui se trouve dans le monde extérieur, même dans les terres royales aux bannières flottantes avec leurs mers d'eaux parfumées.

99 «A cette époque, lorsque j'ai eu réussi cette contemplation de l'eau, je ne pouvais voir que l'eau. Je n'étais pas encore arrivé au-delà de mon corps physique.

«J'étais un Bhikshu à l'époque, et un jour que je me trouvais en dhyâna dans ma chambre, un de mes disciples jeta un regard par la fenêtre et ne vit que de l'eau claire qui emplissait toute la chambre. Il ne vit rien d'autre.

100 «Le garçon était jeune, et ne sachant mieux, il prit une tuile et la jeta dans l'eau. Elle frappa l'eau en faisant «clonk». Il regarda tout autour avant de repartir. Lorsque je sortis de ma concentration, je pris soudain conscience d'une douleur au coeur, et je me sentis comme Shariputra a dû se sentir lorsqu'il a rencontré ce cruel fantôme.

101 «Je me suis dit : «Je suis déjà un Arhat et j'ai abandonné depuis longtemps les conditions qui apportent la maladie. Pourquoi est-ce que je ressens soudain cette douleur dans mon coeur? Suis-je sur le point de perdre ma position de non-retraite?'

101-102 «C'est alors que le jeune revint promptement vers moi et me raconta ce qui s'était produit. Je lui dis donc rapidement : «Lorsque tu reverras cette eau, patauge dans cette eau, et enlève la tuile». Le garçon était obéissant, de sorte que lorsque je rentrai en samadhi, il vit l'eau à nouveau ainsi que la tuile, ouvrit la porte, et l'enleva. Lorsque je ressortis de concentration, mon corps était comme avant.

102 «J'ai rencontré d'innombrables Bouddhas et j'ai cultivé ainsi jusqu'à la venue de l'Ainsi-Venu, Roi des Pénétrations Maîtresses des Montagnes et des Mers. Puis j'ai fini par ne plus avoir de corps. Ma nature et les mers d'eaux parfumées à travers toutes les dix directions étaient identiques avec la Véritable Vacuité, sans aucune dualité ni différence. Je suis maintenant en compagnie de l'Ainsi-Venu et on me connaît sous le nom de Pure Jeunesse, et je me suis joint à l'assemblée des Bodhisattvas.

103 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Grâce à la nature de l'eau, j'ai pénétré dans le flot de la saveur unique, j'ai obtenu la patience avec la non-production des dharmas, et j'ai atteint la perfection de la Bodhi. C'est cela, le moyen suprême».

104 Le Prince du Dharma Lumière Vaidurya se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, et lui dit : «Je me rappelle encore qu'à travers des éons aussi nombreux que les grains de sable dans le Gange jusqu'à l'époque d'un Bouddha appelé Son Sans Limites, qui enseignait aux Bodhisattvas que l'éveil fondamental est merveilleux et clair. Il leur enseignait à contempler ce monde et les corps physiques de tous les êtres comme autant de fausses conditions propulsées par la force du vent.

104 «A cette époque, j'ai contemplé la position du monde, et j'ai regardé le passage du temps en ce monde. J'ai réfléchi sur le mouvement et l'immobilité de mon corps. J'ai considéré le surgissement des pensées dans mon esprit. Il n'y avait pas de différence entre ces sortes de mouvement; elles étaient toutes semblables.

105 «Alors, j'ai compris que la nature du mouvement ne vient de nulle part, et ne va nulle part. Chaque particule de matière à travers les dix directions et chaque être plongé dans l'illusion ne sont qu'une seule et même fausseté vide.

105-106 «A terme, les êtres dans chacun des mondes des trois mille millions de systèmes de mondes étaient comme autant de moustiques confinés dans un vase, bourdonnant de façon monotone. Pris dans ces quelques pouces carrés, ils bourdonnent dans un crescendo affolant. Peu après, j'ai rencontré le Bouddha, j'ai atteint la patience avec la non-existence des êtres et des dharmas.

106 «Mon esprit s'est alors ouvert, et j'ai pu voir le pays du Bouddha Immuable à l'est. Je suis devenu un Prince du Dharma et j'ai servi les Bouddhas des dix directions. Mon corps et mon esprit émettent une lumière qui les rend complètement clair et translucide.

107 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. J'ai contemplé la puissance du vent comme dépourvue de quoi que ce soit à quoi on puisse se fier, je me suis éveillé à l'esprit de la Bodhi et suis entré en samadhi, entremêlé à l'esprit unique et merveilleux, transmis par tous les Bouddhas des dix directions. C'est cela, le moyen suprême».

107 Le Bodhisattva Trésor de Vacuité se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, et lui dit :«L'Ainsi-Venu et moi-même avons atteint des corps sans limites lorsque nous étions avec le Bouddha Lumière de la Samadhi.

108 «A cette époque, j'avais dans mes mains quatre énormes perles précieuses, qui brillaient sur des terres de Bouddhas aussi nombreuses que des grains de poussière dans les dix directions, les transformant en vacuité.

108 «Dans mon esprit apparut un grand et parfait miroir et il en sortit quatre sortes de lumière précieuse, merveilleuse, subtile qui se déversaient dans les dix directions jusqu'aux limites les plus lointaines de la vacuité.

109 «Toutes les terres royales ornées de bannières se reflétaient dans ce miroir et passaient à travers mon corps. Cette interaction était totalement sans obstacle, car mon corps était comme la vacuité.

109 «Comme mon esprit était devenu complètement souple, je pouvais entrer à mon aise dans autant de pays qu'il y a de fins grains de poussière et pouvait accomplir le travail du Bouddha à grande échelle.

110 «J'ai obtenu ce grand pouvoir spirituel en contemplant en détail comment les quatre éléments manquent de toute fiabilité; comment la naissance et la cessation des pensées fausses n'est en rien différente de la vacuité; comment toutes les terres de Bouddha sont fondamentalement les mêmes. Une fois que j'ai eu réalisé cette identité, j'ai obtenu la patience avec la non-existence des êtres et des dharmas.

111 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Je me suis servi de la contemplation du sans-limites de la vacuité pour entrer en samadhi et atteindre un pouvoir merveilleux et une clarté parfaite. C'est cela, le moyen suprême».

111 Le Bodhisattva Maitreya se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha et lui dit : «Je me rappelle quand, il a autant d'éons qu'il y a de fins grains de poussière, un Bouddha appelé Lumière du Soleil, de la Lune et de la Lampe est apparu dans le monde. Sous ce Bouddha j'ai quitté la vie de famille; et pourtant j'étais profondément à la recherche de la gloire mondaine, et j'aimais m'associer avec des gens appartenant aux bonnes familles.

115 «C'est alors que l'Honoré du Monde m'a enseigné à cultiver la Concentration de Conscience seule, et que je suis entré en samadhi. Pendant de nombreux éons, j'ai usé de cette samadhi alors que je servais des Bouddhas aussi nombreux qu'il y a de grains de sable dans le Gange. Ma recherche de la gloire mondaine et d'un nom ont complètement cessé et ne s'est jamais plus manifestée.

116 «Lorsque le Bouddha Lampe Brûlante est apparu en ce monde, j'ai finalement accompli la Samadhi de Conscience insurpassé, merveilleusement parfaite.

116-117 «J'ai continué jusqu'à ce que, aux extrémités de l'espace vide, toutes les terres de l'Ainsi-Venu, qu'elles soient pures ou souillées, existantes ou non-existantes, soient des transformations qui n'apparaissaient que dans mon propre esprit.

117 «Honoré du Monde, parce que je comprends la Conscience Seule, des Ainsi-Venus sans limites proviennent de cette nature de la conscience. Maintenant, j'ai reçu cette prédiction que je serai le prochain à prendre la place du Bouddha.

117-118 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. J'ai contemplé intensément les dix directions comme tirant leur origine de la seule conscience. Lorsque la conscience est parfaite et claire, on parfait la sagesse qui perçoit la réalité ultime. On laisse derrière de compter sur les autres, et l'attachement à des calculs incessants, et on atteint la patience avec la non-existence des êtres et des dharmas. C'est cela, le moyen suprême».

119 Le Prince du Dharma Grande Force, de même que cinquante-deux collègues Bodhisattvas, se levèrent de leurs sièges, s'inclinèrent aux pieds du Bouddha et lui dirent:

120 «Je me rappelle quand, il y a autant d'éons qu'il y a de grains de sable dans le Gange, un Bouddha appelé Lumière Sans Limites est apparu dans le monde. Au cours de ce même éon, il y eut douze Ainsi-Venus successifs, dont le dernier s'est appelé le Bouddha Lumière surpassant celle du Soleil et de la Lune. Ces Bouddhas m'ont enseigné la Samadhi de la Récitation Bouddhique :

120-121 «Suppose deux personnes, dont une se rappellerait toujours l'autre, alors que cette dernière aurait entièrement oublié la première. Même si ces deux personnes devaient se rencontrer ou se voir, ce serait pareil, qu'elles se rencontrent et se voient ou non.

123 «D'un autre côté, si deux personnes développent une mémoire intense l'une de l'autre, alors, une vie après l'autre, ils seront l'un par rapport à l'autre comme un objet et son ombre, et ils ne seront jamais séparés.

124 «Les Ainsi-Venus dans les dix directions sont tendrement préoccupés des êtres sensibles tout comme une mère se rappelle son fils. Mais si le fils s'enfuit, à quoi bon que sa mère s'en préoccupe? Cependant, si ce fils se rappelle de sa mère de la même manière que celle-ci se rappelle de lui, alors vie après vie, cette mère et ce fils ne seront jamais bien éloignés l'un de l'autre.

«Si les êtres sensibles se rappellent du Bouddha et le gardent à l'esprit, ils le verront certainement maintenant et dans le futur.

125 «Etant proches du Bouddha, même sans l'aide d'expédients, ils s'éveilleront par eux-mêmes.

«C'est comme une personne qui, une fois parfumée par l'encens, transporte le parfum sur son corps. C'est ce qu'on appelle l'ornement du parfum et de la lumière.

125-126 «Sur la base de la causalité, j'ai fait usage de la conscience du Bouddha pour être patient avec le non surgissement des êtres autant que des dharmas. Maintenant, en ce monde je m'assemble avec tous ceux qui sont conscients du Bouddha, et je les ramène à la Terre Pure.

126 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Je ne choisirais aucun autre moyen que celui qui consiste à rassembler les facultés des six sens par l'usage continuel de la pure conscience du Bouddha pour obtenir la samadhi. C'est là le moyen suprême».

Shurangama Sutra, Volume 5, Deuxième Partie, Texte du Sûtra:



124 «Si des êtres sensibles se rappellent le Bouddha et le gardent à l'esprit, ils le verront certainement maintenant et à l'avenir.

125 «Etant proches du Bouddha, même sans l'aide d'expédients, ils s'éveilleront par eux-mêmes.

«C'est comme une personne qui, une fois parfumée par l'encens, transporte le parfum sur son corps. C'est ce qu'on appelle l'ornement de le parfum et de la lumière.

125-126 «Sur la base de la causalité, j'ai fait usage de la conscience du Bouddha pour être patient avec le non surgissement des êtres autant que des dharmas. Maintenant, en ce monde je m'assemble avec tous ceux qui sont conscients du Bouddha, et je les ramène à la Terre Pure.

126 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Je ne choisirais aucun autre moyen que celui qui consiste à rassembler les facultés des six sens par l'usage continuel de la pure conscience du Bouddha pour obtenir le samadhi. C'est là le moyen suprême.»

127 Alors, le Bodhisattva qui Contemple les Sons du Monde (Avalokiteçvara) se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, et lui dit :

131)«Honoré du Monde, je me rappelle qu'il y eut dans le monde, il y a autant d'éons qu'il y a de grains de sable dans le Gange, un Bouddha appelé Celui qui Contemple les Sons du Monde. J'ai pris la résolution de Bodhi alors que j'étais en compagnie de ce Bouddha, qui m'a enseigné à entrer en samadhi au moyen d'un processus d'écoute et de réflexion.

131-132 «Au départ, je suis entré dans le flot de l'écoute et j'ai oublié l'endroit où j'étais entré. Comme autant cet endroit que l'entrée étaient calmes, les deux attributs de mouvement et d'immobilité se sont annulés mutuellement et n'ont pas surgi. Après quoi, en avançant graduellement, l'écoute et ce qui était entendu ont disparu tous deux. Une fois que l'écoute eût pris fin, il n'y avait plus rien à quoi se fier, et autant la conscience que ses objets devinrent vides. Lorsque la vacuité de la conscience eut été ultimement parfaite, la vacuité et ce qui était vidé cessèrent également d'être. Lorsque la naissance et la cessation eurent disparu, la tranquillité fut révélée.

134 «Soudain, j'ai transcendé le mondain et le transcendantal, et une parfaite clarté a prévalu à travers les dix direction. J'ai obtenu deux états suprêmes.

134 «Tout d'abord, j'ai fait l'union au-dessus avec l'esprit merveilleusement éveillé fondamental de tous les Bouddhas des dix directions, et j'en ai tiré une force de compassion égale à celle de tous les Bouddhas, Ainsi-Venus.

134 «En second, j'ai fait l'union en dessous avec tous les êtres dans les six voies, et j'en ai tiré un regard bienveillant pour tous les êtres sensibles.

135-136 «Honoré du Monde, parce que j'ai servi et que j'ai fait des offrandes à l'Ainsi-Venu qui Contemple les Sons du Monde, j'ai reçu de cet Ainsi-Venu une transmission du Vajra-Samadhi de Tous les Etres qui sont comme une Illusion lorsqu'on est Plongé dans l'Ecoute et qu'on Cultive l'Ecoute. Parce que j'ai acquis une force de compassion égale à celle de tous les Bouddhas, les Ainsi-Venus, j'ai atteint trente-deux corps de réaction et j'ai pénétré toutes les terres.

136-137 «Honoré du Monde, si les Bodhisattvas entrent en samadhi et progressent dans leur culture jusqu'à ce qu'ils mettent fin aux écoulements et qu'ils montrent la perfection de leur entendement supérieur, j'apparaîtrai sous la forme d'un Bouddha et je leur exposerai le Dharma, faisant en sorte qu'ils atteignent la libération.

137 «Si ceux qui étudient sont tranquilles et ont une merveilleuse clarté et montrent la perfection de leur magnificence supérieure, je leur apparaîtrai sous la forme d'un Eveillé en Solitaire et je leur exposerai le Dharma, faisant en sorte qu'ils atteignent la libération.

138 «Si ceux qui étudient on rompu les douze conditions causales, et, ayant rompu ces conditions, révèlent une nature suprême, et montrent la perfection de la magnificence, je leur apparaîtrai sous la forme d'un Eveillé aux Conditions et je leur exposerai le Dharma, faisant en sorte qu'ils atteignent la libération.

140 «Si ceux qui étudient ont atteint la vacuité des Quatre Vérités, et, par leur culture de la Voie, peuvent entrer dans la tranquillité et montrer la perfection de la magnificente nature, je leur apparaîtrai sous la forme d'un Auditeur et je leur exposerai le Dharma, faisant en sorte qu'ils atteignent la libération.

140-141 «Si des êtres souhaitent avoir l'esprit clair et éveillé et ainsi ne se livrent pas aux désirs mondains, souhaitant purifier leurs corps, je leur apparaîtrai sous la forme d'un Brahma Roi et je leur exposerai le Dharma, faisant en sorte qu'ils atteignent la libération.

141 «Si des êtres souhaitent être des dirigeants célestes et diriger des êtres célestes, je leur apparaîtrai sous la forme d'un Shakra et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

142 «Si des êtres souhaitent atteindre à la maîtrise physique de soi et errer à travers les dix directions, je leur apparaîtrai sous la forme d'un dieu du Ciel de la Maîtrise de Soi et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

143 «Si des êtres souhaitent atteindre à la maîtrise physique de soi et voler à travers l'espace, je leur apparaîtrai sous la forme d'un dieu du Ciel de la Grande Maîtrise de Soi et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

143 «Si des êtres aiment à gouverner des fantômes et des esprits afin de secourir et de protéger leurs nations, je leur apparaîtrai sous la forme d'un grand général céleste et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

144 «Si des êtres aiment à gouverner le monde afin de protéger les êtres, je leur apparaîtrai sous la forme de l'un des Quatre Rois Célestes et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

144 «Si des êtres ont plaisir à naître dans des palais célestes et à fréquenter les fantômes et les esprits, je leur apparaîtrai sous la forme d'un prince des royaumes des Quatre Rois Célestes et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

145 «Si des êtres aimeraient être rois des peuples, je leur apparaîtrai sous la forme d'un roi humain et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

145-146 «Si des êtres ont plaisir à être chefs de clans que les gens du monde respectent et à qui on cède le passage, je leur apparaîtrai sous la forme d'un ancien et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

146 «Si des êtres se complaisent à discuter les classiques et se tiennent élevés et purs, je leur apparaîtrai sous la forme d'un upasaka et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

147 «Si des êtres ont plaisir à gouverner leur pays et à régler les affaires de l'Etat, je leur apparaîtrai sous la forme d'un haut-fonctionnaire et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

147 «Si des êtres aiment la divination et les incantations et souhaitent se garder et se protéger, je leur apparaîtrai sous la forme d'un Brahmane et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

148 «Si des hommes aiment l'étude et veulent quitter la vie de famille et garder les préceptes et les règles, je leur apparaîtrai sous la forme d'un Bhikshu et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

150 «Si des femmes aiment l'étude et veulent quitter la vie de famille et garder les préceptes et les règles, je leur apparaîtrai sous la forme d'une Bhikshuni et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

151 «Si des hommes ont plaisir à garder les cinq préceptes, je leur apparaîtrai sous la forme d'un upasaka et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu. Si des femmes souhaitent maintenir les cinq préceptes, je leur apparaîtrai sous la forme d'une upasika et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

151-152 «Si des femmes veulent gouverner les affaires internes de leur maisonnée ou de leur pays, je leur apparaîtrai sous la forme d'une reine, d'une noble dame, ou d'un tuteur de dames de cour et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

152 «Si de jeunes hommes souhaitent demeurer purs, je leur apparaîtrai sous la forme d'un garçon vierge et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

152 «Si des jeunes filles veulent rester vierges et ne souhaitent pas se marier, je leur apparaîtrai sous la forme d'un jeune vierge et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

153 «Si des êtres célestes souhaitent échapper à leur destin céleste, je leur apparaîtrai sous la forme d'un dieu et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

153 «Si des dragons veulent quitter leur lot d'être des dragons, je leur apparaîtrai sous la forme d'un dragon et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

154 «Si des yakshas veulent échapper à leur présent destin, je leur apparaîtrai sous la forme d'un yaksha et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

155 «Si des gandharvas souhaitent être libérés de leur destin, je leur apparaîtrai sous la forme d'un gandharva et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

155 «Si des asuras (Titans) souhaitent être libérés de leur destin, je leur apparaîtrai sous la forme d'un asura et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

157 «Si des kinnaras souhaitent transcender leur destin, je leur apparaîtrai sous la forme d'un kinnara et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

157 «Si des mahoragas souhaitent être libérés de leur destin, je leur apparaîtrai sous la forme d'un mahoraga et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

158 «Si des êtres humains aiment être des gens et cultiver, je leur apparaîtrai sous forme humaine et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

158 «Si des non-humains, soit avec une forme ou sans forme, soit avec pensée soit sans pensée, languissent d'être libérés de leur destin, je leur apparaîtrai dans un corps semblable au leur et je leur exposerai le Dharma, ce qui leur permettra d'accomplir leur voeu.

159 «Ceux-ci sont ce qu'on appelle les trente-deux corps de réaction merveilleusement purs qui entrent dans toutes les terres. Ils viennent à être grâce à la merveilleuse force sans effort et la maîtrise de soi du Samadhi de Devenir Plongé dans l'Ecoute et la Culture de l'Ecoute.

160 «Honoré du Monde, également à cause de la merveilleuse force sans effort de ce Vajra-Samadhi de Devenir Plongé dans l'Ecoute et la Culture de l'Ecoute, j'ai une douce empathie pour tous les êtres dans les six voies à travers les dix directions et les trois périodes de temps. Sur la base de mes réalisations physiques et mentales, je peux faire en sorte que les êtres qui rencontrent mes avatars reçoivent les vertus méritoires des quatorze sortes d'intrépidité.

161 D'abord : parce que je ne contemple pas les sons en eux-mêmes, mais bien plutôt le contemplateur, je peux permettre aux êtres à travers les dix directions qui souffrent et qui sont en détresse d'atteindre à la libération en contemplant leurs sons de récitation de mon nom.

161 «En second : comme je peux tourner ma connaissance et mes visions à l'intérieur, je peux empêcher les êtres qui sont pris dans un feu ardent d'en être brûlés.

162 «Troisièmement : comme je peux tourner ma contemplation et mon écoute à l'intérieur, je peux empêcher les êtres qui sombrent dans les eaux profondes de se noyer.

162 «Quatrièmement : comme mes pensées fausses sont tranchées et que mon esprit est sans pensées de meurtre ou de nuisance, je peux empêcher les êtres qui pénètrent dans le territoire des fantômes d'être objet de nuisances.

163 «Cinquièmement : comme je suis plongé dans l'écoute et que j'ai réalisé ce qu'est l'écoute, de telle sorte que les six organes sensoriels ont été dissous et sont redevenus identiques avec l'écoute, je peux empêcher les êtres d'être blessés, en faisant en sorte que les couteaux se brisent en morceaux. Je peux faire en sorte que les épées n'aient pas plus d'effet que si elle coupaient l'eau ou que si quelqu'un soufflait sur la lumière.

164 «Sixièmement : comme mon écoute est devenue si compénétrante et mon énergie essentielle claire, la lumière pénètre le Domaine du Dharma de telle sorte qu'il ne demeure aucune obscurité. C'est ainsi que je peux préserver les êtres des yakshas, rakshasas, kumbhetas, piçachas, et putanas en empêchant ces fantômes de les voir même s'ils s'en approchent.

165 «Septièmement : comme la nature du son a complètement fondu, et grâce à la contemplation, mon écoute est retournée à elle-même; laissant tomber l'implication avec les objets des sens faux et impurs, je peux libérer les êtres des liens des cangues et des chaînes.

166 «Huitièmement : lorsqu'il n'y a plus de son et que l'écoute est parfaite, un pouvoir de compassion totale surgit et je protège des voleurs les êtres qui voyagent sur une route dangereuse.

166 «Neuvièmement : lorsque l'écoute m'habite, il se produit une séparation des objets impurs qui fait que les formes n'agissent plus en tant que voleurs. Alors je peux permettre de laisser le plaisir, l'avidité et le désir loin derrière.

168 «Dixièmement : quand le son est si pur qu'il n'y a pas d'objet impur, l'organe sensoriel et l'état externe se trouvent parfaitement fusionnés, et rien n'est apparié à rien d'autre. Alors, je peux permettre aux êtres qui sont pleins de colère et de haine de cesser d'être haineux.

170 «Onzièmement : quand les objets impurs ont disparu, une lumière part en spirale, et le Domaine du Dharma ainsi que le corps et l'esprit sont comme du cristal, transparent et sans obstacle. Alors, je peux permettre à tous les êtres sombres et obtus dont les natures sont sans obstacle &emdash; tous icchantikas &emdash; pour qu'ils soient pour toujours libres de la stupidité et de l'obscurité.

172-173 «Douzièmement : lorsque la forme se dissipe et retourne à l'audition, alors immobile au sein de l'immobile Bodhimeta je peux voyager parmi les êtres sans rien déranger dans leurs mondes; je peux passer par les dix directions en faisant des offrandes à autant de Bouddhas, Ainsi-Venus, qu'il y a de fins grains de poussière. Aux côtés de chaque Bouddha je deviens un Prince du Dharma, et je peux permettre aux êtres sans enfants à travers tout le Domaine du Dharma qui souhaitent avoir des fils de recevoir la bénédiction de fils méritoires, vertueux, et sages.

173 «Treizièmement : grâce à la pénétration des six organes sensoriels, la lumière et ce qui est éclairé ne sont pas deux. Embrassant les dix directions, un grand miroir parfait se tient dans le Trésor Vide de l'Ainsi-Venu. J'hérite des portes secrètes du Dharma d'autant d'Ainsi-Venus qu'il y a de fins grains de poussière à travers les dix directions, et je les reçois sans perte. Je peux permettre aux êtres sans enfants à travers tout le Domaine du Dharma qui souhaitent avoir des filles de recevoir la bénédiction de très jolies filles qui sont droites, vertueuses et obéissantes et que tout le monde chérit et respecte.

174 «Quatorzièmement : Dans ce système de trois mille millions de mondes avec ses milliards de soleils et de lunes, autant de princes du Dharma qu'il y a de grains de sable dans soixante-deux Ganges apparaissent dans le monde, cultivent le Dharma, et agissent en tant que modèles afin d'enseigner et de transformer les êtres. Ils répondent aux êtres au moyen d'expédients et de la sagesse, de manière différente pour chacun.

175 «Cependant, parce que j'ai obtenu la parfaite pénétration de l'organe sensoriel et que j'ai découvert la merveille de la porte de l'oreille, grâce à quoi mon corps et mon esprit ont inclus de façon subtile et miraculeuse tout le Domaine du Dharma, je peux permettre aux êtres qui invoquent mon nom d'obtenir autant de mérite et de vertu qu'en pourrait obtenir une personne qui invoquerait les noms de tous les princes du Dharma en nombre équivalent aux grains de sable dans soixante-deux Ganges.

176 «Honoré du Monde, le mérite de mon seul nom est le même que celui de tous ces nombreux noms, parce que j'ai obtenu une pénétration véritable et parfaite grâce à ma culture.

«C'est ce qu'on appelle les quatorze pouvoirs de conférer l'intrépidité; c'est grâce à eux que je bénit les êtres vivants.

177 «Qui plus est, Honoré du Monde, parce que j'ai obtenu une parfaite pénétration et que j'ai cultivé la voie de la certification qui est sans égale, j'ai été aussi doté de quatre vertus inconcevables et merveilleuses sans effort.

«D'abord : parce que j'ai atteint la merveille miraculeuse d'entendre l'esprit, l'essence de l'esprit a été libérée de l'organe et des états de l'ouïe. En conséquence, il n'y a aucune distinction entre la vue, l'ouïe, la sensation, la connaissance, etc. L'éveil est devenu un éveil simple, de fusion parfaite, pur et précieux. Pour cette raison, je suis en mesure de manifester de nombreuses apparences merveilleuses et de proclamer des mantras spirituels secrets sans limites.

178 «Parmi celles-là, je peux apparaître avec une tête ou trois têtes, cinq têtes, sept têtes, neuf têtes, onze têtes etc., y-compris avec cent-huit têtes, un millier de têtes, dix-mille têtes ou quatre-vingt quatre mille têtes vajra;

178 «deux bras, quatre bras, six bras, huit bras, dix bras, douze bras, quatorze, seize, dix-huit bras ou vingt bras, vingt-quatre bras etc. jusqu'à même cent-huit bras, mille bras, dix-mille bras ou quatre-vingt quatre mille bras de mûdra;

179 «deux yeux, trois yeux, quatre yeux, neuf yeux, etc. y-compris cent-huit yeux, mille yeux, dix-mille yeux ou quatre-vingt quatre mille yeux purs et précieux, parfois pleins de compassion, parfois terrifiants, parfois en samadhi, parfois faisant preuve de sagesse, afin de venir au secours et de protéger les êtres sensibles afin qu'ils atteignent une grande maîtrise de soi.

180 «Deuxièmement : parce que l'ouïe et la considération ont échappé aux six objets d'impureté, de même que le son franchit un mur, elles ne pouvaient plus être gênées. C'est pour cette raison que j'ai la merveilleuse capacité de manifester une forme après l'autre et de réciter mantra sur mantra. Ces formes et ces mantras chassent les craintes des êtres sensibles. C'est pourquoi, à travers les dix directions, en autant de terres qu'il y a de fins grains de poussière, je suis connu comme celui qui accorde la capacité de ne pas avoir peur.

180-181 «Troisièmement : parce que j'ai cultivé la pénétration et la purification fondamentales et merveilleuses de l'organe des sens, partout où je me rends dans n'importe quel monde, je peux inspirer aux êtres d'offrir leurs vies et leurs biens pour rechercher ma sympathie.

181 «Quatrièmement : parce que j'ai obtenu l'esprit du Bouddhas et que j'ai été certifié comme ayant atteint la fin ultime, je peux faire des offrandes de rares trésors aux Ainsi-Venus des dix directions et aux être des six sentiers à travers tout le Domaine du Dharma.

182 «Si des êtres cherchent un époux ou une épouse, ils peuvent obtenir un époux ou une épouse. S'ils cherchent des enfants, ils peuvent avoir des enfants. S'ils cherchent le samadhi, ils obtiennent le samadhi; s'ils recherchent une longue vie, ils obtiennent une longue vie, etc., jusqu'à s'ils cherchent le grand Nirvâna, ils obtiennent le grand Nirvâna.»

182-183 «Le Bouddha s'enquiert de la parfaite pénétration. Par le portail de l'oreille, j'ai obtenu un samadhi parfait et illuminant qui m'a permis de réagir aisément aux esprits des être. En pénétrant dans le courant jusqu'à revenir à la nature et obtenir le samadhi, j'ai accompli la Bodhi. C'est là le moyen suprême».

183 «Honoré du Monde, ce Bouddha, l'Ainsi-Venu, a fait mon éloge comme ayant bien obtenu la porte du Dharma de la parfaite pénétration. Dans la grande assemblée, il m'a accordé une prédiction et le nom de Celui qui Contemple les Sons du Monde.

183-184 «Parce que ma contemplation et mon écoute sont parfaitement claires dans les dix directions, le nom de Celui qui Contemple les Sons du Monde envahit tous les domaines dans les dix directions.»

184)Alors l'Honoré du Monde sur son trône du Lion émit simultanément de ses cinq extrémités une lumière radieuse qui brilla loin à travers les dix directions pour baigner la tête d'autant d'Ainsi-Venus et de Princes du Dharma Bodhisattvas qu'il y a de grains de poussière.

185)Tous ces Ainsi-Venus émirent également de leurs cinq extrémités des lumières radieuses qui étaient aussi nombreuses que des grains de poussière et qui venaient des différentes directions baigner la tête du Bouddha tout comme celles des grands Bodhisattvas et Arhats de l'assemblée.

185 Les bosquets, les arbres, les bassins, et les étangs proclamèrent tous le son du Dharma.

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Coeur de Loi
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Posté le: Mer 23 Juin 2010 - 11:04    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 6
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Ananda rajusta ses robes et puis, au milieu de l'assemblée, joignit les paumes et s'inclina. Son mental était parfaitement clair, et il ressentit un mélange de joie et de tristesse. Son intention était d'agir au bénéfice des êtres du futur car il rendit obéissance au Bouddha et dit : "Honoré du monde Extrêmement Compatissant. Je me suis déjà éveillé et j'ai atteint cette porte du Dharma pour devenir un Bouddha, et je puis la cultiver sans le moindre doute.

J'ai souvent entendu l'Ainsi-Venu dire : "Sauve les autres d'abord, sauve-toi ensuite; puis, sauve-toi toi-même. C'est là l'aspiration d'un Être-d'Éveil. Une fois ton propre éveil parfait, alors tu peux éveiller les autres. C'est de cette façon que les Ainsi-Venus répondent au monde". Quoique je ne sois pas encore sauvé, je fais voeu de sauver tous les êtres de l'âge de la fin du Dharma.

Honoré du monde, ces êtres sont du temps du Bouddha, et il y aura autant d'enseignants hérétiques qui exposeront leurs enseignements qu'il y a de grains de sable dans le Gange. Je veux permettre à ces êtres de rassembler leurs pensées et d'entrer en méditation. Comment puis-je les amener à résider en paix dans un endroit de la voie, loin des exploits des démons, et à ce que leur résolution pour l'Éveil soit irréversible ?"
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À ce moment, l'Honoré du monde fit l'éloge d'Ananda devant toute l'assemblée, en disant : "Excellent ! C'est vraiment excellent que tu aies demandé comment établir un lieu de la voie et comment sauver et protéger les êtres plongés dans le marasme de la période finale.

Écoute bien, maintenant, je vais te l'expliquer". Ananda et la grande assemblée s'accordèrent pour écouter l'enseignement.

Le Bouddha dit à Ananda : "Tu m'entends constamment expliquer dans la discipline qu'il y a trois aspects décisif à la culture. C'est à dire, que rassembler ses pensées constitue les préceptes; des préceptes procède la méditation; et de la méditation surgit la sagesse. C'est ce qu'on appelle les trois études sans écoulements.
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Ananda, pourquoi est-ce que j'appelle préceptes le fait de rassembler ses pensées ? Si les êtres dans les six voies de tout monde ordinaire n'avaient aucune pensée de luxure, elles n'auraient pas à entreprendre une succession continuelle de naissances et de morts.

Ton objectif fondamental pour cultiver la méditation, c'est de transcender les souillures épuisantes. Mais si tu ne renonces pas aux pensées de luxure, tu ne pourras pas sortir de la poussière.

Même si les gens peuvent posséder une certaine sagesse et la manifestation de la méditation, s'ils ne retranchent pas la luxure, ils sont sûrs d'entrer sur des chemins démoniaques. Au mieux, ils deviendront des rois-démons; en moyenne, ils deviendront membres de la suite des démons; au niveau le plus bas, ils deviendront des démons femelles.

Ces démons ont tous leurs groupes de disciples. Chacun prétend avoir accompli la voie sans pareille.
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Après ma tranquillité, dans l'âge de la fin du Dharma, ces hordes de démons pulluleront, se répandant comme un incendie de broussailles tout en pratiquant l'avidité et la luxure, en même temps qu'ils prétendront être des conseillers de bonne connaissance. Ils seront cause que des êtres tomberont dans la fosse du désir et des conceptions et perdront leur chemin vers l'Éveil.

Lorsque vous enseignez aux gens du monde à cultiver la méditation, ils doivent tout d'abord se couper de l'esprit de luxure. C'est là, la première claire et décisive instruction de pureté donnée par les Ainsi-Venus, les Bouddhas du passé, Honorés du monde.

En conséquence, Ananda, si les cultivateurs de la méditation ne tranchent pas le désir charnel, ils sont comme quelqu'un qui cuirait du sable en espérant en obtenir du riz. Après des centaines de milliers d'éons, ce sera ne toujours que du sable chaud. Pourquoi ? Ce n'était pas du riz au départ; ce n'était que du sable.
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Si tu pars en quête de la merveilleuse réalisation du Bouddha mais que tu es encore possédé du désir charnel, alors, même si tu atteins un merveilleux éveil, il sera basé sur le désir charnel. Avec le désir charnel à sa source, tu tourneras dans les trois sentiers, et tu ne pourras en sortir. Quelle route prendras-tu pour cultiver et être certifié au Nirvâna de l'Ainsi-Venu ?

Tu dois retrancher le désir charnel qui est intrinsèque au corps comme à l'esprit. Puis te débarrasser même de l'aspect de le retrancher. À ce point, tu auras quelqu'espoir d'atteindre l'Éveil du Bouddha.

Ce que j'ai dit ici est l'enseignement du Bouddha. Toute explication qui le contredirait serait l'enseignement du Papiyan.
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De plus, Ananda, si des êtres dans les six sentiers de tout monde mondain, n'avaient aucune pensée de tuer, ils n'auraient pas à passer par une continuelle succession de naissances et de morts.

Ton objectif fondamental pour cultiver la méditation est de transcender les souillures épuisantes. Mais si tu ne renonces pas à tes pensées de meurtre, tu ne pourras sortir de la poussière.

Même si les gens peuvent avoir quelque sagesse et les manifestations de la méditation, ils sont certains d'entrer dans la voie des esprits affamés s'ils ne cessent pas de tuer. Tout au plus deviendront-ils des fantômes de grande force; en moyenne, ils deviendront des génies volants, des chefs de fantômes ou à l'avenant; au pire ils deviendront des démons religieux liés à la terre.

Ces fantômes et esprits ont tous leurs suivants. Chacun prétend avoir accompli la voie sans Pareille.
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Après ma tranquillité, dans l'âge de la fin du Dharma, ces hordes de fantômes et d'esprit pulluleront, se répandant comme un incendie de broussailles tout en prétendant que de manger de la viande peut conduire sur la voie de l'Éveil.

Ananda, je permets aux moines de manger cinq sortes de pure viande. Cette viande est en fait une transformation amenée par mes pouvoirs spirituels. Elle n'a fondamentalement pas de force vitale. Vous, prêtres, vivez dans un climat si chaud et humide, et sur une terre si sablonneuse et rocheuse que les légumes n'y poussent pas; en conséquence; il m'a fallu vous assister de mes pouvoirs spirituels et de ma compassion. À cause de cette bonté magnanime et de cette compassion, cette soi-disant viande correspond à votre goût. Après mon extinction, comment ceux qui mangent la chair d'êtres vivants pourront-ils être appelés les disciples de Çakya ?

Il faut que vous sachiez que ces gens qui mangent de la viande peuvent obtenir une certaine conscience et peuvent sembler être en méditation, mais qu'ils sont tous de grands démons religieux. Lorsque prend fin leur rétribution, ils sont destinés à sombrer dans la mer amère de la naissance et de la mort. Ce ne sont pas des disciples du Bouddha. De telles gens se tuent et se mangent les uns les autres dans un cycle sans fin. Comment de telles personnes peuvent-elles transcender le triple domaine ?
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Lorsque vous enseignez à des gens comment cultiver la méditation, ils doivent aussi cesser de tuer. C'est là la seconde instruction claire et décisive sur la pureté que donnent les Ainsi-Venus, les Bouddhas du passé, Honorés des mondes.

En conséquence, Ananda, si ceux qui cultivent la méditation ne cessent pas de tuer, ils sont comme quelqu'un qui se boucherait les oreilles et crierait d'une forte voix, croyant que personne ne l'entend. Il essaie de couvrir le son, mais ceci ne fait que l'augmenter.

Les purs moines et Êtres-d'Éveil qui pratiquent la pureté ne mettront même pas le pied sur le gazon de leur chemin; encore moins ne l'arracheraient-ils avec leurs mains. Comment quelqu'un animé d'une grande compassion pourrait-il consommer la chair et le sang des êtres ?
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Les moines qui ne portent ni soie, ni bottes en cuir, ni fourrures ou duvet, soit importés soit trouvés sur place, et qui ne consomment ni lait, ni crème ni beurre, peuvent vraiment transcender ce monde. Lorsqu'ils ont remboursé leurs dettes passées, ils n'auront pas à revenir dans le Triple Domaine.

Pourquoi donc ? Lorsque quelqu'un porte quoi que ce soit qui ait été pris à une créature vivante, il crée des conditions avec cette créature, tout comme lorsque les gens ont mangé les cent grains, leurs pieds ne pouvaient plus quitter le sol. On doit, autant physiquement que mentalement, éviter les corps et les sous-produits des êtres, autant en les portant qu'en les mangeant. Je dis que de telles personnes obtiennent la vraie libération.

Je que j'ai dit est l'enseignement du Bouddha. Toute explication qui va à l'encontre serait l'enseignement de Papiyan.
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Qui plus est, Ananda, si les êtres dans les six chemins de tout monde mondain n'avaient aucune pensée de vol, ils n'auraient pas à subir une succession continuelle de naissances et de morts.

Ton but de base dans la culture de la méditation, c'est de transcender les souillures épuisantes. Mais si tu ne renonces pas à tes pensées de vol, tu ne pourras te sortir de la poussière.

Même si les gens peuvent avoir une certaine sagesse et la manifestation de la méditation, ils sont certains de pénétrer sur une voie déviante s'ils ne cessent pas de voler. Au mieux, ils deviendront des apparitions habiles; dans la moyenne, ils seront des fantômes vampiriques; au pire, ils deviendront des personnes déviantes possédées par les esprits des rivières.

Ces hordes déviantes ont toutes leurs disciples. Chacune prétend avoir accompli la voie sans pareille.
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Après ma tranquillité, dans l'âge de la fin du Dharma, ces vampires et ces entités déviantes abonderont, se répandant comme le feu de brousse tout en trompant les gens subrepticement. Se prétendant conseillers de bonne connaissance, ils prétendront tous avoir atteint le Dharma insurpassé. Incitant et trompant l'ignorant, ou les effrayant au point de leur faire perdre le bon sens, ils détruiront et laisseront en ruines des ménages partout où ils passeront.

J'enseigne aux moines à mendier leur nourriture selon là où ils sont, afin de les aider à renoncer à l'avidité et à accomplir la voie de l'Éveil. Les moines ne préparent pas leur propre nourriture, afin qu'à la fin de cette vie d'existence transitoire dans le triple domaine, ils puissent se montrer comme étant des Une-Fois-Revenus qui partent et ne reviennent pas.

Comment des voleurs pourraient-ils endosser mes robes et vendre l'Ainsi-Venu, en disant que peu importe le Karma qu'on crée, ce n'est que le Bouddhadharma ? Ils diffament des moines qui ont quitté la vie de famille et pris les préceptes complets, disant qu'ils appartiennent à la voie du Petit Véhicule. Ce cette façon, ils confondent les êtres illimités, étant cause de ce qu'ils s'égarent, jusqu'à les faire tomber dans l'Enfer Intermittent.
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Après ma tranquillité, j'affirme que les moines qui ont pris la résolution décisive de cultiver la méditation, et qui peuvent allumer devant les images des Ainsi-Venus une lampe à huile sur leurs corps, ou se cramer un doigt, ou brûler ne fut-ce qu'un bâton d'encens sur leurs corps, éteindront alors leurs dettes depuis des temps immémoriaux.

Ils pourront quitter ce monde et être pour toujours libres d'écoulements. Quoique n'ayant pas instantanément compris l'Éveil sans Égal, ils auront déjà focalisé leur esprit sur le Dharma.

Mais si on ne pratique aucune de ces renonciations de complaisance du corps au niveau causal, alors, même si on réalise l'inconditionné, on devra quand même revenir en tant que personne pour éteindre ses dettes passées, exactement comme il m'a fallu me soumettre à la rétribution d'avoir à manger les céréales des chevaux.
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Lorsque vous enseignez à des gens du monde comment cultiver la méditation, ils doivent aussi cesser de voler. C'est là, la troisième claire et décisive instruction sur la pureté que dispensent les Ainsi-Venus, les Bouddhas du passé, Honorés des mondes.

En conséquence, Ananda, si ceux qui cultivent la méditation ne cessent pas de voler, ils sont comme quelqu'un qui verse de l'eau dans une tasse qui fuit en espérant la remplir. Il pourra continuer pendant autant d'éons qu'il y a de fins grains de poussière, mais à la fin, la tasse ne sera toujours pas remplie.

Si les moines ne gardent rien d'autre que leurs robes et leurs bols; s'ils donnent ce qui reste de leurs offrandes de nourriture aux êtres affamés; s'ils joignent les paumes de leurs mains et rendent obéissance à l'entière grande assemblée; si lorsque les gens les blâment ils peuvent le considérer comme une louange; s'ils peuvent sacrifier leur corps et leur esprit mêmes, donnant leur chair, leurs os, et leur sang aux êtres vivants.
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Et s'ils ne répètent pas les enseignements non-ultimes de l'Ainsi-Venu comme s'il s'agissait de leurs propres explications, induisant en erreur ceux qui viennent à peine de commencer l'étude; alors le Bouddha leur donne son sceau comme quoi ils ont atteint une méditation véritable.

Ce que j'ai dit ici est l'enseignement du Bouddha. Toute explication qui irait à son encontre est l'enseignement de Papiyan.

Ananda, quoique les êtres dans les six voies de tout monde puissent ne pas tuer, voler, ou se débaucher en corps ou en pensée, ces trois aspects de leur conduite étant ainsi parfaits, s'ils disent divers mensonges importants, alors la méditation qu'ils atteignent ne sera pas pure. Ils deviendront des démons de l'amour et des concepts, et ils perdront la semence de l'Ainsi-Venu.
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Ils prétendent qu'ils ont atteint ce qu'ils n'ont pas atteint, et qu'ils ont été certifiés alors qu'ils n'ont pas été certifiés. Peut-être cherchent-ils à être les premiers dans le monde, êtres supérieurs et très vénérés.

Ils annoncent à leurs audiences qu'ils ont atteint le fruit d'un Entré dans le courant de la Loi, d'un Ne revenant qu'une fois à l'existence, d'un Ne revenant pas à l'existence, de l'état de vénérable, du Véhicule de Éveillé-pour-Soi, ou des divers niveaux de l'état d'Être-d'Éveil jusqu'à et y-compris les dix Bases, afin d'amener les autres à les révérer et à se repentir devant eux et parce qu'ils sont avides d'offrandes.

Ces orgueilleux détruisent les semences de la Bouddhéité aussi sûrement qu'un arbre tala est détruit si on l'abat. Le Bouddha prédit que de telles gens tranchent leurs bonnes racines pour toujours et perdent leur connaissance et vision. Immergés dans l'océan des Trois Souffrances, ils ne peuvent atteindre la méditation.
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J'ordonne qu'après ma tranquillité, les Êtres-d'Éveil et les vénérables apparaissent en des corps de réaction dans l'âge de la fin du Dharma, et qu'ils prennent diverses formes afin de sauver ceux qui sont pris dans le cycle des renaissances.

Il leur faudra soit devenir des auditeurs, des laïcs vêtus de blanc, des rois, des ministres ou des officiels, des jeunes gens ou de jeunes filles vierges, et ainsi de suite, et même des prostituées, des veuves, des débauchés, des voleurs, des bouchers ou des contrebandiers, faisant les mêmes choses que ces sortes de gens tout en chantant les louanges du véhicule du Bouddha et leur permettant ainsi d'entrer dans la méditation en corps et en esprit.

Mais ils ne devront jamais dire d'eux-mêmes : "Je suis vraiment un Être-d'Éveil", ou : "je suis vraiment un vénérable", ou permettre à la cause secrète du Bouddha de fuir en parlant sans préparation à ceux qui n'ont pas encore étudié.
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Sinon à la fin de leurs vies, et même là seulement à ceux qui héritent des enseignements. Autrement, ces gens ne plongeraient-ils pas les autres dans l'illusion et la confusion et ne se vautreraient-ils pas dans des prétentions grossièrement fausses ?

Lorsque vous enseignez aux gens du monde comment cultiver la méditation, ils doivent aussi cesser de mentir. C'est là, la quatrième instruction claire et décisive instruction sur la pureté que dispensent les Ainsi-Venus, les Bouddhas du passé, Honorés des mondes.

En conséquence, Ananda, quelqu'un qui ne cesse pas de mentir est comme quelqu'un qui sculpterait un excrément humain en forme d'encens dans l'espoir de le rendre parfumé. Il tente l'impossible.

J'enseigne aux moines que l'esprit droit est le lieu de la voie et qu'en tous les aspects de leur pratique des quatre comportements excellents, il leur faut éviter la fausseté. Comment sans ça pourraient-ils prétendre avoir eux-mêmes atteint les lois d'une personne supérieure ?
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Ce serait comme un pauvre qui se dirait faussement empereur et qui amènerait par là sa propre exécution. Encore moins devrait-on tenter d'usurper le titre de Roi du Dharma. Lorsque la base causale n'est pas vraie, les effets sont distordus. Celui qui recherche l'Éveil du Bouddha de cette manière est comme une personne qui tente de mordre son propre nombril. Qui pourrait jamais arriver à cela ?

Si l'esprit des moines est aussi droit que la corde d'un arc, et s'ils sont vrais et réels en tout ce qu'il font, alors ils peuvent entrer en méditation et n'être jamais impliqués dans les actions des démons. Je certifie que de telles personnes accompliront la Connaissance et l'Éveil insurpassés d'un Être-d'Éveil.

Ce que j'ai dit ici est l'enseignement du Bouddha. Toute explication qui y est contraire est l'enseignement de Papiyan.
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Ananda, tu m'as interrogé sur la concentration de ses propres pensées; J'ai maintenant commencé à expliquer la merveilleuse méthode de la culture pour entrer en méditation afin de rechercher la voie d'Être-d'Éveil. Il faut d'abord être pur comme le givre brillant lorsque l'on tient les quatre règles de comportement. On doit se retenir de tout comportement superflu et alors, les trois maux de l'esprit et les quatre de la bouche n'auront plus de cause de surgir.

Ananda, si on ne néglige pas ces quatre sujets, et de plus, si l'on ne recherche pas les formes, les odeurs, les goûts, les objets du toucher et ainsi de suite, alors, comment les actes démoniaques peuvent-ils apparaître ?

Si les gens ne peuvent mettre fin à leurs habitudes passées, on doit leur enseigner à réciter d'un esprit sans distraction, le mantra spirituel sans pareil de "la lumière au sommet du crâne du Bouddha": mahâ Sadana Dwo Bwo Dharani.
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C'est l'invisible apparence au sommet du crâne des têtes des Ainsi-Venus. C'est le mantra du coeur proclamé par les Bouddhas de l'esprit inconditionné qui proviennent des sommets de leurs crânes dans un déluge de lumière et qui sont assis sur des fleurs de lotus garnis de joyaux.

Qui plus est, tes vies passées avec la fille de Matangi ont créé des éons accumulés de causes et de conditions. Tes habitudes d'affection et d'amour émotionnel ne remontent pas qu'à une seule vie et pas même à un seul éon. Pourtant, aussitôt que je l'ai proclamé, elle a été libérée pour toujours de l'amour dans son coeur et a accompli l'état de vénérable.

Même cette prostituée, qui n'avait aucune intention de cultiver la sagesse, a été aidée imperceptiblement aidée par ce pouvoir spirituel et a été rapidement certifiée dans la position au-delà de l'étude; alors qu'en est-il de vous, Auditeurs dans l'assemblée, qui cherchez le véhicule suprême et avez résolu d'atteindre l'état de Bouddha ? Pour vous cela devrait être aussi facile que de jeter de la poussière dans un vent favorable. Quel est donc le problème ?
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Ceux qui, dans l'âge final, souhaiteront s'asseoir dans un lieu de la voie devront d'abord maintenir les vrais préceptes d'un moine. Pour ce faire, ils devront trouver pour leur enseignant un Ascète des plus éminents qui est pur dans son respect des préceptes. S'ils ne rencontrent pas un membre du Sangha qui soit véritablement pur, il est alors absolument certain que leur comportement dans les préceptes et les règles ne pourra être accompli.

Ayant bien tenu les préceptes, il leur faudra mettre des vêtements frais et propres, allumer de l'encens en un endroit où ils sont seuls, et réciter cent-huit fois le mantra spirituel donné par les Bouddhas de l'esprit. Après cela, il leur faudra s'assurer des limites et établir le lieu de la voie.

Ils devront alors supplier les incomparables Ainsi-Venus qui demeurent dans leurs terres dans les dix directions pour qu'ils émettent une lumière de grande compassion qui oint le sommet de la tête des cultivateurs de l'Éveil.
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Ananda, lorsque à l'époque de la fin du Dharma de tels moines purs, nonnes, ou donateurs en robe blanche capables de se débarrasser de l'avidité et de la luxure même au niveau mental, et de prendre les voeux d'Être-d'Éveil dans un lieu de la voie, et de se laver en entrant et en sortant, à chaque fois, pourront continuer cette pratique de la voie nuit et jour pendant trois semaines sans dormir, je leur apparaîtrai en forme physique et je caresserai le sommet de leur tête pour les réconforter et leur permettre d'accéder à l'Éveil."

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du monde, enveloppé dans l'enseignement insurpassé et compatissant de l'Ainsi-Venu, mon esprit a déjà obtenu un éveil, et je sais comment cultiver et être certifié dans la voie au-delà de l'étude. Mais comment font ceux qui cultivent dans l'époque finale et veulent établir un endroit de la voie, pour assurer les limites en accord avec les règles de pureté des Bouddhas, Honorés du monde ?"

Le Bouddha dit à Ananda : "S'il est des gens au cours de l'ère de la fin du Dharma qui veulent établir un lieu de la voie, il leur faut trouver d'abord une puissante vache blanche dans les montagnes enneigées, une qui broute les herbes grasses, luxuriantes et sentant bon la fertilité des montagnes. Comme une telle vache ne boit que l'eau pure des montagnes enneigées, sa bouse sera très fine. On peut prendre alors cette bouse de vache, la mélanger avec du chandana, et en enduire le sol.
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Si elle ne provient pas des montagnes enneigées, la bouse de vache sentira mauvais et on ne pourra l'utiliser pour enduire le sol. En ce cas, choisissez un endroit plat, creusez de quelque cinq pieds et utilisez cette terre jaune.

Mélangez-la avec de l'encens de chandana, de l'encens 'coulant-dans-l'eau', de l'encens au jasmin, de l'encens à odeur permanente, de l'encens de tulipes, de l'encens de pâte blanche, de l'encens de bois vert, de l'encens de tumulus odoriférant, de l'encens de pin doux, et de l'encens 'langue-de-poulet'. Broyez ces dix ingrédients en une fine poudre, faites-en une pâte, et badigeonnez en le sol de la plate-forme. La zone devrait faire 16 pieds (5 mètres) de large et être de forme octogonale.

Au centre de la plate-forme, placez une fleur de lotus faite d'or d'argent de cuivre ou de bois. Au milieu de la fleur, posez un bol rempli de rosée ramassée lors du huitième mois lunaire. Déposez une abondance de pétales de fleur sur l'eau Disposez huit miroirs circulaires à intervalles autour de la fleur et du bol. À l'extérieur des miroirs, disposez seize fleurs de lotus et seize encensoirs, de sorte que les brûle-parfum soient décorés et disposés entre les fleurs. N'y brûlez que de l'encens 'qui-coule-dans-l'eau', en l'allumant avec une braise, et pas avec une flamme ouverte.
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Placez le lait d'une vache blanche dans seize récipients, avec des gâteaux faits avec la même sorte de lait, du sucre granulé, des gâteaux à l'huile, du gruau au lait, du turushka, du gingembre au miel, du beurre clarifié et du miel filtré. Ces seize choses sont posées tout autour des seize fleurs comme offrande aux Bouddhas et aux grands Êtres-d'Éveil.

À chaque repas et à minuit, préparez un quart de litre de miel et trois cinquièmes de litre de beurre clarifié. Posez un petit brûle-parfum devant la plate-forme. Soutirez le liquide odorant de l'encens turushka et servez-vous en pour nettoyer le charbon. Allumez-les de sorte que la flamme monte, et jetez le beurre clarifié et le miel dans l'encensoir brûlant. Laissez-le brûler jusqu'à disparition de la fumée et présentez-le aux ,Bouddhas et aux Êtres-d'Éveil.

Drapez des bannières et des guirlandes de fleurs sur les quatre murs extérieurs, et dans la pièce où est située la plate-forme, arrangez des images des Ainsi-Venus et des Êtres-d'Éveil des dix directions sur les quatre murs.
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À l'endroit le plus éminent, disposez des images du Bouddha Vairocana , du Bouddha Çakyamuni, du Être-d'Éveil Maitreya , du Bouddha Akshobhya, du Bouddha Amitabha, et toutes les magnifiques transformations de l'Être-d'Éveil Guanyin (Contemplateur des Sons du Monde). À gauche et à droite, placez les Êtres-d'Éveil Trésor-de-Diamant. À côté d'eux, disposez les seigneurs Shakra et Brahma, Ucchushma, et Dirgha la bleue, de même que Kundalini et Bhrukuti et tous les quatre Rois célestes, avec Vinayaka à droite et à gauche de la porte.

Suspendez alors huit miroirs dans l'espace qui entoure la plate-forme de sorte qu'ils fassent exactement face aux miroirs sur la plate-forme.

Durant les premiers sept jours, inclinez-vous sincèrement devant les noms des Ainsi-Venus des dix directions, les grands Êtres-d'Éveil, et les noms des Arhats. À travers toutes les six périodes du jour et de la nuit, récitez continuellement le mantra pendant que vous ferez le tour de la plate-forme. Pratiquez la voie d'un esprit sincère, en récitant le mantra cent-huit fois à chaque session.
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Pendant la seconde semaine, prononcez les voeux d'Être-d'Éveil d'une intention sans faille et sans hésitation. Dans mon Vinaya, j'ai déjà enseigné à propos des voeux.

Pendant la troisième semaine, tenez le mantra du Bouddha, [Sita â] tapatra , pendant douze heures à la fois d'une seule intention; et le septième jour, les Ainsi-Venus des dix directions apparaîtront simultanément. Leur lumière se reflétera dans les miroirs, illuminant ainsi toute la zone; et ils caresseront le front des pratiquants.

Si on cultive une méditation comme celui-là dans un endroit de la voie, même à l'époque de la fin du Dharma, on pourra étudier et pratiquer jusqu'à ce que le corps et l'esprit seront aussi purs et clairs que Vaidurya.
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Ananda, si l'un quelconque des maîtres de transmission des préceptes aux moines ou l'un quelconque sur dix religieux dans l'assemblée n'est pas pur, l'endroit de la voie tel que décrit n'aura pas de succès.

Après trois semaines, asseyez-vous droit et immobile pendant cent jours. Ceux qui ont des racines solides ne se lèveront pas de leur siège et deviendront des Çrota-apannas. Quoique leurs corps et esprits n'aient pas encore atteint le fruit ultime de la sagesse, ils savent avec certitude, au-delà de toute question, qu'ils réaliseront un jour la Bouddhéité.

Vous avez demandé comment établir le lieu de la voie. C'est ainsi qu'il faut faire."
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Ananda s'inclina aux pieds du Bouddha et dit : "Après que j'ai eu quitté la vie domestique, je me suis reposé sur le regard affectueux du Bouddha. Comme je recherchais l'érudition, je n'ai pas encore été certifié à l'inconditionné.

Lorsque j'ai trouvé ce Mantra du Ciel de Brahma, j'ai été capturé par l'incantation déviante; quoique mon esprit ait été conscient, je n'avais aucune force pour me libérer. Il me fallait m'appuyer sur l'Être-d'Éveil Manjushri pour me libérer. Quoique béni par le mantra spirituel du front du Bouddha de l'Ainsi-Venu et ayant imperceptiblement reçu sa force, je ne l'ai toujours pas entendu moi-même.

J'espère seulement que le Très Compatissant le proclamera encore pour gentiment sauver tous ceux dans cette assemblée qui cultivent ainsi que ceux du futur qui parcourront les sentiers de la renaissance, afin qu'ils soient libérés en corps et esprit en se basant sur les sons secrets du Bouddha".
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À ce moment, tous ceux qui étaient dans la grande assemblée s'inclinèrent comme un seul homme et se levèrent en attendant d'entendre la secrète compilation de phrases de l'Ainsi-Venu.

À cette époque, des centaines de rayons brillants de lumière surgirent de l'éminence de chair au sommet du crâne de l'Honoré du monde. Un précieux lotus aux mille pétales surgit alors du milieu de ces rayons. Sur ces précieuses fleurs était assis un Ainsi-Venu de transformation.

Du sommet de son crâne, dix rayons de lumière irradiaient, chacun composé de centaines de rayons de lumière subtile. Chacun de ces rayons luisants brillait sur des terres aussi nombreuses que les grains de sable de dix fleuves Gange, cependant qu'à travers l'espace vide, des esprits de Trace Secrète de Diamant apparurent, chacun tenant une montagne et maniant un pilon.
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La grande assemblée, les yeux levés, ressentit une admiration craintive et demanda l'aimable protection du Bouddha. Avec application, ils écoutèrent pendant que l'Ainsi-Venu proclamait son mantra spirituel à la lumière de l'Empreinte de la Couronne Invisible :

(voir la liste de 544 mots, donnée sur le lien de la source)
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Ananda, c'est de ce faisceau de lumière au sommet du crâne du Bouddha, le chant secret, Sita â tapatra , avec sa subtile et merveilleuse compilation de phrases, que tous les Bouddhas des dix directions proviennent. Parce que les Ainsi-Venus des dix directions utilisent ce coeur de mantra, ils réalisent la Connaissance et l'Éveil Insurpassés, Corrects, et Compénétrant.

Parce que les Ainsi-Venus des dix directions prennent ce coeur de mantra, ils soumettent tous les démons et contrôlent tous les adhérents aux voies externalistes.

Parce que les Ainsi-Venus des dix directions se prévalent de ce coeur de mantra, ils sont assis sur des fleurs de lotus en joyau et répondent à travers les pays aussi nombreux que des grains de poussière.
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Parce que les Ainsi-Venus des dix directions incarnent ce coeur de mantra, ils font tourner la grande roue du Dharma dans des terres aussi nombreuses que de fins grains de poussière.

Parce que les Ainsi-Venus des dix directions tiennent ce coeur de mantra, ils peuvent passer par les dix directions pour caresser le sommet de la tête des êtres et répandre leurs bénédictions sur eux. Quiconque dans les dix directions n'a pas encore réalisé les niveaux de la sage fruition peut recevoir des prédictions de ces Bouddhas.

Parce que les Ainsi-Venus des dix directions sont fondés sur ce coeur de mantra, ils peuvent aller dans les dix directions pour sauver les êtres des souffrances endurées dans les enfers, en tant qu'esprits affamés, en tant qu'animaux, ou en étant aveugles, sourds, ou muets, de même que les souffrances de se retrouver en compagnie de ceux qu'on hait, la souffrance d'être séparés de ceux qu'on aime, les souffrances de ne pas obtenir ce que l'on recherche et la souffrance de la fournaise brûlante des cinq agrégats.
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Ils peuvent simultanément libérer les êtres autant des accidents majeurs et mineurs. En réponse à leur récitation, les dangers qui impliquent des bandits, des armées, la loi ou la prison, les dangers qui impliquent le vent, le feu et l'eau; et les dangers de famine, de soif, ou de pauvreté, sont tous éradiqués.

Parce que les Ainsi-Venus des dix directions sont en accord avec ce coeur de mantra, ils peuvent servir de bons et sages conseillers à travers les dix directions. En demeurant dans les quatre aspects du comportement impressionnant, ils font des offrandes absolument appropriées. Dans les assemblées d'autant d'Ainsi-Venus qu'il y a de grains de sable dans le Gange, ils sont considérés être de grands Princes du Dharma.

Parce que les Ainsi-Venus des dix directions pratiquent ce coeur de mantra, ils peuvent se rassembler et enseigner à leurs parents dans les dix directions et empêchent que ceux du Petit Véhicule ne prennent peur lorsqu'ils entendent ce trésor secret.

Parce que les Ainsi-Venus des dix directions récitent ce coeur de mantra, ils réalisent l'Éveil Sans Pareil pendant qu'ils sont assis sous les arbres de l‘Éveil, et entrent dans le Nirvâna complet.
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Parce que les Ainsi-Venus des dix directions transmettent ce coeur de mantra, après leur Nirvâna, ceux à qui ils ont transmis le Bouddhadharma peuvent y demeurer et le soutenir au degré ultime. En étant stricts et purs dans les préceptes et les règles, ils peuvent atteindre la pureté totale.

Si je devais expliquer ce Mantra [Sita â] tapatra et ce faisceau de lumière au sommet de la tête du Bouddha du matin jusqu'à la nuit sans m'arrêter, sans jamais répéter une syllabe ou une phrase, je pourrais continuer ainsi pendant d'aussi nombreux éons qu'il y a de grains de sable dans le Gange, et pourtant n'en jamais finir.

Je vous dirai aussi que ce mantra s'appelle "La couronne de l'Ainsi-Venu".
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À moins que vous teniez ce mantra, tous autant que vous êtes avec encore quelque chose à étudier qui n'ont pas encore mis fin au cycle des renaissances et pourtant avez eu une détermination sincère de devenir des Arhats, vous trouverez qu'il est impossible de s'asseoir dans un endroit de la voie et d'être bien à l'abri en corps et en esprit de toutes emprises démoniaques.

Ananda, que tout être en n'importe quel pays de n'importe quel monde recopie ce mantra en écriture sur des supports typiques de sa région, tels que l'écorce de bouleau, le pattra, le papier ordinaire et le tissu de coton blanc, et le stockent dans un sac contenant de l'encens. Si cette personne porte ce sachet sur son corps, ou garde une copie de ce mantra chez elle, alors il faudra que vous sachiez que même si elle en comprend si peu qu'elle ne peut même pas réciter ce mantra de mémoire, elle ne sera pas atteinte par aucun poison pendant toute sa vie.

Ananda, je vais maintenant t'en dire plus sur la manière dont ce mantra peut sauver et protéger le monde, aider les gens à obtenir une grande intrépidité, et amènent la sagesse transcendantale des êtres jusqu'à l'accomplissement. Il faut que tu saches qu'après mon extinction, s'il y a des êtres à l'époque de la fin du Dharma qui peuvent réciter ce mantra eux-mêmes ou enseigner aux autres à le réciter, de telles personnes qui récitent et le maintiennent ne seront pas brûlés par le feu, ne seront pas noyés par l'eau et ne seront pas blessés par des poisons doux ou violents.
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D'autres telles choses ne leur arriveront pas non plus, y-compris d'être possédés par aucun dragon, dieu, fantôme, esprit, entité bizarre, fantôme démoniaque, ou mantra mauvais. L'esprit de ces personnes atteindra la réception correcte, de sorte qu'il n'y aura aucun enchantement, aucune sorcellerie paralysante, ni poison fait d'herbes, d'or, d'argent; aucune plante, aucun arbre, insecte ou serpent; et aucune des myriades de sortes de vapeurs empoisonnées qui ne sera transformé en douce rosée lorsqu'on la rencontrera ou l'ingérera.

Aucune mauvaise étoile, ni aucun fantôme ou esprit qui contienne de la malice en son coeur et empoisonne les autres ne pourra effectuer ses maléfices sur ces personnes. Les Vinayaka tout autant que les rois de mauvais esprits et leurs suites seront amenés par la profonde bonté à toujours les garder et les protéger.

Ananda, tu dois savoir que quatre-vingts-quatre-mille nayutas de kotis des sables du Gange des Rois-Êtres-d'Éveil de trésor de diamant et leurs descendants, chacun avec des multitudes de diamant à leur suite, sont toujours en service jour et nuit, sur ce mantra.
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Si les êtres dont les esprits sont répandus et qui n'ont pas de méditation se rappellent et récitent ce mantra, les Rois-Diamant entoureront toujours ces bonnes gens. C'est encore plus vrai pour ceux qui se sont fermement décidés sur l'Éveil. Tous les Rois-Êtres-d'Éveil de Trésor de Diamant les regarderont avec attention et hâteront secrètement l'ouverture de leur conscience spirituelle.

Lorsque cette réaction a lieu, ces gens pourront se rappeler les événements d'autant d'éons qu'il y a de grains de sable dans quatre-vingts-quatre-mille Ganges, les sachant tous sans aucun doute ni illusion.

À partir de là, à travers toutes les vies jusqu'à ce qu'ils prennent leur dernier corps, ils ne renaîtront pas là où il y a des yakshas, des rakshasas, des putanas, des kataputanas, des kumbhandas, des piçachas et ainsi de suite; ni là où il y a toutes sortes d'esprits affamés, ou d'êtres ayant ou n'ayant pas de forme, ayant ou n'ayant pas la pensée, ou en n'importe quel endroit aussi mauvais.
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Si ces bons hommes lisent, récitent, copient ou écrivent ce mantra, s'ils le transportent ou le chérissent, ou s'ils lui font des offrandes, alors, éon après éon ils ne seront ni pauvres ni humbles, et ne naîtront pas en des endroits déplaisants.

Si ces êtres n'ont jamais fait aucun acte générateur de bénédiction, les Ainsi-Venus dans les dix directions leur conféreront leur propre mérite et vertu.

À cause de cela, pendant des asamkhyas d'ineffables, indicibles quantités d'éons, aussi nombreux que les grains de sable du Gange, ils renaîtront toujours dans des endroits où il y a des Bouddhas. Leurs mérite et vertu sans limites seront triples, comme les grappes de fruit de l'amala, car ils demeurent au même endroit, se compénètrent de la culture, et ne se séparent jamais des Bouddhas.
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En conséquence, ce mantra peut permettre à ceux qui ont enfreint les préceptes de regagner la pureté de la source des préceptes. Il peut permettre à ceux qui n'ont pas reçu les préceptes de les recevoir. Il peut faire en sorte que ceux qui ne sont pas vigoureux le deviennent. Ce mantra peut permettre à ceux qui manquent de sagesse d'en obtenir. Il peut faire que ceux qui ne sont pas purs le deviennent rapidement. Il peut amener ceux qui ne sont pas végétariens de le devenir naturellement.

Ananda, si de bons hommes qui professent ce mantra devaient violer les purs préceptes avant de les avoir reçus, leur multitude d'offenses encourues par ces violations, qu'elles soient majeures ou mineures, peuvent être simultanément éradiquées après qu'ils auront professé ce mantra.

Même s'ils avaient bu des intoxicants ou mangé des cinq sortes de plantes irritantes et diverses autres choses impures par le passé, les Bouddhas, les Êtres-d'Éveil, les esprits Diamant, les dieux, les immortels, les fantômes, et les esprits n'auront pas le dessus sur eux.
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S'ils sont malpropres et dépenaillés, avec de vieilles nippes pour effectuer leur pratique seuls dans un endroit, ils peuvent être également purs. Même s'ils n'érigent pas une plate-forme, s'ils n'entrent pas dans un lieu de la voie, mais récitent et professent ce mantra, leur mérite et leur vertu pourra toujours être identique avec celle qui est tirée du fait d'entrer sur la plate-forme et de pratiquer la voie.

S'ils ont commis les cinq actes de rébellion, de graves offenses garantissant une rétribution sans intermittence, ou s'ils sont des moines ou des nonnes qui ont violé les quatre parajikas ou les huit parakikas, après leur récitation de ce mantra, même un Karma aussi lourd pourra disparaître après qu'ils auront récité ce mantra, comme une dune de sable est éparpillée par une bourrasque, au point que pas une particule n'en demeure.

Ananda, si des êtres qui ne se sont jamais repentis et qui n'ont jamais réformé aucune des offenses obstructives, lourdes ou légères, qu'ils ont commises au cours des infinis et innombrables éons passés, jusqu'à et y-compris ceux de cette vie même, peuvent néanmoins lire, réciter, copier, ou écrire ce mantra ou le porter sur leurs corps ou le placer dans leurs domiciles ou leurs maisons de campagne, alors tout ce Karma accumulé fondra comme la neige dans l'eau chaude. Avant longtemps, ils obtiendront l'éveil à la Patience avec la non-existence des êtres comme des Dharmas.
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Qui plus est, Ananda, si des femmes qui n'ont pas d'enfants et veulent concevoir, peuvent sincèrement mémoriser et réciter ce mantra ou porter le mantra Sita â tapatra sur elles, elles pourront donner naissance à des fils ou à des filles pourvues de bénédictions, de vertus et de sagesse.

Ceux qui veulent une longue vie l'obtiendront. Ceux qui cherchent à perfectionner rapidement leurs récompense seront rapidement en mesure de le faire. Il en va de même de ceux qui recherchent quelque chose pour leurs corps, leurs vies, leur apparence ou leur force.

À la fin de leurs vies, ils obtiendront la renaissance qu'ils espèrent dans n'importe laquelle des terres de n'importe laquelle des dix directions qu'ils souhaitent. Il est sûr qu'ils ne renaîtront pas dans des endroits déshérités, ni en tant que gens de niveau inférieur; encore moins renaîtront-ils sous une forme bizarre.
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Ananda, s'il y a la famine ou la peste dans un pays, une province ou un village, ou si peut-être des armées, des brigands, des invasions, une guerre ou n'importe quelle sorte de danger ou de menace locale, alors, en écrivant ce mantra spirituel, et en le mettant à toutes les portes de la ville, ou sur un chaitya ou sur un dhjava, en donnant pour instruction de vénérer le mantra, d'y obéir, de le révérer, et d'y faire des offrandes sans penser à autre chose; en donnant instruction à tous les citoyens de le porter sur eux ou de le placer chez eux, et alors ces désastres et calamités disparaîtront complètement.

Ananda, dans tous les pays où les gens s'accordent avec ce mantra, les dragons célestes sont ravis, les vents et les pluies sont saisonnières, les cinq sortes de récoltes sont abondantes, et les gens sont paisibles et heureux.

Il peut également supprimer toutes les mauvaises étoiles qui peuvent apparaître dans aucune des directions et se transformer de manières mystérieuses. Il n'y aura ni calamités ni les obstructions. Les gens ne mourront pas accidentellement ou à l'improviste, et ils ne seront pas mis aux fers, ni dans les cangues ou en prison. Jour et nuit, ils seront en paix, et aucun cauchemar ne viendra troubler leur sommeil.
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Ananda, ce monde Saha est doté de quatre-vingt-quatre mille mauvaises étoiles changeantes et potentiellement dévastatrices. Vingt-huit grandes mauvaises étoiles les mènent, et huit autres grandes mauvaises étoiles sont leurs chefs. Elles prennent diverses formes, et lorsqu'elles apparaissent dans le monde, elles apportent désastres et calamités imprévues sur les êtres.

Mais chaque fois que ce mantra est gardé, elles seront toutes éradiquées. Une frontière sera assurée sur douze yojanas tout autour, et aucune calamité ni infortune n'empiétera jamais sur elles.

En conséquence, l'Ainsi-Venu proclame que ce mantra protégera tous ceux qui à l'avenir auront commencé à cultiver l'étude, de sorte qu'ils puissent entrer en méditation, être pacifiés dans leur corps et leur esprit, et atteindre une grande tranquillité.
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Encore moins ne pourront les vexer ou les blesser tout démon, fantôme, ou esprit, pas plus que tout ennemi, calamité, ou infortune dus à des vies antérieures qui remontent à des temps sans commencement, ou tout vieux Karma ou dettes passées.

En ce qui vous concerne, vous ou quiconque dans l'assemblée qui étudiera, et en ce qui concerne les cultivateurs du futur qui dépendront de ma plate-forme et maintiendront les préceptes en accord avec le Dharma; qui auront reçu les préceptes de membres purs du Sangha; et qui maintiennent ce coeur-de-mantra sans donner naissance à des doutes : si d'aussi bonnes personnes que celles-là ne comprenaient pas leurs esprits dans ce corps même, alors les Ainsi-Venus dans les dix directions auraient menti!"

Lorsqu'il eut fini cette explication, d'incommensurables centaines de milliers de Chevaliers-Pouvoir-du-Diamant dans l'assemblée virent devant le Bouddha, joignirent leurs paumes, s'inclinèrent, et dirent au Bouddha : "D'un esprit sincère, nous protégerons ceux qui cultivent l'Éveil de cette manière, selon ce qu'a dit le Bouddha".
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Alors le roi Brahma, le dieu Shakra, et les quatre grands rois célestes vinrent tous devant le Bouddha, rendirent obéissance tous ensemble, et dirent au Bouddha : "Si effectivement il y a de bonnes personnes qui cultivent et étudient de cette manière, nous ferons tout notre possible pour les protéger sincèrement et faire que tout soit selon leurs voeux à travers leurs vies entières".

Qui plus est d'incommensurables grands généraux génies, rois démons religieux, rois putana, rois kumbheta, rois vampires, Vinayaka, les grands rois fantômes, et tous les attributeurs fantômes s'avancèrent vers le Bouddha, joignirent leurs paumes, et lui rendirent obéissance tous ensemble : "Nous avons également fait voeu de protéger ces gens et de faire en sorte que leur Éveil soit rapidement parfaite".

De plus, d'incommensurables quantités de dieux du soleil et de la lune, de seigneurs de la pluie, de seigneurs des nuages, de seigneurs du tonnerre, de seigneurs de l'éclair qui patrouillent à travers l'année, et toutes les suites d'étoiles qui étaient aussi dans l'assemblée s'inclinèrent aux pieds du Bouddha et lui dirent : "Nous protégeons aussi tous ces pratiquants, de sorte que leurs lieux de la voie soient paisibles et qu'ils puissent atteindre le sans peur".
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Qui plus est, d'incommensurables quantités de d'esprits des montagnes, d'esprits des mers, et tous ceux de la terre; les myriades de créatures et d'entités de l'eau, de la terre, et de l'air; de même que le roi des esprits du vent et les dieux de les Cieux sans Forme, s'avancèrent vers l'Ainsi-Venu, inclinèrent leurs têtes, et dirent au Bouddha : "Nous protégerons aussi ces pratiquants, jusqu'à ce qu'ils atteignent l'Éveil et ne laisserons jamais aucun démon arriver à leurs fins avec eux".

Alors le Roi du Trésor-Diamant et les Êtres-d'Éveil dans la grande assemblée, aussi nombreux que quatre-vingt quatre mille nayutas de kotis de grains de sable dans le Gange, se levèrent de leurs sièges, s'inclinèrent aux pieds du Bouddha, et dirent au Bouddha : "Honoré du monde, la nature de nos actes dans la culture de la voie est telle que, quoique nous ayons depuis longtemps accompli l'Éveil, nous ne nous accrochons pas au Nirvâna, mais accompagnons toujours ceux qui maintiennent ce mantra, secourant et protégeant ceux qui, à l'époque finale, cultivent correctement la méditation.

Honoré du monde, des personnes comme ceci, qui cultivent leurs esprits et recherchent une concentration appropriée, que ce soit à l'endroit de la voie ou en se promenant, et même ces personnes qui, d'un esprit dispersé, errent et s'amusent dans les villages, seront accomplies et protégées par nous et notre suite.
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Quoique les rois démons et les dieux de grands conforts tenteront de les atteindre, ils ne pourront jamais y arriver. Les fantômes devront rester à distance de dix yojanas de ces bonnes personnes, à part ces êtres qui ont décidé qu'ils veulent cultiver le dhyâna.

Honoré du monde, si ces méchants démons ou leurs suites veulent faire du mal ou déranger ces bonnes gens, nous exploserons leurs têtes en morceaux avec nos massues en diamant. Nous aiderons toujours ces gens à accomplir ce qu'ils veulent."

Alors Ananda se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, et dit au Bouddha : "Maintenant que nous qui sommes obtus et lents, qui aimons l'érudition mais n'avons pas cherché à arrêter les écoulements de nos esprits, nous avons reçu l'enseignement compatissant du Bouddha et nous sommes grâces aux moyens appropriés, pénétrés de la culture de la sagesse, nous faisons l'expérience de la joie en corps et esprit et en tirons d'incroyables bénéfices.
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Honoré du Monde, pour celui seul qui cultive la voie de cette manière et qui est certifié d'avoir atteint la méditation du Bouddha, mais qui n'a pas encore atteint le Nirvâna, qu'entend-on par le niveau de la Sagesse fondamentale ? Que sont les Quarante-quatre Esprits ? Quelle est la séquence dans laquelle on cultive pour atteindre son but ? Quelle place doit-on atteindre pour qu'on dise être entré sur le terrain ? Et qu'entend-on par l'Éveil égal d'un Être-d'Éveil ?"

Ayant dit ceci, il effectua une prosternation complète, et alors la grande assemblée d'un seul esprit attendit le son de la voix compatissante du Bouddha alors qu'ils levaient les yeux sans ciller avec une admiration respectueuse.

À ce moment-là, l'Honoré du monde fit les louanges d'Ananda, en disant : "Il est effectivement bon, il est effectivement bon, qu'aux profits de l'entière grande assemblée et de ces êtres qui, à l'époque finale, cultivent la méditation et recherchent le grand véhicule, tu demandes à avoir l'insurpassée bonne voie de la culture qui emmène quelqu'un du niveau d'une personne ordinaire au grand Nirvâna final expliqué et révélé. Écoute attentivement, et j'en parlerai pour vous".
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Ananda et tout le monde dans l'assemblée joignirent leurs paumes, purifièrent leurs esprits, et attendirent en silence de recevoir l'enseignement.

Le Bouddha dit : "Ananda, tu dois savoir que la nature merveilleuse est parfaite et lumineuse, séparée de tous noms et attributs. Fondamentalement il n'y a pas de monde, pas plus qu'il n'y a d'êtres.

À cause de la fausseté, les phénomènes viennent à être. C'est parce que les phénomènes viennent à être qu'ils cessent aussi d'être. Même les termes "venir à être"et "cesser d'être"sont faux.

Lorsque le faux cesse d'être, cela est connu comme étant la vérité. Ceci s'appelle l'Éveil insurpassée et le grand Nirvâna de l'Ainsi-Venu : ces noms renvoient à deux sortes de revirement.
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Ananda, tu souhaites maintenant cultiver la vraie méditation et arriver directement au grand Nirvâna de l'Ainsi-Venu. D'abord, tu dois reconnaître les deux causes renversées sens dessus-dessous des êtres vivants et du monde. Le non-surgissement du sens dessus-dessous est de l'Ainsi-Venu la vraie méditation.

Ananda, qu'entend-on par le renversement sens dessus-dessous de êtres ? Ananda, notre nature dote l'esprit de l'entendement parce que la nature elle-même est la perfection de l'entendement. En ajoutant l'entendement, une autre nature en vient à être, et de cette fausse nature, les conceptions surgissent. À partir de la vacuité absolue provient l'existence absolue.

Tout ce qui existe vient à être de cette manière. La cause n'est pas une cause réelle. Une dépendance subjective sur des apparences objectives est fondamentalement infondée. Ainsi, la base même de l'existence du monde et des êtres est fondamentalement douteuse
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La confusion au sujet de notre entendement fondamental et parfait aboutit au surgissement de la fausseté. La fausseté elle-même est privée de substance; ce n'est pas quelque chose à laquelle on puisse se fier.

On peut souhaiter retourner à la vérité, mais ce souhait de la vérité est déjà une fausseté. La nature réelle de la véritable Ainsité n'est pas une vérité à laquelle on puisse chercher à retourner. Ce faisant on rate la cible.

Ce qui fondamentalement ne surgit pas, ce qui fondamentalement ne demeure pas, ce qui fondamentalement n'est pas l'esprit, et ce qui fondamentalement n'est pas des lois, vient à être tour à tour.

Alors qu'ils surgissent de plus en plus fort, ils forment la propension à créer du Karma. Un Karma similaire met en place un stimulus mutuel. À cause du Karma ainsi généré, il y a production mutuelle et extinction mutuelle. C'est cela la raison pour le renversement sens dessus-dessous des êtres.
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Ananda, qu'est-ce que le renversement sens dessus-dessous du monde ? Tout ce qui existe et est en rapport avec l'existence surgit faussement en sections et en parts. Le monde est fondé là-dessus, mais cette cause n'est pas une cause réelle. Tout ce qui est dépendant n'a rien dont il dépende, et de la sorte cela se déplace et glisse sans cesse. À cause de ceci, des mondes des trois périodes du temps et des quatre directions viennent à être. Leur union et leur interaction amènent des changements qui aboutissent aux douze catégories d'êtres.

C'est pour cela que, en ce monde, le mouvement entraîne les sons, les sons entraînent les formes, les formes entraînent les odeurs, les odeurs entraînent le contact, le contact entraîne les goûts, et les goûts entraînent la conscience des dharmas. La pensée erronée aléatoire qui résulte de ces six crée du Karma, et ce cycle continuel devient la cause de douze catégories différentes.

Et c'est ainsi que, dans le monde, les sons, les odeurs, les goûts, le contact, et ainsi de suite, sont tous transformés à travers les douze catégories qui constituent un cycle complet.
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En se basant sur ce processus de cycle continu qui implique les phénomènes renversés sens dessus-dessous, ceux nés d'oeufs, ceux nés de matrices, ceux nés de l'humidité, et ceux nés de la transformation; les êtres avec forme, ceux sans forme, ceux avec pensée, et ceux sans pensée; les êtres pas totalement dotés de forme, ceux qui ne manquent pas totalement de forme, ceux pas totalement dotés de pensée, et ceux qui ne manquent pas totalement de pensée viennent à être en ce monde.

Ananda, grâce à un processus continu de la fausseté, l'état sens dessus-dessous du mouvement a lieu en ce monde. Il s'unit avec l'énergie devenue quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires qui soit volent vers le haut ou plongent vers le bas. À partir de là des oeufs viennent à être et transmigrent à travers les terres en tant que poissons, oiseaux, amphibiens, et reptiles, de sorte que leurs sortes abondent.

Par un processus continu de pollution, l'état sens dessus-dessous du désir a lieu en ce monde. Il s'unit avec la stimulation devenue quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires qui sont soit dressées ou horizontales. À partir de là des embryons dans des matrices viennent à être et transmigrent à travers les terres en tant que êtres humains, animaux, dragons, et immortels jusqu'à ce que leurs sortes abondent.
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Par un processus continu d'attachement, l'état sens dessus-dessous de l'inclination a lieu en ce monde. Il s'unit avec la chaleur devenue quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires que vacillent et sont interverties. À partir de là des organismes dans l'humidité viennent à être et transmigrent à travers les terres en tant qu'insectes et qu'invertébrés rampants, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.

Par un processus continu de changement, l'état sens dessus-dessous de l'emprunt a lieu en ce monde. Sur la base de l'état sens dessus-dessous, il s'unit avec le contact devenu quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires de nouveau et de vieux. À partir de là, des organismes qui sont soumis à des transformations viennent à être et transmigrent à travers les terres sous forme de créatures métamorphiques volantes et rampantes, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.

Par un processus continu de contrainte, l'état sens dessus-dessous de l'obstruction a lieu en ce monde. Il s'unit avec l'attachement devenu quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires de raffinement et de brillance. À partir de là des entités animées qui ont forme viennent à être et transmigrent à travers les terres en tant que créatures favorables et défavorables, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.
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Par un processus continu d'annihilation et de dispersion, l'état sens dessus-dessous de l'illusion a lieu en ce monde. Il s'unit avec l'obscurité devenue quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires de l'obscurité et de la dissimulation. À partir de là, des entités animées qui sont sans forme viennent à être et transmigrent à travers les terres en tant qu'êtres vides, dispersés, annihilés, et submergés jusqu'à ce que leurs sortes abondent.

Par un processus continu d'imaginations illusoires, l'état sens dessus-dessous des ombres a lieu en ce monde. Il s'unit avec la mémoire devenue quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires qui sont dissimulées et attachées. À partir de là, des entités animées dotées de pensée, viennent à être et transmigrent à travers les terres en tant qu'esprits, fantômes, et êtres déviants, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.

Par un processus continu d'obtusité et de lenteur, l'état sens dessus-dessous de la stupidité a lieu en ce monde. Il s'unit avec l'obstination devenue quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires qui sont sèches et atténuées. À partir de là, des entités animées à qui manque la pensée, viennent à être et transmigrent à travers les terres alors que leur vitalité et esprit se changent en terre, bois, métal, ou pierre, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.
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Par un processus continu d'interaction parasitaire, l'état sens dessus-dessous de simulation a lieu en ce monde. Il s'unit avec la pollution devenue quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires d'accord et de dépendance. À partir de là, des entités animées pas réellement dotées de forme, prennent des formes embryonnaires et transmigrent à travers les terres jusqu'à ce que leurs sortes abondent, en tant que méduses qui ont des crevettes pour yeux et ainsi de suite.

Par un processus continu de d'incitation mutuelle, un état sens dessus-dessous de la nature a lieu en ce monde. Il s'unit avec des mantras pour devenir quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires d'estimation et de convocation. À partir de là des entités animées ne manquant pas réellement de forme deviennent des êtres sans forme et transmigrent à travers les terres en tant que les êtres cachés de mantras et incantations, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.

Par un processus continu de fausse unité, l'état sens dessus-dessous de transgression a lieu en ce monde. Il s'unit avec des formations dissemblables devenues quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires d'échanges réciproques. À partir de là des entités animées pas réellement dotées de pensée, deviennent êtres dotés de pensée et transmigrent à travers les terres dans des formes telles que celle d'une guêpe qui peut transformer une autre créature en sa propre espèce et ainsi de suite, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.
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Par un processus continu d'inimitié et dommage causé, l'état sens dessus-dessous de tuer a lieu en ce monde. Il s'unit avec des monstruosités devenues quatre-vingt quatre mille sortes de pensées aléatoires en dévorant ses propres père et mère. À partir de là, des entités animées à qui ne manque pas réellement la pensée deviennent des êtres à qui la pensée fait défaut et transmigrent à travers les terres, jusqu'à ce que leurs sortes abondent sous des formes telles que le hibou, qui couve ses petits de boules de poussière, que ainsi que l'oiseau pou jing, qui incube un fruit empoisonné pour créer ses petits, ce sur quoi les petits de chacun mangent leurs parents et ainsi de suite, jusqu'à ce que leurs sortes abondent.

Ce sont là les douze catégories d'êtres."
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Dernière édition par Coeur de Loi le Mar 8 Fév 2011 - 19:13; édité 16 fois
    
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Posté le: Mer 23 Juin 2010 - 11:11    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 7
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1 «Ananda, chacune de ces catégories d'êtres est gorgée de chacune des douze sortes d'états sens dessus-dessous, tout comme le fait d'appuyer sur l'oeil produit une variété d'images ressemblant à des fleurs.
1 «Avec l'inversion de la merveilleuse perfection, le pur entendement de l'esprit véritable s'encombre de pensées fausses et oiseuses.

2 «Or, en cultivant en vue de la certification la samadhi du Bouddha, tu passeras par trois étapes graduelles afin de te débarrasser de la cause fondamentale de ces pensées oiseuses.

2 «Elles fonctionnent exactement de la même manière que l'eau chaude mélangée aux cendres de l'encens décontamine un contenant qui a contenu du miel empoisonné. Après cela, ce contenant pourra servir à garder de la douce rosée.

3 «Que sont les trois étapes graduelles? La première est de corriger ses habitudes en se débarrassant des causes qui les induisent; la seconde est de cultiver sincèrement l'extirpation de l'essence même des offenses karmiques; la troisième est d'augmenter sa vigueur afin de prévenir la manifestation du karma.

4 «Que sont les causes inductrices? Ananda, les douze catégories d'êtres en ce monde ne sont pas complètes en elles-mêmes, mais dépendent de quatre sortes de manger; c'est-à-dire, manger par portions, manger par contact, manger par pensée, et manger par conscience. En conséquence, le Bouddha a dit que tous les êtres doivent manger pour vivre.

5 «Ananda, tous les êtres peuvent vivre s'ils mangent ce qui est frais, et ils mourront s'ils prennent du poison. Les êtres qui recherchent la samadhi doivent se retenir de manger cinq plantes piquantes en ce monde.

5 «Si ces cinq sont mangées cuites, elles augmentent ses désirs sexuels; si elles sont mangées crues, elles augmentent la colère.

6 «En conséquence, même si des gens en ce monde qui mangent des plantes piquantes peuvent exposer les douze parties du canon des Sûtras, les dieux et les immortels des dix directions resteront bien éloignés d'eux parce qu'ils sentent trop mauvais. Cependant, après qu'ils aient mangé ces choses les esprits affamés planeront autour et baiseront leurs lèvres. Etant toujours en présence d'esprits, leurs bénédictions et leur vertu se dissoudront au fil des jours, et ils n'en tireront aucun bénéfice durable.

8 «Les gens qui mangent des plantes piquantes et cultivent aussi la samadhi ne seront pas protégés par les Bodhisattvas, les dieux, les immortels, ou les bons esprits des dix directions; en conséquence, les incroyablement puissants rois démons, capables de faire à leur gré, apparaîtront dans le corps d'un Bouddha et prononceront le Dharma pour eux, dénonçant les préceptes et faisant l'éloge du désir, de la colère, et de l'illusion.

11 «Lorsque leurs vies prendront fin, ces gens se joindront à la suite des rois démons. Lorsque ils auront épuisé leurs bénédictions en tant que démons, ils tomberont dans l'enfer non-intermittent.

13 «Ananda, ceux qui cultivent la Bodhi ne devraient jamais manger des cinq plantes piquantes. C'est là la première des étapes graduelles de culture.

13 «Quelle est l'essence des offenses karmiques? Ananda, les êtres qui veulent entrer dans la samadhi doivent d'abord fermement maintenir les purs préceptes.

14 «Ils doivent retrancher les pensées de désir, ne pas partager de vin ou de la viande, et manger des nourritures cuites plutôt que crues. Ananda, si les cultivateurs ne retranchent pas le désir et le fait de tuer, il leur sera impossible de transcender le Triple Monde.

15 «Tu devrais considérer le désir avide comme si c'était un serpent venimeux ou un bandit plein de ressentiment. Tiens-t'en d'abord aux Quatre ou Huit Parajikas de l'Auditeur afin de contrôler ton activité physique; cultive ensuite les pures règles du Bodhisattva afin de contrôler ton activité mentale.

16 «Lorsque les préceptes sont maintenus avec succès, on ne créera pas de karma qui entraîne à la renaissance mutuelle et au fait de s'entre-tuer en ce monde. Si on ne vole pas, on ne sera pas endetté, et on n'aura pas à rembourser ses dettes passées en ce monde.

18-19 «Si des gens qui sont purs de cette manière cultivent la samadhi, ils pourront naturellement contempler l'étendue des mondes dans les dix directions avec le corps physique que leur ont donné leurs parents; sans avoir besoin de l'Oeil Céleste, ils percevront les Bouddhas lorsqu'ils disent le Dharma et recevront en personne le sage enseignement. Obtenant ainsi de grandes pénétrations spirituelles, ils parcourront les dix directions, gagneront en clarté par rapport à leurs vies passées, et ne rencontreront ni difficultés ni dangers.

19 «C'est là la seconde des étapes graduelles de culture.

20 «Quelle est la manifestation du karma? Ananda, des gens comme ceux-là, qui sont purs et qui maintiennent les préceptes, n'ont pas de pensées d'avidité et de désir, et ne se laissent donc pas distraire dans leur poursuite des six objets des sens extérieurs polluants.

20-21 «Parce qu'ils ne les poursuivent pas, ils tournent autour de leur propre source. Sans les conditions des objets de pollution, il n'y a pour les organes de sens rien avec quoi s'apparier, et ils renversent donc leur flux, deviennent une seule unité, et ne sont plus restreints à six fonctions individuelles.

21 «Toutes les terres des dix directions deviennent alors aussi brillamment claires et pures qu'une lune suspendue dans le cristal.

22 «Leurs corps et esprits sont heureux quand ils ressentent l'égalité de la merveilleuse perfection, et ils arrivent à la grande paix.

22 «La perfection secrète et la pure merveille de tous les Ainsi-Venus leur apparaissent.

22 «Ces gens obtiennent alors la Patience avec la Non-existence des êtres et des Dharmas. Là-dessus, ils cultivent graduellement selon leur pratiques, jusqu'à ce qu'ils résident en sûreté dans les positions de sagesse.

23 «C'est là la troisième des étapes graduelles de culture.

23 «Ananda, l'amour et le désir émotionnels de ces bonnes gens sont fanés et secs, les organes des sens et les objets des sens ne s'entremêlent plus, et ainsi les habitudes résiduelles ne continuent plus à surgir.

24 «En reconnaissant que les attachements de l'esprit sont faux, ils ne font que se servir de la sagesse. Cette sagesse brille à travers les dix directions, et cette sagesse initiale s'appelle le Stade de la Sagesse Sèche.

25 «Quoique les habitudes de désir sont initialement desséchées, ils ne se sont toujours pas fondus avec l'eau du Dharma qui coule des Ainsi-Venus.

25 «Puis, avec cet esprit centré sur le milieu, ils pénètrent le courant où la merveilleuse perfection se révèle. A partir de la vérité de cette merveilleuse perfection il surgit de façon répétée des merveilles de vérité. Elles demeurent toujours dans la merveille de la foi, jusqu'à ce que toute fausse pensée soit complètement éliminée et la Voie du Milieu est totalement vraie. C'est là ce qu'on appelle l'Esprit qui réside dans la Foi.

27 «Lorsque la vraie foi est clairement comprise, alors la parfaite pénétration est totale, et les trois aspects des skandhas, places, et mondes ne sont plus des obstructions. Puis toute leurs habitudes à travers d'innombrables éons du passé et de l'avenir, pendant lesquels ils abandonnent des corps et recevront des corps, leur apparaissent maintenant à l'instant présent. Ces bonnes gens peuvent se rappeler de tout et n'oublient rien. C'est là ce qu'on appelle l'Esprit qui réside dans l'Attention.

28 «Lorsque la merveilleuse perfection est complètement vraie, cette vérité essentielle entraîne une transformation. Ils vont au-delà de les habitudes sans commencement pour atteindre la seule clarté essentielle. En se basant seulement sur cette clarté essentielle, ils progressent vers la vraie pureté. C'est là ce qu'on appelle l'Esprit de Vigueur.

29 «L'essence de l'esprit se révèle en tant que totale sagesse; ceci s'appelle l'Esprit qui réside dans la Sagesse.

29 «Alors que la sagesse et la clarté sont maintenues avec constance, un calme profond pénètre partout. Le stade auquel la majesté de cette immobilité devient constante et solide s'appelle l'Esprit qui réside dans la Samadhi.

32 «La lumière de la samadhi émet de la clarté. Lorsque l'essence de la clarté pénètre profondément à l'intérieur, ils ne font qu'avancer et ne battent jamais en retraite. Ceci s'appelle l'Esprit qui est irréversible.

32 «Lorsque le progrès de leurs esprits est sûr, et qu'ils tiennent leurs esprits et les protègent sans perte, ils entrent en contact avec le souffle de vie des Ainsi-Venus des dix directions. C'est là ce qu'on appelle l'Esprit qui protège le Dharma.

33 «En protégeant leur lumière d'éveil, ils peuvent se servir de cette merveilleuse force pour revenir à la lumière de compassion du Bouddha et pour revenir pour tenir bon avec le Bouddha. C'est comme deux miroirs qui sont posés l'un face à l'autre, de sorte qu'entre eux les images exquises se réfléchissent mutuellement et entrent l'une dans l'autre couche sur couche. C'est là ce qu'on appelle l'Esprit qui Fait des Tranferts.

34 «Avec ce jeu mutuel secret de lumière, ils obtiennent la solidité éternelle et la merveilleuse pureté insurpassée du Bouddha. Demeurant dans l'inconditionné, ils ne connaissent ni perte ni dissipation. C'est là ce qu'on appelle l'Esprit qui réside dans les Préceptes.

34 «Se tenant dans les préceptes avec maîtrise de soi, ils peuvent se promener à travers les dix directions, allant partout où ils le désirent. C'est là ce qu'on appelle l'Esprit qui réside dans les Voeux.

35 «Ananda, ces bonnes gens se servent de des expédients appropriés pour amener ces dix esprits. L'essence de ces esprits devient étourdissante, et leur dix fonctions se connectent mutuellement jusqu'à un point de constance d'esprit. Cela s'appelle la Demeure d'Amener la Résolution.

36 «Les découvertes faites par cet esprit sont comme du pur cristal à l'intérieur duquel on peut voir de l'or pur. A partir de ces esprits merveilleux qui précèdent, ils accèdent à ce niveau qu'on appelle la Demeure des Fondations des Règlements.

37 «Lorsque l'esprit sur ces fondations se joint à la sagesse, tous deux deviennent clairs et inclusifs. Traverser alors les dix directions sans obstruction est ce qu'on appelle la Demeure de Culture.

37 «Lorsque leur comportement est le même que celui du Bouddha et qu'ils se joignent à l'esprit du Bouddha, alors, comme le corps-entre-skandhas à la recherche d'un père d'une mère, ils pénètrent l'obscurité par une communication cachée et entrent dans le lignage de l'Ainsi-Venu. Cela s'appelle la Demeure de Noble Naissance.

39 «Puisqu'ils avancent dans la matrice de la Voie, ils sont les héritiers de l'éveil tout comme un foetus arrivé à maturité a développé toutes les caractéristiques humaines. Cela s'appelle la Demeure qui est Dotée d'Habileté-dans-les-Moyens.

39 «Leurs apparences physiques deviennent celles des Bouddhas et leur esprits de même. Cela s'appelle Demeurer dans l'Esprit Approprié.

39-40 «Unis en corps et esprit, ils croissent et mûrissent jour après jour. C'est ce qu'on appelle Demeurer dans l'Irréversibilité.

40 «Avec l'efficace apparition de dix corps, qui sont simultanément arrivés à perfection, ils Demeurent comme une Pure Jeunesse.

40-41 «Complètement développés, ils quittent la matrice et deviennent fils du Bouddha. C'est Demeurer en tant que Prince du Dharma. «Atteignant la plénitude de l'âge adulte, ils sont comme un prince désigné à qui un puissant roi laisse les affaires de l'état. A terme ce fils aîné du roi kshatriya sera en grande cérémonie oint au sommet de la tête. Cela s'appelle Demeurer dans l'Onction du Sommet de la Tête.

42 «Ananda, après que ces bons hommes soient devenus fils du Bouddha, ils sont gorgés avec les innombrables merveilleuses vertus des Ainsi-Venus, et ils se conforment et s'accordent avec les êtres à travers les dix directions. Cela s'appelle le Comportement du Bonheur.

44 «Etant bien capables d'accommoder tous les êtres s'appelle le Comportement de Bienfaisance.

44 «S'éveillant eux-mêmes et éveillant les autres sans mettre de l'avant la moindre résistance s'appelle le Comportement Libre de Colère.

46 «Puis ils sont soumis à la naissance sous diverses formes continuellement aux limites de l'avenir. Le pratiquer également à travers les trois périodes de temps et compénétrant les dix directions s'appelle le Comportement Poursuivi Sans Fin.

46-47 «Lorsque tout est également en accord, on ne fait jamais d'erreurs parmi les diverses portes du Dharma. Cela s'appelle le Comportement de Libération de la Confusion Trompeuse.

47 «Puis à l'intérieur de ce qui est identique, des myriades de différences apparaissent. Et pourtant à l'intérieur des apparences différentes, on peut percevoir une identité. Cela s'appelle le Comportement de Manifestation Salutaire.

48 «Cela continue jusqu'à ce qu'il comprenne toutes les particules de poussière qui remplissent l'espace vide à travers les dix directions. Dans tous les grains de poussière sans exception apparaissent les mondes des dix directions. Et pourtant l'apparition de grains de poussière et l'apparition de mondes n'interfèrent pas entre eux. Cela s'appelle le Comportement de Non-Attachement.

49 «Tout ce qui apparaît devant quelqu'un devient une paramita éminente. Cela s'appelle le Comportement de Vénération.

49 «Avec une aussi parfaite fusion, on peut prendre exemple sur tous les Bouddhas des dix directions. Cela s'appelle le Comportement à partir de Dharmas Salutaires.

50 «Alors que chacun d'entre eux devient pur et sans écoulements, ils se fondent dans une seule vérité, non-conditionnée, c'est-à-dire l'essence de la nature. Cela s'appelle le Comportement de Réalité.

50 «Ananda, quand ces bons hommes gorgés de pénétrations spirituelles ont fait le travail du Bouddha et sont totalement purs et absolument vrais, ils peuvent rester éloignés des obstacles et des calamités. Puis ils emmènent les êtres de l'autre côté sans s'attacher à l'idée de les faire traverser. Ils dirigent l'esprit non-conditionné sur le sentier du Nirvana. Cela s'appelle le Transfert de la Salvation et Protéger les Etres Vivants, tout en étant séparés de l'Apparence des Etres Vivants.

52 «Détruire ce qui devrait être détruit et demeurer bien éloignés de ce qui devrait être laissé derrière soi s'appelle le Transfert d'Indestructibilité.

53 «L'Eveil fondamental est bien profond, un éveil au niveau de celui du Bouddha. Cela s'appelle le Transfert d'Identité avec Tous les Bouddhas.

53 «Lorsque l'absolue vérité est découverte, leur niveau est comme celui des Bouddhas. Cela s'appelle le Transfert d'Accès à tous Endroits.

54 «Mondes et Ainsi-Venus s'incluent mutuellement sans la moindre obstruction. Cela s'appelle le Transfert d'un Trésor d'Inépuisables Mérite et Vertu.

55-56 «Comme leur niveau est comme celui du Bouddha, chacune des causes qu'ils créent à ce niveau est pure. A partir de la dispersion de ces causes, ils descendent tout droit la voie qui mène au Nirvâna. Cela s'appelle le Transfert des Bonnes Racines de la Poursuite de ce qui est Fondamentalement Identique.

56 «Lorsque les vraies racines sont posées, alors tous les êtres dans les dix directions sont ma propre nature. Pas un seul être n'est perdu, car cette nature est arrivée à perfection avec succès. Cela s'appelle le Transfert de la Poursuite de l'Impartiale Contemplation de tous les Etres.

57 «Etant identiques avec tous les dharmas et pourtant séparés de tous phénomènes, ils ne sont attachés ni à l'identité ni à la séparation. Cela s'appelle le Transfert de l'Apparence de la Véritable Ainsité.

58 «Ce qui est ainsi est vraiment obtenu, et il n'y a pas d'obstruction à travers les dix directions. Cela s'appelle le Transfert de Libération Sans Chaînes.

58 «Lorsque la vertu de la nature est parfaitement réalisée, les frontières de le Royaume du Dharma sont détruites. Cela s'appelle le Transfert de l'Illimitation du Royaume du Dharma.

59 «Ananda, quand ces bons hommes ont complètement purifié ces quarante-et-un esprits, ils accomplissent en plus Quatre Sortes de Merveilleusement Parfaites Pratiques Aidantes.

60 «L'éveil d'un Bouddha est juste sur le point de devenir une fonction de leur propres esprits. C'est sur le point d'émerger mais n'a pas encore émergé, et ainsi peut être comparé au point juste avant que le bois s'allume lorsqu'on le fore pour produire du feu. Cela s'appelle le Niveau de la Chaleur.

60 «Ils continuent avec leurs propres esprits pour marcher là où ont marché les Bouddhas, comme en s'y fiant et pourtant pas. C'est comme s'ils escaladaient une haute montagne, aux point que leur des corps sont dans l'espace mais qu'il demeure une légère obstruction sous eux. Cela s'appelle le Niveau du Sommet.

61 «Lorsque l'esprit et le Bouddha sont deux et pourtant le même, ils ont bien obtenu la Voie du Milieu. Ils sont comme quelqu'un qui endure quelque chose lorsque cela paraît impossible ni à maintenir ni à laisser aller. Cela s'appelle le Niveau de la Patience.

62 «Lorsque les nombres et les limites sont partis, on ne fait plus de distinctions telles que la Voie du Milieu ou la confusion et l'éveil. Cela s'appelle le Niveau d'Etre le Premier au Monde.

63 «Ananda, ces bons hommes ont avec succès pénétré jusqu'à la Grande Bodhi. Leur éveil arrive jusqu'aux Ainsi-Venus. Ils ont sondé l'état de Bouddhéité. Cela s'appelle la Fondation du Bonheur.

63-64 «Les différences acquièrent une identité; même la notion d'identité est partie. Cela s'appelle la Fondation d'Abandon de la Saleté.

64 «Au point de la pureté ultime, la clarté s'avance. C'est ce qu'on appelle la Fondation d'Emission de Lumière.

65 «Lorsque la clarté devient ultime, l'éveil est plénier. C'est ce qu'on appelle la Fondation de Sagesse Flamboyante.

65 «On ne peut atteindre ni identité ni différence. Cela s'appelle la Fondation d'Invincibilité.'

66 «Avec la Véritable Ainsité non-conditionnée, la nature est sans tache, et la clarté est révélée. Cela s'appelle la Fondation de Manifestation.

66 «Arriver aux plus lointaines les limites de la Véritable Ainsité s'appelle la Fondation de Voyager Loin.

67 «Le simple esprit de la Véritable Ainsité s'appelle la Fondation d'Immuabilité.

67 «Amener la fonction de la Véritable Ainsité s'appelle la Fondation de Bonne Sagesse.

68 «Ananda, tout les Bodhisattvas au-delà de ce point ont complété leur culture et sont arrivés à perfection de leur mérite et de leur vertu, et ainsi cette Fondation est ce qu'on appelle le Niveau de Culture.

69 «Puis un merveilleux nuage de compassion plane au-dessus de l'Océan du Nirvâna. Cela s'appelle 'la Fondation du Nuage du Dharma.

69 «Les Ainsi-Venus contrent le courant lorsque les Bodhisattvas atteignent ainsi ce point par leur conformité avec la pratique. Leur éveil est sur le point de rencontrer celui des Bouddhas; c'est en conséquence ce qu'on appelle l'Eveil Egal.

70 «Ananda, l'éveil qui inclut l'Esprit de la Sagesse Sèche par la culmination de l'Eveil Egal est s'éveiller à l'intérieur de l'Esprit Vajra. Cela constitue le Niveau de la Sagesse Sèche Initiale.

71 «Il y a donc un total de douze niveaux simples et groupés. Enfin ils atteignent le Merveilleux Eveil et accomplissent la Voie Insurpassée.

7p72 «A tous ces niveaux ils se servent de la contemplation vajra des Dix Profondes Analogies pour les façons dont les choses sont comme une illusion. En Shamatha ils se servent du Vipaçyana des Ainsi-Venus pour les cultiver avec pureté, pour être certifiés auprès d'eux, et pour entrer progressivement en eux de plus en plus profondément.

73-74 «Ananda, parce qu'ils mettent à contribution les trois moyens d'avancement à travers l'ensemble, ils sont bien capables d'accomplir les cinquante-cinq stades de la Vraie Voie de la Bodhi.

74 «Cette manière de contemplation s'appelle contemplation juste. Toute autre contemplation que celle-ci s'appelle contemplation déviante».

75 Puis le Prince du Dharma Manjushri se leva de son siège, et au sein de l'assemblée il s'inclina aux pieds du Bouddha et dit au Bouddha: «Quel est le nom de ce Sûtra et comment devrions-nous ainsi que tous les êtres le maintenir ?»

75 Le Bouddha dit à Manjushri: «Ce Sûtra s'appelle Grand Bouddha à la Couronne, Sita â tapatra , le Sceau Précieux Insurpassé et le Pur, Clair, Oeil semblable à l'Océan des Ainsi-Venus des Dix Directions.

7p76 «C'est aussi ce qu'on appelle La Cause de la Salvation d'un Parent, la Rescousse d'Ananda et de la Nature des Bhikshuni, et l'Obtention de l'Esprit de la Bodhi et l'Entrée dans la Mer de la Connaissance Imprégnante.

77 «C'est aussi ce qu'on appelle La Cause Secrète de Culture des Ainsi-Venus qui entraîne la Certification aux Sens Complets.

77 «C'est aussi ce qu'on appelle Les Grands Moyens Expansifs, le Merveilleux Roi de la Fleur de Lotus, le Mantra de Dharani qui est la Mère de tous les Bouddhas des Dix Directions.

78 «C'est aussi ce qu'on appelle l'Eminentissime Shurangama, Sections et Phrases pour l'Onction du Sommet de la Tête, et les Myriades de Pratiques de Tous les Bodhisattvas.

78 «Ainsi devriez-vous respectueusement le maintenir».

79 Après que cela ait été dit, Ananda et tous dans la grande assemblée reçurent immédiatement l'enseignement de l'Ainsi-Venu sous le sceau secret, la signification de [Sita â] tapatra , et entendirent ces noms pour la signification complète de ce Sûtra.

79 Ils furent soudainement éveillés au Dhyâna, avancèrent dans leur culture jusqu'aux positions de sagesse, et augmentèrent leur entendement du principe merveilleux. Leurs esprits étaient concentrés et sereins.

80 Ananda retrancha et rejeta six sections d'afflictions subtiles dans sa culture de l'esprit dans le Triple Monde.

81 Il se leva de son siège, s'inclina aux pieds du Bouddha, joignit ses paumes respectueusement, et dit au Bouddha: «Le Grand, Impressionnant et Vertueux Honoré du Monde, dont le son compatissant ne connaît pas de limites, a bien instruit les êtres de leur submersion extrêmement subtile dans l'illusion et a été cause en ce jour que je devienne heureux en corps et en esprit et que j'obtienne un énorme bénéfice.

82 «Honoré du Monde, si la merveilleuse clarté de cet esprit vraiment pur et merveilleux est fondamentalement compénétrante à toutes choses, alors tout sur la grande terre, y-compris les herbes et les arbres, les vers frétillants et les petites formes de vie sont dès l'origine la Véritable Ainsité et sont eux-mêmes l'Ainsi-Venu&emdash; vraies incarnations de la Bouddhéité.

83 «Puisque ces incarnations du Bouddha sont vraies et réelles, comment peut-il y avoir également des enfers, des esprits affamés, des animaux, des asuras, des humains, des dieux, et d'autres sentiers de renaissance? Honoré du Monde, ces sentiers existent-ils naturellement d'eux-mêmes, ou sont ils créés par la fausseté et les habitudes des êtres ?

84 «Honoré du Monde, la Bhikshuni Précieux Parfum de Lotus, par exemple, reçut les Préceptes de Bodhisattva et alors s'est adonnée au désir avide, disant imprudemment que les actes sexuels n'impliquaient pas le fait de tuer ou de voler et qu'ils ne comportaient pas de rétribution karmique. Mais après avoir dit cela, ses organes femelles prirent feu, et elle tomba vivante dans l'Enfer Non-intermittent alors que l'incendie qui faisait rage s'étendait à tous ses membres.

85 «Et il y eurent le Puissant Roi Cristal et le Bhikshu Bonnes Etoiles. Cristal extermina le clan Gautama et Bonnes Etoiles dit imprudemment que tous les dharmas sont vides. Tous deux tombèrent vivants dans l'Enfer Non-intermittent.

88 «Ces enfers sont-ils des endroits spécifiques, ou surgissent-ils spontanément? Est-ce que chaque individu est soumis à chaque sorte de karma qu'il ou elle crée? J'espère seulement que le Bouddha sera compatissant et instruira ceux d'entre nous qui ne comprennent pas ceci. Puisse-t-il faire que tous les êtres qui maintiennent les préceptes reçoivent cet enseignement définitif avec un respect joyeux en l'entendant et auront soin de ne pas le transgresser».

89 Le Bouddha dit à Ananda: «Quelle bonne question! Tu veux empêcher tous les êtres vivants d'adopter des vues déviantes. Tu dois écouter avec attention maintenant et j'expliquerai ce problème pour toi.

90 «En fait, Ananda, tous les êtres sont fondamentalement vrais et purs, mais à cause des fausses vues ils donnent lieu à la fausseté des habitudes, qui sont divisées en un aspect interne et un aspect externe.

90 «Ananda, l'aspect interne réfère à ce qui se passe au sein des êtres vivants. A cause de l'amour et de la pollution, ils produisent la fausseté des émotions. Lorsque ces émotions s'accumulent sans cesse, ils peuvent créer les fluides de l'amour.

91 «C'est pourquoi les êtres vivants ont l'eau à la bouche lorsqu'ils pensent à de la nourriture délicieuse. Lorsqu'ils pensent à une personne décédée, soit avec plaisir ou avec colère, des larmes vont couler de leur yeux. Lorsqu'ils sont avides de richesse, un courant de désir va courir à travers leur coeur et leur peau va devenir sensuelle. Lorsque leur esprits s'attardent sur le comportement sensuel, des sécrétions spontanées vont venir de l'organe mâle ou femelle.

92 «Ananda, quoique les sortes d'amour diffèrent, leur flux et leur formation soient les mêmes, avec cette humidité, on ne peut pas monter, mais on va naturellement tomber. C'est là ce qu'on appelle l'Aspect Interne.

92 «Ananda, l'Aspect Extérieur se réfère à ce qui se produit en dehors des êtres vivants. A cause du désir ardent et de l'extrême envie, ils donnent naissance à des fantasmes. Lorsque ces fantasmes persistent sans cesse, ils peuvent créer une énergie galvanisante.

93 «C'est pourquoi, lorsque des êtres vivants observent les préceptes dans leurs esprits, leurs corps seront allègres et se sentiront légers et clairs. Lorsqu'ils observent des sceaux de mantra dans leurs esprits, ils commanderont une perspective héroïque et résolue. Lorsqu'ils ont dans leurs esprits le désir de renaître dans les cieux, dans leurs rêves ils auront des pensées de voler et de monter. Lorsqu'ils chérissent les Terres de Bouddha dans leurs esprits, alors les domaines de sagesse apparaîtront dans une vision miroitante, et ils serviront les conseillers bons et sages sans beaucoup penser à leurs propres vies.

94 «Ananda, quoique la pensée varie, la légèreté et l'exaltation sont identiques. Avec le vol et l'ascension, on ne va pas couler, mais on va naturellement devenir transcendant. C'est ce qu'on appelle l'Aspect Extérieur.

95 «Ananda, tous les êtres dans le monde sont pris dans la continuité de la naissance et la mort. La naissance se produit à cause de leurs tendances habituelles; la mort résulte en flux et changement. Lorsqu'ils sont sur le point de mourir, mais que la chaleur finale n'a pas encore quitté leurs corps, tout le bon et le mauvais qu'ils ont fait dans cette vie se manifeste tout soudain et simultanément. Ils font l'expérience de l'entremêlement de deux habitudes: une horreur de la mort et une attirance pour la vie.

97 «Dotés seulement de la pensée, ils voleront et pourront certainement renaître dans les cieux. Si dans leurs esprits ils ont des bénédictions et de la sagesse, de même que de purs voeux, alors leurs coeurs s'ouvriront spontanément et ils verront les Bouddhas des dix directions et toutes leurs terres pures et ils renaîtront dans celui qu'ils voudront.

99 «Lorsqu'ils ont plus de pensées que d'émotions, ils ne sont pas tout à fait aussi éthérés et ils deviennent donc des immortels volants, de grands et puissants rois fantômes, des yakshas voyageant dans l'espace, ou des rakshasas voyageant sur terre qui errent dans le Ciel des Quatre Rois, allant là où ils veulent sans obstruction.

101-02 «Parmi eux il peut y en avoir, de bons voeux et de bons coeurs, qui protégeront et observeront mon dharma. Peut-être protègent-ils les purs préceptes en suivant et soutenant ceux qui maintiennent les préceptes. Peut-être protègent-ils des mantras spirituels en suivant et soutenant ceux qui maintiennent les mantras. Peut-être protègent-ils ceux qui pratiquent la Samadhi du Chan de sorte qu'ils puissent cultiver la patience avec les dharmas. Ces êtres seront proches de l'Ainsi-Venu en contrebas de son siège.

102 «Lorsque leurs pensées et leurs émotions sont de proportions égales, ils ne volent ni ne tombent, mais sont nés dans le monde des humains, là où la clarté des pensées conduit à l'intelligence et l'obscurité des émotions conduit à l'obtusité.

104 «Lorsqu'ils ont plus d'émotions que de pensées, ils entrent dans le monde animal. Avec des émotions plus lourdes, ils deviennent des bêtes à fourrure; avec des émotions plus légères, ils deviennent des créatures ailées.

105 «Lorsqu'ils ont soixante-dix pour cent d'émotions et trente pour cent de pensées, ils tombent en contrebas de la roue de l'eau et se rapprochent de la roue du feu, là où ils ressentent la pleine force des flammes ardentes. Dans les corps des esprits affamés, ils sont constamment carbonisés. Même l'eau leur fait mal, et ils n'ont rien à manger ou à boire pendant des centaines de milliers d'éons.

106 «Lorsqu'ils ont quatre-vingt-dix pour cent d'émotions et dix pour cent de pensées, ils tombent à travers la roue du feu jusqu'à ce que leurs corps entrent dans une région où le vent et le feu ont des interactions. Avec des émotions plus légères ils naissent dans l'enfer intermittent; avec des émotions plus lourdes ils naissent dans l'enfer non-intermittent.

107 «Lorsqu'ils entièrement possédés par les émotions, ils tombent au fond de l'Enfer Avici. Si dans leurs esprits ils diffament le Grand Véhicule, diffament les purs préceptes du Bouddha, parlent irrationellement du dharma, sont avides des offrandes des fidèles, acceptent imprudemment le respect des autres, commettent les cinq actes de rébellion et les dix offenses majeures, alors ils renaîtront à nouveau dans l'Enfer Avici à travers toutes les dix directions.

109 «Quoiqu'on reçoive son dû selon le mauvais karma qu'on a créé, un groupe pourra subir un sort identique, et il y a des endroits spécifiques où cela a lieu.

109-10 «Ananda, cela provient tout entier des réactions karmiques qu'invoquent eux-mêmes les êtres vivants. Ils créent dix causes habituelles et subissent six rétributions interactives.

110 «Que sont les dix causes? Ananda, la première consiste dans l'habitude de du coït lascif qui donne lieu à des frottements mutuels. Lorsque ces frottements continuent sans cesse, cela active un extraordinaire incendie, de même que la chaleur surgit entre les mains d'une personne lorsque on les frotte ensemble.

110 «C'est parce que ces deux habitudes s'enflamment mutuellement, que viennent à être le Lit de Fer, le Pilier de Cuivre, et d'autres expériences de ce genre.

111 «En conséquence de quoi les Ainsi-Venus des dix directions considèrent l'acte lascif et l'appellent le «feu du désir». Les Bodhisattvas évitent le désir ainsi qu'ils le feraient d'une fosse embrasée.

111 «La seconde consiste en habitudes de machinations avides, qui donnent lieu à une succion. Lorsque cette succion continue sans cesse, elle produit un froid intense et de la glace solide là où il y a gel, de même qu'on a une sensation de froid lorsqu'une personne aspire un coup de vent dans sa bouche.

112 «C'est parce que ces deux habitudes s'entrechoquent, que viennent à être les Enfers Froids de lotus bleus, rouges et blancs de claquements de dents, de gémissements et de frissons et autres expériences de ce genre. En conséquence de quoi les Ainsi-Venus des dix directions considèrent la recherche excessive et l'appellent «l'eau de l'avidité». Les Bodhisattvas évitent l'avidité ainsi qu'ils le feraient d'une mer de pestilence.

113 «La troisième consiste en habitudes d'arrogance et dans la friction qui en résulte, et qui donne lieu à intimidation mutuelle. Lorsque elle accélère sans cesse, elle produit torrents et rapides qui créent les incessantes vagues de l'eau, tout comme l'eau est produite lorsqu'une personne agite continuellement sa langue dans son effort pour goûter les saveurs.

113 «C'est parce que ces deux habitudes s'incitent mutuellement, que viennent à être la rivière de sang, la rivière de cendres, le sable brûlant, la mer de poison, le cuivre fondu qui est forcé dans la gorge de quelqu'un, et autres expériences du même genre.

114 «En conséquence de quoi, les Ainsi-Venus des dix directions considèrent l'autosatisfaction et l'appellent 'boire de l'eau de la stupidité.'Les Bodhisattvas évitent l'arrogance ainsi qu'ils le feraient d'un énorme déluge.

114-15 «La quatrième consiste en habitudes de la colère qui donne lieu à défiance mutuelle. Lorsque cette défiance lie quelqu'un sans cesse, le coeur devient si chaud qu'ils prend feu, et les vapeurs fondues se transforment en métal. De là est produite la montagne de couteaux, la massue de fer, l'arbre d'épées, la roues d'épées, de haches et de hallebardes, de lances et de scies. C'est comme lorsqu'une personne nourrit un ressentiment et que l'envie irrésistible de tuer fait violemment surface.

115 «C'est parce que ces deux habitudes se heurtent mutuellement, que viennent à être la castration et les lacérations, la décapitation et la mutilation, le rabotage et l'égorgement, la flagellation et la bastonnade, et autres expériences de ce genre.

116 «En conséquence de quoi, les Ainsi-Venus des dix directions considèrent la colère et l'appellent 'couteaux et épées aiguisés.'Les Bodhisattvas évitent la colère comme ils le feraient d'un massacre.

116 «La cinquième consiste en habitudes de tromperie et implications trompeuses qui donnent lieu à ruses mutuelles. Lorsque des manoeuvres de ce genre continuent sans cesse, elles produisent des cordes pour étrangler et du bois pour emprisonner. C'est comme la façon dont l'herbe et les arbres poussent dans un champ irrigué.

117 «C'est parce que ces deux habitudes se perpétuent mutuellement, que viennent à être menottes et chaînes, cangues et serrures, fouets et massues, bâtons et gourdins, et autres expériences de ce genre.

117 «En conséquence de quoi, les Ainsi-Venus des dix directions considèrent la tromperie et l'appellent un 'traître escroc.'Les Bodhisattvas craignent la tromperie ainsi qu'ils le feraient d'un loup féroce.

118 «Le sixième consiste en habitudes de mensonge combinées avec la fraude continuelle qui donne lieu à tricheries réciproques. Lorsque les accusations fausses continuent sans cesse, on devient adepte de la corruption. C'est de là que viennent à être des impuretés aussi immondes que la saleté, les excréments et l'urine. C'est comme l'obscurcissement de la vision lorsque la poussière est remuée par le vent.

118 «C'est parce que ces deux habitudes s'augmentent mutuellement, que viennent à être le fait de couler et de se noyer, de lancer et de jeter, de voler et de tomber, de flotter et d'être submergé, et autres expériences de ce genre.

119 «En conséquence de quoi, les Ainsi-Venus des dix directions considèrent le mensonge et l'appellent 'vol et meurtre.'Les Bodhisattvas considèrent le mensonge ainsi qu'ils le feraient de mettre le pied sur un serpent venimeux.

119 «Le septième consiste en habitudes d'inimitié et de mutuelle suspicion, qui donnent lieu à griefs. C'est de là que viennent à être les expériences d'être lapidé par des rochers ou du gravier volants, d'être emprisonné dans un fourgon, ou une urne; et d'être mis en sac et frappé. C'est comme une personne traîtresse qui nourrit le mal dans son esprit.

120 «C'est parce que ces deux habitudes s'avalent mutuellement, que viennent à être le fait de tirer, jeter, saisir, frapper, et heurter, et autres expériences.

121 «En conséquence de quoi, les Ainsi-Venus des dix directions considèrent l'animosité et l'appellent un 'pervers et nuisible fantôme.'Les Bodhisattvas considèrent l'animosité ainsi qu'ils le feraient de boire du vin empoisonné.

121-22 «Le huitième consiste en l'habitude d'exprimer des vues (erronées), telles que celles des satkayadrishti, les prohibitions, la saisie, et autres aperçus déviants et le karma qui s'en ensuit, et qui résulte de la contradiction et de l'opposition. C'est de là que viennent à être officiers de cour et suppléants qui maintiennent les documents, qu'on rencontre comme s'ils étaient des gens qui vont et viennent sur la route.

123 «C'est parce que ces deux habitudes s'influencent mutuellement, que viennent à être enquêtes officielles, les questions orientées, les examens, les interrogatoires, les enquêtes publiques, les mises en examen, les jeunes qui enregistrent le bon et le mauvais, transportant les registres des arguments et raisonnements des accusés et autres expériences de ce genre.

124 «En conséquence de quoi, les Ainsi-Venus des dix directions considèrent les vues mauvaises et les appellent le 'puits des vues.'Les Bodhisattvas considèrent l'avoir des vues fausses et partiales ainsi qu'ils le feraient de se tenir au bord d'un ravin abrupt plein de poison.

124 «Le neuvième consiste en l'habitude de l'injustice qui provient de l'instigation à de fausses charges et au libelle. De là proviennent qu'on est écrasé entre des montagnes, écrasé entre des rochers, des rouleaux de pierre, des meules de pierre, labouré, et meulé. C'est comme un scélérat diffamateur qui se mettrait à injustement persécuter les bonnes gens.

125 «C'est parce que ces deux habitudes joignent les rangs, que viennent à être pressé et poussé, les matraques et la compulsion, la compression et la tension, la pesée et la mesure, et autres expériences de ce genre.

126 «En conséquence de quoi, les Ainsi-Venus des dix directions considèrent les accusations nuisibles et les appellent 'un traître tigre.'Les Bodhisattvas considèrent l'injustice ainsi qu'ils le feraient d'un éclair.

126 «Le dixième consiste en l'habitude du litige et des disputes mutuelles qui donnent lieu à couverture. De là vient le miroir qui reflète et la lampe qui brille, nous exposant de même que si nous étions directement dans la lumière du soleil et n'avions aucun moyen de cacher notre ombre.

127-28 «C'est parce que ces deux habitudes se chamaillent sans cesse, que viennent à être les mauvais compagnons, le miroir du karma, la perle brûlante, la mise au jour du karma passé, les enquêtes, et autres expériences de ce genre.

128 «En conséquence de quoi, tous les Ainsi-Venus des dix directions considèrent la couverture et l'appellent un 'scélérat caché.'Les Bodhisattvas considèrent la couverture comme ils le feraient d'avoir à transporter une montagne sur leurs têtes tout en marchant sur la mer.

128-29 «Que sont les six rétributions? Ananda, tous les êtres vivants créent du karma avec leurs six consciences. Les mauvaises rétributions qu'ils appellent sur eux-mêmes proviennent des six organes des sens.

129 «Que sont les mauvaises rétributions qui surgissent des six organes des sens? La première est la rétribution de la vue, qui entraîne un mauvais résultat. Le karma de la vue s'entremêle, de sorte qu'au moment de la mort on voie d'abord une conflagration qui fait rage et remplit les dix directions. La conscience spirituelle de la personne décédée prend son envol, mais alors tombe. Voyageant sur une traînée de fumée, elle entre dans l'enfer non-intermittent.

132 «Là, deux sortes de phénomènes peuvent se produire. Le premier est la claire perception, dans laquelle on voit toutes sortes de mauvaises choses. Ceci est cause de ce qu'on fasse l'expérience de la peur sans limites. Le second est l'obscure perception, qui est une immobilité privée de vue. Ceci est cause de ce qu'on fasse l'expérience de la terreur sans limites.

133 «Lorsque le feu qui provient de la vue brûle le sens de l'ouïe, il se transforme en chaudrons d'eau bouillante et de cuivre fondu. Lorsqu'il brûle la respiration, il se transforme en fumée noire et vapeurs pourpres. Lorsqu'il brûle le sens du goût, il se transforme en boulettes brûlantes et gruau de fer fondu. Lorsqu'il brûle le sens du toucher, il se transforme en braises chauffées à blanc et en charbon rougeoyant. Lorsqu'il brûle l'esprit, il se transforme en étincelles de feu qui pleuvent partout et fouettent et enflamment l'entier domaine de l'espace.

134 «La seconde est la rétribution de l'ouïe, qui entraîne un mauvais résultat. Le karma de l'ouïe s'entremêle, et ainsi au moment de la mort on voit d'abord de gigantesques vagues qui noient le monde entier. La conscience spirituelle de la personne décédée tombe dans l'eau et voyage sur le courant jusqu'à l'enfer non-intermittent.

136 «Là, deux sortes de phénomènes peuvent se produire. L'un est l'ouïe ouverte, dans laquelle on entend toutes sortes de bruits et son esprit essentiel devient confus. L'autre est l'ouïe fermée, dans laquelle il y a une immobilité privée de l'ouïe, et son âme tombe dans l'oubli.

136-37 «Lorsque les vagues de l'ouïe s'écoulent dans l'ouïe, elles deviennent reproche et interrogation. Lorsqu'elles s'écoulent dans la vue, elles deviennent tonnerre et grondements et mauvaises vapeurs empoisonnées. Lorsqu'elles s'écoulent dans la respiration, elles deviennent pluie et brouillard imprégnés d'organismes empoisonnés qui emplissent entièrement le corps. Lorsqu'ils s'écoulent dans le sens du goût, ils deviennent pus et sang et toute sorte d'ordure. Lorsqu'ils s'écoulent dans le sens du toucher, ils deviennent animaux et fantômes, excréments et urine. Lorsqu'ils s'écoulent dans esprit, ils deviennent foudre et grêle qui ravagent le coeur et l'âme.

138 «La troisième est la rétribution de l'odeur, qui entraîne un mauvais résultat. Le karma de l'odeur s'entremêle, et ainsi au moment de la mort on voit d'abord une vapeur empoisonnée qui imprègne l'atmosphère de près et de loin. La conscience spirituelle de la personne décédée sourd de terre et entre dans l'enfer non-intermittent.

139 «Là, deux sortes de phénomènes peuvent se produire. L'un est l'odeur pénétrante, dans laquelle on est totalement infusé de mauvaises vapeurs et l'esprit est en détresse. L'autre est l'odeur bloquée, dans laquelle le souffle est coupé et où il y a pas de passage, et on repose étouffant et suffocant sur le sol.

139-40 «Lorsque les vapeurs de l'odeur envahissent la respiration, elles se transforment en contre-examen et en torture. Lorsqu'elles envahissent la vue, elles se transforment en feu et torches. Lorsqu'elles envahissent l'ouïe, elles se transforment dans le fait de couler et de se noyer, en métal fondu et liquides bouillants. Lorsqu'elles envahissent le sens du goût, elles se transforment en nourritures putrides ou rances. Lorsqu'elles envahissent le sens du toucher, elles se transforment en actions de déchirer en morceaux et mettre en bouillie. Elles deviennent également une immense montagne de chair qui a des centaines et des milliers d'yeux et qui est sucée et dévorée par d'innombrables vers. Lorsqu'elles envahissent l'esprit, elles se transforment en cendres, en air pestilentiel, et en sable et gravier volants qui coupent le corps en rubans.

140-41 «La quatrième est la rétribution du goût, qui entraîne un mauvais résultat. Ce karma du goût s'entremêle, et ainsi au moment de la mort on voit d'abord un filet en fer enflammé avec un incendie qui recouvre le monde entier. La conscience spirituelle de la personne décédée passe à travers ce filet pendu, et suspendue sens dessus-dessous dedans, entre dans l'enfer non-intermittent.

142 «Là, deux sortes de phénomènes peuvent se produire. L'un est un air aspirant qui congèle en glace de sorte qu'il gèle la chair de son corps jusqu'à ce qu'elle explose. L'autre est un souffle crachant un air qui allume un incendie qui réduit ses os et sa moelle en cendres.

142-43 «Lorsque l'action de goûter les saveurs passe à travers le sens du goût, elle se transforme en ce qu'il faut bien reconnaître et qu'il faut bien endurer. Lorsqu'elle passe à travers la vue, elle se transforme en métal et en pierres brûlants. Lorsqu'elle passe à travers l'ouïe, elle se transforme en armes et couteaux affûtés. Lorsqu'elle passe à travers le sens de l'odorat, elle se transforme en une vaste cage de fer qui enclôt le pays tout entier. Lorsqu'elle passes à travers le sens du toucher, elle se transforme en arcs et flèches, arbalètes et carreaux. Lorsqu'elle passe à travers l'esprit, elle se transforme en morceaux volants de fer fondu qui pleuvent en provenance de l'espace.

143-44 «La cinquième est la rétribution du toucher, qui entraîne un mauvais résultat. Le karma du toucher s'entremêle, et ainsi au moment de la mort on voit d'abord d'immenses montagnes s'approchant de quatre côtés, ne laissant aucune issue. La conscience spirituelle de la personne décédée voit alors une vaste cité de fer. Des serpents de feu et des chiens de feu, des loups, des lions, des geôliers à tête de boeuf, et des rakshasas à tête de cheval brandissant javelots et lances l'emmènent dans cité de fer vers l'enfer non-intermittent.

146 «Là, deux sortes de phénomènes peuvent se produire. L'un est le toucher qui implique le rapprochement, dans lequel les montagnes se rapprochent pour lui serrer le corps jusqu'à ce que sa chair, ses os, et son sang soient totalement dispersés. L'autre est le toucher qui implique la séparation, dans lequel couteaux et épées attaquent le corps, lui déchirant le coeur et le foie en lanières.

145-46 «Lorsque ce toucher passe à travers la sensation du toucher, il se transforme en collision, en frappe, en poignardement, et en percement. Lorsqu'il passe à travers la vue, il se transforme en brûlures écorchantes. Lorsqu'il passe à travers l'ouïe, on entend les sons sur les chemins des enfers, aux portes des enfers, et dans les cours de justice. Lorsqu'il passe à travers le sens de l'odorat, il se transforme en fermetures, en sacs, en interrogatoires, et en mise dans les liens. Lorsqu'il passe à travers le sens du goût, il devient labourage, pincements, hachages, et tranchages. Lorsqu'il passe à travers l'esprit, il se transforme en chutes, en vols, en fritures, et en grillades.

147 «La sixième est la rétribution de la pensée, qui entraîne un mauvais résultat. Le karma de la pensée s'entremêle, et ainsi au moment de la mort on voit d'abord un vent mauvais qui dévaste le pays. La conscience spirituelle de la personne décédée est explosée dans l'espace, et alors, tombant en spirales, elle voyage sur le vent tout droit dans l'enfer non-intermittent.

148 «Là, deux sortes de phénomènes peuvent se produire. L'un est l'extrême confusion, qui l'amène à être frénétique et à s'agiter continuellement. L'autre n'est pas la confusion, mais plutôt une conscience aiguë qui l'amène à souffrir d'incessantes rôtissures et brûlures, l'extrême souffrance de ce qui est difficile à supporter.

149 «Lorsque ces pensées déviantes se combinent avec la pensée, elles se transforment en lieux et places. Lorsqu'elles se combinent avec la vue, elles se transforment en inspection et témoignages. Lorsqu'elles se combinent avec l'ouïe, elles se transforment en immense rochers broyeurs, en glace et en givre, en poussière et brouillard. Lorsqu'elles se combinent avec l'odeur, elles se transforment en grands chars de feu, en bateaux de feu, et en prisons de feu. Lorsqu'elles se combinent avec le goût, elles se transforment en bruyants appels, braillements, et larmes de regret. Lorsqu'elles se combinent avec le toucher, elles se transforment en sensations de grand et de petit, là où on endure dix mille naissances et dix mille morts à chaque jour, et en impression d'avoir le visage cloué au sol.

150 «Ananda, on les appelle les dix causes et six rétributions des enfers, qui sont tous créés par la confusion et la fausseté des êtres vivants.

151 «Si des êtres vivants créent ce mauvais karma simultanément, ils entrent dans l'Enfer Avici et endurent des souffrances sans limites, passant par des kalpas sans limites.

152 «Si chacun des six organes des sens les crée et si ce qui est fait inclut chaque état et chaque organe des sens, alors la personne entrera dans les Huit Enfers Non-intermittents.

152 «Si les trois karmas de corps, de bouche, et d'esprit commettent des actes de tuerie, de vol, et de lascivité, la personne entrera dans les Dix-huit Enfers.

153 «Si les trois karmas ne sont pas tous impliqués, et qu'il n'y a peut-être qu'un seul acte de tuerie et un seul de vol, alors la personne devra entrer dans les Trente-six Enfers.

153-54 «Si seul l'organe sensoriel de la vue ne commettait qu'une seule offense karmique, alors la personne devrait entrer dans les cent-huit enfers.

154 «A cause de cela, les êtres vivants qui font certaines choses créent un certain karma, et donc dans le monde ils entrent dans des enfers collectifs , qui surgissent des fausses pensées et qui originellement ne sont pas là du tout.

155 «Et alors, Ananda, après que les êtres vivants qui ont diffamé et rompu les préceptes, violé les préceptes de Bodhisattva, diffamé le Nirvâna du Bouddha, et créé diverses autres sortes de karma, passent à travers de nombreux kalpas à brûler en enfer, ils finissent par payer pour leurs offenses et renaissent en tant que fantômes.

156-57 «Si l'avidité pour les objets matériels était la cause originelle qui avait fait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant des objets matériels et deviendrait un fantôme étrange.

157 «Si c'était la complaisance pour la lascivité qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant le vent et deviendrait un fantôme de courants d'air.

158 «Si c'était la complaisance pour le mensonge qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant des animaux et deviendrait un fantôme mei.

159 «Si c'était la colère qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant des vers et des insectes, et deviendrait un fantôme gu empoisonné.

160 «Si c'était le fait de nourrir des rancunes qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant la dégénérescence et deviendrait un fantôme de pestilence.

160-61 «Si c'était l'arrogance qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant des gaz et deviendrait un fantôme affamé.

162 «Si c'était l'injustice envers les autres qui faisait que la personne commette des offenses, alors après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant l'obscurité et deviendrait un fantôme de paralysie.

162-63 Si c'était l'attachement à des vues erronées qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant l'énergie essentielle et deviendrait un fantôme wang liang.

164 «Si c'était la tromperie qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant la clarté et deviendrait un fantôme serviteur.

165 «Si c'était la pratique de former des factions qui faisait que la personne commette des offenses, alors, après avoir fini de payer pour ses crimes, elle prendrait forme en rencontrant des gens et deviendrait un fantôme messager.

166 «Ananda, la chute d'une telle personne est due à son niveau de fonctionnement totalement émotionnel. Lorsque son feu karmique s'est éteint, il en viendra à être rené en tant que fantôme. Ceci est causé par son propre karma de fausse pensée. S'il s'éveille à la Bodhi, alors dans la merveilleuse clarté parfaite, il n'y a rien du tout.

167-68 «Qui plus est, Ananda, lorsque son karma en tant que fantôme a pris fin et que les conséquences de ses émotions et pensées sont terminées, il vient au monde pour trouver ses créanciers et régler ses comptes avec eux. Il naît en tant qu'animal pour payer ses dettes de vies passées.

168 «La rétribution des fantômes étranges d'objets matériels prend fin lorsque l'objet est détruit et qu'ils sont renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce de hiboux.

169 «La rétribution des fantômes de courants-d'air du vent prend fin lorsque le vent tombe, et qu'ils sont renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce de mystérieuse créature qui fait des pronostics inauspicieux.

170 «La rétribution des fantômes mei d'un animal prend fin lorsque meurt l'animal, et qu'ils sont renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce de renard.

170 «La rétribution des fantômes gu sous forme de vers et d'insectes prend fin lorsque le gu est épuisé, et qu'ils sont renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce de créature venimeuse.

171 «La rétribution d'un fantôme de pestilence qu'on trouve dans la dégénérescence prend fin lorsque la dégénérescence est complète, et qu'ils sont renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce de vers solitaire.

173 «La rétribution des fantômes qui prennent forme dans les gaz prend fin lorsque les gaz sont partis, et qu'ils sont alors renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce d'animal qui sert pour la nourriture.

174 «La rétribution des fantômes de l'obscurité prend fin lorsque prend fin l'obscurité, et qu'ils sont alors renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce d'animal qui sert pour le vêtement ou le service.

175 «La rétribution des fantômes qui s'unissent avec l'énergie prend fin lorsque l'union se dissout, et qu'ils sont alors renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce de créature migratoire.

175 «La rétribution des fantômes de clarté et d'intellect prend fin lorsque la clarté disparaît, et qu'ils sont alors renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce d'efficace créature.

175 «La rétribution des fantômes qui a besoin d'une personne prend fin lorsque la personne meurt, et qu'ils sont alors renés dans le monde, habituellement en tant qu'espèce d'animal domestique.

176 «Ananda, tout ceci est dû à la combustion de son feu karmique en paiement pour ses dettes de vies passées. La renaissance en tant qu'animal est également causée par son propre karma faux et vide. S'il s'éveille à la Bodhi, alors fondamentalement aucune de ces fausses conditions n'existera.

176 «Tu as mentionné Précieux Parfum de Lotus, le Roi Cristal, et le Bhikshu Bonnes Etoiles. Un aussi mauvais karma que le leur a été créé par eux seuls. Il ne leur est pas tombé des cieux ni ne sourd des profondeurs de la terre, pas plus qu'il ne leur fut imposé par personne. C'est leur propre fausseté qui l'a amené à être, et ils ont donc eux-mêmes à le subir. Dans l'esprit de Bodhi, ce karma est vide et faux &emdash; une cohésion de fausses pensées.

177 «Qui plus est, Ananda, si en payant ses dettes passées en subissant la renaissance en tant qu'animal, un tel être vivant rembourse plus que ce qu'il devait, il renaîtra alors en tant qu'humain pour rectifier l'excès.

177-78 «Si le créancier est une personne de force, de bénédictions, et de vertu, alors il pourra payer ce qu'il a perçu en excès sans avoir à perdre sa forme humaine. But s'il manque de bénédictions, alors il renaîtra en tant qu'animal pour payer le bilan excessif.

178 «Ananda, si la dette implique de l'argent, des biens matériels, ou du travail manuel, alors une fois qu'ils sont payés, la dette est remboursée.

178-79 «Mais si, en cours de remboursement, les vies d'autres êtres étaient prises ou que leur chair était mangée, alors cela démarrerait un cycle de dévoration et d'abattage mutuels qui renverrait les débiteurs et créanciers et haut et en bas, sans fin pour autant d'éons qu'il y a de grains de poussière.

179 «Il est impossible d'y mettre fin, sinon à travers Shamatha ou la venue au monde d'un Bouddha.

180 «Tu dois savoir que lorsque les hiboux et leur race ont remboursé leurs dettes, ils récupèrent leur forme originale et sont nés en tant que gens obstinés.

180-81 «Lorsque les créatures qui ne sont pas auspicieuses ont remboursé leurs dettes, elles récupèrent leur forme originale et sont nés en tant que gens anormaux.

181 «Lorsque les renards ont remboursé leurs dettes, ils récupèrent leur forme originale et sont nés en tant que simplets.

182 «Lorsque les créatures de la catégorie venimeuse ont remboursé leurs dettes, elles récupèrent leur forme originale et sont nés en tant que gens malicieux.

182 «Lorsque les ténias et leurs semblables ont remboursé leurs dettes, ils récupèrent leur forme originale et sont nés en tant que gens de basse condition.

183 «Lorsque les créatures de type comestible ont remboursé leurs dettes, elles récupèrent leur forme originale et renaissent en tant que gens faibles.

183 «Lorsque les créatures qui servent pour le vêtement ou le service ont remboursé leurs dettes, elles récupèrent leur forme originale et renaissent en tant que des gens qui font un dur labeur.

184 «Lorsque les créatures qui migrent ont remboursé leurs dettes, elles récupèrent leur forme originale et renaissent en tant que gens de lettres.

184 «Lorsque les créatures efficaces ont remboursé leurs dettes, elles récupèrent leur forme originale et renaissent en tant que personnes intelligentes.

185 «Lorsque les animaux domestiques ont remboursé leurs dettes, ils récupèrent leur forme originale et renaissent en tant que personnes sophistiquées.

185 «Ananda, ce sont là tous les êtres qui ont fini de rembourser leurs dettes antérieures et renaissent dans le monde des humains. Ils sont impliqués dans une combinaison sans commencement de karma et d'illusion et passent leur vie à tuer et à se faire tuer réciproquement. Ils ne vont pas rencontrer l'Ainsi-Venu ni entendre le Dharma Correct. Ils se contentent de demeurer dans l'ennuyeuse poussière, passant par un cycle répétitif. On peut vraiment dire de ces gens qu'ils sont pitoyables.

188 «Qui plus est, Ananda, il y a des gens qui ne se fient pas à l'Eveil Correct pour cultiver la Samadhi, mais cultivent de quelque manière spéciale fondée sur leurs fausses pensées. S'accrochant à l'idée de perpétuer leurs corps physiques, ils errent dans les montagnes et les forêts à des endroits où les gens ne vont pas et cherchent à devenir Dix Sortes d'Immortels.

187 «Ananda, certains êtres vivants à la résolution inébranlable se renforcent grâce à des nourritures spécialement préparées. Lorsqu'ils ont perfectionné cette méthode nutritionnelle, on les connaît comme des immortels voyageant par terre.

188 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent par l'usage d'herbes et de plantes. Lorsqu'ils ont perfectionné cette méthode de prendre des plantes, on les connaît comme des immortels volants.

188-89 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent par l'usage de métal et de pierre. Lorsqu'ils ont perfectionné cette méthode de transformation, on les connaît comme des immortels errants.

189 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent par le mouvement et l'immobilité. Lorsqu'ils ont perfectionné leur énergie et essence, on les connaît comme des immortels voyageant dans l'espace.

191 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent en utilisant l'écoulement de la salive. Lorsqu'ils ont perfectionné les vertus de cette humidité, on les connaît comme des immortels voyageant dans le ciel.

191-92 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent par l'essence du soleil et la de lune. Lorsqu'ils ont perfectionné l'inhalation de cette essence, on les connaît comme des immortels pénétrant tout.

193 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent grâce aux mantras et aux préceptes. Lorsqu'ils ont perfectionné ces capacités, on les connaît comme des immortels de la Voie.

193 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent par l'usage des processus de la pensée. Lorsqu'ils ont perfectionné leur pensée et leur mémoire, on les connaît comme des immortels illuminants.

194 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent grâce à l'union interne. Lorsqu'ils ont perfectionné la réaction, on les connaît comme des immortels d'essence.

195 «Certains de ces êtres à la résolution inébranlable se renforcent grâce aux transformations. Lorsqu'ils ont perfectionné leur éveil, on les connaît comme des immortels du suprême niveau.

196-97 «Ananda, ce sont tous là des gens qui raffinent leurs esprits mais ne cultivent pas l'Eveil Correct. Ils obtiennent un principe de vie spécial et pourront vivre pendant des milliers ou des dizaines de milliers d'années. Ils se retirent profondément dans les montagnes ou sur des îles dans la mer et se coupent eux-mêmes du monde des humains. Cependant, ils font toujours partie de la roue qui tourne, parce qu'ils s'écoulent et tournent selon leurs pensées fausses et ne cultivent pas la samadhi. Lorsque leur récompense prend fin, ils doivent encore retourner et entrent dans leurs divers destins.

198 «Ananda, il y a de nombreuses personnes dans le monde qui ne recherchent pas ce qui est éternel et qui ne peuvent encore renoncer à l'amour qui existe entre eux-mêmes et leur épouses.

198 «Mais ils n'ont aucun intérêt à l'inconduite sexuelle et ainsi leur pureté se développe et leur lumière se révèle. Lorsque leur vie prend fin, ils naissent dans le Ciel des Quatre Rois à côté du soleil et de la lune.

199 «Ceux dont l'amour sexuel pour leur épouses est léger, mais qui n'ont pas encore obtenu la complète pureté lorsqu'ils demeurent dans la solitude, transcendent la lumière du soleil et de la lune à la fin leurs vies, et résident au sommet des mondes humains. Les gens de ce genre renaissent dans le Ciel Trayastrimsha.

201 «Ceux qui s'engagent de façon temporaire lorsqu'ils rencontrent le désir mais qui n'y demeurent pas lorsqu'il prend fin, et qui, dans le monde des humains, sont moins actifs et plus tranquilles, demeurent à la fin de leurs vies dans la lumière et la vacuité là où l'illumination du soleil et la de lune n'arrive pas. Ces êtres ont leur propre lumière, et ils naissent dans le Ciel Suyama.

202 «Ceux qui sont tranquilles tout le temps, mais qui n'ont pas encore pu résister lorsque stimulés par contact, montent à la fin de leurs vies à un endroit subtil et éthéré; ils ne seront pas tirés dans les mondes inférieurs. La destruction des domaines des humains et des dieux et les trois désastres à la fin d'un kalpa ne les atteindra pas, car ils naissent dans le Ciel Tushita.

204 «Ceux qui sont privés de désir, mais qui s'y engageront au bénéfice de leur partenaire, même si pour eux l'expérience est aussi peu savoureuse que la cire à mâcher, sont nés à la fin de leurs vies dans un endroit de transformation transcendantal. Ils sont nés dans le Ciel du Bonheur par Transformation.

205 «Ceux qui n'ont pas de pensées mondaines tout en faisant ce que font les gens mondains, qui sont lucides et au-delà de cette activité tout en étant impliqués dedans, sont capable à la fin de leurs vies d'entièrement transcender des états où il peut y avoir ou pas des transformations. Ils sont nés dans le Ciel du Confort des Transformations des Autres.

206-07 «Ananda, quoique les êtres de ces six ciels ont physiquement transcendé le désir, il en reste encore des traces dans leurs esprits. On connaît les niveaux d'existence dont on a jusqu'ici discuté comme Mondes du Désir.

207 «Ananda, tous ceux qui dans le monde cultivent leurs esprits mais ne se prévalent pas eux-mêmes du dhyâna et n'ont donc pas de sagesse, ne pourront que contrôler leurs corps de façon à ne pas s'engager dans le désir sexuel. Qu'ils marchent ou qu'ils soient assis, ou dans leurs pensées, ils en sont totalement privés. Comme ils ne donnent pas naissance à l'amour polluant, ils ne demeurent pas dans le monde du désir. Ces gens, en réaction à leur pensées, prennent les corps d'êtres Brahma. Ces êtres sont dans le Ciel des Multitudes de Brahma.

208 «En ceux dont les coeurs de désir ont déjà été mis de côté, l'esprit détaché du désir se manifeste. Ils se plaisent à suivre les préceptes. Pratiquant la vertu de Brahma en tous temps, de pareils êtres sont dans le Ciel des Ministres de Brahma.

209 «Ceux dont les corps et esprits sont merveilleusement parfaits, et dont l'impressionnant maintien n'est pas le moins du monde déficient, sont purs dans les préceptes et en ont aussi un complet entendement. Gouvernant les multitudes de Brahma en tant que Grands Seigneurs de Brahma, de pareil êtres sont dans le Ciel du Grand Brahma.

210 «Ananda, ceux qui s'écoulent à ces trois niveaux supérieurs ne seront opprimés par aucune affliction. Quoiqu'ils n'aient pas développé la samadhi correcte, leurs esprits sont purs au point que tous écoulements sont arrêtés. C'est ce qu'on appelle le Premier Dhyâna.

211 «Ananda, ceux qui sont au-delà des Cieux de Brahma gouvernent les êtres de Brahma, car leur conduite de Brahma est perfectionnée. Avec leur esprit tranquille et immobile, ils émettent de la lumière dans l'immobilité profonde. De pareils êtres sont dans le Ciel de la Moindre Lumière.

211-12 «Ceux dont les lumières s'illuminent mutuellement dans une brillance éblouissante incessante rayonnent à travers les domaines des dix directions de sorte que tout devienne comme du cristal. De pareils êtres sont dans le Ciel de Lumière Sans Limites.

212 «Ceux qui soutiennent la lumière jusqu'à perfection accomplissent la substance de l'enseignement. Créant et transformant la pureté en incessantes

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Posté le: Mer 23 Juin 2010 - 11:14    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 8
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A cette époque, l'Ainsi-Venu se préparait à quitter le siège du Dharma. Du trône du lion, il étendit la main et la plaça sur une petite table forgée avec les sept choses précieuses. Mais alors, il tourna son corps, qui était de la couleur des montagnes pourpre-et-or, et s'adossa, disant à tout le monde dans l'assemblée et à Ananda: «Ceux d'entre vous à qui il en Reste à Apprendre, ceux qui sont Eveillés par les Conditions, et ceux qui sont Auditeurs ont maintenant tourné leurs esprits vers la poursuite de l'obtention de la Bodhi suprême; l'éveil insurpassé, merveilleux. Je t'en ai déjà enseigné la véritable méthode de culture.

Vous n'êtes pas encore conscients des subtils événements démoniaques qui peuvent survenir quand vous cultivez Shamatha-Vipaçyana. Si vous ne pouvez pas reconnaître un état démoniaque quand il apparaît, c'est parce que le nettoyage de votre esprit n'a pas été correct. Vous serez alors engloutis par les vues déviantes.

Vous pourriez être troublés par un démon de vos propres skandhas or un démon des cieux. Ou vous pourriez être possédés par un fantôme ou un esprit, ou vous pourriez rencontrer un esprit de montagne (li mei). Si votre esprit n'est pas clair, vous prendrez vos propres fils pour un voleur.

Il est également possible de se sentir satisfaits après une petite réussite, comme le Bhikshu illettré qui avait atteint le Quatrième Dhyâna et prétendait avoir réalisé la sagesse. Lorsque sa rétribution céleste prit fin et apparurent les signes de déchéance, il diffama l'état d'Arhat comme étant sujet à la naissance et à la mort, et c'est ainsi qu'il tomba dans l'Enfer Avici. Vous devez faire attention. Je vais maintenant vous expliquer ceci en détail.

Ananda se leva et, avec les autres dans l'assemblée à qui il en Restait à Apprendre, s'inclina avec joie. Ils se turent afin d'écouter l'enseignement bienveillant.

F3 Explication détaillée des actes des démons.
G1 Il dit d'où ils viennent.
H1 La Samadhi est la raison de l'agitation des démons.
I1 Il insiste sur la signification des aspects duels du vrai et du faux, de la production et de la destruction.
J1 Il explique tout d'abord que notre éveil fondamental est le même que celui du Bouddha.

Le Bouddha dit à Ananda et à toute l'assemblée: Vous devez savoir que les douze classes d'êtres vivants en ce monde d'écoulements sont dotées d'un éveil fondamental merveilleusement clair &emdash; la substance parfaite et éveillée de l'esprit qui n'est pas différente de celle des Bouddhas des dix directions.

Par faute de la fausse pensée et de la confusion à propos de la vérité, l'infatuation survient et fait que votre confusion pénètre partout. Par voie de conséquence, il en découle une vacuité. Des mondes viennent à être alors que cette confusion se transforme sans cesse. Alors, ces terres qui ne sont pas sans écoulements, aussi nombreuses que des grains de poussière dans toutes les dix directions, sont donc tous créés par suite de la confusion, de l'obstusité, et de la fausse pensée.

J3 Pour les besoins de la comparaison, il décrit la petitesse du monde de l'espace.

Vous devez savoir que l'espace créé en votre esprit est comme un bout de nuage qui macule le vaste ciel. Comme ils doivent être encore plus petits, tous les mondes qui se trouvent au sein de cet espace!

Même si une seule personne parmi vous découvrait la vérité et retournait à la source, alors tout l'espace dans les dix directions serait oblitéré. Comment les mondes à l'intérieur de cet espace pourraient-ils manquer à être détruits tout autant?

Lorsque vous cultivez le Dhyâna et arrivez à la samadhi, votre esprit se collette avec les esprits des Bodhisattvas et des grands Arhats des dix directions qui sont libres d'écoulements, et vous restez dans un état de profonde pureté.

Tous les rois de démons, les fantômes et esprits, et les dieux ordinaires voient s'écrouler leurs palais sans raison apparente. La terre tremble, et toutes les créatures dans l'eau, sur terre, et dans l'air, sans exception, ont peur. Et pourtant, les gens ordinaires qui sont plongés dans la sombre confusion demeurent inconscients de ces changements.

Tous ces êtres ont cinq sortes de pouvoirs spirituels; il leur manque encore l'élimination des écoulements parce qu'ils sont toujours attachés aux passions mondaines. Comment pourraient-ils vous permettre de détruire leurs palais? C'est pour cela que les fantômes, esprits, démons célestes, lutins, et gobelins en viennent à vous déranger quand vous êtes en samadhi.

H2 La destruction causée par les démons peut être le résultat de la confusion du cultivateur.
I1 Explication par analogie de la façon dont «les hôtes» ne peuvent faire de mal.

Quoique ces démons possèdent une incroyable inimitié, ils sont dans les griffes de leurs passions mondaines, cependant que vous êtes au sein du merveilleux éveil. Ils ne peuvent pas vous affecter davantage qu'un vent qui souffle ne peut affecter la lumière ou qu'un couteau ne peut couper l'eau. Vous êtes comme l'eau bouillante, cependant que les démons sont comme la glace solide qui, en présence de chaleur, fond rapidement. Comme ils dépendent exclusivement sur les pouvoirs spirituels, ils sont comme de simples hôtes.

I2 La responsabilité de l'hôte à se débarrasser de la confusion et du désordre.

Ils peuvent réussir dans leur destructivité grâce à votre esprit, qui est l'hôte des cinq skandhas. Si l'hôte devient confus, les hôtes seront capables de faire comme ils voudront.

I3 Une fois éveillés, vous transcenderez sûrement leur perturbation.

Lorsque vous êtes en Dhyâna, éveillés, conscients, et libres d'illusion, leurs actes démoniaques ne peuvent rien contre vous. Alors que les skandhas se dissolvent, vous entrez dans la lumière. Tous ces hordes déviantes dépendent de l'énergie sombre. Comme la lumière peut détruire l'obscurité, ils seraient détruits s'ils s'approchaient de vous. Comment pourraient-ils oser s'attarder et tenter de interrompre votre samadhi de Dhyâna?

I4 La confusion amènera certainement une chute.

Si tu n'étais pas clair et conscient, mais étais confus par les skandhas, alors toi, Ananda, tu deviendrais sûrement un des démons. Tu te transformerais en un être démoniaque.

I5 L'incident précédent dans la maison de prostitution n'avait amené qu'un dommage léger.

Ta rencontre avec la fille de Matangi était un incident mineur. Elle t'avait jeté un sort pour te faire rompre les préceptes moraux du Bouddha. Et pourtant, parmi les quatre-vingts mille modes de comportement, tu n'as violé qu'un seul précepte. Comme ton esprit était pur, tout n'était pas perdu.

I6 Rejoindre les rangs des démons entraînerait un grand dommage

Ce serait une tentative de détruire complètement ton précieux éveil. Si elle avait réussi, tu serais devenu comme la famille d'un haut-fonctionnaire qui est soudain exilé; sa famille erre, dépossédée et isolée, sans personne pour les prendre en pitié ou les aider.

G2 Analyse détaillée des caractéristiques des démons des cinq skandhas.
H1 Les caractéristiques des démons du skandha de la forme.
I1 Survol du début jusqu'à la fin.
J1 La culture initiale ne dépasse pas les frontières des skandhas.

Ananda, tu dois savoir que lorsqu'un cultivateur s'assied dans le Bodhimanda, il est en train de se défaire de toute pensée. Lorsque ses pensées en viennent à finir, il n'y aura rien dans son esprit. Cet état de pure clarté restera le même que ce soit en mouvement ou dans l'immobilité, dans le souvenir ou dans l'oubli.

Lorsqu'il demeure à cet endroit et entre en samadhi, il est comme une personne à la claire vision qui se trouve dans l'obscurité totale. Quoique sa nature soit merveilleusement pure, son esprit n'est pas encore éveillé. Ceci est la région du skandha de la forme.

J2 Au bout du compte, il se rompt, et révèle sa fausse source.

Si ses yeux deviennent clair, il verra alors les dix directions comme une étendue ouverte, et l'obscurité aura disparu. Ceci est la fin du skandha de la forme. Il pourra alors transcender la turbidité du temps. Contemplant la cause du skandha de la forme, on voit que les fausses idées de solidité sont sa source.

I2 Les dix états au sein de cette région.
J1 Le corps peut transcender les obstructions.

1 Ananda, à ce point, au moment où la personne étudie profondément cette extraordinaire clarté, les quatre éléments ne fonctionneront plus ensemble, et bientôt le corps sera capable de transcender les obstructions. Cet état s'appelle «la pure clarté se fondant dans l'environnement.» C'est un état temporaire dans le cours de la culture et il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu un sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, alors on sera vulnérable à l'influence des démons.

J2 A l'intérieur la lumière se diffuse et vous pouvez extraire les parasites intestinaux.

2 Qui plus est, Ananda, au moment où la personne se sert de son esprit pour étudier profondément cette extraordinaire lumière, celle-ci imprégnera son corps. Soudain elle sera capable d'extraire des vers intestinaux de son propre corps, et pourtant son corps restera intact et indemne. Cet état s'appelle «la pure lumière surgissant à travers le corps physique .» C'est un état temporaire dans le cours d'une pratique intense, et n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu un sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, alors on sera vulnérable à l'influence des démons.

J3 L'essence et les âmes alternativement se séparent et s'unissent.

3 Qui plus est, au moment où la personne se sert de son esprit pour étudier profondément à l'intérieur et à l'extérieur, ses âmes, intellect, volonté, essence, et esprit physiques et spirituels seront capables d'interagir l'un avec l'autre sans affecter son corps. Ils feront office à tour de rôle d'hôte et d'invité. La personne pourra alors soudain entendre les sons du Dharma en train d'être prononcés dans l'espace, ou peut-être entendra-t-il des vérités ésotériques en train d'être prononcées simultanément à travers les dix directions. Cet état s'appelle «l'essence et les âmes se séparant et s'unissant alternativement, et la plantation des bonnes semences.» C'est un état temporaire et il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

J4 L'état change et les Bouddhas apparaissent.

4 Qui plus est, quand l'esprit de la personne deviendra clair, sans voiles, clair, et pénétrant, une lumière interne brillera et donnera à toute chose dans les dix directions la couleur de l'or Jambunada. Toutes les différentes espèces d'êtres seront transformées en Ainsi-Venus. Soudain il verront le Bouddha Vairochana assis sur une plate-forme de céleste lumière, entouré par mille Bouddhas qui apparaissent simultanément sur des fleurs de lotus dans cent millions de terres. Cet état s'appelle «l'esprit et l'âme instillés de conscience spirituelle.» Lorsqu'il aura étudié les points de clarté, la lumière de son esprit brillera sur tous les mondes. Ceci est un état temporaire et il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu un sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

J5 L'espace vide prend la couleur des joyaux.

5 Qui plus est, au moment où la personne se sert de son esprit pour étudier profondément cette extraordinaire lumière, elle contemplera sans pause, modérant et subjuguant son esprit de sorte que il n'aille pas aux extrêmes. Soudain l'espace dans les dix directions peut assumer la couleurs des sept choses précieuses ou la couleurs des cent choses précieuses, qui se diffusent partout simultanément sans se gêner l'une l'autre. Les bleus, jaunes, rouges, et blancs seront chacun clairement apparents. Cet état s'appelle «essayer trop fort de subjuguer les esprit.» C'est un état temporaire et il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

J6 On peut voir des choses dans l'obscurité.

6 Qui plus est, au moment où la personne se sert de son esprit pour étudier avec clair discernement jusqu'à ce que la pure lumière ne s'éparpille plus, elle sera soudain capable de voir différents objets dans une sombre pièce la nuit, tout comme si c'était en plein jour. Et pourtant les choses qui étaient déjà dans la pièce sombre ne disparaissent pas. Cet état s'appelle «raffiner l'esprit et purifier la vision jusqu'à ce qu'on soit capable de voir dans l'obscurité.» C'est un état temporaire et il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

J7 Le corps devient comme l'herbe ou le bois.

7 Qui plus est, quand son esprit se fond complètement avec la vacuité, ses quatre membres deviennent soudain comme l'herbe ou le bois, privés de sensation même quand ils sont brûlés par le feu ou coupés avec un couteau. Le fait d'être brûlés par le feu ne rendra pas ses membres chauds, et même quand sa chair est coupée, ce sera comme quand on pare le bois. Cet état s'appelle «la fusion des états externes et le mélange des quatre éléments dans une substance uniforme.» C'est un état temporaire et il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

J8 On peut voir partout sans obstruction.

8 Qui plus est, quand son esprit accomplit une telle pureté que son habileté à purifier l'esprit a atteint son comble, elle verra soudain la terre, les montagnes, et les rivières dans les dix directions se transformer en Terres de Bouddha pleines des sept choses précieuses, leur lumière brillant partout. Elle verra aussi les Bouddhas, Ainsi-Venus, aussi nombreux que les sables du Gange, remplissant tout l'espace. Elle verra aussi des pavillons et des palais qui sont resplendissants et superbes. Elles verra les enfers en-dessous et les palais célestes au-dessus, le tout sans obstruction. Cet état s'appelle «la transformation graduelle des pensées concentrées d'appréciation et d'aversion.» Il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

J9 On voit et entend des choses lointaines.

9 Qui plus est, au moment où la personne se sert de son esprit pour étudier ce qui est profond et lointain, elle sera soudain capable de voir de lointains endroits au milieu de la nuit. Elle verra des marchés urbains et des puits communautaires, des rues et des allées, et des parents et des amis, et elle pourra entendre leurs conversations. Cet état s'appelle «avoir été supprimé au maximum, l'esprit s'envole et voit beaucoup de ce qui a été coupé de la vue.» Il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu sage, alors ceci sera un bon état. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

J10 Fausses visions et fausses paroles.

10 Qui plus est, au moment où la personne se sert de son esprit pour étudier au point le plus extrême, elle peut voir un Bon et Sage Conseiller dont le corps subit des changements. A l'intérieur d'un bref intervalle, différentes transformations surviendront qu'on ne peut expliquer. Cet état s'appelle «avoir un esprit inadéquat qui est possédé par un esprit de la montagne ou un démon céleste, et qui dit sans raison un Dharma qui sonde d'extraordinaires vérités.» Il n'indique pas la sagesse. Si on ne pense pas être devenu sage, alors les activités démoniaques s'apaiseront. Mais si on se considère sage, on sera vulnérable à l'influence des démons.

I3 Conclut par avertir des dommages que peuvent causer les démons, et invite les disciples à accorder protection.
J1 Montre comment les états proviennent de l'interaction.

Ananda, tout ces dix états peuvent survenir en Dhyâna lorsque l'effort mental interagit avec le skandha de la forme.

J2 La confusion entraîne des dommages.

Les êtres vivants obtus et confus ne s'évaluent pas eux-mêmes. Tombant dans de telles situations, dans leur confusion ils manquent à les reconnaître et disent qu'ils sont devenus Sages, proférant de la sorte un grand mensonge. Ils tomberont dans les Enfers Sans Rémission.

J3 Invitation à offrir protection.

A l'Epoque de la Fin du Dharma, après le Nirvâna de l'Ainsi-Venu, vous tous devriez dépendre de cet enseignement et le proclamer. Ne laissez pas les démons des cieux faire à leur tête. Offrez protection afin que tous puissent réaliser la Voie insurpassée.

[Fin du Skandha de la Forme]



A l'Epoque de la Fin du Dharma, après le Nirvâna de l'Ainsi-Venu, vous tous devriez dépendre de cet enseignement et le proclamer. Ne laissez pas les démons des cieux faire à leur tête. Offrez protection afin que tous puissent réaliser la Voie insurpassée.»

H2 Les caractéristiques des démons du skandha de la sensation.
I1 Survol du début jusqu'à la fin.

J1 La culture initiale n'est pas encore sortie de cette région.
K1 Revue de la fin du précédent skandha de la forme.

Ananda, quand la bonne personne qui cultive samadhi et Shamatha a mis fin au skandha de la forme, elle peut voir l'esprit de tous les Bouddhas comme s'ils voyaient une image réfléchie dans un clair miroir.

K2 Introduction à la région du skandha de la sensation.

Elle semble avoir obtenu quelque chose, mais elle ne peut pas s'en servir. En cela elle ressemble à une personne paralysée. Ses mains et ses pieds sont intacts, sa vue et son ouïe ne sont pas déformées, et pourtant son esprit est passée sous une influence déviante, de sorte que elle est incapable de bouger. Ceci est la région du skandha de la sensation.

J2 A la fin, elle se défait et révèle sa fausse source.

Une fois que le problème de la paralysie s'amoindrit, son esprit peut alors quitter son corps et voir son visage en retour. Il peut aller et venir à sa guise sans autre obstacle. Ceci est la fin du skandha de la sensation. Cette personne peut alors transcender la turbidité des vues. Contemplant la cause du skandha de la sensation, on voit que les fausses pensées de clarté illusoire sont sa source.

I2 Les dix états au sein de cette région.
J1 La suppression du soi conduit à la tristesse.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

11 Ananda, dans cette situation la bonne personne fait l'expérience d'une lumière brillante. Une sensation surgit dans son esprit comme résultat de pression interne excessive. A ce point, elle ressent soudain une tristesse tellement sans limites qu'elle considère même les moustiques et les taons comme si c'étaient des enfants nouveau-né. Elle est accablée de pitié et éclate en larmes sans le savoir.

K2 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «tenter trop fort de supprimer l'esprit dans le cours de la culture.» Si elle comprend, il n'y a alors aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse. Si elle réalise cela et qu'elle reste sans confusion, alors après un temps cela disparaîtra.

K3 Montrer comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon de tristesse entrera dans son esprit. Alors, aussitôt qu'elle verra quelqu'un, elle se sentira triste et pleurera de façon incontrôlable. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J2 Elle se loue comme si elle était l'égale des Bouddhas.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

12 Qui plus est, Ananda, dans cet état de samadhi, la bonne personne voit la désintégration de le skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. A ce moment-là elle a une sublime vision et est accablée de gratitude. Dans cette situation, elle manifeste soudain un extraordinaire courage. Son esprit est audacieux et vif. Elle prend la résolution d'égaler tous les Bouddhas et dit qu'elle peut transcender trois Asamkhyeyas d'éons dans une seule pensée.

K2 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «être trop anxieux pour exceller dans la culture.» Si elle comprend, alors il n'y a aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse. Si elle réalise cela et qu'elle reste sans confusion, alors après un temps cela disparaîtra.

K3 Montrer comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon de l'insanité entrera dans son esprit. Aussitôt qu'elle voit quelqu'un, elle va se vanter. Elle va devenir extrêmement hautaine, au point de ne reconnaître aucun Bouddha au-dessus d'elle et aucune personne au-dessous. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J3 Une samadhi sans équilibre entraîne beaucoup de rêveries.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

13 Qui plus est, dans cet état de samadhi la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Sans aucune nouvelle réalisation immédiatement au-devant d'elle, et ayant également perdu son statut antérieur, son pouvoir de sagesse s'affaiblit, et elle entre dans une impasse dans laquelle elle ne voit rien à anticiper. Soudain une sensation d'extraordinaire monotonie et soif surgit dans son esprit. En tous temps elle est fixée dans des souvenirs qui ne se dispersent pas. Elle confond ceci avec une signe de diligence et de vigueur.

K2 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «cultiver l'esprit, mais se perdre à cause d'un manque de sagesse.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montrer comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon de la mémoire entrera dans son esprit. Jour et nuit il maintiendra son esprit suspendu dans un endroit. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J4 La sagesse hors de tout équilibre entraîne beaucoup d'arrogance.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

14 Qui plus est, dans cet état de samadhi, la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Sa sagesse devient plus forte que sa samadhi, et par erreur elle devient impétueuse. Chérissant la suprématie de sa nature, elle imagine être un (Bouddha) Nishyanda et se contente de sa réussite mineure.

K2 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «appliquer l'esprit, mais s'égarer loin de l'examen constant et se préoccuper des idées et des opinions.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montre comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un vil démon aisément satisfait entrera dans son esprit. Aussitôt qu'elle verra quelqu'un, elle annoncera: «J'ai réalisé l'insurpassée vérité absolue.» Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J5 Passer à travers le danger conduit à l'anxiété.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

15 Qui plus est, dans cet état de samadhi la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Elle n'a pourtant pas obtenu de résultats, et son état d'esprit antérieur a déjà disparu. Parcourant les deux extrêmes, elle sent qu'elle est en grand danger. Soudain elle devient très anxieuse, comme si elle était assise sur le Lit de Fer, or comme si elle avait pris du poison. Elle ne souhaite aucunement continuer à vivre, et elle demande constamment aux gens de lui enlever la vie pour qu'elle puisse être libérée plus tôt.

K2 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle: «cultiver, mais perdre les expédients.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montrer comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon de la dépression chronique entrera dans son esprit. Elle pourra prendre couteaux et épées et trancher sa propre chair, abandonnant avec plaisir sa propre vie. Ou bien, poussée par l'anxiété constante, elle pourra s'enfuir dans la nature sauvage et ne plus vouloir voir les gens. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J6 Ressentir de l'aisance conduit à la joie.

16 Qui plus est, dans cet état de samadhi, la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Comme elle demeure dans cette pureté, son esprit est tranquille et à l'aise. Soudain une sensation de joie sans limites sourd en elle. Il y a une telle béatitude dans son esprit qu'elle ne peut pas la contenir.

K2 Donne le nom, et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle: «faire l'expérience la légèreté et l'aisance, mais manquer de la sagesse pour la contrôler.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montre comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon qui aime le bonheur entrera dans son esprit. Aussitôt qu'elle verra quelqu'un, elle rira. Elle chantera et dansera dans les rues. Elle dira qu'elle a déjà atteint la libération sans obstacles. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J7 Voir le sublime et devenir fier.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

17 Qui plus est, dans cet état de samadhi, la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Elle se dit déjà satisfaite. Soudain, une sensation d'auto-satisfaction déraisonnable et intense peut surgir en elle. Elle peut inclure l'orgueil, l'orgueil scandaleux, l'orgueil hautain, l'orgueil outrecuidant, et l'orgueil basé sur l'infériorité, qui surgissent tous en même temps. Dans son esprit, elle même regarde avec condescendance les Tathagatas des dix directions, combien plus encore les positions moindres des Auditeurs et de Ceux qui sont Eveillés par les Conditions.

K2 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «se considérer comme si on était suprême, mais manquer de la sagesse pour se sauver.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montre comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon d'intense arrogance entrera dans son esprit. Elle ne s'inclinera pas devant les stupas ou dans les temples. Elle détruira Sûtras et images. Elle dira aux Danapatis: «Ces choses-là sont en or, en bronze, en argile, ou en bois. Les Sûtras ne sont que feuilles ou tissu. Le corps de chair est ce qui est réel et éternel, mais vous ne le respectez pas; au lieu de ça vous vénérez de l'argile et du bois. C'est vraiment absurde.» Ceux qui ont une foi profonde en elle la suivront pour détruire et enterrer les images dans le sol. Elle fourvoiera les êtres vivants de sorte qu'ils tombent dans les Enfers Implacables. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J8 Avec la sagesse vient la légèreté et l'aisance, qui conduisent à la complaisance.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

18 Qui plus est, dans cet état de samadhi, la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Dans son entendement raffiné, elle s'éveille complètement aux subtils principes. Tout est en accord avec ses souhaits. Elle peut soudain faire l'expérience sans limites de la légèreté et de l'aisance dans son esprit. Elle peut dire qu'elle est devenue sage et a atteint la grande maîtrise de soi.

K2 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «atteindre la légèreté et la clarté grâce à la sagesse.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montre comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon qui aime la légèreté et la clarté entrera dans son esprit. Prétendant être déjà satisfaite, elle ne s'efforcera pas de faire davantage de progrès. Pour la plupart, ces cultivateurs deviendront comme le Bhikshu Illettré. Ils fourvoieront les êtres vivants de sorte qu'ils tomberont dans l'Enfer Avici. Dépourvus de la samadhi correcte, ils tomberont certainement.

Qui plus est dans cet état de samadhi, la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Dans ce clair éveil, elle fait l'expérience d'une fausse clarté. Au sein de celle-ci, elle peut soudain se tourner vers l'idée d'éternelle extinction, nier cause et effet, et tout prendre comme si c'était vide. La pensée de vacuité prédomine tant qu'elle en vient à croire qu'il y a une éternelle extinction après la mort.

K2 Donne son nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «l'état mental de samadhi se dissolvant de sorte qu'on perd de vue ce qui est correct.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montre comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon de vacuité entrera dans son esprit. Elle va diffamer le maintien des préceptes, l'appelant un «Dharma du Petit Véhicule.» Elle dira: «Puisque les Bodhisattvas se sont éveillés à la vacuité, qu'y a-t-il à tenir ou à violer?» Cette personne, en présence de son fidèle Danapatis, va souvent boire du vin, manger de la viande, et s'engage dans le désir débridé. Le pouvoir du démon va empêcher ses disciples de douter d'elle ou de la dénoncer. Après que le fantôme l'ait possédée pendant longtemps, elle peut consommer des excréments et de l'urine, ou de la viande et du vin, prétendant que toutes ces choses sont vides. Elle va rompre les préceptes moraux du Bouddha et induire les gens à commettre des offenses. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

J10 Devient attachée à l'existence et s'adonne aux plaisirs.
K1 Les caractéristiques de son commencement.

20 Qui plus est, dans cet état de samadhi, la bonne personne voit la désintégration du skandha de la forme et comprend le skandha de la sensation. Elle savoure l'état de fausse clarté, et il pénètre profondément dans son esprit et ses os. L'amour sans limites peut soudain sourdre de son esprit. Lorsque cet amour devient extrême, elle devient folle d'avidité et de lascivité.

K2 Donne son nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci s'appelle «lorsqu'un agréable état de samadhi entre dans l'esprit de quelqu'un, manquer de la sagesse pour se contrôler et s'engager par erreur dans un comportement lascif.» Si elle comprend, alors il n'y une aucune erreur. Cette expérience n'indique pas la sagesse.

K3 Montre comment la confusion amènera certainement une chute.

Mais si elle se considère sage, alors un démon du désir entrera dans son esprit. Elle se fera franchement l'avocat du plaisir, l'appelant Voie de la Bodhi. Elle va enseigner à ses disciples laïques à commettre de façon indiscriminée des actes lascifs, appelant ceux qui commettent des actes lascifs ses héritiers du Dharma. Le pouvoir des esprits et des fantômes dans l'Age Final va lui permettre d'attirer une suite de gens ordinaires et naïfs au nombre de cent, deux cents, cinq ou six cents, ou autant que mille ou dix-mille. Lorsque le démon commence à s'ennuyer, il va quitter le corps de la personne. Une fois que le charisme de la personne est parti, elle va aller à l'encontre de la loi. Elle fourvoiera les êtres vivants, de sorte qu'ils tombent dans les Enfers Implacables. Dépourvue de la samadhi correcte, elle tombera certainement.

I3 Conclusion sur le dommage, et ordre d'offrir protection.
J1 Montre comment ceci a lieu à cause de l'interaction.

Ananda, dix de ces états peuvent se produire en Dhyâna comme si l'effort mental interagissait avec le skandha de la sensation.

J2 La confusion va entraîner des dommages.

Les êtres vivants obtus et confus ne s'évaluent pas eux-mêmes. Lorsqu'ils se retrouvent dans des situations pareilles, dans leur confusion ils manquent à les reconnaître et ils disent être devenus Sages, prononçant par là un grand mensonge. Ils vont tomber dans les Enfers Implacables.

J3 Ordre d'offrir protection.

A l'Epoque de la Fin du Dharma, après mon Nirvâna, vous devrez tous passer sur les enseignements du Tathagata, de sorte que tous les êtres vivants puissent s'éveiller au sens. Ne laissez pas les démons des cieux faire à leur tête. Offrez protection de sorte qu'ils puissent tous réaliser la Voie insurpassée.»

[Fin du Skandha de la Sensation]

Shurangama Sûtra,

Volume 8, Troisième partie, texte du Sûtra:

3) SKANDHA DE LA PENSÉE

Les caractéristiques des démons du skandha de la pensée.

I1 Survol du début jusqu'à la fin.
J1 La culture initiale n'est pas encore sortie de cette région.
K1 Revue de la fin du précédent skandha de la sensation.

Ananda, lorsque la bonne personne qui cultive la samadhi a mis fin au skandha de la sensation, quoique elle n'ait pas réussi l'élimination des écoulements, son esprit peut quitter son corps de la façon dont un oiseau s'échappe d'une cage. De l'intérieur de son corps ordinaire, elle a déjà le potentiel pour l'ascension à travers les soixante niveaux de Sagesse des Bodhisattvas. Elle atteint le «corps produit par intention» et peut se promener librement sans obstruction.

K2 Introduction à la région du skandha de la pensée.

Suppose, par exemple, que quelqu'un soit en train de parler dans son sommeil. Quoiqu'il ne se rende pas compte de ce qu'il fait, ses paroles sont distinctes, et sa voix et son inflexion sont toutes en ordre, de sorte que ceux qui sont éveillés peuvent comprendre ce qu'il est en train de dire. Ceci est la région du skandha de la pensée.

J2 A la fin, elle se défait et révèle sa fausse source.

S'il met fin à ses pensées émouvantes et se débarrasse de la pensée superflue, c'est comme s'il avait purgé la souillure à partir de l'esprit éveillé, intelligent. Alors on est parfaitement clair au sujet des naissances et des morts de toutes les catégories d'êtres du commencement jusqu'à la fin. Ceci est la fin du skandha de la pensée. On peut alors transcender la turbidité des afflictions. En contemplant le cause du skandha de la pensée, on voit que ce sont des fausses pensées interconnectées qui en sont la source.

I2 Les dix états au sein de cette région.
J1 L'avidité en tant qu'habileté.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

21 Ananda, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti,* cette bonne personne n'est troublée par aucun mental état déviant et fait l'expérience d'une parfaite et claire concentration. En samadhi, son esprit désire ardemment sa parfaite clarté, et elle affûte donc sa pensée concentrée tout en recherchant avec avidité l'ingéniosité et l'habileté.

K2 Un démon dépêche une force déviante pour posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 La personne qui est possédée cause des troubles.

Cette personne, inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé . Lorsqu'elle en vient à voir cette bonne personne qui cherche l'ingéniosité et l'habileté, elle dispose un siège et dit le Dharma. En un instant, elle peut sembler être un Bhikshu, permettant à cette personne de la voir comme tel, ou elle peut apparaître comme Shakra, comme une femme, ou comme une Bhikshuni; ou son corps peut émettre de la lumière lorsqu'elle dort dans une chambre sombre.

K4 Le cultivateur devient trompé et confus.

La bonne personne est séduite et dupée à penser que cette autre est un Bodhisattva. Elle croit aux enseignements de l'autre et son esprit est ébranlé. Elle rompt les préceptes moraux du Bouddha et se livre secrètement à ses désirs avides.

K5 Les types de choses qu'elle dit.

L'autre personne aime bien parler de calamités, d'événements auspicieux, et de changements inhabituels. Elle peut dire qu'un Tathagata est apparu dans le monde à un certain endroit. Elle peut parler d'incendies catastrophiques ou de guerres, faisant ainsi peur aux gens au point de dilapider leurs biens de famille sans raison.

K6 Donne le nom et indique le mal.

C'est une étrange fantôme qui dans sa vieillesse est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsque il se fatigue de faire ainsi, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K7 Instructions d'être conscient et de ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous faire prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J2 Avide d'aventures.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

22 Qui plus est, Ananda, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience de la concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment aller se promener, elle laisse donc s'envoler des pensées subtiles alors qu'elle cherche des aventures avec avidité.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 La personne qui est possédée cause des troubles.

Cette personne, inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient voir cette bonne personne qui cherche à se promener, elle dispose un siège et dit le Dharma. Son propre corps ne change pas son apparence, mais ceux qui écoutent le Dharma se voient soudain assis sur des lotus sertis de joyaux et tout leur corps transformé en amas de lumière pourpre et or. Chaque personne dans l'audience fait l'expérience de cet état et sent qu'elle a obtenu quelque chose de sans précédent.

K4 Le cultivateur devient trompé et confus.

La bonne personne est séduite et dupée à penser que l'autre est un Bodhisattva. Désir et laxisme corrompent son esprit. Elle rompt les préceptes moraux du Bouddha et se livre secrètement à ses désirs avides.

K5 Les types de choses qu'il dit.

L'autre personne aime bien dire que les Bouddhas apparaissent dans le monde. Elle prétend qu'en un certain endroit une certaine personne est en fait un corps de transformation d'un certain Bouddha. Ou elle dit qu'une certaine personne est tel-et-tel Bodhisattva qui est venu pour enseigner à l'humanité. Ceux qui assistent à ceci sont remplis d'admiration. Leurs vues déviantes se multiplient, et leur Sagesse de Modes est détruite.

K6 Donne le nom et indique le mal.

C'est un fantôme de courants-d'air qui dans sa vieillesse est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsqu'il se fatigue de faire ainsi, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K7 Instructions d'être conscients et de ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J3 Avidité pour l'union.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

23 Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment l'unité spirituelle, elle clarifie donc sa pensée concentrée alors qu'il cherche l'union avec avidité.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 La personne qui est possédée cause des troubles.

Cette personne, inconsciente d'être en fait possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient voir cette bonne personne qui recherche l'union, elle dispose un siège et dit le Dharma. Ni son propre corps ni le corps de ceux qui écoutent le Dharma ne passent par aucune transformation externe. Mais il fait accéder les esprits des auditeurs à 'l'éveil'avant qu'ils écoutent le Dharma, et ils ressentent donc des changements dans chaque pensée. Ils peuvent avoir connaissance de vies passées, ou la connaissance des pensées des autres. Ils peuvent voir les enfers ou connaître tous les événements bons et mauvais dans le monde des humains. Ils peuvent dire des vers ou spontanément réciter des Sûtras. Chaque personne est exaltée et sent qu'elle a obtenu quelque chose de sans précédent.

K4 Le cultivateur devient trompé et confus.

La bonne personne est séduite et dupée à penser que l'autre est un Bodhisattva. Ses pensées s'emmêlent avec l'amour. Elle rompt les préceptes moraux du Bouddha et se livre secrètement à ses désirs avides.

K5 Les types de choses qu'il dit.

Elle aime bien dire qu'il y a des grands Bouddhas et des petits Bouddhas, des Bouddhas anciens et des Bouddhas récents; que parmi eux il y a de vrais Bouddhas et de faux Bouddhas, des Bouddhas mâles et des Bouddhas femelles; et qu'il en va de même des Bodhisattvas. Lorsque les gens assistent à ceci, leur résolution initiale est emportée, et ils se laissent facilement emporter par leur mauvais entendement.

K6 Donne le nom et indique le mal.

C'est un fantôme-mei qui dans sa vieillesse est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsqu'il se fatigue de faire ainsi, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K7 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J4 Avidité pour analyser les choses.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

24 Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment connaître les origines des choses, elle étudie donc à fond la nature des choses physiques et leur changements du début jusqu'à la fin. Elle intensifie l'acuité de ses pensées en cherchant avec avidité à analyser les choses.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 La personne qui est possédée cause des troubles.

Cette personne, inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient voir cette bonne personne qui cherche à connaître la source des choses, elle dispose un siège et dit le Dharma. Son corps a une impressionnante qualité spirituelle qui subjugue le chercheur. Elle rend les esprits de ceux qui sont rassemblés à côté de son siège spontanément obéissants, avant même qu'ils aient entendu le Dharma. Elle dit à tous ces gens que le Nirvâna, la Bodhi, et le corps de Dharma du Bouddha sont là devant eux sous la forme de son propre corps physique. Elle dit: «L'engendrement successif des pères et des fils de génération en génération est lui-même le corps de Dharma, qui est permanent et infini. Ce que vous voyez dès maintenant ce sont ces mêmes Terres de Bouddha. Il n'y a pas d'autre pures demeures ou de traits dorés».

K4 Les gens sont trompés et confus.

Ces gens croient et acceptent ses paroles, oubliant leur résolution initiale. Ils offrent leur vies, ayant l'impression d'avoir obtenu quelque chose de sans précédent. Ils sont tous séduits et confus à penser qu'elle est un Bodhisattva. A la poursuite de ses idées, ils rompent les préceptes moraux du Bouddha et se livrent secrètement à leurs désirs avides.

K5 Les types de choses qu'il dit.

Elle aime bien dire que les yeux, oreilles, nez, et langue sont la Terre Pure, et que les organes mâles et femelles sont le vrai endroit de la Bodhi et du Nirvâna. Les gens ignorants croient à ces paroles immondes.

K6 Donne le nom et indique le mal.

C'est un fantôme venimeux ou un fantôme de mauvais cauchemar qui dans sa vieillesse est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsqu'il se fatigue de faire ainsi, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K7 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J5 Avidité de réponses spirituelles.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

25 Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment avoir des révélations venant de loin, elle jette donc toutes ses énergies dans son intense étude comme elle cherche avec avidité des réponses spirituelles imperceptibles.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 La personne qui est possédée cause des troubles.

Cette personne, complètement inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient voir cette bonne personne qui cherche des révélations, elle dispose un siège et dit le Dharma. Elle apparaît brièvement à ses auditeurs dans un corps qui a l'air d'avoir cent ou mille ans. Ils font l'expérience d'un amour polluant pour elle et ne peuvent supporter de s'en séparer. Ils agissent personnellement comme ses serviteurs, lui faisant inlassablement les Quatre Sortes d'Offrandes. Chaque membre de l'assemblée croit que cette personne est son précédent maître, son Bon et Sage Conseiller originel. Ils donnent naissance à l'amour pour son Dharma et collent à lui comme par de la glu, ayant l'impression d'avoir obtenu quelque chose de sans précédent.

K4 Le cultivateur devient trompé et confus.

La bonne personne est séduite et dupée à penser que l'autre est un Bodhisattva. Attirée par la pensée de l'autre, elle détruit les préceptes moraux du Bouddha et se livre secrètement à ses désirs avides.

K5 Les types de choses qu'il dit.

Elle aime bien dire: «Dans une vie passée, dans une certaine incarnation, j'ai sauvé une certaine personne qui était alors mon épouse (ou ma maîtresse, ou mon frère). Maintenant je suis venu te sauver à nouveau. Nous resterons ensemble et irons dans un autre monde faire des offrandes à un certain Bouddha». Ou elle peut dire: «Il y a un Ciel de Grande Brillance où demeure maintenant un Bouddha. C'est le lieu de repos de tous les Tathagatas». Les gens ignorants croient en ses délires et perdent leur résolution originelle.

K6 Donne le nom et indique le mal.

C'est un fantôme de pestilence qui dans sa vieillesse est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsqu'il se fatigue de faire ainsi, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K7 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J6 Avidité de paix et de tranquillité.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

26 Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment l'absorption profonde, elle se restreint donc avec énergique diligence et aime à demeurer dans des endroits écartés comme elle recherche avec avidité la paix et la tranquillité.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 Les paroles et actes du démon qui induisent les autres en erreur.

Cette personne, inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient voir cette bonne personne qui cherche la connaissance, elle dispose un siège et dit le Dharma. Elle amène tous ses auditeurs à penser qu'ils connaissent leur karma à partir du passé. Ou elle peut dire à quelqu'un là: «Tu n'es pas encore mort, mais tu es déjà devenu un animal». Alors il enseigne à une autre personne à marcher sur la 'queue'de la première personne, et soudain le première personne ne peut plus se lever. A ce point, tous dans l'assemblée versent leur coeurs en respect et admiration pour lui. Si quelqu'un a une pensée, le démon la détecte immédiatement. Il établit d'intenses pratiques ascétiques qui excèdent les préceptes moraux du Bouddha. Il diffame les Bhikshus, réprimande son assemblée de disciples, et expose les affaires des gens sans crainte de ridicule ou de rejet. Il aime bien annoncer des calamités et des événements auspicieux, et lorsqu'ils se produisent il n'a pas le moindrement tort.

K4 Donne le nom et indique le mal.
K5 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus.

C'est un fantôme aux grands pouvoirs qui dans sa vieillesse est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsqu'il se fatigue de faire ainsi, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi. Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J7 Avidité à connaître les vies passées.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

27 Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment plus de connaissance et d'intelligence, elle s'efforce donc diligemment d'examiner et d'explorer en cherchant avec avidité à connaître ses vies passées.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma. Cette personne, inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient voir cette bonne personne qui cherche la réclusion, elle dispose un siège et dit le Dharma.

K3 Les paroles et les actes du démon qui induisent les autres en erreur.

Là dans l'Assemblée du Dharma , inexplicablement, cette personne peut obtenir une énorme perle précieuse. Le démon peut parfois se changer en une animal qui tient la perle dans sa bouche, ou d'autres joyaux, des tablettes de bambou, des tailles, des talismans, des lettres et autres choses inhabituelles. Le démon les donne d'abord à la personne, et ensuite la possède. Ou elle peut tromper son public en enterrant les valeurs sous terre et dire alors qu'une «perle de clair de lune» illumine l'endroit. Là-dessus le public a l'impression d'avoir obtenu quelque chose d'unique. Il ne peut manger que des herbes médicinales et ne peut partager de nourritures préparées. Ou elle ne peut manger qu'un seul grain de sésame et un grain de blé par jour et toujours avoir l'air robuste. C'est parce qu'elle est soutenue par le pouvoir du démon. Il diffame les Bhikshus et réprimande son assemblée de disciples sans crainte de ridicule ou de rejet.

Elle aime bien parler de caches au trésor dans d'autres lieux, ou d'endroits retirés et cachés où demeurent des Sages et des Nobles des dix directions. Ceux qui la suivent voient souvent des gens étranges et inhabituels.

K4 Donne le nom et indique le mal.

C'est un fantôme ou esprit des forêts de montagne, de la terre, des villes, des rivières, et des montagnes qui dans sa vieillesse est devenu un démon. La personne qu'il possède peut se faire l'avocat de la promiscuité et violer les préceptes du Bouddha. Elle peut secrètement s'adonner aux cinq désirs avec ses disciples. Ou elle peut sembler être vigoureuses, de mangeant que des plantes sauvages. Son comportement est erratique, et il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsque le démon se lasse, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K5 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J8 Avidité pour les pouvoirs spirituels .
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

28 Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment des pouvoirs spirituels et toutes sortes de transformations, il étudie donc la source des transformations en recherchant avec avidité les pouvoirs spirituels.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 Les paroles et les actes du démon qui induisent les autres en erreur.

Cette personne, vraiment inconsciente d'être possédée par un démon, prétend aussi avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient à voir cette bonne personne qui cherche les pouvoirs spirituels, elle dispose un siège et dit le Dharma. La personne possédée peut tenir du feu dans ses mains et, en saisissant une portion, mettre une flamme sur la tête de chaque auditeur dans la Quadruple Assemblée. Les flammes sur leurs têtes ont plusieurs pieds de haut, et elle ne sont pourtant pas chaudes et personne n'est brûlé. Ou elle peut marcher sur l'eau comme si c'était la terre ferme. Ou elle peut s'asseoir immobile dans l'air. Ou elle peut entrer dans une bouteille ou rester dans un sac. Ou elle peut passer à travers les fenêtres et les murs sans obstruction. Ce n'est que lorsque attaquée par des armes qu'elle se sent mal à l'aise. Elle déclare être un Bouddha, et portant les vêtements d'une personne laïque, elle reçoit les salutations de Bhikshus. Elle diffame la méditation Dhyâna et les règles morales. Elle diffame les Bhikshus et réprimande son assemblée de disciples sans crainte de ridicule ou de rejet.

Elle parle souvent des pouvoirs spirituels et de maîtrise de soi, et elle peut amener des gens à avoir des visions de Terres de Bouddha mais elles sont irréelles et ne surgissent qu'à partir du pouvoir du fantôme de tromper les gens. Il fait l'éloge du fait de s'adonner au plaisir et ne condamne pas le comportement lascif. Il se sert de moyens indécents pour transmettre son Dharma.

K4 Donne le nom et indique le mal.

C'est un puissant esprit de la nature: un lutin de montagne, un lutin de mer, un lutin de vent, un lutin de rivière, un lutin de terre, ou un lutin de terre et d'herbe qui a évolué depuis de longues années. Cela peut être un dragon-gobelin; ou un rishi qui est rené comme un gobelin; ou encore un rishi qui, ayant atteint la fin de son temps imparti, aurait dû mourir, mais dont le corps ne se décompose pas et est possédé par un autre gobelin. En sa vieillesse il est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsqu'il se fatigue de faire ainsi, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K5 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J9 Avidité pour la profonde vacuité.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

29 Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment à entrer en cessation, il étudie donc la nature des transformations en recherchant avec avidité la profonde vacuité.

K2 Un démon dépêche une force déviante à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 Les paroles et les actes du démon qui induisent les autres en erreur.

Cette personne, inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient à voir cette bonne personne qui cherche la vacuité, elle dispose un siège et dit le Dharma. Au milieu de la grande assemblée, sa forme physique disparaît soudain, et personne dans l'assemblée ne peut la voir. Alors surgie de nulle part, elle réapparaît soudain. Elle peut apparaître et disparaître à volonté, ou elle peut rendre son corps transparent comme le cristal. De ses mains et ses pieds elle émane le parfum du bois de santal, ou ses excrément et son urine peuvent être doux comme du sucre candi épais. Elle diffame les préceptes et est méprisante envers ceux qui ont quitté la vie domestique.

Elle dit souvent qu'il n'y a pas de cause et pas d'effet, qu'une fois que nous mourons, nous sommes disparus pour toujours, qu'il n'y a pas de vie après la mort, et qu'il n'y a ni gens ordinaires ni Sages. Quoiqu'elle ait obtenu une état de vacuité immobile, elle se livre secrètement à ses désirs avides. Ceux qui cèdent à son désir adoptent aussi ses vues sur la vacuité et nient causes et effets.

K4 Donne le nom et indique le mal.

C'est une essence qui fut créée au cours d'une éclipse de soleil ou de lune. Etant tombé sur de l'or, du jade, un champignon rare, une licorne, un phénix, une tortue, ou une grue, l'essence lui a donné la vie, de sorte qu'elle ne meurt pas pendant des milliers ou des dizaines de milliers d'années et finit par devenir un esprit. Il était alors né dans cette terre et dans sa vieillesse est devenu un démon. Il dérange et confond la bonne personne. Mais lorsqu'il se fatigue du faire, il va quitter le corps de l'autre personne. Alors et les disciples et le maître auront des problèmes avec la loi.

K5 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

J10 Avidité pour l'immortalité.
K1 La samadhi entraîne l'avidité et la recherche.

(30) Qui plus est, dans les clarté et merveille sans obstacles qui s'ensuivent après que le skandha de la sensation soit parti, cette bonne personne n'est troublée par aucun état mental déviant et fait l'expérience d'une concentration claire et parfaite. En samadhi, son esprit désire ardemment avoir longue vie, il travaille donc dur pour étudier ses subtilités en recherchant avec avidité l'immortalité. Il souhaite rejeter la naissance et la mort du corps, et soudain il espère mettre également fin aux pensées de naissance et de mort, pour pouvoir demeurer à jamais dans une forme subtile.

K2 Un démon dépêche une déviant esprit à posséder une personne.

A ce moment un démon des cieux se saisit de l'occasion qu'il attendait. Son esprit possède une autre personne et s'en sert comme d'une embouchure pour exposer les Sûtras et le Dharma.

K3 Les paroles et les actes du démon qui induisent les autres en erreur.

Cette personne, inconsciente d'être possédée par un démon, prétend avoir atteint le Nirvâna insurpassé. Lorsqu'elle vient à voir cette bonne personne qui cherche à avoir longue vie, elle dispose un siège et dit le Dharma. Elle aime bien dire qu'elle peut aller à des endroits et en revenir sans obstacles, parcourant peut-être dix-mille milles et revenant en un clin d'oeil. Elle peut également ramener des choses de partout où elle va. Ou elle peut dire à quelqu'un de marcher d'une extrémité de la pièce à une autre, une distance de juste quelques pas. Alors même si la personne marchait vite pendant des années, elle ne pourrait pas atteindre le mur. Les gens croient donc dans la personne possédée et on le confond avec un Bouddha.

Elle dit souvent: «Tous les êtres vivants dans les dix directions sont mes enfants. J'ai donné naissance à tous les Bouddhas. J'ai créé le monde. Je suis le Bouddha originel. J'ai créé ce monde naturellement, et pas par la culture.

K4 Donne le nom et indique le mal.

Ce peut être un Chamunda de la suite du démon envoyé dans le Ciel de Souveraineté, ou un jeune Pishacha du Ciel du Quatre Rois qui n'a pas encore pris la résolution. Il prend avantage de la clarté lumineuse de la personne et dévore son essence et ses énergies. Ou peut-être sans avoir à dépendre d'un maître, le cultivateur voit personnellement un être qui lui dit: «Je suis un Esprit Vajra qui est venu te donner longue vie». Ou l'être se transforme en une belle femme et l'engage dans le désir frénétique, de sorte qu'en un an, sa vitalité est épuisée. Il se dit à lui-même; et à quiconque écoute, il sonne comme un gobelin. Les gens qui l'entourent se rendent compte de ce qui se passe. Dans la plupart des cas une telle personne aura des problèmes avec la loi. Mais avant d'être punie, il mourra d'inanition. Le démon dérange et confond la personne jusqu'à l'en faire mourir.

K5 Instructions d'être conscients et ne pas devenir confus.

Vous devriez être conscients de ceci à l'avance et ne pas vous laisser prendre dans le cycle des transmigrations. Si vous êtes confus et ne comprenez pas, vous tomberez dans les Enfers Impitoyables.

I3 Le Bouddha exhorte ceux qui sont dans l'Age de la Fin du Dharma.
J1 Fausse prétentions d'accomplissement de la sage fruition.

Ananda, tu dois savoir que dans le Age de la Fin du Dharma, ces dix sortes de démons peuvent quitter la vie domestique pour cultiver la Voie dans mon Dharma. Ils peuvent posséder d'autres gens, ou ils peuvent se manifester sous différentes formes. Tous peuvent prétendre avoir déjà accompli La Connaissance et la Conscience Correctes et Imprégnantes.

J2 Ils se servent du plaisir dans leur enseignement.

Ils font l'éloge de la lascivité et rompent les préceptes moraux du Bouddha. Les méchants enseignants démoniaques et leur démoniaques disciples dont je viens de parler transmettent leur enseignement grâce à l'activité licencieuse. Ces esprits déviants s'emparent des esprits des cultivateurs, et après aussi peu que neuf vies ou autant que cent générations, ils se transforment en vrai pratiquants entièrement à la suite des démons.

J3 Ils sont séduits par des démons et tombent dans les enfers.

Lorsque leur vies sont finies, ils sont liés à la fin comme un membre des hordes démoniaques. Ils perdront leur connaissance correcte et imprégnante et tombent dans les Enfers Impitoyables.

J4 Exhortation à les sauver de façon compatissante pour en reconnaissance de leur bonté.

Tu n'as pas besoin d'entrer dans le Nirvâna encore. Quoique tu complètes ta réalisation au niveau au-delà de l'étude, tiens néanmoins à tes voeux d'entrer dans l'Age de la Fin du Dharma. Fais surgir la grande compassion pour sauver et faire traverser les êtres vivants qui ont l'esprit correct et la foi profonde. Ne les laisse pas se faire posséder par des démons. Aides au contraire à atteindre la connaissance et les vues correctes. Je t'ai déjà sauvé de la naissance et de la mort. En vénérant les paroles du Bouddha, tu te montreras reconnaissant des bontés et la compassion du Bouddha et sauveras les êtres vivants dont les esprits sont corrects dans l'Age de la Fin du Dharma.

I4 Conclut en révélant le mal et en donnant une charge à

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Posté le: Mer 23 Juin 2010 - 11:17    Sujet du message: Le soutra de la marche héroïque    

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Chapitre 9
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J4 Exhortation à les sauver à titre compatissant en reconnaissance de la bonté.

Tu n'as pas besoin d'entrer en Nirvana encore. Quoique tu sois en train de compléter ta réalisation jusqu'au niveau au-delà de l'étude, tiens néanmoins à tes voeux d'entrer dans l'Age de la Fin du Dharma. Fais surgir la grande compassion à sauver et faire traverser les êtres vivants qui ont l'esprit correct et une foi profonde. Ne les laisse pas se faire posséder par des démons. Aide les plutôt à atteindre la connaissance et des vues correctes. Je t'ai déjà sauvé de la naissance et de la mort. En vénérant les paroles du Bouddha, tu te montreras reconnaissant des bontés et de la compassion du Bouddha et tu sauveras les êtres vivants dont les esprits sont corrects dans cet Age de la Fin du Dharma.

I4 Conclut en révélant le mal et en donnant une charge à protéger.
J1 Il fait remarquer que c'est l'interaction de l'esprit avec le skandha de la pensée.

Ananda, tous ces dix états peuvent arriver en Dhyâna lorsque l'effort mental interagit avec le skandha de la pensée.

J2 Il arrive du mal à ceux qui sont confus.

Les êtres vivants obtus et confus ne s'évaluent pas eux-mêmes. Dans ces situations, dans leur confusion ils manquent à reconnaître et disent être devenus des Sages, proférant ainsi un grande mensonge. Ils tomberont dans les Enfers Impitoyables.

J3 Il les charge d'offrir leur protection.

A l'Age de la Fin du Dharma, après mon Nirvâna, vous devez tous transmettre les enseignements du Tathagata, pour que tous les êtres vivants puissent s'éveiller à leur signification. Ne laissez pas les démons des cieux faire à leur tête. Offrez protection pour que tous puissent réaliser la Voie insurpassée.

[Fin du skandha de la pensée]



H4 Les caractéristiques des démons du skandha des formations.
I1 Survol du début jusqu'à la fin.
J1 Au début, on cultive mais on n'est pas encore sorti de cette région.
K1 Revue de la fin du précédent skandha de la pensée.

Ananda, lorsque la bonne personne qui cultive samadhi a mis fin au skandha de la pensée, elle habituellement exempte de rêves et de pensées oiseuses, elle reste donc la même, que ce soit à l'état de veille or à l'état de sommeil. Son esprit est conscient, clair, vide et immobile, comme un ciel sans nuage, dépourvu de toute impression sensorielle grossière. Elle contemple tout dans le monde &emdash; toutes les montagnes, les rivières, et les vastes réflexions en forme de terre au fond d'un clair miroir, paraissant sans attachement et disparaissant sans trace; elles sont simplement reçues et réfléchies. Elle se débarrasse de toutes ses vieilles habitudes, et seule demeure la vérité essentielle.

K2 Introduction à la région du skandha des formations.

A partir de là, comme l'origine de la production et de la destruction est exposée, elle va voir complètement toutes les douze catégories d'êtres vivants dans les dix directions. Quoiqu'elle n'ait pas sondé la source de leur vies individuelles, elle va voir qu'elles partagent une base de vie commune, qui apparaît comme un mirage &emdash; miroitant et fluctuant &emdash; et est le point ultime, pivotal des facultés illusoires des sens et des objets des sens. Ceci est la région du skandha des formations.

J2 A la fin, elle se défait et révèle sa fausse source.

Une fois que la nature fondamentale de cette fluctuation miroitante retourne à sa clarté originelle, ses habitudes cesseront, comme des vagues qui se calment jusqu'à devenir de l'eau claire et calme. Ceci est la fin du skandha des formations. Cette personne pourra alors transcender la turbidité des êtres vivants. En contemplant la cause du skandha des formations, on voit que des fausses pensées subtiles et cachées sont à sa source.

I2 Les dix spéculations qu'il y a là-dedans.
J1 Deux théories sur l'absence de cause.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

31 Ananda, tu dois savoir que lorsque cette bonne personne a obtenu la connaissance correcte dans sa pratique de Shamatha, son esprit est immobile, clair, et correct, et elle ne peut pas être dérangée par les dix sortes de démons des cieux. Elle peut alors étudier attentivement et parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres. Quand l'origine de chaque catégorie devient apparente, elle peut contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et envahissantes. Mais si elle commence à spéculer sur cette source compénétrante, elle tomberait dans l'erreur avec deux théories postulant l'absence de cause.

K2 Explication détaillée de leur apparence.
L1 Elle ne voit pas de cause à l'origine de la vie.
M1 Elle décrit la mesure de sa vision.

Tout d'abord, peut-être cette personne ne voit pas de cause à l'origine de la vie. Pourquoi? Comme elle a complètement détruit le mécanisme de la production, elle peut, grâce aux huit cent mérites de l'organe oeil, voir tous les êtres vivants dans le flot tourbillonnant du karma pendant les quatre-vingts mille éons, mourant en un endroit et renaissant en un autre au cours de leurs transmigrations. Mais elle ne peut pas voir au-delà des quatre-vingts mille éons.

M2 Elle se pointe avec une spéculation erronée.

En conséquence, elle conclut qu'au cours des derniers quatre-vingts mille éons, les êtres vivants dans les dix directions de ce monde et des autres sont venus à être sans cause.

M3 Elle se trompe sur le principe et se laisse prendre à un enseignement éternaliste.

A cause de cette spéculation, elle va perdre la connaissance correcte et compénétrante, tomber dans l'éternalisme, et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi.

L2 Elle ne voit pas de cause à la fin de la vie.
M1 Elle décrit la mesure de sa vision.

Ensuite, cette personne ne voit peut-être pas de cause à la fin de la vie. Et pourquoi? Comme elle perçoit l'origine de la vie, elle croit que les gens naissent toujours comme des gens et les oiseaux naissent toujours comme des oiseaux; que les corneilles ont toujours été noires et les cygnes ont toujours été blancs; que les humains et les dieux se sont toujours tenus debout et que les animaux ont toujours marché sur quatre pattes; que la blancheur n'est pas due au lavage et la noirceur n'est pas due à la teinture; et qu'il n'y a jamais eu ni n'y aura-t-il jamais de changements pendant quatre-vingts mille éons.

M2 Elle se pointe avec une spéculation erronée.

Elle dit: «Comme j'examine maintenant la fin de cette vie, je trouve qu'il en va de même. En fait, je n'ai jamais vu la Bodhi, alors, peut-il y avoir une chose telle que cette obtention de la Bodhi? Vous devez maintenant réaliser qu'il n'y a pas de cause à l'existence de tous les phénomènes».

M3 Elle se trompe sur le principe et se laisse prendre à un enseignement éternaliste.

A cause de cette spéculation, elle va perdre la connaissance correcte et compénétrante, tomber dans l'éternalisme, et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

Ceci est le premier enseignement éternaliste, dans lequel on postule l'absence de cause.

J2 Quatre théories sur la compénétrante permanence.
K1 Décrit leur source et montre l'erreur.

32 Ananda, en sa pratique de samadhi, l'esprit de cette bonne personne est immobile, clair, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut parfaitement étudier l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer sur sa constance compénétrante, elle pourrait tomber dans l'erreur avec quatre théories sur compénétrante permanence.

K2 Explication détaillée de leur apparence.
L1 Elle spécule que l'esprit et les états sont permanents.

Tout d'abord, comme cette personne étudie parfaitement l'esprit et ses états, elle peut en conclure que tous deux sont sans cause. Grâce à sa culture, elle sait qu'en vingt mille éons, comme les êtres vivants dans les dix directions subissent d'interminables rondes de production et de destruction, elles ne sont jamais annihilées. En conséquence, elle spécule que l'esprit et ses états sont permanents.

L2 Elle spécule que les quatre éléments sont permanents.

Ensuite, comme cette personne étudie parfaitement la source des quatre éléments, elle peut conclure qu'elles sont permanentes par nature. Grâce à sa culture, elle sait qu'en quarante mille éons, alors que les êtres vivants en les dix directions subissent production et destruction, leur substance existe de façon permanente et n'est jamais annihilée. En conséquence, elle spécule que cette situation est permanente.

L3 Elle spécule que les huit consciences sont permanentes.

Troisièmement, comme cette personne étudie parfaitement la sixième faculté des sens, les manas, et la conscience qui saisit et reçoit, elle conclut que l'origine de l'esprit, de l'intellect, et de la conscience est permanente. Grâce à sa culture, elle sait qu'en quatre-vingts mille éons, comme tous les êtres vivants dans les dix directions tournent en transmigrations, cette origine n'est jamais détruite et existe de façon permanente. En étudiant cette origine non-détruite, elle spécule que c'est permanent.

J4 Elle spécule que la cessation des pensées est permanente.

Quatrièmement, comme cette personne a mis fin à la source des pensées, il n'y a plus de raison pour qu'elles surgissent. Dans l'état d'écoulement, d'arrêt, et de tournée, l'esprit pensant &emdash; qui était la cause de production et de destruction &emdash; a maintenant cessé pour toujours, et donc elle pense naturellement que ceci est un état de non-production et de non-destruction. Le résultat de ce raisonnement, c'est qu'elle spécule que cet état est permanent.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations de permanence, elle va perdre la connaissance correcte et compénétrante, tomber dans l'éternalisme, et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le second enseignement éternaliste, dans lequel on postule l'aspect compénétrant de la permanence.

J3 Quatre théories sens dessus-dessous.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

33 Qui plus est, dans sa pratique de samadhi, l'esprit de cette bonne personne est ferme, immobile, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer à propos d'elle-même et des autres, elle pourrait tomber dans l'erreur avec des théories d'impermanence partielle et de permanence partielle basées sur quatre vues distordues.

K2 Explication détaillée de leur apparence.
L1 Spéculation sur soi et les autres.

Tout d'abord, comme cette personne contemple l'esprit merveilleusement clair qui imprègne les dix directions, elle conclut que cet état de profonde immobilité est le suprême soi spirituel. Ensuite elle spécule: «Mon moi spirituel, qui est établi, clair, et immobile, compénètre les dix directions. Tous les êtres vivants sont à l'intérieur de mon l'esprit, et là, elles sont nées et meurent par elles-mêmes. En conséquence, mon esprit est permanent, cependant que ceux qui subissent la naissance et la mort là sont vraiment impermanents».

L2 Spéculation sur les mondes.

Ensuite, plutôt que de contempler son propre l'esprit, cette personne contemple dans les dix directions des mondes aussi nombreux que les sables du Gange. Elle considère comme finalement impermanents ces mondes qui sont en décadence depuis des éons, et comme finalement permanents ceux qui ne sont pas en décadence depuis des éons.

L3 Spéculation sur son corps et l'esprit.

Troisièmement, cette personne examine de près son propre esprit et le trouve être subtil et mystérieux, comme de fins grains de poussière tourbillonnant dans les dix directions, ne changeant pas en nature. Et encore elle peut être cause que son corps soit produit et puis être détruit. Elle considère cette indestructible nature comme sa nature permanente et intrinsèque, et celle qui subit la naissance et la mort et découle de lui comme étant impermanente.

L4 Spéculation sur ni soi-même ni les autres.

Quatrièmement, sachant que le skandha de la pensée a pris fin et voyant l'écoulement du skandha des formations, cette personne spécule que le flot continu du skandha des formations est permanent, et que les skandhas de la forme, des sensations, et de la pensée qui ont déjà fini sont impermanents.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations d'impermanence et de permanence, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le troisième enseignement éternaliste, dans lequel on postule la permanence partielle.

J4 Quatre théories sur la finitude.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

34 Qui plus est, en sa pratique de samadhi, l'esprit de cette bonne personne est ferme, immobile, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer à propos du fait de faire certaines distinctions, elle pourrait tomber dans l'erreur avec quatre théories sur finitude.

K2 Explication détaillée de leur apparence.
L1 Spéculation sur les trois périodes de temps.

Tout d'abord, cette personne spécule que l'origine de la vie s'écoule et fonctionne sans cesse. Elle juge que le passé et le futur sont finis et que la continuité de l'esprit est infinie.

L2 Spéculation sur ce qu'elle entend et voit.

Ensuite, comme cette personne contemple un intervalle de quatre-vingts mille éons, elle peut voir les êtres vivants; mais avant les quatre-vingts mille éons est un temps d'immobilité en qui elle ne peut pas entendre ni voir quoi que ce soit. Elle considère comme infini ce temps dans lequel on n'entend ni ne voit rien, et comme fini cet intervalle dans lequel on voit exister les êtres vivants.

L3 Spéculation sur soi-même et les autres.

Troisièmement, cette personne spécule que sa propre connaissance compénétrante est infinie et que toutes les autres personnes apparaissent à l'intérieur de sa conscience. Et encore, comme elle n'a elle-même jamais perçu la nature de leur conscience, elle dit qu'elles n'ont pas obtenu un esprit infini, mais seulement un esprit fini.

L4 Spéculation sur la production et la destruction.

Quatrièmement, cette personne étudie parfaitement le skandha des formations au point qu'il devient vide. Sur la base de ce qu'elle voit, en son esprit elle spécule que chaque être vivant, en son corps donné, est à moitié vivant et à moitié mort. D'où elle conclut que tout au monde est à moitié fini et à moitié infini.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations à propos du fini et de l'infini, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le quatrième enseignement éternaliste, en qui on postule la finitude.

J5 Quatre sortes de sophistique.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

35 Qui plus est, en sa pratique de samadhi, l'esprit de cette bonne personne est ferme, immobile, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer sur ce qu'elle sait et voit, elle pourrait tomber dans l'erreur avec quatre théories distordues et fausses, qui sont une totale spéculation basée sur la sophistique de l'immortalité.

K2 Explication détaillée de leur apparence.
L1 Huit sophistiques.

Tout d'abord, cette personne contemple la source des transformations. Voyant le mouvement et le flux, elle dit qu'il y a changement. Voyant la continuité, elle dit qu'il y a constance. Là où elle peut percevoir quelque chose, elle dit qu'il y a production. Là où elle ne peut pas percevoir quoi que ce soit, elle dit qu'il y a destruction. Elle dit que la continuité ininterrompue des causes augmente et que les pauses à l'intérieur de la continuité diminuent. Elle dit que ce surgissement de toutes choses est existence et que le périssement de toutes choses est non-existence. La lumière de la raison montre que son application de l'esprit a mené à des vues inconsistantes. Si quelqu'un vient chercher le Dharma, interrogeant sur sa signification, elle répond: «Je suis tout à la fois vivant et mort, tout à la fois existant et non-existant, tout à la fois augmentant et diminuant». Elle parle toujours de façon confondante, amenant cette personne à oublier ce qu'elle était sur le point de dire.

L2 La sophistique de seulement «non».

Ensuite, cette personne contemple attentivement son esprit et découvre que tout est non-existant. Elle a une réalisation fondée sur la non-existence. Lorsque quiconque vient lui poser des questions, elle répond par un seul mot. Elle dit seulement «non». A part de dire «non,» elle ne parle pas.

L3 La sophistique de seulement «oui».

Troisièmement, cette personne contemple attentivement son esprit et découvre que tout est existant. Elle a une réalisation fondée sur l'existence. Lorsque quiconque vient lui poser des questions, elle répond par un seul mot. Elle dit seulement «oui». A part de dire «oui,» elle ne parle pas.

L4 La sophistique de l'existence et de la non-existence.

Quatrièmement, cette personne perçoit tout autant l'existence que la non-existence. A faire l'expérience de cette divergence, son esprit devient confus. Lorsque quiconque vient poser des questions, elle leur dit: «L'existence est également non-existence. Mais à l'intérieur de la non-existence il n'y a pas d'existence». Ce n'est que de la sophistique et ça ne tient pas à l'examen.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations, qui sont des sophismes vides de sens, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le cinquième enseignement éternaliste, dans lequel on postule quatre théories distordues et fausses qui sont une totale spéculation fondée sur la sophistique de l'immortalité.

J6 Les seize façons dont la forme peut exister après la mort.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

36 Qui plus est, en sa pratique de samadhi, l'esprit de la bonne personne est ferme, immobile, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer sur le flux sans fin, elle pourrait tomber dans l'erreur avec l'idée confuse que les formes existent après la mort.

K2 Explication détaillée de leur apparence.

Elle peut fortement s'identifier avec son corps et dire que la forme est elle-même; ou elle peut se voir comme embrassant parfaitement tous les mondes et dire qu'elle contient la forme; ou elle peut percevoir toutes les conditions extérieures comme contingentes au-dessus d'elle, et dire que la forme lui appartient; ou elle peut décider de se fonder sur la continuité du skandha des formations et dire qu'il est à l'intérieur de la forme.

Dans toutes ces spéculations, elle dit que la forme existe après la mort. En allant et revenant dans de telles considérations, elle revient avec seize cas de l'existence des formes.

Ensuite elle peut spéculer que les afflictions sont toujours des afflictions, et que la Bodhi est toujours la Bodhi, et que l'une et l'autre existent côte à côte sans se contredire l'une l'autre.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations à propos de ce qui existe après la mort, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le sixième enseignement éternaliste, qui postule des théories confuses sur l'existence des formes après la mort dans le monde des cinq skandhas.

J7 Huit idées à propos de la non-existence de la forme.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

37 Qui plus est, en sa pratique de samadhi, l'esprit de cette bonne personne est ferme, immobile, et correct, et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer sur les skandhas de la forme, des sensations, et de la pensée, qui sont déjà finis, elle pourrait tomber dans l'erreur avec l'idée confuse que la forme n'existe pas après la mort.

K2 Explication détaillée de leur apparence.

Voyant que sa forme est partie, sa forme physique semble manquer de cause. Comme elle contemple l'absence de pensée, il y a rien à quoi son esprit puisse s'attacher. Sachant que ses sensations sont parties, elle a plus d'autres participations. Ces skandhas ont disparu. Quoique qu'il y ait encore de la venue à l'être, il n'y a pas de sensations ni de pensée, et elle conclut qu'elle est comme l'herbe ou le bois.

Comme ces qualités n'existent pas à présent, comment peut-il y avoir une existence des formes après la mort? A cause de ses examens et comparaisons, elle décide qu'après la mort il y a non existence. En développant l'idée, elle revient avec huit cas de la non-existence des formes.

A partir de là, elle peut spéculer que le Nirvâna et la cause et l'effet sont tous vides, qu'ils ne sont que des noms qui finalement n'existent pas.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations que la forme n'existe pas après la mort, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le septième enseignement éternaliste, qui postule des théories confuses sur la non-existence des formes après la mort dans le monde des cinq skandhas.

J8 Huit sortes de négation.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

38 Qui plus est, en sa pratique de samadhi, l'esprit de la bonne personne est ferme, immobile, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Dans cet état où le skandha des formations demeure, mais où les skandhas des sensations et de la pensée sont partis, si elle commence à spéculer qu'il y a et existence et non-existence, et donc à se contredire, elle pourrait tomber dans l'erreur avec des théories confuses qui nient et l'existence et la non-existence après la mort.

K2 Explication détaillée de leur apparence.

Considérant la forme, les sensations, et la pensée, elle voit que l'existence n'est pas réellement existence. A l'intérieur du flux du skandha des formations, elle voit que la non-existence n'est pas réellement non-existence.

Réfléchissant de cette manière dans un sens et dans l'autre, elle étudie parfaitement les mondes de ces skandhas et tire une octuple négation de la forme. Peu importe quel skandha est mentionné, elle dit qu'après la mort, il ni existe ni n'existe pas.

Qui plus est, parce qu'elle spécule que toutes formations sont changeantes par nature, une «pénétration» fulmine dans son esprit, l'amenant à en tirer une négation et de l'existence et de la non-existence. Elle ne peut pas déterminer ce qui est irréel et ce qui est réel.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations qui nient et l'existence et la non-existence après la mort, le futur lui est embrumé et elle ne peut pas dire quoi que ce soit à son propos. En conséquence, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le huitième enseignement éternaliste, qui postule des théories confuses qui nient et l'existence et la non-existence après la mort dans le monde des cinq skandhas.

J9 Sept théories sur la cessation de existence.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

39 Qui plus est, en sa pratique de samadhi, l'esprit de la bonne personne est ferme, immobile, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer que qu'il n'y a pas d'existence après la mort, elle pourrait tomber dans l'erreur avec sept théories sur la cessation de l'existence.

K2 Explication détaillée de leur apparence.

Elle peut spéculer que le corps cessera d'exister; ou que lorsque le désir a pris fin, qu'il y a cessation de l'existence; ou qu'après que la souffrance ait pris fin, il y a cessation de l'existence; ou que lorsque la béatitude atteint un point extrême, il y a cessation de l'existence; ou que lorsque le renoncement atteint un point extrême, il y a cessation de l'existence.

Réfléchissant de cette manière dans un sens et dans l'autre, elle étudie à fond les limites des sept endroits et voit qu'ils ont déjà cessé d'être et n'existeront plus.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations à l'effet que l'existence cesse après la mort, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le neuvième enseignement éternaliste, qui postule des théories confuses sur la cessation de l'existence après la mort dans le monde des cinq skandhas.

J10 Cinq sortes de Nirvâna immédiat.
K1 Décrit la source et montre l'erreur.

40 Qui plus est, en sa pratique de samadhi, l'esprit de la bonne personne est ferme, immobile, et correct et ne peut plus être dérangé par des démons. Elle peut étudier parfaitement l'origine de toutes les catégories d'êtres et contempler la source des fluctuations subtiles, évanescentes, et constantes. Mais si elle commence à spéculer sur existence après la mort, elle pourrait tomber dans l'erreur avec cinq théories sur le Nirvâna.

K2 Explication détaillée de leur apparence.

Elle peut considérer les cieux du Monde du Désir comme un véritable refuge, parce qu'elle contemple leur clarté extensive et s'en languit; ou bien elle peut prendre refuge dans le Premier Dhyâna, parce que là sa nature est libre de soucis; ou elle peut prendre refuge dans le Second Dhyâna, parce que là son esprit est libre de souffrances; ou elle peut prendre refuge dans le Troisième Dhyâna, parce qu'elle se délecte dans sa joie extrême; ou bien elle peut prendre refuge dans le Quatrième Dhyâna, en raisonnant que les souffrances et la béatitude sont toutes deux terminées là et qu'elle ne va plus subir de transmigrations.

Ces cieux sont sujets à écoulements, mais dans sa confusion elle pense qu'ils sont non-conditionnés; et elle prend ces cinq états de tranquillité comme refuges de la pureté suprême. Réfléchissant de cette manière dans un sens et dans l'autre, elle décide que ces cinq états sont suprêmes.

K3 Conclut que c'est un enseignement éternaliste.

A cause de ces spéculations à propos de cinq sortes de Nirvâna immédiat, elle va tomber dans l'éternalisme et devenir confuse à propos de la nature de la Bodhi. Ceci est le dixième enseignement éternaliste, qui postule des théories confuses sur cinq sortes de Nirvâna immédiat dans le monde des cinq skandhas.

I3 Conclusion sur le mal, et ordre d'offrir protection.
J1 Montre comment ceci se produit à cause de l'interaction.

Ananda, tous ces dix folles explications peuvent se produire en Dhyâna lorsque l'effort mental interagit avec le skandha des formations. C'est pourquoi ces «pénétrations» apparaissent.

J2 La confusion entraînera du mal.

Les êtres vivants obtus et confus ne s'évaluent pas eux-mêmes. Dans ces situations, ils confondent leur confusion pour de l'entendement et disent être devenus des Sages, proférant ainsi un grand mensonge. Ils tomberont dans les Enfers Impitoyables.

J3 Ordre d'offrir protection.

Après mon Nirvâna, vous devrez tous transmettre les enseignements du Tathagata, les transmettant et les révélant à ceux de l'Age de la Fin du Dharma, afin que les êtres vivants partout puissent s'éveiller à ces vérités. Ne laissez pas des démons surgir dans leur esprits et les amener à commettre de graves offenses. Offrez protection afin que les vues déviantes soient éradiquées.

Enseignez leur à s'éveiller aux vrais principes en corps et esprit, afin qu'ils ne s'égarent pas de la Voie Insurpassée. Ne les laissez pas aspirer à et se contenter de petites réalisations. Vous devez devenir des rois du grand éveil et servir de guides de pureté.

[Fin du Skandha des Formations]

Les caractéristiques des démons du skandha de la conscience.

I1 Survol du début jusqu'à la fin.
J1 Au début, on cultive mais on n'est pas encore sorti de cette région.
K1 Revue de la fin du précédent skandha des formations.

Ananda, lorsque cette bonne personne, qui cultive samadhi, a mis fin au skandha des formations, les fluctuations subtiles, évanescentes &emdash; la source profonde, imperceptible et pivotale et le fondement commun d'où jaillit toute vie dans le monde &emdash; sont soudain oblitérées. Dans le réseau submergé du karma rétributif des Pudgala, les résonances karmiques sont interrompues.

K2 Introduction à la région du skandha de la conscience.

On est sur le point d'avoir une grande illumination dans le ciel du Nirvâna. C'est comme de regarder vers l'est au dernier chant du coq pour voir le brillant éclat de l'aube apparaissant déjà. Les six facultés sensorielles sont vides et immobiles; il n'y a plus de course frénétique. A l'intérieur et à l'extérieur il y a une profonde clarté. Elle entre sans entrer. Sondant la source originelle de la vie des douze catégories d'êtres dans toutes les dix directions, elle peut contempler cette source sans être tiré dans aucune des catégories. Elle est déjà devenue identique avec les mondes des dix directions. Le brillant éclat ne s'estompe pas, et ce qui était obscur et caché est révélé. Ceci est la région du skandha de la conscience.

J2 A la fin, elle se défait et révèle sa fausse source.

S'il est déjà devenu identique avec les masses qui lui font signe, il peut oblitérer l'individualité des six portes et réussir à les unir et les ouvrir. La vue et l'ouïe deviennent liées de sorte qu'elles fonctionnent de façon interchangeable et pure. Les mondes des dix directions et son propre corps et esprit sont aussi clairs et transparents que le vaidurya. Ceci est la fin du skandha de la conscience. Cette personne peut alors transcender la turbidité des durées de vie. Contemplant la cause du skandha de la conscience, on voit que la négation de l'existence et la négation de la non-existence sont toutes deux irréelles, et que des fausses pensées sens dessus-dessous sont sa source.

I2 Dix attachements au sein de ceci.
J1 L'attachement aux causes et à ce qui est causé.
K1 Lorsque les formations sont parties, la conscience apparaît.

41 Ananda, tu dois savoir que la bonne personne a parfaitement vu que le skandha des formations est vide, et qu'elle doit retourner la conscience à la source. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Elle peut amener les facultés sensorielles individuelles de son corps à s'unir et s'ouvrir. Elle a aussi une conscience compénétrante de toutes les catégories d'êtres dans les dix directions. Comme sa conscience est compénétrante, elle peut entrer dans la parfaite source. Mais si elle considère ce à quoi elle retourne comme une cause de vraie permanence et interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber dans l'erreur de s'accrocher à cette cause. Kapila le Sankhyen, avec sa théorie du retour à la Vérité du Non-Manifeste, deviendra son compagnon. Confus au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci est le premier état, dans lequel elle crée un endroit auquel retourner, fondé sur l'idée qu'il y a quelque chose à atteindre. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine de l'externalisme.

J2 L'attachement à une capacité qui n'est pas réellement une capacité.
K1 Lorsque les formations sont parties, la conscience apparaît.

42 Ensuite, Ananda, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Elle peut considérer ce à quoi elle retourne comme son propre corps et voir tous les êtres vivants dans les douze catégories à travers l'espace comme découlant de son corps. Si elle interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber dans l'erreur de soutenir qu'elle a une capacité qu'elle n'a pas réellement. Maheçvara, qui manifeste son corps sans limites, deviendra son compagnon. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci est le second état, dans lequel elle crée une capacité spécifique fondée sur l'idée qu'elle a une telle capacité. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine de la renaissance dans le Ciel du Grand Orgueil où on considère le soi comme parfait et compénétrant tout.

J3 L'attachement à une idée erronée de permanence.
K1 Lorsque les formations sont parties, la conscience apparaît.

43 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Si elle considère ce à quoi elle retourne comme un refuge, elle va soupçonner que son corps et son esprit sortent de là, et que toutes choses dans les dix directions de l'espace surgissent de là aussi. Elle va expliquer que cet endroit d'où toutes choses sortent est le corps vraiment permanent, qui n'est pas sujet à production et à destruction. Pendant qu'elle est immobile au sein de la production et de la destruction, elle pense prématurément qu'elle demeure dans la permanence. Comme elle s'illusionne au sujet de la non-production, elle est aussi confuse au sujet de la production et de la destruction. Elle sombre dans la confusion. Si elle interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber dans l'erreur de prendre ce qui n'est pas permanent pour permanent. Elle va spéculer que le Dieu de Souveraineté (Içvaradeva) est son compagnon. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Lui donne un nom et nous avertit d'y être attentifs.

Ceci est le troisième état, dans lequel elle fait une fausse spéculation fondé sur l'idée qu'il y a un refuge. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine d'une idée tordue de la perfection.

J4 L'attachement à une conscience qui n'est pas réellement conscience.
K1 Lorsque les formations sont parties, la conscience apparaît.

44 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Fondé sur son idée qu'il y a une conscience universelle, elle formule une théorie que toutes les plantes et les arbres dans les dix directions sont sensibles, pas différentes des êtres humains. Elle prétend que les plantes et les arbres peuvent devenir des gens, et que lorsque des gens meurent ils redeviennent des plantes et des arbres dans les dix directions. Si elle tient cette idée d'une conscience universelle sans restriction pour suprême, elle va tomber dans l'erreur de soutenir que ce qui n'est pas conscient a une conscience. Vasishtha et Sainika, qui soutenaient l'idée de conscience d'ensemble, deviendront ses compagnons. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Lui donne un nom et nous avertit d'y être attentifs.

Ceci est le quatrième état, dans lequel elle crée une interprétation erronée fondée sur l'idée qu'il y a un une conscience universelle. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine d'une idée tordue de la conscience.

J5 L'attachement à la naissance qui n'est pas réellement la naissance.
K1 Lorsque les formations sont parties, la conscience apparaît.

45 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Si elle a atteint une souplesse dans la parfaite fusion et le fonctionnement interchangeable de les facultés sensorielles, elle pourrait spéculer que toutes choses surgissent à partir de ces parfaites transformations. Elle cherche alors la lumière du feu, se régale de la pureté de l'eau, aime le flot circulaire du vent, et contemple les accomplissements de la terre. Elle les révère et les sert bien mal. Elle prend ces éléments mondains pour une cause fondamentale et les croit pour éternels. Elle va alors tomber dans l'erreur de prendre ce qui n'est pas de la production pour de la production. Kashyapa et les Brahmanes qui cherchent à transcender la naissance et la mort en servant le feu avec diligence et en rendant un culte à l'eau deviendront ses compagnons. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Lui donne un nom et nous avertit d'y être attentifs.

Ceci est le cinquième état, dans lequel elle poursuit confusément les éléments, créant une cause fausse qui entraîne de fausses aspirations fondées sur des spéculations au sujet de son attachement au culte. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine d'une idée tordue de la transformation.

J6 L'attachement à un refuge qui n'est pas réellement un refuge.

46 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Elle pourrait spéculer qu'il y a une vacuité au sein de la parfaite clarté, et en se basant là-dessus, nier les myriades de transformations, en prenant leur éternelle cessation pour refuge. Si elle interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber dans l'erreur de prendre ce qui n'est pas un refuge pour un refuge. Ceux qui demeurent en Çunyata dans le Ciel de [Ni Pensée ni] Non-Pensée deviendront ses compagnons. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci est le sixième état, dans lequel elle réalise un état de vacuité fondé sur l'idée de vacuité au sein de la parfaite clarté. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine du nihilisme.

J7 L'attachement à une avidité irréalisable.
K1 Après que les formations aient pris fin, la conscience se manifeste.

47 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Dans l'état de parfaite permanence, elle pourrait renforcer son corps, espérant vivre pendant longtemps dans cette subtile et parfaite condition sans mourir. Si elle interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber dans l'erreur d'être avide de quelque chose d'irréalisable. Asita et ceux qui recherchent la longue vie deviendront ses compagnons. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci est le septième état, dans lequel elle crée la fausse cause de donner du courage et aspire à une existence mondaine permanente, fondé sur son attachement à la source de vie. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine de fausses pensées d'allongement de la vie.

J8 L'attachement à la vérité qui n'est pas réellement la vérité.
K1 Après que les formations aient pris fin, la conscience se manifeste.

48 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur..

Comme elle contemple l'interconnexion de toutes vies, elle veut s'accrocher aux plaisirs mondains et a peur qu'ils prennent fin. Prise au piège de cette pensée, elle va, par le pouvoir de transformation, s'asseoir dans un palais fleur de lotus, conjurer une abondance des sept choses précieuses, augmenter sa suite de belles femmes, et laisser aller son esprit. Si elle interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber dans l'erreur de prendre ce qui n'est pas la Vérité pour la Vérité. Vignakara deviendra son compagnon. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci est le huitième état, dans lequel elle dresse le résultat du laisser-aller aux plaisirs mondains, fondé sur la cause de sa pensée déviante. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine pour devenir un démon des cieux.

J9 Auditeurs de nature fixe.
K1 Après que les formations aient pris fin, la conscience se manifeste.

49 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Dans son entendement de la vie, elle distingue le subtil et le grossier et détermine le vrai et le faux. Mais elle ne cherche qu'une réaction dans la récompense mutuelle de cause et d'effet, et elle tourne le dos à la Voie de la Pureté. Dans la pratique de voir la souffrance, l'élimination de l'accumulation, la réalisation de la cessation, et la culture de la Voie, elle demeure dans la cessation et s'arrête là, ne progressant plus. Si elle interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber et devenu un Auditeur de nature fixe. Les Sanghans sans instruction et ceux dont l'orgueil est présomptueux deviendront ses compagnons. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci est le neuvième état, dans lequel elle aspire à la fruition de la cessation, fondé sur la perfection de l'esprit qui cherche des réponses. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine pour se prendre dans les filets de la vacuité.

J10 Pratyekas de nature fixe.
K1 Après que les formations aient pris fin, la conscience se manifeste.

50 Ensuite, la bonne personne a entièrement vu le skandha des formations comme vide. Elle a déjà mis fin à la production et à la destruction, mais elle n'a pas encore parfait la subtile merveille de la sérénité suprême.

K2 Un entendement erroné entraîne une erreur.

Dans cet éveil parfaitement fusionné, pur et clair, comme elle étudie la profonde merveille, elle pourrait le prendre pour le Nirvâna et échouer à faire d'autres progrès. Si elle interprète ceci comme un état suprême, elle va tomber et devenu un Pratyeka de nature fixe. Les Eveillés par les Conditions et les Eveillés de Façon Solitaire qui ne tournent pas leur esprits au Grand Véhicule deviendront ses compagnons. Confuse au sujet de la Bodhi des Bouddhas, elle va perdre sa connaissance et son entendement.

K3 Donne le nom et l'enseignement pour l'éveil.

Ceci est le dixième état, dans lequel elle réalise la fruition de la profonde clarté fondée sur la fusion de l'esprit avec le parfait éveil. Elle s'égare loin de la parfaite pénétration et tourne le dos à la Cité du Nirvâna, semant ainsi la graine de l'incapacité à surpasser son attachement à la clarté du parfait éveil.

I3 Conclusion sur le mal et ordre d'offrir protection.
J1 Montre comment ceci se produit grâce à l'interaction.

Ananda, ces dix états de Dhyâna sont dus à de folles explications en chemin. S'il se fie à elles, le cultivateur devient confus et prétend avoir atteint la réalisation complète avant d'y être réellement arrivé. Tous ces états sont le résultat des interactions entre le skandha de la conscience et ses efforts mentaux.

J2 La confusion entraînera du mal.

Les êtres vivants obtus et confus ne s'évaluent pas eux-mêmes. Dans ces situations, leurs esprits sont confondus par leurs préférences individuelles et leurs habitudes passées, de sorte qu'ils s'arrêtent pour se reposer dans ce qu'ils prennent pour leur refuge ultime. Ils prétendent avoir pleinement réalisé la Bodhi insurpassée, proférant ainsi un grand mensonge. Lorsque leur rétribution karmique comme externalistes et démons déviants vient à son terme, ils tombent dans les Enfers Impitoyables. Les Auditeurs et Les Eveillés par les Conditions ne peuvent faire d'autres progrès.

J3 Ordre d'offrir protection.

Vous tous devez chérir la résolution de soutenir la Voie du Tathagata. Après mon Nirvâna, transmettez cette porte du Dharma à ceux qui vivent dans l'Age de la fin du Dharma, étant cause de ce que les êtres vivants s'éveillent à sa signification. Ne laissez pas les démons des vues les amener à créer leur propres graves offenses et tomber. Protégez les, réconfortez les, et sauvez les par compassion et éliminez les mauvaises conditions. Permettez leur d'entrer dans la connaissance et l'entendement des Bouddhas avec le corps et l'esprit de sorte que du début jusqu'à l'accomplissement final ils ne s'égarent jamais.

G3 Enseignement de conclusion.
H1 Enseigne d'abord à transcender et certifier.
I1 Certification antérieure de tous les Bouddhas.

C'est grâce à cette porte du Dharma que les Tathagatas du passé, aussi nombreux que de fins grains de poussière dans des éons aussi nombreux que les sables du Gange, ont éveillé leur esprit et atteint la Voie insurpassée.

I2 La fin de la conscience est transcendance.

Lorsque le skandha de la conscience se termine, vos facultés sensorielles actuelles fonctionneront de façon interchangeable. Au sein de ce fonctionnement interchangeable, vous pourrez entrer dans la Sagesse Vajra sèche des Bodhisattvas. Dans votre parfait, clair, pur esprit, il y aura une transformation.

Ce sera comme un pur vaidurya qui contient une lune précieuse, et ainsi tu transcenderas les dix Fois, les dix Demeures les dix Pratiques, les dix Transférences, les Quatre Pratiques Additionnelles, les Dix Bases de style Vajra de la pratique d'un Bodhisattva, et la parfaite clarté de L'Eveil égal.

I3 Parfaite Réalisation de l'Ultime Fruition.

Vous entrerez dans la mer de merveilleux ornements du Tathagata, perfectionnerez la culture de la Bodhi, et retournerez à l'état de non-obtention.

H2 Il nous instruit alors à la protéger et à la maintenir.
I1 Il explique d'abord comment cela s'accorde avec les Honorés du passé.

Ceux-ci sont des états démoniaques subtils que tous les Bouddhas, Honorés du Monde du passé, ont discerné avec leur clarté éclairée alors qu'ils étaient dans l'état de Shamatha-Vipashyana.

I2 Lui ordonne de reconnaître les états démoniaques, et à protéger et maintenir la samadhi.

Si vous pouvez reconnaître un état démoniaque lorsqu'il apparaît et laver la saleté dans votre esprit, vous n'allez pas tomber dans l'erreur avec des vues déviantes.

Les démons des skandhas s'évaporeront, et les démons des cieux seront oblitérés. Les puissants fantômes et esprits perdront l'esprit et fuiront. Et les li, mei, et wang liang n'oseront pas se montrer à nouveau.

Vous n'allez arriver directement à la Bodhi sans la moindre fatigue, en progressant à partir de positions inférieures au Grand Nirvâna sans devenir confus ou découragés.

Si il y a des êtres vivants dans l'Age de la fin du Dharma qui se régalent de cultiver la samadhi, mais qui sont stupides et obtus, qui échouent à reconnaître l'importance de Dhyâna, ou qui n'ont pas entendu prononcer le Dharma, vous devez vous en préoccuper sinon, ils se laisseront prendre à des manières déviantes. Vous devrez obstinément les exhorter à maintenir le Dharani Mantra du Sommet du Bouddha. S'ils ne peuvent la réciter de mémoire, ils faudrait qu'ils l'écrivent et l'affichent dans la Salle de Méditation Dhyâna ou qu'ils la portent sur eux. Alors aucun des démons ne pourra les déranger.

I3 Lui conseille de révérer cet enseignement comme un exemple venu du passé.

Vous devez révérer ce paradigme final de l'ultime culture et progresser dans les dix directions des Tathagatas.

E2 Requête d'explications supplémentaires sur le surgissement
et la cessation des cinq skandhas.
F1 Ananda répète l'enseignement qui précède et fait une requête.

Ananda alors se leva à partir de son siège. Ayant entendu l'enseignement du Bouddha, il s'inclina et le répéta respectueusement, se rappelant chaque mot et n'en oubliant aucun. Alors une fois encore dans la grande assemblée, il s'adressa au Bouddha: «Le Bouddha nous a dit que dans la manifestation des cinq skandhas, il y a cinq sortes de faussetés qui viennent de nos propres esprits pensants. Nous n'avons jamais auparavant été bénis par un enseignement aussi subtil et merveilleux comme celui que le Tathagata vient de donner».

«Ensuite, ces cinq skandhas sont-ils oblitérés tous en même temps, ou s'éteignent-ils en séquence? Quelles sont les limites de ces cinq strates?»

«Nous espérons seulement que le Tathagata, de par sa grande compassion, nous l'expliquera afin de purifier les yeux et illuminer les esprits des membres de cette grande assemblée, et afin de servir d'yeux aux êtres vivants du futur».

F2 Le Bouddha répond à trois questions.
G1 Il répond d'abord qu'ils surgissent de la fausseté.
H1 Il montre la raison des fausses pensées.
I1 Rechercher la source et la trouver vide.

Le Bouddha dit à Ananda: «L'essentielle, vraie, merveilleuse clarté et parfaite pureté de l'éveil fondamental n'admet pas la naissance et la mort, ni la moindre pollution mondaine, et pas même l'espace vide. Tous ceux-ci sont amenés à cause des fausses pensées.

La source de l'éveil fondamental, qui est merveilleusement claire, vraie, et pure, donne faussement naissance au monde matériel, tout comme Yajnadatta devint confus à propos de sa tête lorsqu'il vit sa propre image.

I2 Juge que les spéculations sens dessus-dessous sont erronées.

La fausseté n'a fondamentalement pas de cause, mais dans votre fausse manière de penser, vous mettez en place causes et conditions. Mais ceux qui sont confus au sujet du principe de causes et conditions appellent cela spontanéité. Même l'espace vide est une création illusoire. Combien plus encore le sont causes, conditions et spontanéité, qui ne sont que spéculations faites par le faux esprit des êtres vivants.

Ananda, si tu perçois la naissance de la fausseté, tu peux parler des causes et conditions de cette fausseté. Mais si la fausseté n'a pas de source, il te faudra dire que les causes et conditions de cette fausseté n'ont fondamentalement aucune source. Combien plus encore est-ce le cas pour ceux qui échouent à comprendre ceci et recommandent la spontanéité.

En conséquence, le Tathagata t'a expliqué que la cause fondamentale de tous les cinq skandhas est la fausse manière de penser.

H2 Examen détaillé de la quintuple fausse manière de penser.
I1 La fausse manière de penser du skandha de la forme.
J1 Explique que le corps existe à cause des pensées.

La cause initiale de votre corps fut une pensée de la part de vos parents. Mais si vous n'aviez pas entretenu de pensées dans vos propres esprits, vous ne seriez pas nés. C'est donc grâce à la pensée que la vie se perpétue.

J2 Fournit une analogie pour expliquer en détail.

Comme je l'ai dit auparavant, lorsque vous avez à l'esprit le goût du vinaigre, vous avez l'eau à la bouche. Lorsque vous pensez d'être en train de marcher le long d'un précipice, la plante de vos pieds vous picote. Comme le précipice n'existe pas et qu'il n'y a pas de vinaigre, comment pouvez-vous avoir l'eau à la bouche à la seule mention de vinaigre, si ce n'était pas le cas que votre corps est venu à la suite d'une fausseté?

J3 Conclut en nommant cette fausse manière de penser.

Donc, vous devez savoir que votre présent corps physique provient de la première sorte de fausses pensées, caractérisée par la solidité.

J1 La pensée aboutit aux sensations.

Comme précédemment décrit, de simples pensées à propos d'un haut endroit peuvent réellement faire que votre corps souffre de picotements et de douleurs.

J2 Conclut en nommant cette fausse manière de penser.

De par cette cause, les sensations surgissent et affectent votre corps physique, de sorte qu'à présent vous recherchiez les sensations favorables et que les sensations contraires vous répugnent. Ces deux sortes de sensations qui vous obligent sont entraînées par la deuxième sorte de fausses pensées, qui est caractérisée par une clarté illusoire.

I3 La fausse manière de penser du skandha des pensées.
J1 Corps et esprit en réaction mutuelle.

Une fois que surgissent vos pensées, elles peuvent contrôler votre corps. Votre corps n'est pas pareil que vos pensées, et pourtant, pourquoi est-ce que votre corps suit vos pensées et s'engage dans chaque sorte de saisie des objets? Une pensée naît et le corps saisit en réaction à la pensée.

J3 Conclut en nommant cette fausse manière de penser.

Lorsque vous êtes éveillés, votre esprit pense. Lorsque vous dormez, vous rêvez. Ainsi vos pensées sont excitées à percevoir de fausses situations. Ceci est la troisième sorte de fausses pensées, qui est caractérisée par l'interconnexion.

I4 La fausse manière de penser du skandha des formations.
J1 Défaut de conscience des changements corporels.

Les processus métaboliques ne s'arrêtent jamais; ils progressent par changements subtils: vos ongles s'allongent, vos cheveux poussent, votre énergie diminue, et votre peau se ride. De jour comme de nuit le processus continue, et pourtant vous ne vous éveillez jamais à eux.

Si ces choses ne font pas partie de toi, Ananda, alors pourquoi donc ton corps continue-t-il de changer? Et si elles font vraiment partie de toi, alors pourquoi n'en es tu pas conscient?

J2 Discute de son étendue et conclut par le nom.

Ton skandha des formations continue pensée après pensée sans cesse. Cela est la quatrième sorte de fausses pensées, qui est caractérisée comme étant subtile et cachée.

I5 La fausse manière de penser du skandha de la conscience.
J1 Détruit directement la dualité du vrai et du faux.

Finalement, si votre état pur, clair, brillant, et immobile est permanent, alors il ne devrait pas y avoir de vue, d'ouïe, de conscience ou de connaissance dans votre corps. Si cela est authentiquement pur et vrai, cela ne devrait pas contenir d'habitudes et de fausseté.

Comment se fait-il, alors, qu'ayant vu des choses inhabituelles par le passé, tu finis par l'oublier avec le temps, jusqu'à ce que ni la mémoire ni l'oubli de cela ne demeure; mais qu'ensuite, en voyant soudain cette chose inhabituelle à nouveau, tu t'en rappelles clairement comme avant sans omettre un seul détail? Comment peux-tu imaginer la perméation qui se poursuit pensée après pensée dans cette pure, claire, et immobile conscience?

J2 Se sert d'une analogie pour expliquer.

Ananda, tu dois savoir que cet état de clarté n'est pas réel. C'est comme de l'eau coulant avec rapidité et qui paraît immobile à la surface. À cause de sa rapidité, tu ne peux pas percevoir le courant, mais cela ne signifie pas pour autant qu'elle ne coule pas. Si ceci n'était pas la source des pensées, alors comment pourrait-on être sujet à de fausses habitudes?

J3 Indique soigneusement son moment de cessation.

Si tu n'ouvres pas ni n'unis tes six facultés sensorielles de sorte qu'elles fonctionnent de façon interchangeable, cette fausse manière de penser ne cessera jamais.

C'est pourquoi ta vue, ton ouïe, ta conscience, et ta connaissance sont présentement attachées ensemble par de subtiles habitudes, de telle sorte qu'au sein de la profonde clarté, existence et non-existence sont toutes deux illusoires. Ceci est la cinquième sorte de pensées sens-dessus-dessous extrêmement subtiles.

H3 Conclusion générale sur ce que la fausse manière de penser entraîne.

Ananda, ces cinq skandhas de réception se développent avec cinq sortes des fausses pensées.

G2 Répond sur la profondeur du monde des skandhas.

Tu voulais aussi connaître la profondeur et étendue de chaque domaine. Forme et vacuité sont les frontières de la forme. Contact et séparation sont les frontières de la sensation. Se rappeler et oublier sont les frontières de la pensée. Destruction et production sont les frontières des formations. La profonde pureté venant à s'unir avec la profonde pureté appartient aux frontières de la conscience.

G3 Répond sur la soudaineté ou la progressivité de la cessation.

A leur source, ces cinq skandhas surgissent par strates. Leur naissance est due à la conscience. Leur cessation commence avec l'élimination de la forme.

Tu pourrais n'avoir qu'un éveil soudain au principe, auquel point ils disparaîtraient tous simultanément. Mais en termes du spécifique, ils ne sont pas tous éliminés en une fois, mais en séquence.

Je t'ai déjà montré les noeuds faits dans le tissu de Karpasa. Qu'est-ce que tu ne comprends pas, qui te fait à nouveau poser cette question?

F3 Conclut par une exhortation à transmettre cet enseignement.

Tu dois acquérir un entendement complet de l'origine de cette fausse manière de penser et alors transmettre ton entendement aux cultivateurs du futur Age de la fin du Dharma. Fais leur reconnaître cette fausseté et donner naturellement naissance à un profond dédain pour elle. Fais leur connaître le Nirvâna de sorte qu'ils ne s'attardent pas dans le Triple Monde.

B3 Section de propagation.
C1 Compare avec les bénédictions des offrandes aux Bouddhas.

Ananda, suppose que quelqu'un devait offrir une quantité des sept choses précieuses qui remplissent l'espace dans les dix directions à autant de Bouddhas qu'il y a de grains de poussière, les servant attentivement et leur faisant des offrandes sans laisser un seul moment passer en vain. Penses-tu que cette personne tirerait beaucoup de bénédictions en faisant une telle offrande aux Bouddhas?

Ananda répondit: «Comme l'espace est sans limites, la choses précieuses le seraient aussi. Dans le passé, quelqu'un donna au Bouddha sept pièces et renaquit par voie de conséquence en tant que Roi qui fait tourner la Roue. Comme pour cette personne qui remplit maintenant tout l'espace et toutes les terres de Bouddha avec une offrande de choses précieuses que ne pourraient pas être imaginées à travers des éons sans fin, comment pourrait-il y avoir une limite à ses mérites?»

Le Bouddha dit à Ananda: «Tous les Bouddhas, Tathagatas, disent des paroles qui ne sont pas fausses. Il pourrait bien y avoir une autre personne qui aurait personnellement commis les Quatre Offenses Majeures et les dix Parajikas de sorte que, en un instant, elle aurait à passer par les Enfers Avici dans ce monde et les autres, jusqu'à ce qu'elle ait passé par tous les Enfers Impitoyables dans les dix directions, sans exception».

Et pourtant, si elle pouvait expliquer cette porte du Dharma ne fut-ce que l'espace d'une pensée à ceux qui vivent dans l'Age de la fin du Dharma qui ne l'auront pas encore étudié, ses obstacles à cause de ses offenses serait éradiqué de par cette pensée, et tous les enfers où elle aurait dû subir la souffrance deviendraient des terres de paix et de béatitude.

La mérites qu'elle obtiendrait surpasseraient ceux de la personne susmentionnée par des centaines de milliers de millions de milliards de fois, certes de tant de fois qu'aucun calcul ou analogie ne pourrait l'exprimer.

C2 Fait valoir la suprématie de deux bénéfices.

Ananda, si des êtres vivants peuvent réciter ce Sûtra et maintenir ce mantra, je ne pourrais pas décrire, même dans d'interminables kalpas, à quel point ses avantages seront grands. Ayez fois en l'enseignement que je viens de donner. Cultivez en accord avec cela, et vous réaliserez directement la Bodhi sans rencontrer de karma démoniaque.

C3 Conclut avec la béatitude dharmique ressentie par la grande assemblée.

Lorsque le Bouddha eût fini de dire ce Sûtra, les Bhikshus, Bhikshunis, Upasakas, Upasikas, et tous les dieux, humains, et asuras de ce monde, de même que tous les Bodhisattvas, ceux des Deux Véhicules, les Sages, les immortels, et purs jeunes gens dans les autres directions, et les puissants fantômes et esprits de résolution initiale se sentirent tous euphoriques, rendirent obéissance, et se retirèrent.