Leçon 1

Bodhisattva Ksitigarbha Sūtra
Sūtra des Voeux Solennels dès l’origine du « Bodhisattva Matrice de la Terre »1
Kinh ñÎa Tång B°n nguyOEn Giäng Kš
L’explication du Såtra : Maître enseignant Chin Kung
du Groupe d’Etudes de la Terre Pure à Singapour
Traduction en vietnamien : Groupe des condisciples
DiOEu Âm
Traduction française : DC, LH, MN, LC, MD et LK


Leçon n°1 : Réf. 14-12-01


A. OUVERTURE
Chers condisciples,
Depuis des années, lorsqu’une « aire d’éveil » (Çåo tràng) est construite, le premier Såtra que j’explique est le « Såtra des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha ».
Pourquoi ? Parce que, pour construire et développer une matière d’étude d’éveil aux êtres, on ne peut pas la réaliser sans établissement. C’est-à-dire, qu’il faut d’abord avoir un
1 « Bodhisattva Matrice de la Terre » : Bodhisattva Ksitigarbha (Matrice de la Terre) Dictionnaire encyclopédie du bouddhisme, Philippe Cornu, p. 314-315 Seuil.
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terrain, puis une salle de conférence, une structure, des convenances etc.
Cependant, il est important d’avoir des moyens préliminaires avant de commencer l’étude. Pour apprendre les enseignements de la doctrine d’éveil, sur qu’elle matière doit-on s’appuyer pour ne pas s’égarer ? Cela doit être bien étudié et compris.
Pour pratiquer la Doctrine Authentique, il est préférable de s’appuyer sur son propre esprit pensant et le « Såtra des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Matrice de la Terre » qui est la première session. Cependant, Ksitigarbha est le nom Sanskrit du Bodhisattva, qui signifie Matrice de la Terre ou Trésor de la Terre.
Lorsque la base fondamentale matérielle est fondée, il reste la matière spirituelle qui est aussi une matière primordiale pour s’établir. Ces deux matières fixées sont nécessaires pour exposer le « Såtra des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha » comme base principale d’étude du courant Mahāyāna, car si l’être ne sait pas que « l’esprit spirituel est la porte d’entrée (pháp môn)
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de la maison du Bouddha-Dharma2, et ne sait non plus où commencer à apprendre, alors, il est évident qu’il ne réalisera pas son voeu.
Bien qu’il se donne de la peine en s’évertuant assidûment, il demeure toujours au même niveau, ne pouvant pas se sortir des six mondes du cycle des renaissances et des morts. Cependant, tous ses efforts et le temps de sa pratique ne deviendront que des « mérites d’écoulements » (phܧc báo h»u lÆu).
Le signe symbolique de l’éducation bouddhique du courant Mahāyāna chinois est représenté par les quatre Grands Bodhisattva, qui sont :
1) Le Bodhisattva Ksitigarbha (BÒ Tát ñÎa Tång).
2) Le Bodhisattva Avalokite÷vara (BÒ Tát Quán Âm).
3) Le Bodhisattva Ma¤ju÷ri (BÒ Tát Væn Thù).
4) Le Bodhisattva Samantabhadra (BÒ Tát Ph° HiŠn).
Le premier Bodhisattva est le Bodhisattva Ksitigarbha qui a prononcé de grands voeux solennels dès l’origine pour
2 Le Bouddha-dharma est la Vraie Doctrine que le Bouddha a enseignée et qui peut mener les êtres à l’éveil.
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secourir tous les êtres animés du Jambudvãpa. Il représente la piété et le respect envers ses parents et ses Maîtres. De là, se développe le deuxième Bodhisattva, Avalokite÷vara, qui, ayant une grande compassion et la miséricorde, est à l’écoute des cris malheureux des êtres animés afin de leur venir en aide pour les sortir de la misère. Le troisième Bodhisattva est le Bodhisattva Ma¤ju÷ri. Celui-ci représente la grande sagesse. Puis le quatrième Bodhisattva, Mahā Samantabhadra représente la réalisation.
Malgré ces qualités, l’éducation bouddhique est actuellement en décadence, les pratiquants ne peuvent aboutir à leur but, comparé à nos ancêtres. Pourquoi ? Parce que les êtres contemporains oublient leurs origines. La plupart ne sont ni pieux ni respectueux envers leurs parents ou leurs Maîtres enseignants.
Autrefois, le professeur Lš disait : « La méthode pratiquée par ces personnes n’est qu’un jeu vis-à-vis du Bouddha-Dharma, ils ne suivent pas sérieusement l’éducation doctrinale et ne veulent pas la développer. Ces personnes servent le Bouddha-Dharma pour se distraire,
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comme s’ils n’avaient rien d’intéressant à faire journellement ».
L’affirmation du professeur Lš est exacte. Réfléchissons ! Jouons-nous aussi avec des enseignements du Bouddha-Dharma en vue de gagner un peu de vertu d’écoulement ?
Si c’est le cas, alors, il faut bien reconnaître que le peu de vertu d’écoulement que ces personnes auront obtenu ne pourront leur être bénéfique dans le monde des êtres humains. Alors, où pourront-ils en bénéficier ? Ils en bénéficieront certainement dans le monde des animaux ou dans le monde des esprits malins.
Pourquoi ne pourront-ils pas en bénéficier dans le monde de l’humanité ? - Parce qu’ils perdent leur aptitude personnelle d’être humain. Il faut bien noter ce point.
La bonne conduite des êtres humains est d’être « pieux envers ses parents, avoir du respect envers ses Maîtres enseignants mondains et spirituels ainsi qu’avec leurs semblables » (Hi‰u thân tôn sÜ, vn.).
Le premier mérite standard des « Trois Mérites » indiqués dans le « Såtra de la Contemplation de la
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Longévité » (Quán Vô LÜ®ng Th† Kinh) pour obtenir le bonheur en ce bas-monde et en des mondes célestes est obtenu :
1. En ayant de la piété filiale envers ses parents.
2. En servant (respecter, obéir) les Maîtres et le peuple.
3. En s’abstenant de tuer par compassion envers tous les êtres.
4. En se perfectionnant en pratiquant les dix actes méritoires : Provenant du corps : 1. Respecter la vie. 2. Respecter la propriété des autres, être généreux. 3. Ne pas commettre de méconduite sexuelle. Provenant de la parole : 4. Dire et respecter la vérité. 5. Ne pas dire du mal des autres. 6. Ne pas dire de méchancetés. 7. Ne pas s’adonner aux bavardages futiles. Provenant de nos pensées : 8. Se satisfaire de ce que l’on a et se réjouir des biens et qualités des autres. 9. Ne pas se laisser emporter par la colère ou la haine. 10. Cultiver la sagesse.
Si vous avez accompli le premier mérite standard, ou comprenez les quatre conduites précitées, vous aurez de bonnes occasions pour reprendre naissance sous forme d’être humain dans la vie prochaine. Ainsi, les rétributions méritoires que vous aurez cultivées s’accorderont dans la
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voie des êtres humains ou dans la voie des êtres célestes.
Dans le cas où vous ne pouvez pas réaliser les quatre conditions précitées, alors, les semences méritoires que vous avez semées vous seront bénéfiques dans les voies maléfiques, puisque même dans les voies inférieures, il y a aussi des êtres qui profitent de grands mérites.
Généralement, tout le monde connait ces principes et ces faits (lš s¿), mais peu d’êtres les réalisent. Pourquoi ? Parce qu’ils ne comprennent pas à fond ces phénomènes et noumènes (s¿ lš).
Si l’être comprend profondément ces facteurs, il peut se repentir, éliminant l’obstruction du karman (nghiOEp chܧng), comme le commandant d’un navire qui lui, fait demi tour avec son bateau pour retrouver son quai.
C’est pour cela que lorsqu’un monastère ou une pagode vient d’être construite, le « Såtra des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha » doit être exposé.
Vous êtes rassemblés ici pour apprendre les enseignements du Bouddha, et nous organisons cette session pour votre scolarité fondamentale. Bien que le
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temps ne me permette pas de m’attarder, je décide de vous exposer en détail les points les plus importants du Såtra. Hormis les points principaux, les grands Maîtres annotèrent et commentèrent clairement dans d’autres ouvrages les autres parties. Par exemple : Vous pouvez consulter l’ouvrage du Maître enseignant Thánh NhÃt, qui explique en langage courant.
Si vous avez une bonne occasion de propager les enseignements de la Doctrine dans un nouveau monastère ou une pagode, en Chine ou à l’étranger, il est préférable que vous expliquiez le « Såtra des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Matrice de la Terre » (ñÎa Tång B°n NguyOEn). Puis, le « Såtra de la Longévité » (Kinh Vô LÜ®ng Th†) en guidant les êtres à invoquer le Grand Nom Glorieux du Bouddha Amitābha, afin de parvenir à la Terre Pure de l’Ouest. Cette méthode étant la méthode efficace déterminante.
Le « Såtra des Voeux Solennels dès l’Origine du Bodhisattva Ksitigarbha annoté et commenté » (ñÎa Tång BÒ Tát B°n NguyOEn Kinh khoa chú) fut composé par le Maître
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enseignant Linh KiOEt, qui était présent à l’époque du règne Khang-Hi3 au début de la dynastie ñåi Thanh4, où les explications étaient excellentes. Mais si vous voulez l’utiliser comme support d’enseignement du Dharma, alors, vous devez bien concentrer votre esprit pour bien le comprendre, en le transformant en langage contemporain pour l’exposer.
De plus, il vous est important d’avoir les conceptions des êtres contemporains pour l’expliquer, ainsi, les auditeurs comprendront plus facilement.
L’ouvrage précité comprend cinq parties :
Premièrement : Luân Quán est la présentation sommaire des idées générales du Såtra. Cette partie comporte cinq significations merveilleuses.
Deuxièmement : L’ouvrage nous montre la méthode de contemplation ou comment l’étudier pour que l’éducation puisse se transformer en notre conception.
3 Le règne Khang-Hi : L’empereur de Chine régna depuis 1662 de notre ère.
4 La dynastie ñåi Thanh : le surnom de la famille tartare qui règne présentement en Chine.
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La troisième partie : Présente entièrement les idées générales du Såtra. Les commentaires du Maître dans cette partie sont longs et importants où les explications ressemblent à celles de l’école Tien T’ai (Thiên thai). Il expliqua l’objet « sur quels appuis le Bouddha expose ce Såtra » ? C’est seulement après en avoir compris la raison que les êtres ouvrent largement leur coeur aux enseignements du Bouddha de ce Såtra. La fin de cette partie est Minh Tông.
« Minh » est éclaircir. « Tông » est la « méthode pratique ». Cette partie explique la méthode pour concrétiser le principe de la Doctrine et la théorie (lš luÆn) à la vie des hommes.
Quatrièmement : « LuÆn døng » signifie les avantages ou les rétributions vertueuses dont l’être bénéficiera s’il applique cette méthode avec sincérité.
Cinquièmement : L’ouvrage décrit le système et les principes d’instruction du Bouddha øākyamuni.
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Dans ces cinq parties, le Maître utilisa le mot « inconcevable » pour décrire le titre du Såtra : La méthode, la personne et le voeu, sont inconcevables.
Le Bouddha est la personne et le voeu est la méthode, sont inconcevables.
Dans la partie « BiOEn Th‹ », le Maître enseigna clairement que la « nature de conscience » (tánh thÙc) est inconcevable. La « nature de la conscience » est la base fondamentale (th‹) parce qu’elle est la caractéristique radicale (b°n tánh). Elle est aussi le point d’appui que les Bouddhas utilisèrent afin d’acquérir l’état de Tathāgata.
La « conscience » est l’usage de l’esprit (døng tâm) des êtres des neuf mondes profanes.
Le nom « ignorance » implique la « conscience » des êtres et non la « nature » (svabhāva). Cependant, la « nature » est la Vraie, « nature de Bouddha », tandis que, la « conscience » est la « pensée illusoire ». Autrement dit, le Maître analysa l’objet de la « nature de Bouddha » et les pensées illusoires des êtres dans les neuf mondes immigrés, en les utilisant comme base pour raisonner. C’est
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parfait !
Sur quel support le Bouddha s’appuya pour exposer ce Såtra ? - Il s’appuya sur la « nature de Bouddha » des Bouddhas Tathāgata et des « pensées illusoires des êtres » des neuf mondes pour nous l’expliquer. Le point d’appui pour exposer ce Såtra, est la Vérité.
La « nature de la matrice » (tánh ÇÎa) ou la « Matrice de la Terre » (ñÎa Tång) tout comme les « pensées illusoires » des êtres dans les neuf mondes sont aussi inconcevables. Cependant, Il utilisa simultanément des moyens inconcevables pour mettre son enseignement à notre portée (døng). L’intention se voit clairement dans l’ensemble des Såtra où Il nous enseigna la méthode pour l’étudier.
Enfin, le Såtra utilise la méthode de « l’Ouverture de l’esprit d’éveil suprême » (Khai hi‹n vô thÜ®ng bÒ ÇŠ) inconcevable pour sa matière d’étude spéciale (giáo tܧng là giáo pháp Ç¥c biOEt cûa 1 tông phái).
Jadis, les anciens Sages (c° ÇÙc) utilisaient des produits laitiers pour décrire ces cinq étapes d’études du Bouddha- Dharma, qui sont du lait, du yaourt, de la crème, du beurre
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et du fromage. Cependant, la méthode « des voeux solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha » est la grande méthode. Alors, pratiquer la grande méthode fondamentale, c’est accomplir le fruit suprême du Bouddha-Dharma. Voici, l’intégralité du programme exposant la signification merveilleuse du Såtra.
Aujourd’hui, j’ai deux raisons de venir ici pour vous expliquer le « Såtra des voeux solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha »:
Premièrement, pour répondre à l’invitation du grand Maître enseignant Nhân ñÙc à la montagne Chiu Fa-san5, j’ai promis de présenter les idées générales de ce Såtra avant le jour de l’anniversaire du Bodhisattva Ksitigarbha (30-9 lunaire). Je prévois de commencer le cours le 1er Septembre (solaire) et le terminer le 20 du même mois, car le 20 Septembre sera le 30 Juillet du calendrier lunaire (âm lÎch), juste le jour de l’anniversaire du Bodhisattva (Ksitigarbha).
5 Chiu Fa-san (Cºu Hoa SÖn) est l’une des quatre montagnes sacrées du bouddhisme, située à Anhui en Chine, où demeura, à
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Deuxièmement, l’intention est depuis le moment où « l’aire d’éveil » du Groupe d’Etudes de la Terre Pure à Singapour fut établi. Il y eut aucun Såtra exposé officiellement. L’explication du Såtra du Bodhisattva Ksitigarbha pour une nouvelle pagode, est une tradition ancestrale. C’est conformément à ces deux importantes significations que je vous expliquerai le Grand Såtra à la « salle de la Reconnaissance des Bienfaiteurs » (Báo Ân ÇÜ©ng) du Groupe d’Etudes de la Terre Pure, à Singapour.
B. LA PRESENTATION DU TITRE DU SUTRA.
La partie de présentation du Såtra est la partie importante :
L’objet : « SUTRA DES VOEUX SOLENNELS DES L’ORIGINE DU BODHISATTVA KSITIGARBHA ».
Dans ce titre, les mots « des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha » est un « titre particulier ». Le mot « Såtra » (Kinh) est le « titre commun », à tous les enseignements du Bouddha qui rassemblent des ouvrages de prières.
l’époque ancienne, le Bodhisattva Ksitigarbha.
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a) L’objet particulier (biOEt ÇŠ) comprend la personne et la méthode. Le Maître enseignant énumère les sept facteurs pour établir clairement le titre (lÆp ÇŠ), mais ici, pour simplifier, nous en enlevons cinq.
Le titre particulier (lập đề)
Le Bodhisattva Ksitigarbha est la personne. « Les Voeux Solennels dès l’Origine » sont la doctrine et la méthode. Ce Såtra a trois titres différents, qui sont nommés par le Bouddha øākyamuni en personne :
Le premier nom est le « SUTRA DES VOEUX SOLENNELS DES L’ORIGINE DU BODHISATTVA KSITIGARBHA » (ñÎa Tång B°n NguyOEn Kinh).
Le deuxième nom est le « SUTRA DES CONDUITES SOLENNELS DES L’ORIGINE DU BODHISATTVA KSITIGARBHA » (ñÎa Tång B°n Hånh Kinh), car les voeux ou les conduites sont analogues. Lorsque le pratiquant fait un voeu quelconque, il souhaite sincèrement le réaliser. Cela veut dire que la conduite du Bodhisattva Ksitigarbha et ses activités et son comportement sont en faveur des êtres humains et des animaux. Tous ces faits deviendront ses conduites
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originelles.
Le troisième nom est le « SUTRA DU POUVOIR DES SERMENTS SOLENNELS DES L’ORIGINE DU BODHISATTVA KSITIGARBHA » (ñÎa Tång B°n ThOE Kinh). Le Pouvoir présente ses capacités extrêmes.
Le titre du Såtra que nous apprenons maintenant est le « Såtra des Voeux Solennels dès l’Origine du Bodhisattva Ksitigarbha » qui est choisi par le traducteur car le Voeu, comprend la Conduite et le Pouvoir du Serment.
De la part du FAIT (s¿), le mot « Terre » dans la Matrice de la Terre ou la grande terre ou le globe, tous les êtres animés et inanimés s’y trouvent à l’abri pour subsister, car aucun ne peut vivre en dehors de la Terre. C’est précisément pour cela que les Chinois considèrent l’importance du ciel et de la terre.
Dans les huit signes ou le Diagramme chinois, le rôle bénéfique de la terre s’exprime par le mot « khôn » (globe, terre). Cependant la vertu de la terre est « mère ». D’après le Såtra Eclairé [Kinh DÎch, - Livre des Changements], le rôle de « Khôn » est extrêmement grand où des billions de
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choses sont vivantes grâce à la terre. Ainsi, le rôle de la terre est de maintenir, de nourrir, de transporter et d’assurer la naissance.
Le Bouddha utilisa le mot « Terre » pour indiquer l’esprit pensant des êtres, car l’esprit a complètement tous ces sens.
Revenons au sens du Bouddha-Dharma où l’esprit a le sens de « demeurer », « naître » et « grandir » ou « l’activité ».
« Demeurer », parce que toutes sortes de choses doivent s’appuyer sur la « nature de Bouddha » pour demeurer, ou toutes choses existent à partir de la « nature de Bouddha ».
Le « Såtra de l’Ornementation Fleurie des Bouddhas » enseigna : « Rien que par l’esprit », les phénomènes se forment. « Rien que par la conscience », les phénomènes se transforment » (Duy tâm hiOEn, duy thÙc bi‰n).
Les Tathāgata demeurent en l’espace réel (dharmadhātu Bouddha. - nhÃt chân pháp gi§i), mais les neuf mondes, où les êtres demeurent, appartiennent aux dix sphères des objets mentaux (dharmadhātu - thÆp pháp gi§i).
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Les rétributions matérielles environnementales (y báo) et les rétributions directes (chánh báo) sont transformées depuis la « nature d’esprit » (tánh ÇÎa).
La nature est le pouvoir de transformation (næng bi‰n) et les milliers de choses sont des objets d’êtres transformés (sª bi‰n).
Cependant dans la « nature du soi », par son origine (t¿ tánh), se cache la sagesse illimitée, le pouvoir illimité des vertus (ÇÙc næng) etc.
L’objet de l’instruction du Bouddha-Dharma nous enseigna de voir clairement la « nature de Bouddha du soi » (minh tâm ki‰n tánh). Pourquoi ? Parce qu’après avoir reconnu comment est la « nature de Bouddha », l’être peut résoudre toutes sortes de choses naturellement. Grâce à sa diligence tout est possible.
Pourquoi peut-on affirmer ceci ? Parce que tout le monde a la « nature de Bouddha », laquelle ne provient pas de l’extérieur car les choses provenant de l’extérieur, ne sont pas assez sûres pour que l’on puisse s’y fier. Cependant, notre « nature de Bouddha », par son origine, possède
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tout, alors il n’y a pas de raison de ne pas la laisser s’épanouir.
Notre priorité est de restituer notre capacité de nature vertueuse. Mais en réalité, nous n’avons pas besoin de rétablir entièrement cette capacité de nature vertueuse. Pourquoi ? Si elle rencontre des obstacles, alors il faut seulement détruire les illusions, la « nature de Bouddha du soi » se présentera promptement. Tout comme le nuage et le brouillard qui se dispersent, le soleil brille en tout lieu.
Le soleil représente la « capacité de la nature vertueuse » et le brouillard les obstacles. De plus, les obstacles sont illusions, tandis que le soleil est réel. Chassez les illusions et la vérité se manifeste. C’est précisément pour cela que nous n’avons pas besoin de chercher ce qui se cache dans la « nature de Bouddha », parce que, tout ce que nous cherchons est fantastique. Ne cherchez rien. Vous n’avez qu’à supprimer les aspirations illusoires et la vérité se présentera.
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Le Bouddha enseigna : La nature de Bouddha (chân tâm) de chacun est complètement dans les trois vertus6. Cependant les vertus du corps des enseignements est le corps absolu (Dharmakaya, skt. - chân thân, vn.), qui a ni naissance ni mort, où le terme technique de « l’école de Méditation » s’exprime comme « La physionomie (de l’esprit) était telle quelle lorsqu’il n’était pas mis au monde » (m¥t mÛi vÓn s£n có lúc cha mË chÜa sanh ra). C’est le corps absolu et rien d’autre.
Mais, c’est dommage ! Parce que depuis le moment sans commencement, à cause de l’agitation de la mémoire (smçti. - Ƕng niOEm), des pensées illusoires (v†ng tܪng) et des attachements aux choses (chÃp trܧc) qui cachent la vraie connaissance et l’usage vertueuse de la nature du soi (t¿ tánh), alors, nous devons supporter de grandes pertes.
Supposons qu’il existe 100% de la capacité latente, nous ne pouvons profiter que d’un pour cent (1%), tandis que
6 Les trois vertus : 1. Les vertus de la libération (giäi thoát ÇÙc). 2. Les vertus de la sagesse (bát nhã ÇÙc). 3. Les vertus du corps des enseignements (pháp thân ÇÙc).
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99% ne pourront se manifester. Que dites-vous à ce propos ? N’est-ce pas un grand regret ?
Pourquoi cela ? C’est dû à l’ignorance. Parce que, l’être ne sait même pas qu’il a une quantité illimitée de sagesse et de vertu par nature.
Le Bouddha sait notre situation. Il le déplore en nous aidant à restituer l’esprit d’éveil.
Mais pour réaliser ce propos, l’être doit pratiquer la Doctrine d’éveil et « Cultiver une grande quantité de bonnes causes, pour récolter des multitudes d’effets vertueux » (Nhân tu vån hånh, quä viên vån ÇÙc). Ainsi, Il y a aussi un nombre illimité de méthodes et de pratiques.
Parmi ces méthodes, il y a des méthodes moyennes et des méthodes finales toutes exposées par Bouddha.
C’est précisément pour cela et en faveur des êtres que le Bouddha enseigna ces méthodes et l’un des « quatre voeux illimités » est : « Je fais voeu d’apprendre toutes les méthodes ».
Pourquoi le Bouddha dut enseigner une multitude de méthodes ? Parce que la nature de connaissance des êtres est différente, cependant l’étude doctrinale doit
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correspondre avec leur disposition naturelle. Sinon, ils rencontreront des difficultés et ne pourront pas réussir.
De plus, dans toutes les méthodes d’étude, il y a des méthodes moyennes, mais celle qui est la plus facile, la plus pratique et la plus sûre de toutes est la méthode d’invocation du Grand Nom Glorieux du Bouddha Amitābha (niOEm PhÆt).
Le Såtra du Bodhisattva Ksitigarbha nous enseigne de réciter le nom du Bouddha avec sincérité. De même le « Såtra Mahāyāna de la Longévité, de l'Ornement, de la Pureté, de l'égalité et de la Sagesse » (Kinh Vô LÜ®ng Th†) nous enseigne d’« Ouvrir l’esprit d’éveil en évoquant uniquement le nom du Bouddha » (phát bÒ ÇŠ tâm nhÃt hܧng chuyên niOEm). Ces deux Såtra enseignent la même méthode.
Dans le cas où nous aurions encore des doutes, pour accepter la méthode d’invocation du Nom de Bouddha (Amitābha), le Bouddha (øākyamuni) nous montra d’autres méthodes, qui sont aussi les premières méthodes qui nous donnent le moyen d’apprendre. C’est précisément pour cela que l’on dit que le Bouddha n’enseigna aux êtres que des
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méthodes de premier rang.
Pourquoi disons-nous que cette méthode est la méthode suprême ?
En examinant minutieusement les enseignements du Bouddha dans les Såtra, nous connaissons clairement la définition de la Doctrine (siddhānta) ou le principe de base. Le Bouddha enseigna : « Rien-que par l’esprit, les phénomènes mondains et supra-mondains se forment », et « Rien-que par la conscience, les phénomènes mondains et supra-mondains se transforment » (Duy tâm sª hiOEn, duy thÙc sª bi‰n). Cette phrase est la base fondamentale, le principe et la vérité qui couvrent toutes choses universelles. De plus, Il enseigna : « Les phénomènes apparaissent à partir de l’esprit ». Cela implique que les phénomènes sont produits depuis du « Rien-que-conscience ».
L’esprit déploie l’apparence (pravçti - sanh khªi), laquelle se développe en se transformant en plusieurs choses par le pouvoir opérationnel de l’esprit. Mais cet esprit est la conscience (vij¤āna) ou l’esprit pensant (thÙc tâm).
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Cependant, l’esprit pensant (citta) est la première pensée. Si nous comprenons ce principe, alors, quand le Bouddha nous recommande d’invoquer le Grand Nom Glorieux du Bouddha (Amitābha) nous pouvons hocher la tête en l’acceptant. Pourquoi ? Parce que si nous invoquons le nom du Bouddha, alors, nous deviendrons Bouddha. N’est ce pas la façon directe et tranquille ?
Dans le cas où l’individu invoque le nom des Arhat, il deviendra Arhat. S’il invoque le nom des Bodhisattva, il deviendra sûrement Bodhisattva. Finalement, s’il invoque le nom du Bouddha, il deviendra Bouddha, alors, n’est-ce-pas un parcours prolixe en gaspillant du temps ? Ainsi, pourquoi ne pas invoquer le Grand Nom Glorieux du Bouddha directement ?
« L’invocation du Nom du Bouddha », cette phrase a été enseignée par le Bouddha øākyamuni où les Såtra et les Traités nous avaient révélé que le Bouddha Amitābha représentait la lumière, la plus précieuse des lumières. Il était le Bouddha Souverain des Bouddhas, le Bouddha
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insurpassable. Cependant pourquoi devez vous invoquer le nom des autres Bouddhas ?
En comparaison avec les autres Bouddhas, le Bouddha Amitābha est toujours le premier. Pourquoi ne récitez vous pas le nom du Bouddha Amitābha qui est le Parfait, l’Insurpassable ? Si vous comprenez le principe que le Bouddha Amitābha est le Supérieur, alors à chaque instant indivisible, (kùaõa of the kùaõa), à chaque pensée incessante vous avez le Bouddha dans votre for intérieur. Voilà, c’est la façon correcte d’invoquer le nom du Bouddha Amitābha.
Cependant, le chemin qui mène l’être à la méthode d’invocation au nom du Bouddha Amitābha est le chemin d’éveil accompagné de Discipline (Çåo + gi§i), parce que si l’individu ne viole pas les préceptes, cela signifie que le chemin d’éveil qu’il suit s’accorde avec le chemin de la Discipline.
Supposons qu’une personne acquiert du dhyāna-samādhi. Elle est donc sur le chemin du dhyāna-samādhi où se trouve la Discipline. Mais ceci est moins fort que le chemin d’éveil avec la Discipline.
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Malgré cela, la dernière voie (la voie d’éveil + Discipline) n’équivaut pas au chemin d’invocation parfaite du Bouddha, où les Préceptes (Sãla) et les Règlements sont inclus. Cette méthode est la méthode consistant à observer purement la Discipline, les règles qui produiront de même l’esprit, le voeu, la vertu et la conduite du Bouddha Amitābha. C’est la méthode parfaite où l’être peut réaliser son voeu.
Dans cette méthode, le Bouddha øākyamuni nous enseigna « l’invocation du nom du Bouddha Amitābha d’un coeur unifié et de réciter, psalmodier le Såtra de l’école Mahāyāna ». Mais parmi ces Såtra, le « Såtra Amitābha Vyuhānama Mahāyāna » est suprême (Bouddha exposa le Såtra Mahāyāna de la Longévité, de l’Ornement, de la Pureté, de l’Egalité et de la Sagesse) ce que je vous ai expliqué clairement. En réalité, je n’ai pas eu la capacité d’analyser, mais celui des Grands Sages (c° ÇÙc) de l’époque de la dynastie du règne de « Sui » (Tùy), de T’ang (ñÜ©ng)7 nous explique que tous les Såtra nous orientent vers le « Såtra de l’Ornementation Fleurie des Bouddhas » (Kinh Hoa Nghiêm). Mais la fin de
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celui-ci nous conduit au « Såtra Mahāyāna de la Longévité, de l’Ornement, de la Pureté, de l’Egalité et de la Sagesse ». Néanmoins, le Dernier nous guide aux 48 voeux solennels, lesquels se concentrent dans le 18ème voeu.
A notre époque, il y a des personnes qui prennent l’initiative de réciter le Grand Nom Glorieux du Bouddha où ils n’attachent uniquement de l’importance qu’au 18ème voeu. Mais, une question est posée : si les êtres suivent sérieusement la méthode du 18ème voeu en récitant le Nom du Bouddha Amitābha, parviendront-ils à la Terre Pure ? Toutefois, en réalité, s’ils suivent exactement les dix récitations jusqu’à l’agonie, ils y parviendront sûrement. Mais dans le cas où les êtres conseillent uniquement les dix récitations jusqu’à l’agonie, même dans un long parcours de la vie d’une personne, l’auteur peut avoir violé des préceptes, commis des fautes, créé des actes diaboliques mais s’il récite dix fois ou même une seule fois de façon non souillée le nom de Bouddha Amitābha pour parvenir à la Terre Pure, il parviendra sûrement immédiatement à la
7 Nom d’une famille qui règne en Chine de 618 à 936 de notre ère.
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Terre Pure. Mais, à l’agonie, sera-t-elle en mesure de pouvoir réciter le nom du Bouddha ?
Réfléchissez bien ! Ce point est très important ! En ce qui concerne la fin de vie, cette personne, sera-t-elle encore lucide ? Dans le cas où elle est inconsciente, si ses proches récitent le Nom du Bouddha à côté d’elle, elle ne pourra pas l’entendre. Parce que, à l’agonie, les obscurcissements karmiques du mourant se manifesteront en priorité. Elle ne pourra donc pas entendre le nom du Bouddha, car les afflictions se manifestent à cause de ces récitations.
J’ai été témoin de plusieurs cas où une personne a récité le nom du Bouddha toute sa vie, mais qui à la fin ne veut plus le réciter, parce qu’elle a peur de la mort et ne veut pas s’éloigner de la vie mondaine.
Le 18ème voeu précité, par son origine était exact, mais en pratique, il est très difficile à réaliser. Cela dépend de la base des mérites et des vertus. Il est préférable de bien le comprendre.
Jadis, les Grands Sages qui eurent la grande compassion-miséricorde l’ont analysé clairement et nous ont conseillé de ne pas avoir l’esprit de tentation. Il faut
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avoir le sens des réalités avec modesties. Cela signifie que l’être qui pratique sérieusement durant son vivant jusqu’à l’agonie, pourra sûrement parvenir à la Terre Pure.
Concernant l’aventurier(ère) certainement qu’à la fin de sa vie, il (elle) se désespérera.
Ainsi, les êtres qui prennent l’initiative d’appliquer uniquement la méthode du 18ème voeu en oubliant la Discipline et les Règlements, seront sur ce chemin est très dangereux.
Cette action, paraît raisonnable car le Såtra l’a enseigné. Mais si vous l’examinez profondément, cette compréhension est illogique. Ces personnes ont mal compris la signification du bouddhisme, déforment le sens original du Voeu. C’est pourquoi qu’à chaque fois que nous récitons le Såtra, nous lisons les quatre stances versifiées d’ouverture ci après :
« La Corbeille des Såtra possède une signification très profondes.
Elle est si précieuse, et tellement rare qu’il nous faut passer des centaines et des millions de Kalpa pour la rencontrer.
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Nous l’avons trouvée maintenant.
Nous pouvons l’écouter, l’observer et la pratiquer pour bien comprendre le Vrai Sens que le Tathāgāta a enseigné ».
Ainsi nous devons bien comprendre le Vrai-sens que le Tathāgāta a enseigné.
Autrefois, à l’époque où le Tathāgata était encore en ce bas-monde, Il a exposé ce Såtra plusieurs fois, aux différents auditeurs. Les Såtra ont bien noté qu’hormis des disciples permanents, le reste des auditeurs était toujours très varié. Cela explique pourquoi le Bouddha a présenté la méthode de la Terre Pure et le Royaume de la Suprême Félicité de façons aussi différentes, simplifiées ou détaillées. De ce fait après Son passage au nirvāõa il y avait de grandes différences dans la collection de Ses enseignements. Dans les cinq Såtra originaux, il y a 48 voeux solennels, mais il y a aussi dans les autres Såtra, 24 ou 36 voeux. C’est la différence avec les Såtra de l’école de la Terre Pure. Si le Bouddha n’avait exposé qu’une seule fois, qu’importe le nombre de traducteurs, ces 48 voeux
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sont toujours les mêmes, car il n’est pas possible qu’il y ait de grandes différences. Ce point témoigne que le Bouddha a expliqué le « Såtra de la Longévité » plusieurs fois.
Ainsi, si nous souhaitons connaître parfaitement le « Monde de la Félicité Suprême », nous devons lire tous les Såtra originaux.
Malheureusement jadis, les Såtra étaient manuscrits et peu circulaient. Si une personne de l’époque avait eu une bonne occasion d’étudier ces cinq Såtra originaux, ce devait être une personne ayant des mérites et des vertus insurpassables.
Bien que les mérites et les vertus du laïc VÜÖng Long ThÜ à l’époque de la dynastie de Sung (TÓng)8 étaient énormes, il est évident qu’il avait obtenu le pouvoir de la protection des Bouddhas, mais il ne pouvait avoir lu seulement que Quatre d’entre eux et n’avait pas eu l’occasion de lire la traduction du Såtra dans la collection du
8 Nom d’une famille chinoise qui régna une première fois de l’année 420 à l’année 479 et une deuxième fois, de l’année 961 à l’année 1280 après J.C.
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Såtra Mahāratnakuta, (ñåi Bäo Tích - Såtra des Grands Enseignements Précieux) de règne de T’ang (ñÜ©ng)9.
En effet, dans la traduction du « Såtra de l’Assemblée de la Longévité » (Vô LÜ®ng Th† H¶i) de la collection de Mahāratnakuta, il y avait des fragments très importants que les quatre traductions précédentes n’ont pas.
En réalité, le laïc VÜÖng Long ThÜ avait un talent extraordinaire. Il savait que la plupart des êtres n’auraient pas d’occasion pour lire différents exemplaires, alors il rassembla les quatre Såtra originaux, c’est-à-dire, qu’il sélectionna, réduisit ceux qui étaient identiques en ajoutant ceux qui manquaient, afin de recomposer un seul volume complet. C’était un travail extraordinaire, empli d’une grande compassion-miséricorde.
Cet exemplaire a été enregistré dans la Triple Corbeille (Tripiñaka, skt - ñåi Tång Kinh), lequel signifie que la « Somme » était acceptée par des grands Maîtres de l’époque. Ce fait
9 Il comprend 49 volumes donc 36 Såtra étaient traduits en chinoise par le Grand Maître Bodhiruci (BÒ ñŠ LÜu Chi) du règne de T’ang (ñÜ©ng). La dynastie de T’ang est à peu près de l’année 618-907 après J.C.
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affirma que la « Somme » des Såtra originaux était précise, correcte. C’est précisément pour cela que la « Somme » du Såtra de VÜÖng Long ThÜ est transmise à la postérité.
La plupart des extraits du Såtra de la Longévité dans « l’explication du Såtra Amitābha (Di ñà S§ Sao), sont extrait de la « Somme de VÜÖng Long ThÜ ». Cela signifie que le grand Maître Liên Trì l’accepta aussi.
Plus tard, paraît « l’exemplaire de révision détaillée » (ti‰t hiOEu) de Bành T‰ Thanh et la « Somme de Ngøy M¥c Thâm » mise au courant. Mais les deux « Sommes » du Grand Maître VÜÖng Long ThÜ et Ngøy M¥c Thâm étaient imparfaites. Les défauts provenaient de la méthode qui utilisait des vocabulaires inadaptés, lesquels changent le sens des textes (væn t¿) des Såtra originaux.
Pour ces deux Rassembleurs érudits, ces changements ne causent pas de différence. A vrai dire, il est meilleur, plus coulant que des exemplaires originaux, mais le Grand Maître Yin Kuang, le 13ème Patriarche de l’Ecole de la Terre Pure, n’accepta pas ce fait. Le Maître avait ses raisons, il craignait qu’à l’avenir, certains prennent l’habitude de
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changer les paroles originales du Såtra. Si les paroles du Såtra sont modifiées, dans ce cas, il n’aura plus la pureté originelle qui sera transmis aux êtres des futures générations. C’est précisément pour cela qu’il est impératif de ne pas prendre l’habitude de remanier les Såtra, afin de ne pas en modifier le sens.
Le 13ème Patriarche Yin Kuang désapprouva seulement les deux points :
1) Choisir des mots non appropriés (soit couper soit ajouter des mots qui ne sont pas adaptés à la phrase).
2) Changer le sens du texte d’origine.
Il ne dit pas que les laïcs ne peuvent pas rassembler des Såtra.
Dès le début de la période de la « Démocratie Populaire de Chine », la « Somme » du grand laïc Hå Liên CÜ apparaît. Cette fois c’était parfait, mais il y avait des êtres qui avaient des préjugés s’opposant à cet exemplaire. Ils demandèrent de lire les cinq Såtra originaux. Comment faire pour les quatre Såtra qui manquent et qui sont aussi importants et que, les êtres n’avons pas la possibilité de
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trouver ?
Cependant, le but principal de lire, psalmodier des Såtra du courant du Mahāyāna est d’éliminer le doute de cultiver la foi. Les préjugés à l’égard des laïcs, ne peuvent pas rassembler des Såtra sont des idées partiales, de faible esprit. Ces attachements sont complètement faux. Ils critiquèrent encore le grand laïc Hå Liên CÜ en le jugeant pas apte à regrouper des Såtra.
Alors, les MM. VÜÖng Long ThÜ, Bành T‰ Thanh et Ngøy Nguyên étaient aussi des laïcs. Il n’y a uniquement que le Grand Maître Liên Trì, le Fondateur de l’Ecole de la Terre Pure qui était novice. Pourtant, le Patriarche utilisa la « Somme de VÜÖng Long ThÜ » et il ne dit pas que ce dernier n’était pas digne de regrouper des textes.
Dans le cas où l’on dit qu’il n’y a uniquement que les novices qui peuvent réunir des Såtra et non pas les laïcs, pour lors, le Bouddha-Dharma perd son esprit d’égalité ou autrement dit, que les laïcs ne peuvent pas parvenir à la Terre Pure, tandis que la méthode de la Terre Pure est exactement la méthode d’égalité.
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Regardez le titre du Såtra, il porte bien son titre « Le Bouddha expose le Såtra Mahāyāna de la Longévité, de l’Ornement, de la Pureté, de l’Egalité, et de la Sagesse ». Si votre esprit « n’est pas pur, absent d’égalité », bien que vous récitiez cent mille fois le Nom du Bouddha journellement, vous ne pouvez pas parvenir à la Terre Pure. Parce que,
Si l’esprit est pur, le monde est pur.
Si l’esprit est calme, le monde est calme.
Cependant, la Terre Pure de l’Ouest est le monde de la pureté et de l’égalité. Vous devez connaître nettement ce point.
Le grand laïc Hå Liên CÜ est extraordinaire, mais il est dommage que le 13ème Patriarche Yin Kuang (ƒn Quang) soit parvenu à la Terre Pure avant l’apparition de la dernière « Somme ». Il n’a pas pu lire celle-ci. Mais je crois que si le Patriarche pouvait la lire, il l’accepterait car celle-ci n’a pas les fautes des « Sommes » précédentes. Cette « Somme » est une copie conforme aux exemplaires originaux.
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De plus le Grand Laïc a bien choisi les vocabulaires qui s’adaptent à la signification. Aujourd’hui, le grand Vénérable HuOE Minh et même le Grand Vénérable TØ Châu de l’Ecole de la Discipline l’acceptent. De surcroît, le dernier (TØ Châu) se servit de cette « Somme » pour l’exposer à T‰ Nam, Chine et le grand laïc Mai Quang Hy l’utilisa pour l’expliquer à la « Radio Nationale Chinoise ».
Maintenant cette « Somme » est transmise au monde entier, qui s’accorde avec la prophétie du laïc (Hå Liên CÜ) avant sa mort. Il dit à ses disciples que dans le futur, cette « Somme » ferait son retour en Chine. Lors, tout le monde a douté mais aujourd’hui, ces paroles deviennent la vérité. Cette Somme est en vogue dans le monde entier, s’accordant complètement à sa prophétie.
C’est précisément pour cela que nous devons croire sincèrement en le lisant et le psalmodiant pour lui obéir. Tout ce que le Bouddha a enseigné dans le Såtra, nous devons nous évertuer à le suivre. Ce que le Bouddha nous conseilla de ne pas faire, nous devons l’éviter.
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Ce que le Bouddha enseigna dans le Såtra, « l’invocation du Nom de Bouddha, en faisant voeu de parvenir à la Terre Pure en cette vie », nous devons le croire sérieusement.
Chaque mot, chaque phrase de la « Somme du grand laïc Hå Liên CÜ », proviennent des textes originaux, mais si vous avez encore un doute, vous pouvez les comparer aux cinq textes originaux.
J’ai déjà édité l’ouvrage du titre « L’unification des cinq tomes originaux du Såtra de la Terre Pure » composant les cinq textes originaux et les quatre « Révisions détaillées ». Cela fait au total neuf tomes réunis d’un « Såtra de la Longévité » Vous pouvez le consulter.
De plus, dans l’ouvrage que j’ai édité, il y a aussi trois Såtra Amitābha qui sont : 1. L’un est traduit par Kumarajiva (CÜu Ma La ThÆp). 2. Le 2ème est du grand Maître Hsuan-T’ang (600-664 après J.C.). 3. Le 3ème est la Somme du grand laïc Hå Liên CÜ.
Le but principal du tome que j’ai édité est de renforcer la foi des êtres. Ne vous laissez pas troubler par les êtres profanes en perdant de bonnes occasions (cause-conditionnée)
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en cette vie pour le regretter par la suite.
Nous devons savoir comment lire des Såtra du courant Mahāyāna, obéir aux enseignements du « Såtra de la Longévité » et respecter le Bouddha Amitābha ainsi que de savoir pratiquer les moyens de faire offrande.
Précédemment je vous ai déjà expliqué clairement la façon de faire une offrande. Ce sont : « Faire offrande des Tathāgata, faire offrande des êtres sensibles et obéir exactement à ce que les Såtra enseignent ». Cette façon est la plus correcte pour faire offrande au Bodhisattva Ksitigarbha.
Si une personne examine la vraie signification de ce Såtra, invoque le Grand Nom Glorieux du Bouddha (Amitābha) et récite les enseignements du Bouddha dans les Såtra du courant Mahāyāna afin de les mettre strictement en pratique, alors les vertus de cette personne seront inconcevables.
Il est évident que cette personne obtiendra la protection des Tathāgata et des Bodhisattva, non seulement le Bodhisattva Ksitigarbha mais même le pouvoir (oai thÀn) du
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Bodhisattva Avalokite÷vara (Quán Âm), Bodhisattva Mahāsthāmaprāptā (Th‰ Chí), Bodhisattva Ma¤ju÷rã (Væn Thù) et le Bodhisattva Samantabhadra (Ph° HiŠn). Il est certain que les fruits que cette personne obtiendra sont incommensurables.
Le Såtra nous a mentionné que depuis une quantité incalculable de kalpa, le Bodhisattva Ksitigarbha utilise plusieurs corps d’apparitions (nirmānakāya - hóa thân) pour demeurer dans le monde des enfers en permanence et projette ses lumières pour exposer la Doctrine afin de secourir les êtres des mondes des ténèbres. Mais quels sont les mondes de l’enfer ? Et nous, comment suivons-nous ces exemples ? Devons-nous entrer dans l’enfer pour suivre ses conduites ? Ce point-ci est très important, il faut bien comprendre le sens propre, car chaque mot, chaque phrase du Såtra est des enseignements symboliques.
Le vrai sens du mot enfer, ici, nous enseigne que nous devons être humbles, modestes. Supposons que nous ayons fait des tâches charitables. Il est préférable de ne pas se vanter, ni par méthode directe ni indirecte. Le discret ou
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« l’être humble » est le mot symbolique du « monde des enfers ». C’est-à-dire que l’être fait des efforts pour réaliser des bienfaits secrètement pour rendre service aux êtres dans les six voies en abandonnant son nom, le profit, etc.
Ce Såtra nous instruit sur la méthode pour rencontrer des Bouddhas, des Bodhisattva et des êtres dans les six voies. Cependant les profanes, dépourvus de la connaissance, se prévalent de leurs pouvoirs pour opprimer les plus faibles en les massacrant. Mais il est préférable de reconnaître que ces derniers sont aussi des furieux, des ignorants, ils ne peuvent pas supprimer leurs ressentiments de se venger. Leur rancoeur se cache profondément dans leur conscience-base-de-tout (Alayavij¤āna - a låi gia thÙc) en attendant une bonne occasion pour se venger, laquelle produit en ce moment de grands accidents, le fléau, la calamité du monde entier, où les Såtra ont prédit le « Kalpa Guerrier » (ki‰p Çao binh).
Après le « Kalpa Guerrier » où les êtres utiliseront des armes et des munitions pour se massacrer, ce sera la « Guerre Atomique ».
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Quelle est la cause du « Kalpa Guerrier » ? - C’est l’effet de la tuerie des êtres (animaux) pour se nourrir. Le Bouddha enseigna clairement dans les Såtra : « Pour mettre fin à la guerre en ce monde, il n’y aura qu’un seul moyen : en s’abstenant de manger la chair des êtres sensibles (animaux) ».
Dès leur plus jeune âge, les enfants n’ont pas l’intention de tuer les animaux pour les manger, ils les tuent pour s’amuser.
Par exemple : La plupart des êtres sont très énervés de voir des fourmis rampant dans la cuisine, dans le couloir etc. Ils prennent de l’eau et le verse sur ces petites bêtes afin de s’en débarrasser rapidement. Moi-même, j’ai déjà fait de même. Nous le faisons en toute liberté afin d’ôter la vie de ces petits insectes.
Quand j’étais enfant, je ne savais pas, mais aujourd’hui je sais que j’ai commis une faute majeure. Dans les Såtra, le Bouddha nous enseigna « d’ouvrir notre coeur pour nous repentir ». Alors, désormais, connaissant la vérité, nous savons que ces faits sont de mauvaises actions. Il est
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préférable alors que l’individu change son comportement et cultive de bonnes actions telles que de réciter, psalmodier des Såtra, faire offrande aux moines, aux êtres vivants, étudier et pratiquer les enseignements du Bouddha afin d’en transférer les vertus envers ces créanciers, ces adversaires (oan gia trái chû).
Il est préférable de ne pas avoir l’intention de bénéficier des vertus que l’individu a créée, mais seulement de faire attention à l’importance de supprimer la rancoeur. Si c’est le cas, alors, le chemin d’étude de la Doctrine de cette personne n’aura pas d’obstacles comme lorsqu’il y a du vent dans les voiles. Sinon, les obscurcissements karmiques de cette personne se manifesteront pour faire échouer son projet.
Mais pourquoi ces obscurcissements karmiques se manifestent-elles ? - Parce que la conscience d’esprit de ces adversaires ne lui pardonne pas facilement. C’est absolument impossible !
Nous devons suivre l’exemple du Bodhisattva Ksitigarbha en étant sincère en aidant les êtres à briser l’ignorance, en
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leur montrant le chemin d’éveil pour qu’ils puissent être épargnés par les souffrances. Il faut savoir que l’esprit pensant doit être comme notre grande terre sur laquelle les êtres animés et inanimés s’appuient pour vivre.
C’est précisément pour cela que les Såtra enseignent : « L’esprit pensant est comme la grande terre où toutes sortes de choses se trouvent à l’abri ».
Ici, la grande terre symbolise l’esprit pensant ou la conscience. Nous marchons sur la terre journellement, il est préférable de faire l’introspection pour que notre esprit soit énorme, égal, car l’esprit d’égalité peut supporter ces événements dont les êtres ont besoin.
La personne que vous aimez ou celle que vous détestez vit également sur cette terre, et cette dernière ne les discrimine pas, elle est neutre, alors nous devons suivre son exemple.
Depuis toujours, notre esprit était pur, semblable à une grande terre, mais aujourd’hui, il est souillé, influencé par des discriminations tel que le bien, le mal, le beau, le laid etc. C’est une erreur.
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Cependant, la terre est sereine qui est un endroit privilégié pour comprendre « la nature de Bouddha » (chân tâm). Elle ne différencie rien, mais ce n’est pas le cas de la pensée illusoire.
La pensée illusoire discrimine des phénomènes en produisant des erreurs. Si l’être reconnaît le moment où la pensée est en train d’analyser, il se rend compte que c’est l’esprit profane. Au moment où l’être reconnaît que la terre, ou la « nature de Bouddha » ne fait pas de discrimination, alors il est à sa « nature de Bouddha ».
De ce fait, l’être reconnaît que le raisonnement du « Såtra des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha » éclaircit simultanément la « nature de Bouddha » et la « pensée illusoire ».
Voilà, c’est l’explication du mot « Terre ».
Le deuxième mot du titre est le « Trésor », ou la « Matrice » (tång). Ces deux mots signifient la contenance. Ce sont des objets qui sont contenus dans un endroit caché comme pour un trésor.
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Généralement, les fortunés cachent des objets précieux dans un endroit secret afin d’assurer leur vie. Si la fortune est volée, les êtres s’affolent face à cette épreuve. Ainsi, les êtres humains aiment conserver secrètement leurs biens.
Dans l’étude de la Doctrine d’Eveil, le Bouddha le donna en exemple. Alors, la « nature du soi » (t¿ tánh) de chacun est le « trésor » contenant « les trois Vertus Secrètes » qui sont :
1) Le corps de l’enseignement (Dharmakāya) est le vrai corps que « l’Ecole de Méditation » nomme « La physionomie (de l’esprit) qui était telle quelle, avant d’être mis au monde ». La nature de la physionomie (b°n lai diOEn møc) est le corps de l’enseignement qui n’apparaît pas, ni ne disparaît, qui ne va pas, ni ne vient qui n’est ni propre ni sale.
2) La deuxième vertu est praj¤ā, la sagesse (l’intuition). Mais la sagesse finale est latente dans la « nature du soi ». Elle n’est pas venue de l’extérieur. La « nature du soi » a une quantité importante d’intuitions. Elle connait même des choses des mondes d’ailleurs, du passé et du
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futur. C’est-à-dire qu’il n’y a rien qu’elle ne connait pas. C’est ce qui est connaissable (j¤eyā, skt. - sª tri).
Cependant, si l’être ne connaît même pas des choses qui sont connaissables du présent, c’est l’obstacle. La connaissance, par son origine, est latente, mais elle est couverte par l’obstacle. C’est l’obscurcissement cognitif (j¤eyāvaraõa - sª tri chܧng). Les usages d’intentions du à l’obscurcissement cognitif et à l’obscurcissement passionnel (kle÷avaraõa - phiŠn não chܧng) sont différents.
L’obscurcissement passionnel est l’obstacle. C’est l’obstacle, tandis que l’intuition ou la sagesse n’est pas l’obstacle. Le fait qui fait obstacle est l’obscurcissement cognitif.
Si on utilise le nom et la caractéristique du Bouddha-Dharma pour décrire la pensée illusoire, la discrimination et l’attachement, on sait que l’attachement comprend 100% d’obscurcissement passionnel.
La discrimination a deux parties qui sont pour une moitié de l’affliction et pour l’autre moitié de l’obscurcissement cognitif. Tandis que la pensée illusoire contient entièrement
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l’obscurcissement cognitif.
On demande d’où provient l’obscurcissement cognitif et pourquoi est-il venu ?
En réalité à l’Assemblée Suraïgama, le Bouddha øākyamuni l’enseigna clairement. Cependant le liseur du Såtra n’y fait pas attention. Il a l’habitude d’avaler une pomme, en lisant rapidement sans remarquer ce que Bouddha enseigna : « A partir de la sagesse (j¤āna - tri ki‰n) l’être y ajoute encore la connaissance. Ceci est l’ignorance de l’ignorance ».
Qu’est-ce que sagesse ? La sagesse est ce qui est connaissable, laquelle est exactement la sagesse transcendante (praj¤āpāramitā - trí tuOE bát nhã).
Dans le cas où dans ce qui est connaissable, l’être veut établir une autre connaissance, alors, cela amène à l’ignorance. Tout comme sur la tête, l’être y rattache encore une tête. Ce fait est l’ignorance de base fondamentale.
Si l’être n’établit pas une connaissance secondaire sur ce qui est connaissable, alors, sa sagesse se présentera. S’il veut toujours créer une connaissance supplémentaire, il aboutira à l’erreur, à l’ignorance.
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Voici un exemple. Regardez clairement ceci. (Le Maître lève un livre). Tout le monde voit clairement ce que vous connaissez, c’est le j¤āna (tri ki‰n). Lorsque vous dites : « Dans la main du Maître, il y a un livre ». Vous vous êtes égaré immédiatement dans l’ignorance. Ceci est-il le nom du livre ? Ceci est-il le nom de la main ? Le livre ou la main sont les noms que l’être nomme. Vous vous êtes trompés. C’est faux. C’est l’ignorance.
A l’époque où le bouddhisme n’était pas encore propagé en Chine, les ancêtres chinois étaient aussi intelligents. Lao-Tzu (né en 604 Avant J.C.), l’auteur de Tao-Teh-Ching (ñåo ÇÙc kinh) (the way and its Power), savait que « le nom donné à une chose n’est pas le nom intrinsèque ». La voie (d’éveil) qu’on peut décrire n’est plus la voie (d’éveil) (Çåo= marga= la voie ou le chemin).
Dès qu’on donne à quelque chose un nom, c’est déjà une erreur. Ce nom est l’idée personnelle de l’être. Ce nom n’est pas la vérité et n’est pas son propre nom.
C’est précisément pour cela que si on établit une sagesse sur une sagesse, on tombe dans l’ignorance. Et si vous avez la pensée illusoire, vous aboutirez simultanément à la
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discrimination et à l’attachement, où un lot de complications vous suivrons immédiatement.
Le Bouddha nous exposa « l’égo » (l’Atman - ngã) ou le « soi », mais qu’Il n’attacha pas au « soi ». Ce fait est très clairvoyant (cao minh). Hui Neng, le 6ème Patriarche (638-713 Après J.C.) demanda à son disciple Yung-Chia-Hsuan Chueh (665-713 Après J.C) :
- Faites vous encore de la discrimination ?
- Je discrimine, comme je ne discrimine pas.
C’est-à-dire que je discrimine mais dans mon coeur il n’y a pas de discrimination. C’est en faveur de la Communauté seulement que je discrimine. Cela signifie que je dis comme je ne dis rien et je dis rien, signifie que je dis.
Tandis que vous, si vous souhaitez dire, vous dites tout. Vous ne comprenez pas la signification du mot de « ne pas dire » et vous ne comprenez pas non plus l’idée du Bouddha.
Si vous séparez en deux « dire et ne pas dire », alors les deux états sont erronés.
Pour « dire » - Ce que vous dîtes, c’est que vous discriminez en vous attachant à des choses !
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Pour « ne pas dire » rien, est l’ignorance.
« Dire » ou « ne pas dire » sont tombés dans la théorie de la dualité (nhÎ biên).
Il est préférable de reconnaître que « dire » et « ne pas dire » sont qu’Un. Ils ne sont pas Deux. « Dire » signifie « ne pas dire ». « Entendre » signifie « ne pas entendre ».
Si vous saisissez à fond ce point, votre obstacle disparaîtra. De plus, si vous discernez profondément ce sujet, à ce moment là, la vérité de l’univers et de la vie humaine seront claires. Alors, vous pouvez ouvrir la porte de la non-dualité (advayatā - bÃt nhÎ). Mais les êtres humains vivent plutôt dans la théorie de la relativité, signifiant qu’il y a toujours deux côtés opposés, tout comme petit/grand, Oui/Non. Si on dit « moi », alors il y aura toujours « toi » ou « soi » à la fin.
Lorsque vous comprendrez clairement (d’éveil) que « moi » et « autrui », Oui et Non, la nature et la caractéristique, la théorie et la pratique ne sont qu’UN, alors vous comprendrez clairement le Bouddha-Dharma.
Le Bouddha-Dharma est très difficile, et vous devez le reconnaître clairement. Quels sont les raisons de ses
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difficultés ? Ce sont les pensées illusoires, les discriminations et les attachements. Alors, dans le cas où vous ne pouvez pas abandonner complètement ces trois obstacles, vous ne pouvez pas arriver au seuil de la porte de la méthode du courant du Mahāyāna. Il est évident que vous n’aurez aucune part du courant du Grand Véhicule. La connaissance que vous obtiendrez dans les Såtra Mahāyāna n’est qu’une petite chose qui colle à la peau de la Doctrine. Vous ne pouvez pas pénétrer dans la Vraie Doctrine du courant Mahāyāna. Voilà je vous ai expliqué la signification du mot « Sagesse » (Bát nhã).
3) La troisième signification est le « trésor secret » (bí tång). C’est le « contenu » dans la « nature du soi ». La libération est immanente, celle-ci veut dire qu’il n’y a pas d’obstacle entre les choses ou les faits, qu’on dit brièvement « l’objet et l’objet sont sans obstacle » ou « le fait et le fait sont sans encombre » (vatsu = s¿ + s¿ vô ngåi) ou « l’interpénétration parfaitement sans obstacle » que le « Såtra de l’Ornementation Fleurie des Bouddhas » enseignait. Tout est contenu dans la « nature du soi ». Voilà ce sont les trois qualités de la vertu dans la « nature
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du soi ».
Pourquoi s’appelle-t-il le « trésor secret » ? - La plupart des êtres sont profanes, insensibles. Les contacts de leur six facultés des sens n’aboutissent pas à l’ultime connaissance suprême, alors, c’est comme si il y avait un trésor caché que personne ne peut déceler. On peut dire plus clairement que ce qui existe profondément dans la « nature du soi », que le niveau de connaissance des êtres ordinaires ne peut pénétrer, est le « trésor secret ». Parce que dans la « nature de l’esprit » (tâm tánh) il y a une grande quantité de dharma, qui sont la doctrine, la loi, la méthode, les phénomènes etc.
La nature de l’esprit est considérée comme une mine d’or, où se produisent d’inépuisables matières précieuses. Mais où se trouve la mine d’or ? Vous ne la connaissez pas. Cela deviendra un « trésor secret ».
Le Bouddha utilisa le « trésor secret mondain » pour symboliser « le trésor spirituel ». Mais en comparaison les choses contenues dans la terre aux choses dans le « trésor secret spirituel », alors les premières n’équivalent pas à grand chose, car le « trésor précieux spirituel » de la
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« nature du soi » des êtres, embrasse l’entièreté « des confins de l’espace réel aux dimensions de la Réalité Absolue » (tÆn hÜ không bi‰n pháp gi§i) où se trouvent des mondes des Bouddhas et des mondes d’êtres sensibles.
Dans le cas où vous pouvez déterrer le « trésor secret de votre esprit », vous comprendrez complètement les phénomènes mondains et supra-mondains sans encombre.
Le but principal de l’étude bouddhique est de découvrir « le trésor précieux de la nature du soi ». Mais quelle méthode faut-il utiliser, quel outil ? De plus, l’instrument que vous utilisez doit s’adapter avec votre « nature ». Sinon, vous ne pourrez pas aboutir.
Quels sont ces instruments et méthodes adaptés ? - Ce sont la piété filiale (l’amour respectueux d’un enfant pour ses parents). C’est précisément pour cela que le « Såtra des Voeux Solennels dès l’origine du Bodhisattva Ksitigarbha » présente la voie de la piété filiale envers les parents et la voie de l’obéissance aux enseignants, que ce soit de l’étude de la vie mondaine ou la vie spirituelle pour défricher le « Trésor Précieux Spirituel ».
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Dans le cas où vous manquez de piété filiale et d’obéissance envers vos propres précieux bienfaiteurs, alors, vous restez toujours à l’extérieur de la porte du Bouddha-Dharma.
Cependant, si vous pratiquez la Doctrine de l’Ecole Hãnayāna, vous pouvez y réussir un peu seulement.
Par contre, si vous êtes à l’Ecole du Mahāyāna, vous n’aurez aucune part. Parce que la méthode du Grand Véhicule est de découvrir la « nature du soi », tandis que la méthode Hãnayāna se base uniquement aux choses et aux manières (forme) (s¿ tܧng), qui restent encore la doctrine mondaine.
Mais pour la doctrine supra-mondaine du courant d’Hãnayāna, vous ne pouvez non plus y aboutir. Disons franchement que si vous manquez de piété filiale et d’obéissance envers vos précieux bienfaiteurs (les parents + les enseignants mondains/supra-mondains) en pratiquant la méthode de la Doctrine d’éveil de l’école du petit véhicule, vous pouvez atteindre l’état de la personne qui « entre dans le courant » (÷rotaāpanna, skt. - sÖ quä tu Çà hoàn) (doit avoir encore 7 renaissances avant aboutir à l’état d’Arhat). Mais l’état
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du « pratiquant qui revient une fois » (sakçdāgāmin - nhÎ quä tÜ Çà hàm) ou l’état d’aboutir à l’état d’Arhat, le « vainqueur de l’ennemi » ou « le Méritant » (Arhat - A la hán, tÙ quä), vous ne le pourrez pas. Parce que, même à l’état suprême (Arhat) de l’Ecole Hãnayāna, le pratiquant doit aussi avoir des qualités d’obéissance envers ses enseignants mondains et supra-mondains ainsi que d’avoir un amour respectueux envers ses parents.
C’est le vrai principe (chân lš) où même les Bouddhas et les Tathāgata des trois temps n’y sont pas exclus.
Dans le « Såtra de Contemplation de la Longévité », le Bouddha expliqua les « trois mérites » ou les « trois actions pures » (tam tÎnh nghiOEp), lesquelles sont les pures causes des Bouddhas des trois temps appliqués.
Cette phrase est très claire et les pratiquants contemporains se le rappellent. Tout le monde le répète, mais néglige la pratique. Dans ce cas c’est inutile... Comment faire ?
Si vous répétez mille fois ou dix mille fois par jour cette phrase et vous ne l’appliquez pas, comme vous dites : « Ce
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plat est très délicieux et vous ne le mangez pas » ou « vous limitiez à compter de l’argent pour autrui ». Quel bénéfice ? Aucun !
Il est impératif que vous pratiquiez sincèrement. C’est-à-dire que vous devez être pieux envers vos parents, vivant en harmonie avec les êtres sensibles. C’est la méthode pratique que les Bouddhas et les Tathāgata ont appliquée. Parce que les êtres animés sont nos parents et nos enseignants. Ils ne sont pas des inconnus. Ce principe est bien enseigné dans le « Såtra de l’Ornementation Fleurie des Bouddhas ». Si vous l’avez lu, alors, il conviendrait que vous le croyez.
Cependant, non seulement les parents et les enseignants sont nos Maîtres, mais même les arbres, les feuilles, les fleurs ou l’herbe, il n’y a rien qui ne soit pas des Maîtres.
En réalité, lorsque les six facultés des sens intérieurs prennent contact avec les six facultés des sens extérieurs, que ce soit un grain de poussière ou un pore, vous pouvez être éveillé. Alors, ils sont tous des enseignants.
En voyant un arbre, vous voyez que les semences sont la foi, les racines sont la compassion et la miséricorde.
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Cependant, le tronc est la sagesse, les branches et les feuilles symbolisent les cinq actions transcendantes. Elles sont la générosité transcendante, la discipline transcendante, l’énergie transcendante, la patience transcendante, l’absorption méditative transcendante ou le recueillement méditatif transcendant. Qu’importe quel endroit où vous voyez des choses, il peut ouvrir votre trésor d’éveil spirituel. Tout comme le 6ème Patriarche Hui Neng qui dit au 5ème Patriarche Hoàng NhÅn : « Mon esprit produit souvent de la sagesse ». Comment ne produit-t-il que de la sagesse ? - Lorsqu’il vit des choses, il ne pensa qu’à la pureté d’éveil. C’est précisément pour cela que sa sagesse règne en permanence. Tandis que nous, lorsque nous voyons des choses, elles nous procureront immédiatement des afflictions. Pourquoi ?
Parce que si les choses nous plaisent, c’est l’avidité qui se produit dans notre esprit. Dans le cas contraire, l’indifférence ou la haine se produira.
En conclusion, les Sages voient des choses et en développent de la sagesse. Cependant, les Profanes ne cultivent que des afflictions. Voilà, c’est la différence entre
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les deux types d’êtres qui voient des choses similaires.
Dans les Såtra, le Bouddha affirma que dans la « nature du soi » de chacun des êtres sont disponibles des qualités, qui sont un trésor précieux.
Par exemple, au coeur de la terre, se trouvent des produits minéraux précieux, qui sont des richesses terrestres que les êtres humains ne peuvent pas toutes exploiter.
Cependant, le trésor précieux de la « nature du soi » de chacun est plus abondant, alors pourquoi les êtres ne savent pas l’exploiter.
Les quatre Grands Bodhisattva sont :
1. Le Bodhisattva Ksitigarbha (BÒ Tát ñÎa Tång).
2. Le Bodhisattva Avalokite÷vara (BÒ Tát Quán Âm).
3. Le Bodhisattva Ma¤ju÷ri (BÒ Tát Væn Thù).
4. Le Bodhisattva Samantabhadra (BÒ Tát Ph° HiŠn),
qui présentent les quatre caractéristiques exemplaires ou les quatre outils qui sont : la piété filiale, la compassion et la miséricorde, la grande sagesse et la réalisation afin d’offrir aux êtres des méthodes et des moyens pour ouvrir
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le « trésor de la nature du soi ». Mais ces méthodes sont liées les unes aux autres où les pratiquants doivent s’exercer concurremment, tout comme les quatre pieds d’une table. Si l’un manque, les trois autres ne peuvent pas tenir bon. Vous devez saisir ce point. Tous les enseignements dans les Såtra du courant du Mahāyāna ne sont pas hors de ce propos.
Les Bouddhas et les Bodhisattva savaient ces principes en les appliquant sérieusement, alors Ils avaient obtenus l’entièreté de l’immanence. Mais, les êtres sensibles sont aveuglés, déloyaux en s’agrippant aux faits frénétiques. Ils sont emportés par le courant des renaissances et des morts sans fin où les six voies d’immigrations sont leur terre d’accueil.
Pour les êtres, bien qu’ils soient éveillés ou ignorants, leur « capacité naturelle » (tánh ÇÙc) est permanente, qu’elle ne s’accroît pas durant l’éveil ni ne s’amoindrit au moment de l’ignorance.
Mais pourquoi le Bouddha respectait les êtres sensibles, même les moustiques, mouches, fourmis ? Car, quoique ces insectes soient obtus, leur « capacité naturelle » est égale à
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celles des Bouddhas Tathāgata. Par suite de l’ignorance, leur « capacité naturelle » se transforme dans cette situation fâcheuse.
En dépit de leur situation inférieure, leur « capacité naturelle » est accomplie. C’est précisément pour cela que les Bouddha Tathāgata les respectent en leur faisant également des offrandes.
Dans les Dix Grands voeux (du Bodhisattva Samantabhadra (thÆp Çåi nguyOEn vÜÖng), le Bouddha ne félicite pas ces bêtes, mais Il les respecte en leur faisant également des offrandes par compassion. Nous devons reconnaître que la terre d’esprit (tâm ÇÎa) est le trésor précieux.
Du côté de la connaissance suprême, cet esprit est le grand éveil, mais du côté du « corps de l’enseignement (dharmakāya - pháp thân), il est le passage en nirvāõa (le parinirvāõa - Çåi ni‰t bàn). Le mot parinirvāõa est en sanskrit, traduit en chinois il est « Çåi diOEt Ƕ », la grande extinction.
« ñåi » est grand, c’est le corps de l’enseignement (dharmakaya).
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« DiOEt » est d’anéantir, de détruire, signifiant l’anéantissement des afflictions, des pensées illusoires, des discriminations, des attachements. Dans le cas où toutes ces mauvaises causes sont éliminées, la grande immanence se manifestera où l’être sera libéré.
« ñ¶ » est l’éveil. C’est la connaissance suprême (trí tuOE bát nhã).
Les Bodhisattva pratiquent les six bonnes actions, lesquelles sont aussi le discernement (praj¤ā), alors, Ils vivent toujours avec la connaissance suprême. Cependant, les profanes que nous sommes, vivons avec des afflictions, des obstacles et des souffrances.
Ces « trois Qualités Vertueuses » qui sont le corps de l’enseignement, la connaissance suprême et la libération sont disponibles dans la « nature du soi », où chacun accomplit simultanément les quatre Vertus (guõa - tÙ tÎnh ÇÙc) qui sont la permanence, la joie, le soi, et la pureté10 (thÜ©ng, låc, ngã, tÎnh).
10 D’après le Såtra Parinirvāõa, le Bouddha expliqua : 1) La permanence est le corps de l’enseignement. 2) La joie est le nirvāõa. 3) Le soi est l’éveil (Bouddha). 4) La pureté est le dharma (phénomènes).
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« La permanence » est l’éternité. « La joie » est d’éloigner les souffrances, même la souffrance de bien-être relative est supprimée (duþkhasukha - kh° låc). « Le soi » est la maîtrise du soi, l’immanence réelle. « La pureté » est l’esprit non pollué, l’esprit d’extinction.
L’esprit réel ne peut pas contenir une chose. Le 6ème Patriarche dit : « Il n’y a pas de chose dans l’esprit réel ». C’est évident qu’il n’existe aucune chose (vide), alors, si vous en ajoutez une (chose), c’est l’erreur. La première pensée est déjà une chose, il ne faut pas en rajouter. C’est précisément pour cela que les pratiquants de « l’Ecole de Méditation » ne récitent pas le nom du Bouddha, car une seule invocation, pour ceux qui méditent, est pollution. Parce que, par nature, il y a aucune chose, cependant, comment avoir le mot « Bouddha » à ajouter ? Il n’y a pas un Bouddha !
Néanmoins, s’il n’y a pas le Bouddha, devons-nous invoquer le nom du Bouddha ? - OUI, il est préférable de le réciter. Mais, comment L’invoquer correctement ? « Invoquer comme non-invoquer » est la façon précise. Si vous pensez à l’invocation du nom du Bouddha, dans ce
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cas, vous avez une chose. Ceci est l’erreur.
Dans le cas où vous n’avez pas pensé à l’invocation (du nom du Bouddha), vous aurez une « non invocation » dans l’esprit. C’est une autre erreur.
Disons autrement que « l’invocation ou la non invocation » sont fausses toutes les deux. Ainsi, comment éviter l’erreur ? - On dit « Invoquer comme non invoquer; non invoquer comme invoquer ». Cette façon est correcte, car, vous ne vous attachez à aucun côté ni au milieu.
« Travailler comme non travailler; non travailler comme travailler ». Tout comme les Bouddhas, les Bodhisattva. Ils se présentent dans les neuf terres11 en plusieurs corps en
11 Neuf terres : A. Le Monde du Désir où les cinq types des êtres sont ensembles : l’enfer, l’animalité, les esprits affamés, les demi-dieux et l’humain. B. Monde de la Forme : 2. L’état d’esprit de la jouissance après s’être détaché des choses mondaines (1ère dhyāna, Ly sanh h› låc ÇÎa). 3. L’état d’esprit de la jouissance de cessation de la naissance (2ème dhyāna, ñÎnh sanh h› låc ÇÎa). 4. L’état d’esprit prodigieux après s’être éloigné de la jouissance préalable (3ème dhyāna, Ly h› diOEu låc ÇÎa). 5. L’état d’esprit d’ataraxie après avoir abandonné la jouissance obtenue. (4ème dhyāna, Xä niOEm thanh tÎnh ÇÎa). C. Monde du Sans-forme : 6. La sphère de l’infinité de l’espace, (1er samādhi, Akāsānantyayatana, Không vô biên xÙ ÇÎa). 7. La sphère de la conscience sans limite, (2ème samādhi, Vij¤ānanantyayatana, ThÙc vô biên xÙ ÇÎa). 8. Le sphère du Rien immatériel, (3ème samādhi,
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faisant autant de choses afin de rendre service aux êtres sans aucune pensée pour ceux qu’Ils font. C’est la non-naissance.
Concernant le non-réciter, Ils ne se séparent pas de la récitation. Pour la non-naissance, Ils ne s’éloignent pas de la naissance en tous lieux. Ces Grands Etres sacrifient leur vie en prenant naissance dans les six voies et y vivent avec des êtres afin de les éveiller. Cet événement est la « séparation et la non séparation simultanément » (ly tÙc ÇÒng th©i), et dans leur caractéristique ne transparaît aucun autisme. Au contraire, Ils ne manifestent que compassion et miséricorde, afin d’encourager, d’offrir des moyens pour que les êtres puissent entrer sur le chemin d’éveil.
Malgré tout cela, Ils n’ont aucune conception qu’Ils soient des Bienfaiteurs pour éveiller les êtres sensibles. D’après le « Såtra du Diamant », « bien qu’Ils secourent des êtres sensibles, en réalité, il n’y a aucun être secouru », que le vocabulaire bouddhique nomme « non-création ou
Akincanyayatana, Vô sª xÙ h»u ÇÎa). 9. La sphère du ni perception ni non perception, (4ème samādhi, Naivasamj¤ānasam, Phi phi tܪng xÙ ÇÎa). (Dictionary Sanskrit/English/Vietnamese, p. 471 par ThiOEn Phúc,
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l’inconditionnalité » (vô tác, vô vi). Cela implique qu’il semble que l’individu ne fasse rien, mais en fait il assume tout. Il le fait avec la joie naturelle, sans empressement comme si rien ne se passait. Cette façon s’accorde avec la « nature de conscience » (th‹) la « forme » (tܧng) et « l’usage » (døng). Elle s’accorde simultanément avec le « corps de l’enseignement », la connaissance suprême et la libération finale de la « nature du soi ». De plus, elle correspond avec le Såtra de l’Ornementation Fleurie des Bouddhas » (Mahāvaipulya - ñåi PhÜÖng Quäng). C’est la conduite des Bodhisattva. C’est l’esprit des Bodhisattva.
Désormais, concernant les profanes que nous sommes, bien que notre ignorance et nos obscurcissements karmiques soient épais, nous souhaitons quand même entrer dans le monde des Bodhisattva. Mais comment faire ? Par où commencer ? - En premier lieu, il faut certainement renoncer à la cupidité, la colère, l’ignorance et non plus s’enticher de choses, d’affaires, de méthodes (dharma) que ce soit terrestre ou supraterrestre. Dans le cas
USA).
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où la vie a le vent en poupe ou dans une situation paradoxale, conservez l’esprit immanent et ne pas déclencher d’avidité ni de colère. C’est à partir de ce point, qu’il faut pratiquer.
De surcroît, sachez voir les affaires favorables ou défavorables, où la passion et l’ignorance doivent être purifiées, parce qu’elles font parties des « trois bonnes actions ».
Les Såtra enseignent : « Débarrassez vous des mauvaises actions en cultivant de bonnes actions ». Qu’est ce que cela veut dire exactement ? Cela signifie que les êtres doivent renoncer aux trois mauvaises actions afin de restituer le « trésor précieux de leur nature du soi ». Parce que la cupidité, la colère et l’ignorance sont des obstacles importants que les êtres doivent supprimer en premier lieu.
Toutefois, la plupart des êtres connaissent cette méthode, mais ils n’arrivent pas à abandonner ces « trois mauvaises actions ». Ainsi, qu’importe quelle méthode choisie ou la peine à pratiquer, ces personnes ne peuvent pas franchir la porte d’entrée de la maison Bouddha-Dharma. Cependant, les peines qu’elles cultivent toute leur
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vie se transformeront en « rétributions méritoires d’écoulements » (phܧc báo h»u lÆu). De plus, au cas où vous manquez de pitié filiale envers vos parents et de respect envers vos enseignants de l’école mondaine ou l’école spirituelle, vous ne pourrez pas bénéficier de ces mérites dans le monde des êtres humains.
Dans quel monde en bénéficie-t-on ? - Dans le monde des esprits affamés ou le monde des animaux. C’est la réalité de la vérité que tout le monde doit connaître clairement.
Le mot Bodhisattva est en sanskrit et a deux types de traduction.
Auparavant, on le traduisait par « les êtres sensibles qui ont un grand esprit » (Çåi Çåo tâm chúng sanh).
Plus tard, le Grand Maître Hsuan-Tsang (600-664 apr. J.C.) traduit ce mot par « l’être d’éveil » (giác h»u tình), c’est-à-dire, l’être qui est éveillé en éveillant simultanément autrui. Ces deux traductions sont tout à fait correctes.
D’après le « Såtra de l’Ornementation Fleurie des Bouddhas », le Bouddha dit : « A qui doit être transmis ce Såtra ? (Såtra OFDB) ». Il doit être transmis aux « profanes
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qui ont un grand esprit » (Çåi Çåo tâm phàm phu).
Vous devez comprendre que les profanes qui ont « un grand esprit » sont les personnes qui ont « un grand esprit d’éveil ». Bien que le Såtra évite d’utiliser le mot Bodhisattva, il suffit que vous ouvriez largement votre esprit pour rendre service aux êtres, pour que vous soyez naturellement un Bodhisattva.
Seulement, si on vous appelle Bodhisattva, vous le refuserez. C’est précisément pour cela qu’on vous appelle « le profane qui obtient un grand esprit ». Cela vous sera plus aisé. Dans ce cas, vous acceptez sans le remarquer qu’on vous appelle Bodhisattva.
Cependant « l’être d’éveil » est aussi acceptable, parce que nous sommes des êtres animés qui ont des sentiments, mais les sentiments sont des obstacles. Les êtres animés sont sensibles, et ont des afflictions. En dépit de cela, ils peuvent être éveillés. C’est déjà très bien.
Je dis souvent que vous êtes éveillés, car vous avez choisi précisément cette direction. Bien que vous n’ayez pas encore pénétré réellement le monde des Bouddhas, votre esprit, vos conduites vous orienteront vers le chemin d’un
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futur Bouddha. Votre angle d’optique est correct. Tout comme dans la marine ou dans l’aviation, lorsque la boussole ou le radiocompas est bien calculé, quoique les êtres ne voient pas encore l’autre rive, ils parviendront certainement à l’objectif.
Voilà, le sens du mot Bodhisattva.
Le Bodhisattva est un être humain, il n’est pas un dieu ni un divin ni une fée. Un Bodhisattva est seulement un être humain éveillé qui est clair et net. Tandis que les profanes sont des personnes à l’esprit vague.
Vis-à-vis des êtres, des faits, des choses etc. si vous reconnaissez nettement leurs causes conditionnées et leurs obscurcissements de rétribution, alors, vous êtes appelé Bodhisattva.
Dans le cas contraire, à l’égard des êtres, des affaires, des circonstances, si vous ne savez pas les évaluer, votre esprit est troublé, vous êtes donc un profane.
Voilà je viens de vous expliquer le nom du Bodhisattva Ksitigarbha.
Puis, ce sont « des voeux solennels dès l’origine ». Dès l’origine est la base fondamentale, cela signifie que « des
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voeux du Bodhisattva » ne sont pas faits seulement dans cette vie actuelle.
Nous reconnaissons que les êtres sensibles ont une vie présente, une vie passée et une vie future sans interruption. Ce sont les vies des trois temps successifs.
C’est analogue au Bodhisattva Ksitigarbha qui fit voeu de sauver des êtres sensibles dans les vies précédentes... au point que personne ne trouve plus de moment précis, en obligeant de terminer par le mot « depuis sans-commencement » et nomme le mot « voeu » par « le voeu solennel dès l’origine ».
Ainsi, « le voeu dès l’origine » a une source fondamentale, qui n’est pas seulement un voeu de cette vie.
Le voeu est une sorte d’espoir. Lorsque l’espoir est réalisé, il deviendra un « voeu ».
Au sujet du sens plus profond, de « dès l’origine » (b°n) c’est la « vérité de la nature de Bouddha » (b°n tánh) où le voeu s’y manifeste. Voilà, c’est le vrai sens du mot « Voeu dès l’origine » de l’école du Mahāyāna.
Le « Såtra de l’Ornementation Fleurie des Bouddhas » explique que le Bodhisattva est le « Grand Etre du corps de
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l’enseignement » Dharmakāya Bodhisattva (pháp thân Çåi sï), qui est celui qui extirpe entièrement les pensées illusoires, les discriminations, les attachements.
La phrase (si l’être) « éradique une part de l’ignorance racine, très fine », alors, « il acquiert une part du corps de l’enseignement » (Phá m¶t phÄm vô minh, chÙng m¶t phÀn pháp thân). Bien qu’il n’entre pas en profondeur dans le corps de l’enseignement, il y est malgré tout, parce que son esprit est éveillé.
Il est évident que leur voeu est produit depuis sa « nature du soi ». En ce qui concerne la personne, qui ne reconnait pas encore sa « nature de Bouddha », son voeu est produit depuis sa « conscience ».
Si le voeu est fait à partir du moment du « sans commencement », il produit la perception (tâm thÙc). Lorsque cette personne voit sa « nature de Bouddha » (tánh), sa « perception » se transforme en « nature du soi » (b°n tánh) et le voeu de ces deux cas est également appelé « voeu dès l’origine » sauf pour leur signification. Parce que la profondeur d’effet d’étape du voeu est inégale.
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Du côté de la caractéristique d’usage (tܧng døng) du voeu, si ceci est fait depuis une multitude de kalpa, il est très fort au point que des circonstances mondaines ne pourront pas l’ébranler. Même s’il est agité, il revient rapidement à la connaissance après le repentir.
Dans le cas où le voeu est fait seulement en cette vie, ou dans quelques vies précédentes, l’effet du voeu est encore faible, il peut être facilement influencé par des milieux extérieurs sans connaître le moment du repentir.
Selon le « Såtra de Contemplation », le Roi Ajāta÷atru (fils du Roi Bimbisara et de la Reine Vaidehi) créa beaucoup de mauvaises actions (en tuant le Roi Père pour usurper son trône), il reçut l’obscurcissement de rétribution d’une grave maladie où il vit le site des enfers, mais il put se repentir immédiatement. Cela témoigne que depuis une grande quantité de vies antérieures il avait cultivé de bonnes actions en déclenchant le voeu très fort de les réaliser. Toutefois, il y a eu cet évènement malheureux, mais au dernier moment il put s’éveiller. Voilà, l’examen de la caractéristique du FAIT (s¿).
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Le voeu des « Bodhisattva du corps de l’enseignement » (pháp thân bÒ tát) qui se produit à partir de la « nature du soi » est le « vrai voeu dès l’origine ». Ce voeu ne peut pas être troublé par des événements extrinsèques.
Les Såtra prédisent : « De nos jours, bien que des Moines hétérodoxes soient nombreux comme les grains de sable du Gange qui exposent le Dharma », les « Grands Etres du corps de l’enseignement » (pháp thân Çåi sï) restent immuables et n’en sont pas influencés pour autant ».
Voilà, la signification du mot « Voeu dès l’origine ».
Fin de la leçon 1
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